‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution Française (volume 3)Chapitre 92 sur 242 · PIS · texte numