‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 91 sur 242 · PES · texte numérisé non relu

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sidoran II (a5juin 1794)5 s'exécuta le lendemain.

PERRONNEAU (Jean), prieurcuré d'ArUnne en Anjou 9 près Saumur^ au diocèse d'Angers , fut d'abord porté, par l'estime de ses paroissiens 9 à la charge de maire.

Il la quitta, ainsi que sa cure, lorsqu'il vît qu'il no pouvoit rester dans l'une et l'autre place sans prononcer le serment schismatique de 1791 9 et se retira au Verger 9 également en Anjou 9 où il espéra échapper aux rigoureuses menaces de la loi de déportation. De là encore il pouvoit être utile à ses paroissiens 9 pour les diriger dans les voies du salut en ces temps difllciles. Mais9 après le succès que les impies sçldats de la Convention eurent près d'Angers contre l'armée catholique et royale {V.

Vendée) 9 leur fureur n'épargnant plus aucun prêtre 9 celui-ci fut saisi et amené à leur commission militaire de Saumur, qui se hâta de le condamner à la peine de mort 9 comme « conspirateur et complice des Vendéens «9 le 3o frimaire an II (30 décembre 1793).

Le même jour il fut immolé.

PESTEL ( Jean - François ) 9 prêtre du diocèse de Coutances, exerçant le saint ministère à La Bellière 9 près Grandville 9 et n'ayant pu être requis de prêter le serment, puisqu'il n'avoit au- > cuoe charge publique 9 se trouvoit libre de se soumettre ou non à la loi de déportation. Il profita de

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cette liberté pour continuer à fournir aux fidèles de son canton les secours de l'Eglise. Son lèlc irrita la fureur des impies : il fut dénoncé 9 arrêté 9 puis envoyé à une commission militaire établie récemment à Grandville; et9 le 7 floréal an II (26 avril 1794) 9 cette commission le condamna à la peine de mort 9 comme «prêtre fana" tique » . La sacrilège sentence fut exécutée dans les vingt-quatre heures.

PETHEVET(CtAlIDE-ETIEKHE)9

prêtre çt religieux de l'ordre de Saint-Dominique 9 dans le diocèse de Besançon 9 étant 9 avec raison 9 regardé comme invariable dans sa Foi 9 et non-assermenté 9 fut saisi par les agens de la persécution en 1795, et conduit ensuite à Bordeaux9 où devoitsefaireun embarquement de prêtres pour laGuiane.

On l'embarqua effecti vement, lors- î que partout 9 d'après les déclamalions de» Thermidoriens contre celui qu'ils avoient vaincu et terrassé 9 on croyoit la persécution terminée depuis trois mois 9 c'est-à-dire vers la fin de l'automne i704' Il resta en mer jusqu'au mois de février 17959 où il se vit débarquer avec plusieurs de ses compagnons 9 à Brouage. Ce ne fut que pour y rester avec eux prisonnier dans un lieu plus mal-sain9 et plus dépourvu de ressources encore que la prison de Blaye ( F, Bordeaux). Accablé de souffrances 9 il y expira dans le cou-

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rant de juillet 1795. {V. A. Pibi* SIER9 et M. Petit. )

PETINIAUD-DE-JOURGNAC (Ràtxoivd), prêtre 9 docteifr de Sorbonne, yicaire-général de l'é- Yêqtie de Limoges 9 officiai du diocèse^ chanoine et grand-chantre de la cathédrale » étoit né dans cette yiile en 1747* «C 'étoit 9 dit M. l'abbé de La Biche qui Tavoit beaucoup fréquenté 9 appartenant au même chapitre; c'étoit la plus Lelle âme que j'aie rue de )a ne« On ne peut s'imagitier plus de douceur^ d'aménité 9 de charité, de piété tendre 9 jointes à plus de talent et à une instruction pkis variée 9 quoique approfondie dans toutes les parties. Il exprim<)it sensiblement dans tkiote sa cOn* duite, et jusque dans son extérieur, l'idée qu'on se forme de saint François-dc-Sales. » Néanmoins ses ?ertns et son zélé 9 quoique retenu dans les bornes de la sagesse 9 lui attirèfent9 même avant la rérolution, la haine des méchans ; et , parmi ceux d'entre eux qui lui suscitèrent des tracasseries 9 il eut la douleur de compter des hommes qu'il aroit mémecomblésdebienfaits. Quand son refus d'obérer à iAcanstitutien dviie du cUrgé^ et la condamnation qu'il en faisoit ouyertement. Tinrent fournir aux per^ vers une sorte d'autorisation à fkuivre librement les j>enchans de leur baîoe contre lui, ils le persécutèrent de toutes les manières^

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et poussèrent la rage jusqu'à dresser une potence à la porte de sa maison 9 en déclarant hautement leur intention de l'y pendre s'ils pouvoient se saisir de sa personne.

L'Evangile vouloit qu'en une circonstance aussi effrayante il prit la fuite; et il quitta précipitamment la ville de Limoges. Celle de Riom , sur le diocèse de Clermont 9 lui offrit Un refuge où il se retira. Ces persécutions avoient fort contribué à rendre plus fâcheux l'état de valétudinaire dans lequel il étoit, même avant la révolution ; et , quand fut rendue , le 26 août 17^» la loi de déportation à l'étranger, étant incapable, &. raison de sa santé, de sortir de France, il avoit le droit de se croire au nombre* des infirmes que cette loi exemptoit, ainsi que les sexagénaires, de s'exiler, à la condition de venir se mettre en réclusion sous la verge des autorités^ du chef-lieu de leur département. Plein de bonne foi, Petiniaud se rendit , à cette fin , dans les derniers mois de 17929 à €lermont, chef- lieu du département du Puy--de-Dàtn0, sur lequel il habitoit depuis assez long> temps ; mais les administrateurs « après s'être assurés de sa personne, jugèrent que la ville de sa réclusion devoit être Limoges, cheflieu du département de la Haule^ Vienne, et l'y firent conduire par leurs satellites. La rage de ses anciens ennemis trioni|>ha de son

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arrivée comme prisonnier dans cette ville : transformant à leur gré son absence en vérîtable émigration de la France 9 ils s'efiforcèrent de le faire condamner à mort comme « émigré-rentré n . Cepen* dant les )uges du tribunal criminel ne le condamnèrent qu'à une déportation au - delà des mers 9 qui 9 au surplus 9 ne de?oît pas moins le faire périr, en prolongeant toutefois ses souffrances pendant quelques mois encore. 11 fut donc traîné 9 pour l'embarque*ment 9 à Rochefort, au commencement de 1794» &VCC quatrevingts autres ecclésiastiques du même département ( V. Rochefoht) ; et on le ût monter, avec eux, sur le navire ies Deux Associés, ftCe fut, dit Tun de ses compagnons de déportation , M. de La Biche 9 ce fut sur ce douloureux théâtre de peines sans cesse renaissantes 9 que ce saint prêtre se livra à tout ce que la plus ardente charité peut inspirer de ferveur, de zèle 9 d'activité pour le salut de ses compagnons de souffrances.

Tous : oui 9 tous ; ceux même dont le caractère et Tesprit différoient le plus du sien 9 raimoient9 le vénéroient9 lui accordoient leur confiance. Que de bien ne fit - il pas sur les vaisseaux, et que de prêtres infidèles lui durent leur retour sincère aux vrais principes ? 9 Ce saint homme , rempli de toutes les vertu secclésiastiques, et surtout d'une patience qui /ai-

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soit l'admiration des persécuteurs , tomba malade en juin, et fut transporté dans la barque qui servoit d'hôpital. Quand le Chartreux dom Bëqvitiot , dépositaire des secrets de sa conscience ( F. ce nom ) , lui annonça que sa dernière heure approchoit , « L'heureuse noutelle ! » s'écriat-il plein de joie^; et, recueillant ce qui lui restoit de forces , il rappeloit à ses confrères mourans à ses côtés avant lui, plusieurs passages de la Sainte-Ecriture , analogues à leur commune situation.

Il leur disoit, avec effusion de cœur, ces admirables paroles qu'un autre prêtre déporté, l'un de ses infirmiers, encore vivant , nous a répétées ; paroles qui , toutes tirées de l'Ecriture -Sainte, montroient la profonde connoissance qu'il en avoit : « La mort est un gain pour nous. Qu'avons-nous besoin de vivre encore ? La Cité sainte de la terre est livrée au pou voir de ses ennemis. Ses vieillards ont été égorgés dans les places publiques ; et ses jeunes gens sont tombés sous le glaive homicide. Ses tem-^ pies sont réduits à une profonde solitude; les instrumens de sa gloire ont été enlevés. Ses jours de fête ont été changés en des jours de deuil ; ses solennités sont vouées à l'opprobre 9 sa magnificence profanée , son éclat souillé , ses honneurs anéantis. Mourons donc avec l'espérance que nous allons être introduits dans la sainte

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cité du ciël, et réuniâ à nos frères aînés qui déjà y ont été admis.

Mourons ayec l'espérance que nos tribulations 9 qui n'auront duré qu'un moment 9 opéreront bientôt en nous une g^loire étemelle.

Mourons avec l'espérance que Jésus-Christ transformera un jour notre corps tII et abject 9 pour le rendre semblable à son corps glorieux». Le dernier instant de ce prédestiné arrira. « Il mourut »

dit M. de La Biche » avec une patience héroïque, couTért deplaies, rongé de Termine » en prononçant ces mots du psaume IV9 qui attestent si bien la confiance dont il étoit animé : In pact » in îdip^ sum domtiatn et requiescam:

Je dormirai en paix 9 parce que je vais me reposer dans le sein de Dieu même » . Le vénérable dom Bequinot, qui reçut son dernier soupir 9 disoit à l'un de ses amis 9 comme nous l'avons déjà vu :

« Oh ! que j'ai d'actions de grâces à rendre à Dieu 9 pour m'avoir accordé la faveur d'assister un Saint à la mort »! M. de la Biche lui envioit ce bonheur9 lorsqu'il s'exprimoit ainsi : « Hélas I le Ciel ne voulut pas que je lui fermasse les jeux y quoique je fusse au même hôpital que lui quand il rendit le dernier soupir. J'étuis si mal alors 9 qu'ayant voulu me traîner vers son lit pour lui dire au moins 9 avec le dernier adieu d'icibas 9 quelques mots de consolation tirés des Livres Saints 9 je ne pus

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jamais les articuler 9 ni même me les rappeler en ce moment. Ils avoient rapport au bonheur qu'on goûte dans le ciel ; car il n'en falloit pas d'autre à cette âme céleste. La mémoire de ce saint prêtre 9 digne de l'étemel regret des gens de bien 9 ajoute M. de La Biche 9 est 9 à juste titre 9 en bénédiction dans tout le diocèse de Limoges 9 qu'il éclaira par ses lumières 9 édiûapar ses vertus 9 et tâcha de sanctifier par les efforts de son zèle et les effusions de sa charité : Cujus memaria in éefiedietiont est ( Eccli. , c. \LV, 7^. 1)». Il expira le a6 juin 1794»

à l'âge de 47 ans 9 et fut inhumé dans l'île d'^icB. (F. PBfiABÀriT9 curé ; et J. J. Pbtikiàvd-du-Gaa-

RÀUD. )

PETINIAUD-DU-GARRAUD, et suivant la France Ecciérias- Hquô de 17899 DU-GARAND ( Jacqves-Joseph ) 9 prêtre 9 frère puîné du précédent 9 sous-chantre et chanoine de la cathédrale de Limoges 9 né dans cette ville en 175a 9 continua d'y résider après la dispersion de son chapitre. Il ne voaloit point trahir sa Foi par la prestation du serment de la constitution civide du ctergé.

Les persécutions auxquelles l'exposoit son attachement à l'Eglise Catholique 9 ne furent pas si vives à son égard que contre son frère ; néanmoins 9 elles devenoient de plus en plus alarmantes pour lui.

Ne voulant pas sortir de France.

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i( se trouva si elFrayé par les érénemeos d'août et de septembre 1 799 9 au milieu desquels j fut exigé le serment de liherU-égOr iiU , que 9 cédant à des suggestions lointaines 9 il le prêta pour désarmer les persécuteurs. En vain il s*efforçoit de ne pas voir que leur but étoit de détruire entièrement la religion ( V. T. M. CasnuoN^ Foutàine, Lazariste; et et M* £1^ Pblissiba } ; il ne lui fut plus possible tie se faire illusion à ce sujet quand il reconnut que 9 par cet acte de foiblesse 9 il n*avoit pas obtenu grâce auprès d'eux 9 puisqu'ils lui refusoient un de ces certificats de civisme sans lesquels on étoit sus^ pect^ et 9 comme tel , à peu près dévoué à la mort. Le sous-chantre Petiniaud devoit sans doute leur être plus que suspect 9 car c'étoit un prôtre fort vertueux 9 et d'ailleurs très-^instruit dans les matières ecclésiastiques. Les autorités du département de la Hwutt- Vienne le firent donc mettre d'abord en réclusion. Là 9 dans sa captivité 9 après j avoir bien réfléchi 9 le chanoine Petiniaud ne se dissimula plus qu'avoir prêté le serment de iiherié-égaiité , prescritpar les principaux factieuxabusant alors fièrement de leur infâme triomphe qu'ils vouloient faire consolider par ce moyen 9 c'étoit avoir juré jklt leurs succès et par leur fortune. En cette circonstance 9 un tel serment em-

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portoit évidemment le mépris de l'une et l'autre religion : celle de Dieu et celle du monarque 9 qu'ils a voient abolies ; celle de «la première» comme celle de «la seconde majesté» 9 suivant l'expression de Tertullien. Le prêtre qui a prononcé ce serment 9 avoitil donc les scntimens9 la vertu, la Foi de saint Polycarpe et de tant d'autres chrétiens des premiers siècles PQuand on leur commanda de jurer par la fortune de César 9 ce qui emportoit le mépris de J.-C. 9 supposèrent-ils 9 pour se délivrer par un tel serment 9 qu'il n'offensoit point J.-C. ? Non ; mais ils répondirent : « L'empereur par lequel et pour lequel nous jurons, c'est le Sauveur 9 auteur du salut et de la gloire ; celui qui punit les méchans 9 et venge les justes (1) ».

D'après ces concluantes réflexions^ Petiniaud rétracta son serment de iiéerté-égaiité entre les mains d'un prêtre qui 9 prisonnier avec lui 9 méritoit de recevoir sa rétractation. Comme elle ne lui paroissoit pas suffisante 9 et qu*il juge oit nécessaire de la rendre aussi authentique que l'avoit été son serment 9 il ia fit ensuite d''ine manière solennelle devant une des autorités constituées de Limoges.

Ce dernier acte si généreux lui valut d'être condamné à être dé-

( 1 ) Jinperatorem meum , saU^alorem salutù et glorùe, persecutorem malo^ rum, uàoreirttjue justortuh. (Epist.

Eccles. SmyrneDftis, !<(• IX.)

porté au-delà des mers. On Teo- Toja pour cet effet à Aochlefort avec quatre-vingts autres prêtres du département de la HaulC' FicnttCf aJitk qu'il y fût embarqué ( K. RoGBBPoaT) ; et il monta le navire les Deux AssocUi. Son confrère dans Tégliâe de Limoges, compagnon de sa déportation 9 le peint en ces termes : « L*abbé Peliniaud, doué d'une mémoire extraordinaire, qui pou voit passer pour un prodige en ce genre , étoit extrêmement dur à lui-même.

11 avojt eu le malheur de faire le serment de libcrU^igaUté y mais aussi incapable d'y •persL'tter que de l'avoir prêté contre sa conscience, il le rétracta dès qu'il en connut le venin. Il avoit toujours eu des mœurs angéliques, beaucoup de goût et d'ardeur pour toutes les sciences de son état, et pour les diverses fonctions du saint ministère qu'il exerça avec succès». Son penchant dominant, le portoit surtout à la prière ; et, durant le séjour qu'il fit sur le vais* seau, il consacroit les journées entières à ce pieux exercice, pour lequel il se retiroit dans l'entrepont avec l'abbé Varagne , vicaire de son chapitre. Les représentalions qu'on leur faisoit sur le danger de prendre pour oratoire , pendant le jour, un cachot aussi mortel, où c'étoit déjà trop de respirer un air coriompu pendant la nuit, ne purent les détourner d'y rester pour prier. Ily contracta

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avec son compagnon, une maladie scorbutique qui les eoleva l'un et l'autre à moins d'un mois de distance ( A^. M. VÀXACiifi). Le chanoine Petiniaud -du - Garraud mourut le 17 août 1794* à Tfige de 4^ ans, n'ayant survéou que cinquante-deux jours À son frère ; et il fut enterré comme lui dans lUe û'Aix. {V,K. f RinuoD-n- JouaciiAC,etA. T. Petit. }

PETIT ( Màthibv-Toossairt ) , jeune clerc de la congrégation de l'Oratoire, né à Lyon vers 1770, y étoit préfet de pension dan» le collège de la Trinité. La révolution, ayantdétruit, en 1 79 1, tous les anciens établissemens religieux, forpa le clerc Petit à entrer en qualité de commis dans le magasin d'un marchand de celte ville; et, fidèle de sentiment et même de conduite à sa vocation ecclésiastique 9 il se distingupit pur un grand éloignemcnt des licences révolutionnaires, et surtout de la fréquentation des chismatiques. Après la réduction de Lyon« il se trouva en butte k la fureur avec laquelle les proconsub iaisoieni rechercher les personnes pieuses ou consacrées à Dieu , afin de les immoler (F. Ltor). On vint pour l'arrêter; et ceux qui étoient chargés de le conduire au comité de su section lui suggérèrent de mentir pour échapper à la mort qui le menaçoit. Il s'y refusa constamment, manifesta ses sentimens el sa croyance avec une généreuse

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franchise de?aDt le comité) et ensuite devant la commission révoiutiannairc qui 9 le 5 niyose an II (2 5 décembre 1793)9 le condamna k la peine de mort > comme « contre-révolutionnaire». Le même jour, il fut immolé 9 à l'âge de a3 ans.

PETIT (Jbàw-Bàftiste- CHAftLBs), prêtre , sous-vicaire de Tcglise paroissiale de Saint -Godard 9 en la ville de Rouen 9 où il étoit né 9 refusa de prêter le serment de la canstittUimi civiiedu eUrgé. Son sèle 9 autant que ses affections natives, le retinrent à Rouen. Il y fut emprisonné par les impies réformateurs 9 en 1 793 ; et les autorités du département de la Seint-Inférieure le condamnèrent à être déporté au-delà des mers. Elles l'envoyèrent 9 pour cet effet) dans les premiers mois de 1 794 9 à Rochefort) pour y être embarqué {F, Rochetobt). Il le fut sur le navire ieê Deux Associée, où il éprouva des maux inouïs qui lui arrachèrent bientôt la yie. Il mourut , le 39 juillet 17949 ^ l'âge de 39 ans 9 et fui enterré dans l'île d'^Kc. ( V. J. J.

Psniiii(in> - DV « Gauiàud » et P.

Pim. )

PETIT (P»iEt)9 jeune prêtre du diocèse de Bourges, sur lequel il étoit né , à Doroirat 9 ne fit point le ferment schisroatique de 1791.

Restant ensuite danscepays» alors enclavé dans le département de VJiUcr, il y fut sujet aux perse-

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cutions des autorités révolutionnaires par lesquelles sa contrée étoit opprimée en 1793. On arrêta cet ecclésiastique 9 trop fidèle ù sa Foi pour être épargné ; et il fut ensuite des soixante-treize prêtres du département de VAiUer qu'on envoya à Rochefort dans les premiers mois de 1 794 9 pour être déportés au-delà des mers ( F. Rochbfoxt). Il fut embarqué sur le navire ies Deux Associés ; et»

malgré son jeune âge 9 il ne put en supporter les tourmens plus de quatre mois. Il mourut le 7 août 1794 9 n'ayant encr^ne que 38 ans.

Son corps fut inhumé dans l'île à'Aix. ( V. J. B. Petit 9 et A. T.

Petit. )

PETIT ( ÀUGUSTlIf-TBiOBALD) 9

prêtre 9 communaliste de l'église du bourg d'Arnay-la-Porte , dans le diocèse de Limoges 9 refusa le serment schismatique de 1791.

Comme ce bourg étoit son pay^ natal 9 il continua d'y résider. La fidélité des prêtres à la Foi catholique étant un délit irrémissible aux yeux des impies révolutionnaires « les autorités du déparlement de la Haute^ Vienne firent emprisonner cet ecclésiastique en 1 793; et, dans les premiers mois de 1 794 »

elles l'envoyèrent à Rochefort 9 avec quatre-vingts autreS9 pour en être déporté au - delà des mers ( V. RocBBroBT). On l'embarqua sur le navire ies Deux Associés.

Son jeune âge le fit résister quelques mois aux souffrances inouïes

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de cette déportation; mais enfin il j mourut, le 6 octobre i794f n'ayant .encore que 3o ans ; et il fiit enterré dans Tlle Madame.

« Si cet ecclésiastique 9 plein de xèle et de piété 9 doué d'un grand talent pour la théologie , et possédé d'un TÎf désir de s'ins* tniire, dit M. de La Biche 9 eût survécu à la déportation , comme son jeune Age pou?oit le faire espérer 9 il auroit pu derenir un excellent directeur des ftmes* Il aToit bien observé le cœur humain, et Gonnoissoit parfaitement les abus introduits dans la direc* tion dtê consciences, par l*ignorance ou le relâchement d'un grand nombre de confesseurs. La nature de la maladie qui le fit porter à l'hôpital l'entralnoit, pour ainsi dire, à respirer la partie la plus méphitique del'air d'un tel séjour.

On l'y trou fa ua jour dormant sur le corps d'un confrère décédé ; et une autre fois sur un autre qui rendoit le dernier soupir, et dont il humoit l'haleine empestée. Il mourut lui-même sans qu'on s'en aperçût, parce qull a voit coutume de cacher jusqu'à sa figure sous la couverture du lit dans lequel il couehoit». {F. P. Prit,

cl i. PiCAll». )

PETIT (llliGBBi)<» prêtre « chanoine de l'église collégiale de la Saînte-ChapeUe , i Dijon, n'étoit point sorti de France , conformément à la cruelle loi de déportalion. Etant connu pour inébran-

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lable dans sa Foi, il se vif recherché, en 1793, par les agens de la persécution, et* tomba dans leurs mains. Ils l'envoyèrent à Bordeaux, pour en être déporté au-delà des mers ( ^. Boedbadx).

Lorsqu'il Sembla que la perse-* eution avoit cessé, vers la fin de l'automne de 1794» trois mois après'le renversement de Roberspierre, le chanoine Petit fut embarqué, avee une Infinité d'autres prêtres insermentés. Le navire , ne pouvant franchir l'espace qui sépare Blaye de la Guiane, sans risque d'être pris par les Anglais, se contenta d'errer pendant l'hiver près des côtes, et stationna même près de l'ile Madame {V, RbcBSFoaT ). Au commencement de fi&vrier, le chanoine Petit fut mis à ferre, avec ses confrères, à Bronage ; mab ce ii'étott pas pour qu'ils recouvrassent leur liberté.

On les renferma 'dans une prison des plus mal-saines , où ils manquèrent de tout. Le rouré Petit , ne pouvant résistera tant de peines, mourut en |«illet 1 795. (F. G. £.

PanwvBt, etE. A. Pons.)

PETIOT ( Jacques )* prêtre du diocèse de Loçon, cméde la paroisse (k Saint - Révérend, près Saint-Gilles-sur- VIC9 au même diocèse , y fut en ontfe porté , par ses pamissiens , à la charge de maire, selon l'esprit de l'armée coMoétfue el rayaie # dès 4}u'elle se ferma dans le Poilau. Nous avons asset fait connoltre^ dans

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notre article Vendre, lessentimens purs et généreux dont étoient animés les pasteurs de ces contrées j pour être dispensés de parler en particulier de ceux du curé de Saint - Révérend. Il tomba des premiers dans les mains des impies soldats de la ConTention. Ils le livrèrent de suite à la commission mt^f taire qu'ils avoient formée dans la ville de l'île d'Olonne, qu'on nomme 4es Saéies - d'Oionne. Cette commission meurtrière, qui condamnoit indistinctement toutes ses victimes comme « brigands de la Vendée » , se fit de cette insulte un motif pour envoyer ce pasteur à la mort , le 3o avril 1793; et on le fusilla le même jour.

PETITE AU ( PiiERE ) , prêtre du diocèse de Nantes ou d'Angers 9 et y exerçant les fonctions de vicaire, avoit, aux yeux des révolutionnaires, le double tort d'avoir refusé le serment scbismatique en 1791, et de n'être pas sorti de France, d'après la loi de déportation rendue à la fin d'août 1 79a.

Un tort plus irrémissible encore étoit d'exercer son ministère sur une paroisse que nous trouvons noitimée Aubemay dans son |ugement. Il fut airêté à la suite du revers que l'armée catholique U rojfaie eut près d'Angers 9 vers la fin de 1 793 ( y. YENDis). Traduit devant la* commission ndéUairc alors établie dans cette ville , il se vit condamné par elle à la peine

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de mort, comme « prêtre réfracf taire et conspirateur» ,1e a3 nivôse an II (lâ janvier 1794); et la sentence fut exécutée le même jour.

PE TITJEAN (Aune-Feahçoise), pieuse fille née à Belfort,en 1 734 9 étoit domestique, gardienne de la maison d'une chanoinesse de Remiremont, à Remiremont même, diocèse de Saint-Diez. Depuis son enfance, elle avoit constamment o£fert aux personnes de son sexe et de sa condition , l'exemple d'une vie pure et chrétienne. Restée libre de disposer de la maison de la chanoinesse , en son absence , elley donna asile à deux prêtres que menaçoient les persécuteurs; et, dans cette bonne œuvre, elle fiit secondée par une vertueuse compagne (F. J. M. DuattPT). Tout le bien auquel elles coopérèrent est assez amplement décrit à l'article de l'un de ces prêtres {F', N. A.

Didelot). Arrêtée avec eux et sa compagne , le 3 juin 1 794 , et traînée enchaînée à Mirecourt , où siégeoit le tribunal criminel du département des Vosges , elle y fut condamnée, avec eux et avec elle, h la peine de mort, le 23 prairial an II (10 juin 1794). Le motif particulier de la condamnation de cette charitable et lélée catholique, ainsi que de sa compagne, fut qu'elle avoit été a receleuse de prêtres réfractaires ••{V.

J* Aux. )

PÉTRA ( Lavabht ) , curé de la paroisse de Lèvemont, près Magny

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en Vezin, dioc^ae de Rouen, ▼en celai de BeauraiS) et né en 17399 à Fère en Tardenois, sur le diocèse de Soissons^ étoit resté dans sa cure 9 en se faisant illusion sur les erreurs de la constituiian oivUô du clergé, à laquelle il avoît adhéré par le serment exigé des prêtres en 1791* Les excès auxquels elle conduisit en 1793 9 oiï Tathéisme Toulut régner en France» commencèrent à dessiller les yeux de cet ecclésiastique 9 attaché peut- être» jusque - là, plus à ses paroissiens qu'à la doctrine catholique. Il se roidit, par esprit de Foi et par zèle pour la religion de FETangile , contre les arrêtés impies du proconsul André Dumont, envoyédans ces contrées ( y, BBLTaàiiivux} 9 et voulut que ses paroissiens continuassent à pratiquer leur culte, et à célébrer les dimanches et les fêtes religieuses. Le proconsul le fit arrêter; et il fut envoyé au tribunal révoiuiiannaire de Paris. Dans le temps qu'avant d'être )ugé, il passa en pinson , ses yeux s'ouvrirent tout - à - fait à la vérité ; et, rétrac;tant ses erreurs, il rentra dans le sein de l'Eglise. Ce fut le i3 floréal an II (a mai 1794)9 que les juges le firent comparoitre devant eux;;et,.sur le ré* qubitoire accusateur de Fouquier- Thin?iUe ( 1), ils le condamnèrent

(i) « Pëtra, diaoit raccusatear public, a, daoa plusieura circpDstances ,

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à la peine de mort , comme « convaincu d'avoir pratiqué , dans sa commune, des manœuvres tendant à funaiiser les citoyens, et à opérer l'anéantissement de la représentation nationale ». Il fut guillotiné le même jour, à l'âge de 55 ans. On peut juger, d'après cela, de la véracité du proconsul André Dumont lorsque, dans son rapport au comité de êaUu public sur sa mission , il disoi^ « qu'il aroit été si éloigné d'infliger des peines contre l'inexécution de son arrêté prohibitif des dimanches et fêtes ,

manifesté «on mépris pour la repré— aantation nationale ^ et cherché à exciter des troubles dans la commune de Lèvemont, en y entretenant par •es discours \e fanatisme et la supers^ tiiion. Dans le courant de Tannée 179a» ce ftéirt fanatique a eu la té* mérité d'arracher lui-même différens décrets de la Convention nationale, qui avoient été affichés â la porte de réglise; et, sur les représentations qui lui furent faites à cette époque par la municipalité , il ne répondit qu*en se répandant «n invectives contre les officiers municipaux. Lorsque ces mûmes officiers se présentèrent che« lui, i reflet de procéder à l'inventaire Ae9 eflets et ornemens d*église, en exécution du 4écret du 10 septembre de la même année, Pétra s'opposa à l'exécution de cette loi, en les invectivant de nouveau, et disant qu'il u'étoit pas fait pour obéir à de tels ordres. Pétra est notamment connu dans cette commune pour. y avoir prêché, le ^/SiiMfûffie, afin d'aveugler le peuple , et de le détourner die la rçvo-

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qu'un seul prêtre détenu à Beau- Taîs pour n^avoir pas voulu exécuter cet arrêté 9 avoit été de suite relâché par ses ordres , et que ce prêtre étoit le citoyen Pétra , curé de Lèremont » . ( F. Pbvohommb :

HisUnre des Crimes de ta RévoiiUion, tom. V^pag. 176.)

PETTON (GriLLAUME) , prôtrc de Bretagne y né à Plouren» en 17539 ezerçoit le saint ministère dans le bourg de Kiouet, au diocèse de Quimper. Il refusa de souiller sa conscience et de compromettre sa Foi par la prestation du serment de la constitution d* vile du clergé. Digne ministre de

lution : notamment le dimanche qui a suivi la mort du tyran Capet, il a fait au prône de la messe paroissiale, le discours le ^xïs fanatique et le plus propre à appitoyer les habitans sur la mort du tyran. Il a même été jusqu'à faire la proposition de dire un service et autres prières pour le défunt roi. Le 6 brumaire dernier, la municipalité de Lèvemont s'étant encore transportée chez le curé, à reflet de lui donner connoissance de l'arrêté du représentant du peuple en mission dans le département de TOûe, qui interdisoit toute cérémonie relig[îense les jours ci-devant connus sous le nom et fîtes et dùnan^es , Pétra , toujours constant dans la haine qu'il avoit vouée aux autorités constituées, et dans le mépris et la violation des lois« tint encore y dans cette circonstance, des propos non moins contre-révolotionnaires, en disant aux officiers municipaux qu'il ne se soumettroit jamais i cet arrêté, et qu'il continueroit son oflice comme i rordinatre. 1»

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TEglîse catholique, il veulut, malgré la persécution toujours croissante 9 rester dans sa province, pour les besoins spirituels des habitans. Les persécuteurs enfin le saisirent vers les derniers mois de

1793, et il fut trainé au tribunal révoiutionnaire de Brest (F. J.

Abasqvb ). Les juges le condamnèrent à la peine de mort, comme « prêtre réfraeiaire* , le 35 germinal an II (14 avril 1794). La sentence fut exécutée le même jour. Guillaume Petton avoit alors 41 ans. (F. Y. JUbvel, et J. D.

V* ROVILLT.)

PEUGNrEZ (PiEiEB- Joseph), prêtre et religieux Cordelier de la vHle épiscopah de Cambrai, avott été expulsé de son cloître par rimpiété, en 1791 ; mais il n'en conserva pas moins Tesprit de son état, et se distingua surtout par l'invariabilité de sa Fof , & cette époque et les années sui« vantes. L^postal J^ Lebon étant venu exercer son atroce proconsulat à Cambrai, à là fin de«mai

1794 , le P. PeugnicK , en sa double qualité de bon religieux et de bon prêtre, devoit être une des victimes de son sanguinaire athébsdie. Le prooonsul le fit envoyer à récbafnudpar son tribunal tévùtuêi^maire , le 17 prairial MiII (5juini794)90omm6«trattre à la patrie » . C'étoit par cette qualification que Lebon désignoit souvent ceul qu'il fiilsoit immoler en haine de leur Foi et de leur

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piété ; ceux enfio qu^ailleurs on dévouoU à la mort sous le titre de mfBmoHques ». ( V. J. A. Pbl-

LABâT, et M. PiGATBT.)

PEUSSELET (Jban-Baptistb), prêtre « religieux Capucin du courent de Gray & la fin de 1791 9 après l'aTotr été jusque-là dans celui du bourg de Pesmes» sur la rÎTière d'Ougnon , dans le décanat de Gray 9 étoit né, en 17579 au Tillage d'Arcq- devant -Gray 9 dépendant du bailliage de Vesoul.

Son nom de religion étoit celui de Père Emerie ; et nous ignorons pourquoi, dans les Métnairts cités à la page 1 5 de notre tom. I*', on l'a appelé le P. Emerie Mir»

Un , à moins que le secoiid de ces noms ne se rappporte à ce saint MeroiHammus que l*Egli9e de Reims honore le 17 mars^ V^* cidevant Mibur). Quoi qu'il en 8oit9 le P. Emerie 9 ou Peusselet9 ne ▼int dans la maison de Gray que parce qu'elle snbsistoH encore après la suppression de celle de Pesmes d'oà il avoît été forcé de sortir. Sa fidélité à sa vocation, l'amour de son étal , le firent réfugier auprès de ceux de ses confrères qu'il royott réunis près de U 9 dans un cloître ; et il y fut chargé particulière ment de desservir une chapelle féconde en miracles 9 sous l'in-^ vocation de la Sainte Vierge 9

et le nom de Tïotre-Dame-de-

Montaigu. Qooîqii*il eût refusé le serment de la consUtuiion ci-

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viie du clergé 9 il remplissoit encore la même fonction , en habitant toujours le même couvent , lorsque , le 7 mars 1 799 , quatre jeunes gens de Jussey ou lieux circonvoisins 9 à Textrétnité opposée du même département de la Haute-Saâne, enrôlés pour le onzième bataillon des chasseurs à pied du district de Jussey, passèrent par Gray pour aller rejoindre, & Lorgnes en Provence, près de Praguignan , le bataillon dans lequel ib dévoient être incorporés.

Ces quatre jeunes gens, conservaut des sentimens de piété, et voulant se rassurer, par la protection de la Sainte Vierge 9 contre les dangers de leur nouvelle carrière 9 vinrent demander au P.

Peusselet des messes suivant leur intention, et lui en comptèrent les honoraires. Ce bon religieux 9 voyant trop évidemment que la guerre à laquelle ils alloient prendre part ne feroit que consommer la ruine de la religion , en achevant celle de la monarchie , ne put s'eaipêcher de le leur dire ; et , s'il faut en croire l'acte d'accusation dressé contre fui deux ans après, il leur conseilla de se rendre plutOt à l'armée du prince de Condé, qui, sur la rive droite du Rhin , combattoit pour la religion en combattant pour la monarchie. Ces jeunes gens, trop ingénus, parfèlent, sans mauvais dessein, des remontrances du P. Peusselet , au

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particulier chez lequel ils aToieftt, en passant 9 leur logement de gens de guerre , et que ses penchans rendaient fort ardent pour la rc- Tolution. Celui - ci dénonça de suite le P. Emeric 9 que Ton arrêta. Dans sa prison 9 il prêcha la religion , par ses exemples comme par ses discours , aux compagnons de sa captivité. Vers le commencement de 1793» il fut transféré dans les prisons de Yesoul , pour être jugé par le tribunal criminel du département de la Haute- Saône, siégeant en cette ville ; mais, ce tribunal ne pouvant encore prononcer contre lui aucune sentence 9 le P. £meric restoit dans les fers. Les juges lui paroissant humains, il leur fit demander la permission de sortir pour aller visiter sa famille, promettant de revenir ensuite se reconstituer prisonnier. Cette faveur lui fut accordée; il en profita, et revint généreusement de bonne foi, sui- Tant sa promesse, se remettre de lui-même dans les fers , quoique les temps devinssent de plus en plus alarmans. L'Histoire profane célèbre avec enthousiasme la courageuse loyauté de deux illustres prisonniers de guerre qui, relâchés sur leur parole, revinrent se remettre au pouvoir de leurs ennemis ; savoir, Régulus à Tégard des Carthaginois, et notre bon roi Jean ches les Anglais. Les motifs humains qui les ramenèrent transportent d'admiration les gens

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dumoiide,qu'une pareille conduite touche peu lorsqu'elle part d'un sentimeût religieux héroïque, et qu'elle est tenue par un simple disciple de S. François. Mais les vrais chrétiens et l'Eglise elle-même la placent, en ce dernier cas, bien au-dessus de la démarche du Romaio et du Monarque. Le Père Peùsselet étoit encore captif des ennemis de la Foi dans les premiers mois de 1794 ; et les administrateurs du département de la ffaute-Saâîief qui participoient à la féroce impiété que la Convention avoit manifestée depuis la fête de la Raison ( F, Lois et Tbibvhavx BivoLUTionn aibbs ) , n'osant faire mourir eux-mêmes ce bon Capucin, l'envoyèrent à Paris , comme s'il eût été un conspirateur qui méritfit d'être jugé par le grand tribunal révolutionnaire. C'est bien vaguement qu'on a dit dans le Recueil : Les Confesseurs de la Foi, que le Père Emeric , dont encore on ne fait pas connoître le nom de famille , « étant condamné à la mort par le tribunal Tévolutionnairede Paris, périt en 1794^9 sans indiquer aucunement le jour de sa mort et de sa condamnation. Mais en compulsant bien attentivement les procès- verbaux et les jugemens de ce tribunal en 1794, nous avons reconnu le Père Emeric dans le Capucin J.

B. Pe osselet. Nous y voyons qu'il fut amené devant les juges en leur

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audience du 8 germinal an tl (▼endredi a8 mars 1 794) ; et l'acte d'accusation dressé contre )ui » appuyé d'ailleurs par quatre témoins»

tout en le disant âgé de 5^ ans»

natif d'Arcq, près Graj, ex-Capucin du couvent de Graj , et en exposant le fait du colloque tenu entre les jeunes gens et ce religieux» ajoutoit afec l'impie et fallacieuse rage des accusateurs :

« C'étoit peu , pour un moine astucieux et fanatique, d'avoir l'argent de jeunes militaires cr^eiuiBê et confians , il lui falloit encore savoir pour quelle cause ils alloîent se dévouer. Peusseret leur demande donc où ils vont ; il apprend qu'ils vont rejoindre le bataillon dans lequel ils sont engagés. Où allet-vous» leur repond ce perfide Capucin ? tous êtes des fous ; TOUS ailes tous faire égorger» eh'l pour quelle cause I crojei-moî» réunissez- tous à la noblesse et au clergé, qui » aTec les Prussiens et les Autrichiens , doivent bientôt faire marcher une arraéedequatre cent mille hommes sur Paris, pour j rétablir l'ordre etyanéan tir les/ae^Mfu». Le jugement qui intervintle même jour»

sur le réquisitoire de l'accusateur public , la déposition des témoins et la déclaration des jurés » est trop singulier pour n'être pas rapporté textuellement : « Considérant» disoit-il» 1* qu'il est constant qu'il a été pratiqué le 7 mars i^ga (vieux style)» dans la com*

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mune de Gray» département de la Hauu-Sadne , auprès des Tolontaires qui alloient se réunir aux arQiées françaises» des manoeuvres tendantes à ébranler leur fidélité envers ia naiion, et à les engager à se ranger dans le parti de ses ennemis; a* que Peusselet»

ex-Capucln» domicilié à Gray, est convaincu d'avoir pratiqué ces manœuvres révolutionnaires : le tribunal condamne ledit Peusselet à la peine de mort » et déclare ses biens, H aucuns U a» acquis et confisqués au profit de la République » . La vérité est que le P.

Peusselet n'avoit fait qu'éclairer la conscience et la religion de ces jeunes gens ; et le parti qu'il étoit accusé de leur avoir conseillé de prendre , n'étoit » après, tout , que celui dont leur avoient donné l'exemple » et ce jeune S. Maximilien» qui devint Martyr pour n'avoir pas voulu servir dans les armées païennes» où il ne pouvoit qu'oflenser le Dieu des chrétiens» déclarant qu'il ne vouloit combattre que sous les étendards de la, Foi : Ego christianussum, U non possum mata facere ; et ce S. Marcel, centurion» qui fut martyrisé pour avoir abdique un emploi militaire qui l'obligeoit à démentir sa Foi : Si tatis est conditio miUiantitnn , ego renuntio signis, et miiitare recuso (Ruinait : Jeta sincera et selecta ). L'Eglise célèbre leur mémoire le 13 mars et le r>o oc-

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tobre. Le P. Peusselet fut décapité peu d'heures après la sentence.

( r. J. C. Pebain, et C. J^ Robert. )

PEYfAT...)) yicaîre de Saint-Landry, à Paris, ne respiroit que pour le salut des âmes. Eloigné de tout sentiment d'ambition , il avoit refusé un canonicat de l'église cathédrale de Notre-Dame, que son oncle( I ) , chanoine en cette métropole, ayoit voulu lui résigner; et ce canonicat l'avoit été à un de ses frères puînés. 11 ne désiroit

■ ( i ) Jean Pey, ancien eu ré de Toulon , chanoine de TEglise de Paria dès 1771 > refusa constammcat le serment i la eonuitution eiuiU du eier^^ et adhéra à toutes les protestations de son chapitre, présentées par son confrère M. Pabbé de Bonneval , député aux Etats Généraux. Obligé , poursesonstraire à la violence de la persécution contre le clergé Bdéle, de sortir de France, il se retira d*abord en Flandre, ensuite en Allemagne^ et, toujours inébranlable dans ses principes, il mourut à Constance en 1797. L*abbé Pey avoit pendant toute sm vie , consacré aeê talens à la défense de la religion. Il fut l'un des auteurs ecclésiastiques » auxquels le clergé de France, dans son assemblée générale de 1775, accorda des encouragemens et des éloges. Parmi ses ouvrages les plus estimés , on 4i!i~ tingue : i* le Droite de Vautorké dtM gUux puissances i 2 to1« in-â*, Stimshoai^, 1780. — Paris, 1781.-— Liège.

1 791 , 4 vol.— /t/em , traduit en italien ; a° le Philosophe " Catéchiste , 1779; 3« Déifouement du Chrétien à la Très- Sainte P^ierge, traduit à Rome ^n italien, 1809, etc. etc. elc.

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d'autre place que celle de curé de campagne ; et encore ne Touloit-il qu'une cure modeste dont le revenu fût médiocre. Ses vœux se bornoient à faire le bonheur des villageois en les instruisant des yérités saintes, et en les portant à la Tertu; mais il n'osoit pas se croire digne d'une telle charge. 11 aroittrop de piété» et^onnoissoit trop bien ses devoirs pour prêter le serment de la cansUtupian civile du clergé* Il le refusa , et ce refus le fit expulser de l'église de Saint -Landry. 11 n'en continua pas moins en particulier les bons offices de son ministère envers ceux des paroissiens qui restoient fidèles à leur antique religion.

Désigné pour cela même aux persécuteurs , comme fanatique en même temps que réfractaire , il fut arrêté après le 10 août 179a. On l'enferma d'abord dans une espèce de galetas de l'hôtel de la Mairie , qui y servoit de prison provisoire.

Il y eut la consolation de se trou ver avec le curé de Satnl-Jean-^n- Grève ( K. RoTia), dont il ne fut plus séparé. « Nous l'y vîmes, dit un historien ecclésiastique, nous l'y vîmes comme nous l'avions toujours vu , attendant aussi , avec l'innocence de ses mœurs, avec la gaieté de la candeur, l'heure des juges ou des bourreaux. Nous admirions cette «ranquilUté ; et il rioit de notre admiration » , tant ses dispositions hérofqiies au mar»

tyre lui sembloient dénuées de

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mérite. Le i*' septembre, Teille dû massacre comploté , il se Tît conduit à la prison de VJbéaye^ où il se montra Ton des plus fertens et des plus généreux confesseurs de la Foi, parmi les prêtres arec lesquels il s'y disposoH à fafre à Dieu le sacrifice de sa vie. Il fut massacré , arec la plupart de ses confrères, le 9 septembre 1799.

( 1^. Seftembie. )

PEYEAS ( PiEEii ) , prêtre an diocèse d'Embrun, né en la paroisse d'Abries , Ters 1759, avoit embrassé la règle de Saint-Pran^ cois , dans un cotf vent de Capucins.

Les réformateurs anti-relig:iieuxde 1791 Pen avolent fhit sortir; et il traversa les terribles années 1793 et 1794 9 sans tomber sous le fer de la persécution. Dans les années suivantes, où l'Eglise parut jouir de quelque calme, le P. Pejras vînt exercer le ministère sacerdotal à Valence, en Daupbiné. Mais la crise réToIntionnaire du 18 fructidor ( 4 septembre 1 797 ) survint, et fit éciore la loi qui ordonnoit d'envoyer à la Guiaiie tout ce qu'on pourroit découvrir encore de prêtres soi-disant réfractaires ( F. GviAFE ). Le P. Peyras fut recherché ; on Parrêta, et on le fit partir pour Kochefort, afin d'y être embarqué. Il le fut, le i*'août * 79^ 9 sur la corvette ia Bayott»

fiaise. A peine eut-il touché le port de Cayenne, à la fin de septembre , qu'on Pen relégua dans le te mortel désert de Konanama.

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Les fléaux pestilentiels, du climat pénétrèrent dans ses Teines, et y produisirent un marasme qui le conduisit , en moins de six semaines , au tombeau. 11 expira , le 1 5 novembre 1 798 , à Tâge de 39 ans. ( F, F. A. Ovd aille, et

M. PlCAlD. )

PEYRE ( AlÂiiB-AvNE ) , née à Tulette, prèiyalréas,dans leeomtat Venai8Sin,en i756,n'avoitpu, à raison de son peu de fortune, satisfaire sa vocation à l'état reli^^ gieux qu'en entrant comme sœur converse chei les Ursulines de Garpentras» Elle y portoit le nom de SœurSaini-François. Les Ursulines de Boulène l'accueillirent encore parmi elles , lorsqu 'après la suppression des cloîtres , en 1 791, elles se remirent en communauté dans une maison propice à cette réunion. Elle les égaloit en piété et en ferveur. La persécution qui Tint, au printemps de 1794» «n^ velopper toutes les religieuses réunies à Boulène, n'épargna pas la Sœur Saifèt-Franf&is. On la traîna, ainsi qoe les autres, dans les prisons d'Orange, pour y être immolée par l'impie commission révoiutiùnnaire , qui allolt s'établir dans cette ville (F. Orange).

Dans sa captivité, elle trouvolf une bien grande consolation à partager le sort de ces religieusef^ jusqu'à la fin de sa vie, et n'étoit pas la moins édifiante dans les exercices par lesquels toutes se préparoient ù la mort ( V. Aiea-

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bède). La Teille du joor où elle avoit raison de croire qu'elle périroit avec ses compagnes 9 elle leur disoity transportée de joie : « Aht mes chères sœurs > quel beau jour que celui qui se préparc ! Demain »

les portes du Ciel s'ouvrent pour nous 9 et nous allons jouir de la félicité des Saints ». Elle fut conduite à l'impie tribunal le a5 messidor ( i5 juillet ), avec la supérieure des Ursulines de Boulëne , et quatre autres religieuses ( f^.

M. A. R0GABI9 El. VEBCBlEBEy

A. MiNDTTE, H. Faubi^, ct M. A.

Lambebt ). Là , elle ne démentit point les sentimens qu'elle avoit manifestés la veille ; et, par sa persévérance invincible dans sa Foi» par son refus intrépide du serment de Ubtrté-^aiiU , elle s'attira la même condamnation à mort qui frappa ses compagnes. Elle mourut à 38 ans, avec la joie de donner son sang pour la cause de Jésus -Christ. ( V. J.

Rbgamheis. )

PEYROT (Pibbbb), prêtre du diocèse de Perpignan, vicaire dans la cité de Villefranche , en Roussillon, j ayant été trop persécuté, parce qu'il avoit refusé le serment sohismatique de 1791 9 étoît venu se réfugier dans la ville de Sarlat en Périgord. Le calme dont on 7 jouissoit encore en 179a favorisa son sèle ; et il se livra aux fonctions du saint ministère , sans que la loi de déportation du 36 août 1793 l'en détournât. Resté dans

PHE

cette ville , il fut atteint par les persécuteurs qui le jetèrent dans les prisons. Conduit à Périgueux, où siégeoit le tribunal criminel du département de la Dordogne , il se vit traduire devant les juges, le 39 prairial an II ( 17 juin 1794 ) ; et les juges l'envoyèrent ù la mort comme « prêtre réfracta ire ». (1^.

J. MABTiir , et F. Abtersie. )

PHELIPPEAUX ( Jeah -Michel ), prêtre de Paris, et chapelain du collège de Navarre, étoit un excellent ecclésiastique dont la conduite sociale se distinguoit par beaucoup de droiture et de franchise. Il continuoit à remplir les devoirs de sa place dans ce collège , après les premiers bouleversemens opérés par l'Assemblée constituante , et sans avoir fait le serment de la canêHtutian dviiô du clergé* L'utilité et la haute réputation de la maison où il étoit lui sembloient une sauvegarde contre les persécutions. Il fut détrompé d'une manière cruelle, quelques jours après le 10 août 1793. Ce ne fut, à la vérité que le 33 de ce mois qu'on s'enhardit à comprendre les prêtres non-assermentés du collège de Navarre , dans l'arrestation de tous ceux que leur conscience avoit détournés de prêter le serment. Ce jour-là, Phclippeaux sévit trainé avec quelques uns de ses coU lègues, au comité eivit de la section. On n'y put arracher de lui cette espèce d'apostasie de l'an-

PHI PIC ^5i

cîenne croyance, dans laquelJe il blissement en France du schisme

ft*étoit déjà montré inflexible ; et, de 1791. Cette contrée étant de-

dès lors 9 destiné par le comité au venue une portion du départismeut

sort des prêtres fidèles 9 il fut en- de la MoseUc, les autorités réro-

fermé comme prisonnier 9 avec lutioonaires qui le gouyemoient^

beaucoup d'autres, dans le sémî- arrêtèrent ce pasteur en 17939 et

naîrede5atn<-jPfrmm9 0ùlesas- bientôt elles l'eDToyèrem 9 avec

8assins9 salariés à cet effet par les beaucoup d'autres prêtres fidèles^

impies persécuteurs , • vinrent le à Kocheibrt9 pour en être jeté sur

massacrer, ainsi que la plupart des plages lointaines et dévorantes

de ses compagnons de captivité 9 ( V. Rocbefort ). On l'embarqua

le 3 septembre suivant. Il perdit sur lenavire.fo JVashingtan j et

ainsi la vie pour la cause de la Foi 9 il. mourut dans le supplice de cette

à râgede49 ans. (f^. SsrrBMBBB.) déportation, pendant la nuit <)u

PHILIPPE (Le Frère) y Ber- a6 au .27 novembre 1794» ôgé de

nardin. ( V. P^ Bbaudbl. ) 64 ans. Son corps fut inhumé près

PHILIPPOT ( AiiGVsnif - En- du fort Vaseux , sur les rives de

MARirBL), né à Paris 9 sur la pa- la Charente. Il n'a voit point voulu

roisse de Saint - Nicolas - des - &ire<le serment schismatique de

Champs , le 1 1 juin 1 7169 et curé 1791 9 mais il s'étoit laissé séduire

de La BaE0uge-des-€elleux9 dans ptar les apologistes du serment de

le diocèse du Mans, fut du nom-* iiéerté^égadité , et l'a voit pro-

bre des quatone prêtres sexagé^ nonce. Notre correspondant 9 tou-

naires ou infirmes que l'adminis- jours invariable dans sa circons-

tration du département de la pection , nous mandoit « qu'il

Mayenne, mit en réclusion à ignoroit si le curé Picard avoit ré-

La?al 9 d'après la loi du a6 août tracté 9 avant sa mort 9 ce ser-

1 79a. La commission révolution» ment » criminel à la vérité 9 maiç

nmre de cette vîUe, en 17949 le qui ne r«iv;oit pas mis hors de l'u-

fit conduire 9 avec treiie autres 9 nité de l'Eglise catholique. Une

à l'échafaud 9 le 2 1 janvier de cette telle incertitude 9 fixée d'ailleurs

année. Yojez les circonstances de en faveur de ce curé 9 ne sauroit

son martyre 9 à l'article René-Louis prévaloir sur les raisons exposées

Ambboisb. ( F. Petih 9 de la Cropte; dans notre Discoubs préliminaire^

et PoTTiBB 9 de la Vendée.) pag. 39 et 43. ( F* J. B. C. Pbtit^

PICARD ( Jbah ) 9 caié de Xi- et J. J^ Pichabd. )

vry-le-Franc» près Spincourt*9 PICARD (]I1athieu)9 curé de

dans le diocèse de Trêves 9 sur le- Ruppereux9 près Provins 9 dans

quel il étoitné9 à MUS8J9 resta dans le diocèse de Sens 9 sur lequel il

la contrée de sa paroisse après Péta- étoitné9 à Joigny en 17399 avoitj

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aux jeux des révolutionnaires , le tort irrémissible d'être resté fidèle à sa croyance et à ses deroirs. Il échappa aux fureurs de la perse* cution athéiste en 1795 et 1794- Le masque de tolérance que les persécuteurs empruntèrent les années suivantes, trompa cet ecclésiastique, en lui donnant la confiance de se montrer dans la ville de Sens : il reg^ttoît que sa santé défaillante nesecondàt pas son xèle pour TEglise catholique. La catastrophe du 1 8 fructidor ( 4 septembre 1 797) éclata , et une loi vint condamner à être déportés à la Guiane tous les prêtres soi-disant réfractaîres qu'on pourroit découvrir ( V, Guiane). Le curé de Ruppereux fut arrêté sans pouvoir attendrir ses bourreaux par les maux dont fit se trouvait affligé. Il étoit dans un état de phthisie pulmofMire fort avancée , et en outre trèssouffrant de la gravelle. Des officiers de santé attestèrent en vain qu'étant affecté de ces deiiï pnaladies 5 il ne pourroit supporter le Voyage maritime de la déporta^* tion. On le traîna néanmoins à Rochefort, où le aa mars 179S on le hissa sur ta CharetHU, et le i5 avril on le fit passer de la même manière snr^ Dêendé. Arrïté à Cayenne, vers le milieu de juin»

il en fut transpèrlédan^le désert de Synnafnari, où sa situation exigea biefitèt qu'on le déposât à l'hospice, n y souffrit avec résignation des douleurs inexprimables pen*-

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dant long^temps , car il ne mourut que le 7 juillet 1799» à l'âge de 59 ans. ( F. P. Peteâs , et

P. P. PiLLOH. )

PICAYËT (Mabcbl), religieux Relge» connu dans sa province sous le nom de Frère Marcel, figé de 34 ans 9 fut enlevé à son couvent par les troupes de la Convention 9 lorsqu'elles envahirent la Relgique. On le réunit à dix autres religieux et cinq religieuses»

que les soldats avoient de même arrachés de leur cloître ( T. G. F.

BovcQVUiT et R. Bbck) ; et tous seize furent envoyés à Arras » où l'on savoit que le proconsul J^ Leboa fiùsoit périr tout ce qui faisoit profession de piété ( V. Are as). Ce ne fut qu'après des outrages incroyables qu'il les livra à son féroce tribunal révoiiUiannairt.

Nous les avons racontés en abrégé dans les articles indiqués ci-dessus.

Le tribunal du proconsul envoya le Frère Marcel à la mort avec les quinze autres 9 le la messidor an II (3o juin 1 794 ). Ce religieux, en allant au supplice^ ne se montra pas moins digne que ses compagnons de la palme du martyre. Il éloit né i Ouissant-lez- Arras. Son père ètoil Jean-Baptiste Picavet, et sa mère Jeanne Pauchy. (F. P* J.

PfilJGlIlfiS. et £. PLAMKBTrB.)

PIC BAR D (Jbah-Josbpb), curé deChasaé-l'Eglise, dans lecKocèse de LHçon , et né à Poitiers 9 refusa le serment de la eonHiiution ci^ vite du cierge. Les persécutions

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que ce refus lui attira le firent reyenîr dans sa Tiile natale 9 où son attachement à la Foi catbolique lui en procura de non moins cruelles. Il fut emprisonné en 1795 par Tordre des autorités du département de la Vienne; et, dans les premiers mois de 1794 9 «Ues renvoyèrent à Rochelbrt pour être déporté audelà des mers {V, Roghefoit). U fut embarqué sur le navire ie$ Deux ÂasoMê, où il ne tarda pas beaucoup à succomber sous les maux de cette déportation. U mourut dans la nuit ^ du a6 au 27 août 1794 9 ^ l'âge de 39 ans.

Son corps fut inhumé dans File Madame. ( F. J. Pigabd» et P»

PiGBOT. )

PICHEAIT (PuaiB), prêtre du diocèse d'Angers, étoit aumônier de l'Hôtet-Dieu de la ville épîscopale. Les.longs services qu*il avolt rendus auxpauvres dan»oette maison de douleurs, ne purent lui faire pardonner la constance de sa Foi en 1791. U en fut renvoyé comme noo-assennenté; et il se retira dans le bourg de Chanteau 9 DÛ il remplit ses devoirs ecclésiastiques avec beaucoup de régularité. Il y rendit même son ministère sacerdotal utile aux catholiques du canton. Après l'échec qu'éprouva en décembre 1793, tous Angers , l'armée cathoiique eêrayaie {V. VESDéi), il ne put éehapper au débordement de la rage des vainqueurs. Us l'arrê-

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tèrent et le traînèrent k leur commission fniiUaireàxx Pont-de-Cé ; et, après quelques jours de prison, il fut traduit devant cette espèce de tribunal, d'où l'on envoyoit les victimes à la mort sans les entendre. Il s'y vit condamné, le 1 1 frimaire an II (1*' décembre 1793)^ à périr comme « brigand de la Vendée » : qualification domiée par la plupart des Juges ^'ah>rs aux bons catholiques. Nous croyons qu'il est le même abbé Picherit qui, suivant une lettre du vénérable évêque actuel d'Angers, auroit été condamné au dernier supplice en cette ville, le 9 1 novembre 1793) etquimontasurréchafauden chantant le TtDeumiaudamus, ^ {F. F. PauBTiEB, et N. P«ar,) PIGHOLIËR (Jbav-Pbahçois), avocat à Caussade où il étoit né en 1743, avoit accepté la charge de juge de paix, afin de répondre à la confiance des hontiétes gens de sonpaysqui la lui a voient décernée.

£n i794f il mérita d'être Ccmipris parmi les dix-septCaussadoîsqu'oa arrêta, et que l'on conduisit à Paris comme autant de conspirateurs , au printemps de 1794- Leur curé étoit du nombre. Dans sa séance du 3 messidor an II ( m ^ia >794)9 le tribunal condamna l'avocat Picbolier, avec tons lesautres, à hi peine de mort « comme /b- ^latique^; et il fut immolé, le même jour> à l'âge de Si ans.

{V. Jf. P. CLAVlBBB,et P. MOIJLBT.)

PIGHOT ( PiBBBB ) , curé de

Montoiron , dans le diocèse de siégeant en celte ville , le con-^ Poitiers, sur lequel il étoit né, à damna, le 38 Tentose an II Mont-sur-Quaine, refusa de se (18 mars 1794), à la peine de

rendre coupable du serment schis- mort, comme «prêtre rél'rac-

tnatique de 1791. Malgré les vexa- taire». Le lendemain, sa tête

lions que lui attira ce refus , il tomba sur Téchafaud. resta dans la contrée, pour con*

tinuer à veiller au salut de ses pjE VI ( Jean-AnGE

paroissiens. Les autorités du dé- Braschï ), est ce Grand Pape

parteoientdela ^Îemie,eni793, j^„j j^ successeur, Notre Saint-

Je firent saisir. Il fut emprisonne p^^ p.^ yj,^ nouvellement élu,

et , dans les premiers mois de ^isoit à tous les évoques de la

l'année suivante, envoyé à Ro- catholicité : . La postérité s'éton-

chcfort , pour y subir la peine ^^^ certainement de sa sagesse,

morlelle d'une déportation mari- j^ ^ grandeur d'âme , de sa cons-

time (r. Rochefobt). On l'y em- t^nce ; et plût à Dieu qu'en succé-

barqua sur la flûte ies Deux Jssa- jant à sa puissance , nous eussions

dés, où tant de prêtres succom- Mérité de sa vertu ; car aucun choc

bèrent , en août suivant , sous les ^es tempêtes ne put en ébranler la

maux dont ils y étoienl accablés, fermeté, ni le concours de toutes

Le. curé Pichot mourut dans la i^^ calamités , lui arracher une

nuit du ^4 au 25 de ce même mois ^^^^^ j^ foiblesse ( 1 ) » ! C'est ce

d'août 1 794. Il étoît âgé de Soans. pontife dont encore alors il pro-

Sop corps fut enlerré dane l'île p^jj^it l'admirable constance pour

Madone. (r.J. J»»PicHàmD, et ^j^^dèlc à tous les évoques, en

P. PiEiKE.) parlant à celui qu'il consacroit :

PIGORON ( Alexis ) , prêtre „ ^^^^ Très-Saint Prédécesseur,

hebdomadier de la cathédrale de dîsoit-il , a prouvé sa Foi par les

Limoges, ne sortit point de cette piujj courageux témt^ignages ; et ,

ville, s'y croyant, quoiqu'inser- de même que le ^on-i>£Mleur de

mente , à l'abri des menaces de ia l'fi^angile , il a donné sa vie pour

loi de déportation. Mais son atta- ^ ^

chement à l'Eglise catholique ne ^.^ Obnupeseent posteri cote «-

pOUVOit que lui faire courir les plus pientùun , magnùudinem atumi et cont-

grands dangers lors du déchaîne- tantùun Pu f^f, cujus poustaù Nom

ment frénétique de la persécution , suceessùnus ; utînam uerd etiam firtulf, Ters la fin de 1 793. Il fut pris et ^"f '^ tempestamm impetu,neque

jeté dans les prisons de Limoges ; ^,^^^ ^^^; ^ p^ pp. y^ ' g,, et le tribunal criminel du dépar- cycUca td omne» catholicos epi*cop©i. tement de la Haute ^ Vienne, Veoetiis, &5miûi 1800.)

PIB

ses brebis (i) »• Maïs Dieu avoil Youlu qu'il ne la perdit qu'après aToir été 9 pour tous nos autres Martyrs 9 comme cette colonne lumineuse qui jadis conduisit son peuple à la Terre promise. De même que le saint pape Corneille, il fut, parla fermeté de sa Foi , selon l'expression de saint Cjprîen, « l'auteur et le chef de la résistance des autres 4 la

(i) Trois jours après cette ency* ^que, c'est-i-dire le 18 mai, dans réglise même du conclore, Pie VII, Goosacrant évéque de Sabarie en Hongrie , le cardinal Herzan , prononça une homélie solennelle, digne des papes saint Léon et saint Grégoire-le- Grand, dans laquelle, en lui faisant envisager le danger des circonstances, et après lui avoir dit de se proposer pour modèles les évéques et les prôtres français, qui avoient tant souiTert pour la Foi, il couronnoit ce beau tableau par l'exemple de Pie VI :

Propone tîbi , lui disoit - il , eos soi^etisMÙnos episcopos ac sacerdo" tes Kfuif pro Chrùto ac gregibus suis , iudibria et uerbera experti, insuper et tdneula et carceres , circuUrunt in melolis, in peiUhus caprinity egentes , angustiati ^afflicti , qnibus dignus non erat mundus, in soàtudinibus errantes , in montibuSf in spelundt, et in contenus terne , quorwn plurimi lapi" ddUi sunt , secti sunt , tentati sunt , in oedsione gtadii mortui sunt ( ad Hebr.

CXI). Propane tUn constantiam ad^ mânubUem Sanetissimi Decessoris Nos" trif à qMso ad Cardrnaiatum eueettu es, quif Testimonio Fidei prokfltus, ut BoMusPasToa , a.nima.m Svàm poshit pro €>wibus suis, ( Homil. SS. D. N.

Pli PP. VII. Venetiis, 1800. )

PIE 2Sy

séduction de Terreur, et aux me«« naces de Timpiété (i) »•

Les actions de Pie VI, qui se rapportent à ces hautes considérations, étant les seules que le but de notre ouvrage nous oblige impérieusement à faire connoitre, le lecteur ne doit pas s'attendre à trouver ici lliistoire entière de son pontificat. Ce qui, dans sa longue carrière, n'eut rapport qu'à des circonstances humaines ou politiques, n'interviendra dans notre récit , que d'une manière laconique , et seulement quand l'ordre des choses religieui^es nous en imposera l'indispensable obligation. Nous tâcherons ainsi deno us tenir renfermés dans les deux propositions dont se composa son oraison funèbre, prononcée en latin devant le Sacré Collège, par Mv Brancadoro, avant l'ouverture du conclave pour le choi:( de son successeur (a) : à savoir, «i* que le Seigneur s'étoit plu à préparer la grande âme de Pie VI au martyre le plus glorieux; 3* que le plus glorieux des martyres couronna la grande âme de ce Pontife » .

Jean-Ange Braschi, né à Césène, dans la Romagne, le 27 décembre 1717, montra , dès ce pre* mier âge de la vie que la nature

(1) Restùùf et eoeteris christianis resistendi Dux et Auctorfuit. (De S.

Comel. L. IV ).

(a) Le 3o octobre 1799 , dans Té^e patriarcale de Venise.

PIE

semble vouer à la dissipation et à la légèreté» ùq goût très -ardent pour l'étude, et le penchant le plus décidé pour la yerlu. Ses parenS) ne songeant qu'à lui procurer un établissement dans le monde 9 le firent aller à Rome, pour y perfectionner son éducation. Elle s*j acheroit d'une manière brillante, quand le guide spirituel de sa conscience lui fit reconnoître, dans ses dispositions intérieures, une Tocation trèsdécidée pour Tétat ecclésiastique ; etBrascbi, renonçant dès lors aux ▼ues mondaines, se consacra tout entier à l'Eglise. Bientôt ses talens précoces et sa sagesse prématurée fixèrent l'attention des personnages les plus distingués du Sacré Collège. Le cardinal Antoine Ruffo ambitionna, comme une gloire , le prif ilége de le protéger- Il le fit connoître au sayant Benoît XIV, qui le jugea capable d'être son secrétaire , et le chargea même de quelques affaires importantes, dans la conduite desquelles le jeune Braschi déploya une rare intelligence, a?ec une prudence consommée. Benoît X)y en témoigna une bien Qattçuse satis&ctioD, en lut confémilt un des caoonicats de l'église it Saint-Pierre, au moyen . desquels on preadrang dans la prélature. Quand ce pontife mourut, en 1^58, son suoc^seeur, Clément JLIII parut le surpasser en bienveillance et en estime ponr le prélat Braschi, puisqu'il le nomma

PIE

d'abord auditeur du Camerlingue; et, quelque temps après, en 1766, il le fit trésorier de la chambre apostolique. Cette charge importante et difficile lui fournit plusieurs occasions de développer sa profonde sagacité, et son inflexible droiture. Il l'occupa, non seulement jusqu'à la mort de ce pontife , mais encore quelque temps sous Clément XIV. Cç dernier Pape, en l'élevant, presque à l'improviste, au cardinalat, le 26 avril 1 773, priva la trésorerie apostolique d'un administrateur plus utile qu'il ne le pensoit ; et cette promotion , qui sembloit précipitée à ceux de qui n'étoîent point connues les causes de son accélération , en avoît de si honorables pour Braschi, que nous ne pouvons nous dispenser de les révéler. Son intégrité dans la charge de trésorier l'avoit porté souvent à mécontenter d'avides courtisans , en différant d'acquitter des ordonnances de faveurs pécuniaires qu'ils avoient extorquées de la bonté du Pape. Sévèrement réservé dans la distribution des fonds qui lui étoient confiés, il vouloit, auparavant , éclairer le pontife sur l'obreptîon ou la subreption de ces actes de générosité ; et souvent il les faisoit révoquer. La cupidité des ambitieux, toujours fort habiles dans l'intrigue , manœuvra pour se débarrasser d*un trésorier si fâcheux pour elle ; et , comme cette charge conduisoit immédia-

PIE

tetnent au cardinalat , ce fiirent eux-mêmes qui 9 en yantant extraordinairement les yerUis de Braschi , proroquèrent le plus êf* demment Clément XIV à TéleTer à cette dignité, en récompense de sa gestion financière : se flattant intérieurement, non sans cause, que la trésorerie tomberoit en des mains plus faciles.

Les gens du monde, qui ne jugent que par les sens, trouTèrent que Braschi honoroit la pourpre romaine par la majesté de son port et la beauté de sa figure; car la nature Tavoit excellemment doué de ces brillans arantages.

Mais il honoroit plus yéritablement son éminente dignité par l'étendue de ses connoissances, la pénétration de son esprit, la constante élévation de ses sentimens , et surtout par une yertu austère et solide, que rien ne pou* Toit altérer ni amollirl

Ceux-là même qui Tayolent (ait élever, conservant le ressentiment de ses précédentes rigueurs envers eux, travailloient habilement à suggérer au pontife des préventions contre lui ; et ils réussirent. Braschi tomba dans sa disgrâce; mais la grandeur de soft caractère n'en fut point affoîblie. n supporta cette injustice ayec la sublimité d'une ycrlu supérieure aux passions humaines , et sans quH lui échappât la moindre parole , le moindre signe qui pût être regardé comme l'indice d'une

PIB

plainte. Sans ambition comme sans crédit^ jusqu'à la fin dti pontificat de Clément XIY, il étoit loin dHmaginer qu'il le remplace* roit bientôt sur la chaire de saint Pierre.

Après que ce pontife eut expiré , le a a septembre 1774» le choix du successeur qu'il falloit lui donner deyenoit fort diflicile , à cause des influences contradictoires des principales puissances de l'Europe.

Les cours de France et d'Bspagne demandoient un pape qui maintint et fît exécuter la bulle par laquelle Clément XIY avoit aboli la Société des Jésuites; mais l'impératrice des Bussies , Catherine II , quoique schismatique, et le roi lie Prusse^ Frédéric II, quoique luthérien, et même conspirant la ruine de la religion, vouloient, au contraire , un pape qui rétablit cette société , ou qui du moins n'insistât pas sur l'entière exécution de la bulle de suppression (i). Un grand

(i) Le motif de Frédéric est franchement expliqué dans aa lettre du 8 noTembre 1777, à Voltaire » où il lui diaoit : « J*ai oonsfrvé cet ordre tant bien qœ mal, tout hérétique que )e aaû, et puia encore incrédule. On ne trouve, dans noa pays, aucun ca« tholique lettré , ai ce n'est parmi les Jésuites. Nous n'avions personne capable de tenir les classes. U falloit donc conserver les Jésuites , ou laisser périr les études». Catherine, de son câté , avoit des intérêts politiques d'un autre genre : c'étoit de se concilier les esprits de la Lithuanie , qui lai tom-

PIE

nombre de cardinaux, parmi lesquels on comptoit Braschi, en-

boit en partage dans la dirision de la Pologne, attendu que les Jésuites, pour lesqueU sans doute elle avoit de l'estime , y étoient fort nombreux et tenoient aux familles les plus notables.

Mais, loin qu'aucun zélé pour la religion catholique animât en cela ces deux puijisances , elles se pix>nonçoient en môme temps contre elle, de concert avec la faction philosophique.

On sait que Catherine s'en étoit déclarée la protectrice ; qu'elle s'étoit fait dédier V Encyclopédie ; qu'elle avoit choisi d'Alembert pour rédncation de son fils ; qu'elle appeloit à sa cour Diderot; et qu'elle applaudissoità la conjuration de ces sophistes par une multitude de lettres à Voltaire. Celles du roi de Prusse à ce chef des conjurés respirent l'ardeur la plus vive de détruire la religion, jusque dans son centre d'unité. Apres lui avoir écrit, le 1 3 août 1776 : n Miner sourdement et sans hruit l'édifice de la déraison, c'est l'obliger à s'écrouler de lui-même»; il lui écrivoit^ le aS mars 1 767 ; « La révolution n'est pai complète ; les dévots ont leur pcrti ; «t jamais on ne l'achèvera que par une force majeure. C'est du gouvernement que doit partir la sentence qui écrasera rinfdme (la religion}. Des ministres éclairés pourront y contribuer beaucoup; mais il faut que la volonté du souverain s'y joigne. Sans doute cela se fera avec le temps ».

£h! n'est-ce pas ce qui est arrivé en V791» où se consomma ce qu'il avoit déjà TU en 1767, quand il é^ivoit i Voltaire : « Les philosophes sapent ouvertement les fondemens du trône a|»ostolique.... Il faut un miracle pour siRuvcr l'Eglise v.

troient dans les tues de ces deux dernières puissances à Tégard des Jésuites ; et , pour cette raison »

ils pensèrent un moment à relire ; mais bientôt après ib songèrent à lui préférer un autre cardinal de la même opinion. Cependant il leur devint impossible de procurer à celui-ci une assez grande quantité de suffrages pour qu'il fût élu.

Des cardinaux espagnols et français j arrivant au conclave parmi ces • infructueux scrutins» firent pencber la balance vers le cardinal Pallayicini, qui, n'écoutant que sa conscience , restoit étranger à tous les systèmes politiques.

Mais, quand il vit se rapprocher ainsi de lui cette tiare imposante dont il avoit toujours redouté le poids, il déclara qu'il ne l^ccepteroit point , et désigna même en particulier, aux autres membres du Sacré Collège , le cardinal Braschi comme le plus propre à concilier tous les intérêts. Ce conseil prévalut ; et le conclave, commencé le 5 octobre 1774 9 se termina le 14 février 1775, par la réunion de tous les suffrages sur la personne de Braschi.

Lorsqu'il s'entendit proélamer Pape , il tomba soudainement sur les genoux, en adressant à Diejiij d'une voix haute , une prière improvisée dans laquelle son humilité , sa piété , son zèle et sescraintea éclatèrent tout à la fois d'une manière si touchante, que les assistans en furent émus jusqu'aux

larmes. A peine Teut-il acheTée , disoit - il « les moyens les plus

qu'il dit aux cardinaux, avec l'ac- prompts et la vigilance la plus

cent d'une profonde douleur 9 continue , pour les écarter des

comme si les prochaines calamités jenx des ûdèles. Le mal est au

de l'Eglise renoient de lui être ré- milieu d'eux : séparez -en les es-

irélées: « Pères yénérables, yotre prits infectés 9 de peur qu'ib ne

assemblée est finie; mais que les pervertissent (i)».

son résultat est malheureux pour '

moi ! D Ayant ensuite à choisir un (,) j^^f^ ^^j^ j^ „^^ ^^^f^

nom pontifical parmi ceux des venenatos Ubros ab ocubs gregû vestri

papes qui l'avoientprécédé, et par- magnd ui et seduiitate extorquete; ani*

tageant la dévotion spéciale de sa *"<>* amem mfectos prompte Jortiterqut

mère à saint Pie V, dernier pape 'T"^^' '^ îî^ ^^. nocumento.

. f ,., ji 1 (£pi3t. encyclica Pli YI, ad omnes

canonise,qu 11 se proposa dès lors ^ ? ^ ^^^^ ^^^^^ ^J ^,^^^^^

pour modèle, il voulut s appeler ,^^5.) pje yi, ne cessant d'insister

comme lui, et devint ainsi le auprès des ministres des Puissances

Sixième de ce nom si vénéré dans catholiques & Rome , pour que , secon-

TEglise, depuis ses glorieux com- dant ses efforts, ils obtinssent que

mencemens (1). **"" souverains ouvrissent enfin les

, , , ^ . •«»•»* yeux sur les malheurs qui les mena-

L undespremierssomsdePieVI, l^,^^^^ ^^ ^^^ ^^^ j,.'^^^^ ^ ^,^

commande à sa charge par les ff^^ ^x^^ temps , leur citoit souvent ,

justes pressentimens quil venoit de et noUmment au cardinal de Bemis ,

manifester, fut d'envoyer à tous une effrayante et grande pensée de

les évêques de la catholicité, une ®*"^^ ^^^> •^«'^ **<!'»«* *^ avoitUnt

épîtrc encyclique par laquelle il ^^ "M^'*». **! "««ambiance. Cette

• • .^ ."l i - j 1 1 pensée cpnsignee dans un ouvraee eu-

les invitoit à seconder son tèle rieux inUiulé : ^^ftadioc/o/ioior ,om.

contre les dangers qui menaçoient nions régna et regnomm ruinas à theo-

la religion , en se hâtant de pré- cnaid exorbùantium : Prodromus Bo

server leur troupeau du venin des cUsiœ miUtanm , in eos qui qum

livres philosophiques, dont s'inon- ^«''««'' ««^^n*»^, ^ quœ instruxit

doit l'Europe. «Employez, leur ^«imei^ comen^t y est exprimée

*^ ' r J ^ en ces termes : « Cum ad Benedtc

"■~~ tum XIV deferretur quifm rapido

(1) Cette année étant celle du troi- cursu VoUarii et gregaiium imp^mè

sième grand jubilé du siècle , Pie VI currêret impietas , fassus est ilie non

commença y pour ainsi dire, l'ezer- animadvfenuros principes et reges pro^

cice de son pontificat suprême par Jundum, donee in ab/ssum t^enerint ;

faire, le a5 février, Tauguste et ton- tune cum honvre ad immensi conspec'^

chante cérémonie de l'ouverture de la tum barathri retraduros pedem , /lu/-

Porte'Sainte , qu'il ferma le 94 dé- surosque à suis auUs et pravinciis auC"

cembre 1775, et qui reste close de* rorej doctnnœ ad subî*ersionem throni

|Miis quarante-six ans. €equè ae reUgionis excogitatœ.

aSa

PIE

, La YÎe de Braschi 9 deyenu Pie VI, D*étoit plus qu'un exercice coura^ux de toutes les vertus pénibles qui préparent Tâme au martyre. Sa carrière pontificale se hérbsoit de contrariétéd et de traverses, au milieu desquelles on le voyoit toujours prêt à se sacrifier pour la cause de Jésus-Christ et de son Eglise. Ils ne furent que des épisodes de sa conduite éminemment apostolique, les soins que sa souveraineté temporelle Tobligeoit à donner au gouvernement de ses Etats ; et cependant il fit, pour le bonheur et la gloire de ses peuples, tout ce qu'un grand monarque est capable de concevoir et d'exécuter. Mais ce n'est pas sur ces objets que notre attention doit se complaire : laissons aux historiens politiques la t Ache de racon ter les traits de iajuste sévérité que,dès son avènement au trône , il exerça envers te gouverneur de Rome, qui n'avoit eu que de la mollesse dans la répression des désordres publics ; envers le préfet de Vannana (des subsistances)* qui n'avoit pas rempK ses fonctions avec une irréprochable Intégrité. L'histoire dira bien encore , sans nous , tout ce qu'il imagina pour le soulagement des pauvres; combien il sa voit se contenter de peu , afin de trouver plus de moyens de les secourir ; à quel point il se rendoit accessible à leurs demandes; avec quelle bonté il 7 répondoit; quel empreseraeat il mita diminuer les

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impôts, et à procurer de nouvelles ressources à l'agriculture et au commerce. Elle ne sauroit s'abstenir de célébrer surtout cette vaste autant que nécessaire entreprise du dessèchement des pestilentiels Maraiê'PofUins : entreprise dont les progrès diminuèrent si notablement les germes de mort qui rendoient la contrée inhabitable :

entreprise que Pie VI auroit heureusement achevée, si la révolutien française ne fût venue lui en ravir les moyens. Ne pourronsnous pas encore nous dispenser de parier de la magnifique sacristie qu'il ajouta à l'admirable basilique de Saint - Pierre ; de la bibliothèque qu'il donna au monastère de Subiaco, dont il avoit été l'Abbé; du superbe musée de sa création, dans lequel il réunit une si riche collection de monumens antiques ; des trois obélisques qu'il fit élever ; des autres somptueux embellîssemens que Rome dut à sa munificence ; de tous les hôpitaux qu'il agrandit et qu'il dota ; des conservatoires enfin qu'il créa pour de jeunes filles indigentes ; de Kappel qu'il fit à Rome de nos respectables Frères des Ecoles Chrétiennes 9 et de l'hospice qu'il fonda pour eux (1) ?

(i) Cette fondation de Pie VI en lâvcor de nos fyèru dêM.£coks Chrt' tiennes, ynlgttreoient dit« Ignoraniùu, ne leur est lana doute pas moins honorable que les éloges qui leur sont donnés parmi nous aujourd'hui. Qubi*

PIE

Dea actions d'un ordre supirieur 9 et qui tiennent bien plus au ciel qu*à la terre ; des actions plus belles encore aux jeux des enfans de la Foi, revendiquent toute notre admiration. Pie YI lui-même nous j ramène par un trait auquel donna lieu une des grandes entreprises dont nous Tenons de parler. Un jour qu*il étoit reyenu plus tdt qu'on ne Tattendoit de ces Marais - Pamins, dont il alloit deux fois chaque année inspecter 9 encourager le dessèchement 9 on lui manifestoit quelque surprise de la précipitation de son retour :

« Nous sommes chef de l'Eglise catholique ayant tout, répondit-il ; et nous ne voulons pas que ses

^'éloigné d'eux , le Pontife avoit apprécié lears senricea , encore mieax , peut-être, que la plupart de leurs apologwtes. Il en fit venir du midi de la France unp petite colonie , pour laquelle il commença de bâtir un bospice sur l'un des cdtés de la place qui est devant l'église de S, SaltHttoi^ m Lauro^ non loin du pont Sami-jénge. Dans la première audience qu'ils eurent de Sa Sainteté, ils lui offrirent une gravure représentant leur pieux fondateur, le piètre de La Salle , cbanoine de Reims : le S. Père la reçut avec une religieuse reconnoisaance. A Rome, comme en France, leurs fonctions consistèrent è enseigner aux enfans des pauvres la doctrine chrétienne , en même temps qu'ils leur apprenoient à lire , à écrire, et à compter. Ce fut le dernier établissement que put fonder Pie VI. Ces bons Frères placèrent sur la modeste laçade de leur maison cette inscription touchante : Pùu VI, Pattr pmtptntm.

PIB

intérêts soj^rent de notre absence». En leur consacrant la majeure partie de son temps , il ne négligeoit aucun des moyens d'y pourvoir avec phs de lumières et de sagesse. Quoiqu'il connût parfoitement les saints Canons , au point que 9 dans les occasions les moins prévues 9 il les cttoit toujours à propos 9 comme s'il les lisoit y néanmoins^ dansfes affaires épineuses^ il sefaisoit un devoir de consulter celle des congrégations de cardinaux qn'eHes pouvoient regarder. Quand la décision qui en émanoit le déterminoit à prononcer une condamnation. Il la tendit suspendue jusqu'à ce qu'il eût épuisé 9 envers le coupable »

toutes les ressources de la persuasion la plus paternelle. Avec quelle merveilleuse persévérance ne les employa-t-il pas à l'égard de l'auteur audacieux d'un livre déjà condamné par Clément XIII ^ en 1764 I On comprend qu'il s'agit de cet hétérodoxe traité : De SuUuprœtmHEectesiœ^etiegi' timâ potcstate Romani PontificiSs publié en Allemagne 9 depuis 17639 sous le nom pseudonyme de Juêêifnuê Fténmiuêf par J. N.

Hontfaeim , èvéque de Myriophite {infarU/buê)^ et suffragant de l'arcbevêcbé de Trêves. Prétextant la néce^itè de déterminer les bornes de la puissance spirituelle du Pape^ii avoit porté atteinte aux principes de la Foi ; mais enfin »

les avertissemens patemeb do

964 FIE

Pie VI obtinrent, en 1778, l'effet que n'a voient pu aycir les censures de son prédécesseur; car, lei*' novembre de cette année , Hontbeim rédigea et signa , à Trêves , une rétractation aussi complète et sincère que Pie YI pouvoit la désirer. Elle ne lui parvint que la veille de Noël ; mais combien, par la îpie qu'elle lui procura, elle compensoit le chagrin de ses retards ! Les transports d'al* légresse qu'il en éprouve peuvent à peine se contenir pendant la solennité du lendemain , dans la basilique de Saint-Pierre , où , de son trône ( 1) , il invite les assistans à se réjouir avec lui de ce témoignage de repentir, qui le dispensoit d'un acte de sévérité que la bonté de son cœur lui eût rendu si pénible.

Il écrit même avec tendresse au coupable repentant ; et sa lettre^

(i) En copiant une Histoire àviU, philosophique et religieuse de Pie VI ^ par an anonyme , Paris, 1801 , sous la date d'Avignon, 1800 {V. ci -après, pag. 286, note f), l'éditeur des ConftS' sew'M de la Foi raconte (tom. IV, pag. 286) que «le Pape monta en chaire dans réglise de Saint - Pierre ; etc.» : ce qui supposeroit qu'il existe dans cette hasiÛque une chaire à prêcher fixe , et tnakftgue à sa magnificence.

Mais aucune de ce genre n'en interrompt la majestueuse harmonie. On y ▼oit seulement , pour prêcher ( ce qui n*a lieu que dans quelques chapelles), une chaire mobile où le Pape ne monté jamais. Ce qu'on nomme la Chaire du Pape, «st ce que nous appelons son trône ; et ce que l'on y désigne sous le nom de Thibune de la Chaut , est

PIE

vraiment apostolique, semble le remercier de lui avoir épargné la douleur de prononcer un anathème contre lui.

Pie VI n'eut pas des succès aussi consolans dans les diverses tracasseries que plusieurs puissances de l'Europe lui suscitèrent sur des objets relatifs au gouvernement de l'Eglise. La France et l'Espagne se plaignoient de ce qu'il protégeoit les débris épars de la Société des Jésuites 9 que l'impératrice de Russie et le roi de Prusse conser- Yoient et favorisoient dans leurs Etats respectifs : plusieurs circonstances paroissoient justifier ces plaintes. Gomme l'impératrice n'avoit pas laissé publier dans les pays de sa domination la bulle de suppression des Jésuites, le Père Stanislas Sienstrzencewez , de

un auguste et superbe ^nonument en bronze, figuratif de la chaire de saint Pierre , que portent quatre docteurs de l'Eglise , également en bronze , de forme colossale-, et dans lequel est ren> fermée , sous des cristaux 9 la Chaire même dont se servit à Rome le Prince des A pâtres. Cette tribune se trouve fort élevée au-dessus d'un autel, à la distance de 174 pieds de la partie supérieure de la Confession ^ ou tombeau souterrain do saint Pierre, c'est-à-dire du mattre-autel sur lequel le Pape seul a le privilège d'ofirir le saint sacrifice. II y célèbre la messe aux solennités de Noël , de Pâques , et de saint Pierre ; et ce n'est qu'en vertu d'un bref que le cardinal archiprêtre y officie à la fi^te de la Clu^re de saint Pierre, à Rome^

VIE

BohusZf noble Polonais qui , pour être prélat en sa province , avoit obtenu la commission de yisiteur apostolique des églises catholiques de la Russie 9 avec la dignité d*é- Yêque de Mallo (in faTtUyus)y projQtant de ce que les provinces Lithuaniennes de Polocsk et de Mohilow étoient échues à Catherine dans le fameux partage de 17739 autorisoit les Jésuites à s*y réunir et à se perpétuer en recevant des novices.

Pour se rétablir même dans les anciennes prérogatives de leur instituty ils tinrent au collège de Polocsk) en 178a j une congrégation générale» et s'y donnèrent, le 17 octobre, en la personne de leur père Gzconiewice , un vicaire-général pour gouverner toutes leurs assoaiations particulières. Sur ces entrefaites, Pie YI, craignant que l'impératrice ne plaçfit un évêque grec schismatique dans Tévêché catholique et vacant de Polocsk , lui avoit demandé de ne pas détacher du Saint-Siège cette église , et de nommer un prélat catholique à l'archevêché qu'elle vouloit établir à Mohilow. Catherine y mettoit pour condition que révêque de Mallo en seroit institué archevêque par le Pape (1); et qu'il auroit un coadjuteur dans

( I } Elle alloit lui donner en outre le piivilége de nommer a toutes les places ecclésiastiques y et aux bénéfices, à la condition toutefois que les ëtiaDgcn n'y pourroient être promus.

PIE

la personne du Jésuite Jean Bénislawiki , lequel seroit dès lors visi* teur apostolique pour les catholiques de la Russie proprement dite, auxquels il étoit défendu de recourir à Rome. Les intérêts des fidèles de la Lithuanie et de la Russie ne permettoient guère à Pie YI de ne pas souscrire à ces clauses. Le nonce Archetti, envoyé pour négocier ces arrangemens , les conclut à la satisfaction de Catherine, qui demanda et lui obtint le chapeau de cardinal. Les cours de France et d'Espagne durent être tranquillisées par le bref que le Pape leur adressa, pour déclarer i* qu'il «re" gardoit comme nul, illégitime et abusif, ce que les Jésuites avoient fait eh Lithuanie; et 2'' qu'il tenoit pour irrévocable la bulle de leur suppression » .

En Italie même, Pie YI étoit fort tourmenté par les réformes téméraires que, depuis 1776 , le grand-duc de Toscane, Léopofd, faisolt en ses Etats sur des choses qui dépendoient en majeure partie de la puissance spirituelle. En 1778, il se montra même décidément l'ennemi du trône pontifical. Non content de reproduire de vieilles prétentions de sa couronne sur le duché d'Urbin, dont les Papes jouissoient depuis le seixième siècle, il commença même à les réaliser en commandant avec une autorité de souverain aux religieux et reli-

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gieusea de ce pays, qu'il Touloit soumettre aux innovations dont il donnoit le scandale en Toscane > et qui peuvent nous sembler un essai de celles que fit ensuite FÀs- Semblée CanstittuiïïUe de notre révolution. On ne doutoit point que la plupart ne lui eussent été suggérées par Tévêque de Pistoie et PratO) Scipion Ricci) dont les opinions particulières s'envenimèrent progressivement après le bref de réprimandes qu'à la fin de juillet 1781, il reçut de Pie VI, momentanément favorable aux vues de deux classes de personnes soulevées contre deux actes de l'évéque (i). Un second

(i) Cet évéque venoit de faire transférer, avec l'approbation du grandduc, dans une maison de Florence, sous la surveillance de Tarchevéque , deux Dominicaines de Prato, convaincues de matérialisme , et reprochoit à plusieurs Dominicains , qui avoient la direction du monastère oh elles étoient, d'avoir favorisé leurs écarts.

D'un autre côté , par une lettre pastorale du 3 juin de la même année 1781, il avoit désapprouvé la dètfo^' ûon au sacré Cœur de Jésus ^ en tant qu'elle étoit comprise charnellement Le Pape lui écrivit k ce sujet, non le 3o mai 1781, suivant la date mise par inadvertance à son bref, mais en Juillet, puisqu'il parloit de cette pastorale : Ninds profectà miraù sumus te in magistrum erectum essêf ta dùsidta et studia partiumjam providentid Sanctœ SedU compositatprorsùsqueobsoleta îterùm excàares. Sonda hœc. Sedes modum jam turhis et quœs* tionibus imposuà , saiisque deciaraintt

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bref 9 plein de modération et de douceur, que le $aint-Père lui adressa peii de temps après, en réponse à la lettre par laquelle il s'étoit justifié (i), ne put l'empêcher de se déchaîner contre l'autorité pontificale : en quoi sans doute il étoit excité par le grand* duc, qui avoit cru voir des expressions offensantes pour lui dans quelques phrases du premier de ces brefs. Déjà Léopold avoit envoyé à Rome deux Mémoires menaçans par lesquels il en demande it une satisfaction éclatante et prompte. Cependant les explications pacifiques de son ambassadeur avec le cardinal Cor-

qud suhstantia iltius devotionis ab omni certè superstùiosd malerialitate immunis retient spectet, ut in sjrmbo^ lied eordis itnagine immensam chan' totem, ^usumque amorem diuini Redemptoris nostri medàemur atque uenertmur»

(1) Pie VI, rendu à sa bonté natarelie par la lettre de justification que l'évéque .avoit écrite à Sa Sainteté , le 6 ao(!^t, lui répondit presqu'aussitdt , de manière à le pénétrer d'admiration et de sensibilité, dans un bref du 4 des calendes de septembre (ag août 1781). Il débutoit par ces mots : Venerahilis Fraler , pergratœ nohis fuerunt Ktterœ quas octanfo aniè idus sextile» dedistit ut te diligenur apud nos exauatum • Jaeeres» NihU hoc sanè officio prœstaMiutt quo fidem et ohsen^antiam tuam ergà Sedem Aposttyiicam testotus es. Quare^ venerahilis Frater, te peramanter complectimur^ eoque animi nostri Uhso habemtis, in quo esse decet episeopum, Enaaiie la

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sioij chargé par le Pape de traiter ane telle affaire , conjurèrent cet orage politique. Lëopold n'en contiuua pas moins son plan de ffélbrme ecclésiastique ^ auquel rérêque de Pistoie entreprit de procurer un air canonique au mojen d*un synode diocésain qui en consacreroft les principes. Ce synode 9 ouvert le 18 septembre 17869 se termina le 98 du même

Fipe loue ce que le prékt a £ût relatÎTement aux deux religieuBea, déclarant qu'il n'ayoit pas entendu blâmer son zèle à maintenir l'esprit de Dieu dans les clottres ; qull avoit seulement appréhendé que les autres Dominicains de Prato n'en eussent reçn quelque déshonneur; mais y ajoutoi^ il .' Quoniam te tftrà tuhil ed de re prcneriisse qffirmas, ùt tuis omrUnd ueMs eonquiescUnus, Nâài Urujuam aà onunand juntmcoonê tua dutraetuM vobàmu»^ eujfus nos ^«f vindkea et atsertore» eese ghriamur, Debw»

iuique omnêm mh animo trùtùiam eitcere , atqu€ àjratemd vobmtate nosird tihi cuncta reetè auspicari. Pie VI ne parloit plus de la lettre paetoraUf tant il étoit frappé de ce que f éyéque lui avoit raconté, en ces termes , dans M lettre |ttat&flc«tiye : JSêbi perd, B. P, , wta Proppo fine cagione d£ puMieaPe tfuella istnmone, non sùio pet tahuMO che eifitem^a âel décréta dei 1765 9 eastenendosi da moU per quetio eftprouoto U cuAo al cuor car»

nco, ma anoo per ûfaao aecaihtiomi m Prato neita Meea dèUa Âf adonna data délie carceri , dove ei tenta di Jarmi henêdire fraudoiMomenu una deUe nuove campane in onore dei cttore di Gresà , e perthè ii îentatipo rfueeùee , oUre Cavert art^ia&samente

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mois ; et^ pour donner plus de solennité aux décrets de cette assemblée 9 Léopold conToqua^ l'année suivante, à Florence, un concile national, dans lequel cependant, sur dix -huit archeyè* ques ou évêques qui y assistèrent» trois seulement de ces dertiiers ap« prouvèrent le synode de Pistoie.

Vers ce tempa-là, Pie YI, usant du droit qull s'étoit réservé en éri-

nascoeta eon dd fioiri lu ùerédone in hroiizo cke dieeva in honorem sanctissimi Cordis Jesu, quando io, che ebbî in stdjatto qualche am^iso deUaJrode, chien la copia di quetta iscnzione per sapere eotto fùtuocanone di quai santo dcveva ooneacrarsi la campana^ con Huovmjrode 4 quella si sattitui per mef^ ingannarmi la iecriadone : In hoBoremDomini Nostri Jesu Cbristi.

Ma ridùtto a uedermi tradào in chiesa, in wmafiutâone ecdeeiastiea., non sa" pmuto eome guardarmi, disei eke tutto era< a onoredi Geeà' Critto , e che la eampana ei stmbhe coneoerda eotto Pùwooationie di S. Ste&no, protomartire* Conforme fecL., Ordinal che si radesse la iseritione.,. Il nostro «Sb« inrmù Aefu inteso del/atto, non solo si degnè appiwfore la mia condotta, ma diitipà. cente coagregaàom e oont^nticoio eke sèjàcet^ano dagU osge»

iuitif e voile cke ttno di hro che è il priore di quella coUegiata 9 venisse a farmiU scuÂe, lo era ebtnque in ohhUgo^ B. P, , direnderconto deimio operaZo ; epoiekè molli o per maUua o per %no*ransut seguita^ano Unuovo ctUtOf non gfà nei modo ckefù a Borna permmeo , ma nelmodop che nonpuà unveseovo toileraresenzatradireUdeposito dellafide, io mi credei in dovere étistruite oppor* ttmatamente U mio amatissimo gre^c •

géant, d'après la demande du grand-duc, un éyêché à PoTitreinoli, savoir s la faculté de choisir sur quatre candidats que lui présen* teroit le prince , celui que Sa Sainteté jugeroit le plus digne d'occuper ce siège , ne préféra point l'ecclésiastique que Léopold avoit mis le premier sur sa liste, pour fixer le choix du Pontife. Le grandduc irrité ne connut plus de mesures. Par un édit du ao septembre 1788 il abolit, de son autorité privée, la juridiction du nonce du Pape dans la Toscane ; en repoussa même toute nonciature pontificale, défendit, sous peine de bannissement, à tous les religieux du grand-duché, d'avoir aucune relation avec des souverains étrangers, voulant qu'ils ne fussent soumis qu'aux èvêques diocésains ; prohiba tout recours d'appel au Saint-Siège, exigeant que les causes ecclésiastiques , après avoir été jugées en première instance par l'évêque du lieu , le fussent en dernier ressort par le métropolitain. Pie VI réclama les droits dont le Saint-Siège étoit en possession ; mais ses réclamations ne furent reçues qu'avec dédain.

Léopold alors publia ( en 1 789 ) , comme ayant force de loi , les décrets du concile de Florence. Ceux du synode de Pistoie venaient de l'être avec son approbation k la fin de 1788; et la publication ducale fut accompagnée d'une longue apologie que quelques

èvêques, dévoués à ses plans, a voient faite de ses réformes, et d'une réfutation passionnée de ce qu'il appeloit « les injustes prétentions de la cour de Rome » . Il ne cessa de contrister le cœur du Saint-Père que lorsqu'en 1790, à la mort de Joseph II , il quitta la Toscane pour aller lui succéder sur le trône impérial d'Allemagne ( 1).

Mais ce même Joseph II avoit aussi causé des chagrins trèsdouloureux , et occasionné des fatigués bien pénibles à Pic YI ,^ depuis 1781 , où par une ordonnance impériale , enchérissant sur les systèmes théologiques de Marie-Thérèse et de son ministre, le prince de Kaunitz, il commença par mettre des conditions rigoureuses à l'admission des bulles , brefs et rescnts du Pape en ses Etats. Il avoit ensuite suspendu par un édit la juridiction .immédiate du Pape sur les monastères de sa domination , voulant qu'ils ne fussent plus exempts de l'autorité des évêque»

( 1 ) L^ actes du concile de Pistoie ne forent condamnés que le a8 août 1794» P*^ 1^ bulle ^uctorem Fidei , dans laquelle certains ultramontainai prétendent qu'on retrouve la consti-r tution d'Alexandr£ VIII , Inter muitipkces , contre les quatre articles du c\tr^ de France. Mais le contraire a été démontré dans la Défense des Libertés de l'Eglise Gallicane, par feu M. de Barrai , archevêque de Tours, in-4«» (Paris, 1817); depuis la pag. 36a jusqu'à la pag. 38 1.

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def diocèses où ils se trouTOient, comme ils ràvolent été jusqu*alorsy en vertu des immunités accordées par les Papes. A ces in* noyalioas» Joseph en ajouta de plus formellement attentatoires à la discipline de l'Eglise. Pie VI »

ne pouvant plus garder le silence 9 fit à Temp^reur des représentations douces et modérées; mais elles n'eurent aucun succès : et il pensa que s'il alloit les renouveler en personne auprès de Joseph j à Vienne même 9 elles deviendroîent plus efficaces* £n partant^ il disoit à ceux qui s'étoient efibrcés de Je détourner de ce périlleux voyage, par la eraintequ.e sa dignité n'en fût compromise, et qu'une telle fatigue n'abrégeât ses jours : « Je vais à Vienne^ comme j'irois au martyre.

Kous devons, pour l'intérêtde la religion , tout exposer, jusqu'à notre vie. Il ne nous est pas permis de n'avoir que des soins ordinaires pour le vaisseau de l'Eglise , quand il e^t assailli par la tempête. Si les ministres de l'empereur tournent ma démarche en ridicule 9 comme vous le craignez; peu m'importe.

Ne savons-nous pas que notre destinée est de paroître insensés pour Jésus-Christ?»

La sincérité de si généreuses dispositions au martyre étoit d'ailleurs attestée par le soin qu'il avoit eu de faire son testament, et de recommander au Sacré Collège, s'il mouroit en voyage , de tenir de suite le conclave à Rome

pour loi donner un successeur.

Le but de notre ouvrage ne nous permet pas de nous arrêter à décrire les témoignages publics de vénération et d'amour que ce Pontife reçut dans tous les lieux où il passoit, et surtout à Vienne (1), de la pari même de l'empereur (a). Il doit nous suf-

(i) Od y frappa en «on booneur une médaille qui offroit, d'un côté, son portrait, avec cette inscription :

PapA Pirns SextëSf /amà suptr atkêra motus, PerÉgrituu apostoUcur.

Vinmm, mens* mmrtiê MUCCLXXXtt, .

An revers , étoient les effigies des cin<{ illustres Papes du nom de Pie, qui l'avoient précédé , avec Vt moi Hedifiuip qui lesprésentoitcoiçme revivans dans la personne de Pie VI.

(a) Il voulut éterniser, par une belle médaille, Tavantage honorable qu'il avoit eu de loger Pie VI dans son palais. Elle porte, d'un côté, le portrait du Pontife, entouré de la légende : I^ius fV, Pontifex Maxinuu; et de l'autre ces mots : Josephiïl^ ^ug. Vindob, Hospes. a. die, XI, kai. apr* ad X, koL Maij MDCCLXXXII (depuis le aa mars jusqu'au aa avril )• {Wm^eta à SS. Pâtre €t Domino Noelro Pio Papd Sexto causa itinerû sui t^in^ dobonensù : MomcBf m-4^, 1783.) Prèsqu'au moment du départ du Pontife pour retourner à Rome , Tempercur lui envoya présenter, par son vice -chancelier, le prince de CoUoredo, un« diplôme de prince de l'Empire, pour l'atné de sea neveux» Louis Brascbi - Onesti. Pie VI accueillit cette offre avec honneur et sensibilité ; mais il alla dc^suite au cabinet de l'empereur, où , en le remerciant, il le pria d'ajouter une nouvelle

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fire d^ajouter qu'il obtint de lui raocomplissemcnt d'une partie de ses demandes 9 arec des promesses de conciliation pour celles auxquelles Pétat des choses ne permettoit pas encore à Tempereur de consentir. Dans les conférences qu'ils aroient eues ensemble » sur ces dirers objets, celui-ci, Tivement touché de la douce piété et de la loyale discrétion de Pie Y I , ayoit conçu pour lui un respect si profond , et une affection si cordiale, qu'en cédant à ses instances , il ayouoit que c'étoit « par amitié pour sa personne » . Ce sentiment désarma souyent, par la suite, la mauvaise humeur que la fermeté du Pontife lui faisoit conceYoir.

La patience de Pie VI étoit encore mise à de tîtcs épreuves par le roi de Naples , qui lui enlevoit la prérogative de nommer aux évêchés et aux abbayes de son royaume ; qui , de sa seule autorité, sans aucune intervention de la puissance ecclésiastique, réunissoit plusieurs diocèses. Il restreignoit d'alUetirs in-

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faveur à c^ie-là : c'étoît ée le ditfpeneer de garder ce dipl^hne. Il donna des raisons si magnanimes de cette espèce de refus, qne Tempereur, loin d'en être oifenié, n'en admira que davantage la grandeur d'âme du Pontife, et n^en reasenlit qve plus de vénération pour aa persOoae. ( ^. pag. 27 , du Dkârio pienâ t éiatinto M yiaggio fuUo a yimna dmi SùWuna Pant^ict Pio Sutû. Roma j 1789, m 4** )

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finiment la jurisdiction de la nonciature apostolique en ses Etats , et réduisoit presqu'à rien l'ancien hommage - lige que sa couronne avoit rendu jusqu'alors au Saint- Siège. Mais la sagesse de Pie.YI, aidée de l'intervention amicale de la cour d'Espagne, amena enfin une conciliation par laquelle furent terminés, en 1790, les différends nés à cette occasion.

Il n'y eut pas jusqu'au sénat de Venise qui ne répandit des amertumes sur la carrière pontificale de Pie VI. Sans aucun recours à l'autorité du chef de l'Eglise , il avoit de lui-même sécularisé un grand nombre d'abbayes , et incorporé leurs biens avec ceux de la noblesse vénitienne. Le Pontife lui adressa de paternelles remontrances sur cet attentat sacrilège et spoliateur : elles furent méprisées ; et le sénat , non content d'avoir usurpé une partie de la puissance ecclésiastique du Pape, entreprit d'enlever à sa puissance temporelle ane portion du duché de Ferrare, sur lequel, d'autre part, le duo de Modène avoit renouvelé, en 17S4, les Vieilles prétenitiofis de ses ancêtres. Ceux des car-' dinaux qui avoient le plus de poids dans le conseil de Pie VI , Touloient qu*il déclarât la guerre aux Vénitiens ; mais son cœur et sa piété luttoient contre un pareil ayis , le senl que la politique pftt trouver convenable. Alors, plus (}ue jamais, II gémit sur la réu-

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Dion d*ttiie soureraioeté terre»* ire 9 à la charge pacifique de père de tous les chrétiens, Toyantque les deyoirs de la première semliloieot ohligerle chef d'une rellgioD de paix el de charité à commander contre des chrétiens les ravages et les meurtres de la guerre. Il regrettoit douloureusement ces premiers siècle!^ de rEglise, où les successeurs de saint Pierre ,1 par cela même que toute leur soUicitude étoit concentrée dans un pouToir uniquement spirituel 9 et qu'aucun intérêt temporel ne les exposoit à dépendre des puissances de la terre y en faisoient d'autant mieux fleurir la religion , et n'en contribuoient que plus efficacement » comme plus librement, à ce que tous les fidèles n'eussent entre eux qu'un cœur et qu*une ûme. « Ah I disoit-il , si les intérêts du trône romain alloient fausser quelque jour ceux de l'Eglise de Jésus - Christ I » Il

soupiroit; et, cette pensée l'effrayant , il aima mieux abandonner la partie de possessions temporelles enleyée par les Vénitiens, que la rcTendiquer. ayec yiolence. Malgré les nouTelles entreprises qu'ils firent encore sur son domaine, jusqu'en 1790, il ne leur opposa jamais que la modération de la sagesse , et le langage d'une charité apostolique. C'étolt ainsi qu'il aroit désarmé le duc de Modène , lorsqu'en 1784 celui-ci mettoit des troupes sur pied pour

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lui raylr en entier le duché de Ferrare.

Elle étoit arriyée l'époque oùcette yertu généreuse et sublimé, déjà si fort exercée, deyoit subir de plu^ fortes épreuyes; où Pie YJ se trouyeroit engagé dans une persécution plus terrible, que rien ne pourroit calmer, et dont, après une longue série d'actes héroïques et de souffrances inouïes, il deyiendroit la plus illustre yictime.

Pour que rien ne manque à son martyre , les coups lot y tendront de celle de toutes les nations étrangères qui s'étoit signalée dayantage, et dans tous les temps , par la Foi la plus pure , la plus solide , et par la piété la plus éclairée comme la plus sincère (1) ; de cette nation, qu'à

(i) Rappelant ce que Grégoire IX ayoit dit à la gloire de la France» il a'écrioit» trois ans pliu tard : Ah! Gailia! GaUia! à Prœdecessonbiu nostrù appeUata « totùu Chrùtianitatis specu»

bun , et ùnmotum Fidei firmamentum , utpotè quœ infirvore fïdâ chrisUanœ, ac det^tione Âpostolicœ sedis^ non se^ quais alioê, sed anuctdis, » Quùm hodie avena à nobù es ! quàm hostiii in ueram reiigfonem «nÛMo, ac inter otnnes qui unquam fuerunt ejusdem inseeUUores infestissimal.. Ah! ùenun GaUia , tu quœ^ etc. ( AUocutio de nece lAsd. XVIy 19 junq 1793. ) L'archevôque de Piicée (inpartiUu) , Jean- Siffren ICaury, non encore cardinal , fit de suite à Rome une exacte traduction française de cette éloquente allocation. Elle fat pttbliéie » la même année, inr^^ et m-3% avec des vi*

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raison encore de» qualités aimables qui la distinguent 9 il affectionne au-dessus de toutes les autres ( 1 ) . Les Etats-- Généraux que Louis XYI avoit convoqués en 1789; pour concerter avec eux le soulagement de son peuple , s*éloient-déjà emparés d'une por-

guettes analogues, par l'imprimerie de la Chambre Apostolique. Dans la Version qui .fut publiée 4 Paris , en janvier i8i5, après que le cardinal Maury en fut parti pour retourner à Rome, et que Téditeur a reproduite en janvier 1818 et 1821 , on remarque avec surprise (pag. aa) la suppression de l'épithète donnée à Voltaire par Pie VI : Palàm omnibus factum est ijuœ ilfius (Zudot^id Xyi) origo fuit cerumnarum : idque adeà pro corn-' ptrto habendum est , taies nùnirùm , quales prodibant in Gcdlid de improbis iibris , tanquam ex uenenata stirpe , processisse fructus y ut in uitd scbles- TissiMi f^oUeriiin uulgus edàâscriptunt fuerà , œternas ilii ab hwnano génère habendas esse gratias , tanquaHn primo publicœ reuoludonis auctori^ qui, etc.

(1) Suivant ce que le cardinal de Bernis, ministre de France à Rome, avoit écrit à sa cour sur ce pape , en 1 78a , « Pie VI «voit le cœur français». Il sembloit, d'ailleurs, avoir hérité de Benott XIV, le goût de cet illustre pontife pour l'esprit et la littérature de notre nation. G)mroe lui , Pie VI, « en l'admirant sous ces rapports^ gémissoitde ce qo'un peuple a\iasi capable de bien penser et de bien écrire, profanoit si souvent sa plume par des productions frivoles , obscènes et impies. Ainsi que Benoit XIV, il disoit qu'il en étoit des Français comme d'Origène ; qu'il n'y

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tion de la souveraineté^ en se constituant (feas mêmes Assemhiéù Nationaie ; et cette assemblée , soulevant les passions populaires contre la royauté par sa Déciaration dt* Droits de i'hommc et du citoyen (1), dépouilloit

avoit rien de mieux que ce qu'ils faisoient de bien, et rien de pire que ce qu'ils faisoient de mal : Ubi bcnè , nema meliiis; ubi malè, nemo pejùs.

(Eloge hist de Benott XIV. Liège , 1766.)

{i) Il semble que la guerre ne pouvoit être déclarée à la royauté en général, sans l'ôtre en Italie comme en France. Un prélre Sicilien, Nicolas Spedalieri, qui étoit professeur de philosophie , publia , au commencement de 1 79a , un in-4»

volumineux, intitulé ; De* DiriuideW uomo, dans lequel, développant avec emphase la DeclaraUon des Droits de r homme et du càojren, donnée par ncNtre Assemblée Constituante , il prétendoit la justifier par la doctrine même de saint Thomas; et de là s'ensuivoit indirectement d'avance l'apologie de. l'horrible attentat du ai janvier 1793. L'auteur des Afcmoires pour sentir à l* Histoire Bcclésiastùfue pendant ie dix-huitième siècie (Paris, chez Leclere, i8i5) dit (tom.

ïy» pag» 667) * q«ie Tex- Jésuite Jean- Vincent Bolgéni apprf)uva ce traité de Spedalieri». Les éditions de cet ouvrage se multiplioient avec une inconcevable rapidité , malgré les critiques qu'en faisoient le Giomaie £cclesiastico di Borna, Supplémens de mai et juin; le P. Jh Tamagna, Mineur-conventuel, professeur au collège de la Sapience, par &t^ Due Lettere aW abate Spedtdini ; un anonyme , dans une brochure intitulée : Dot^

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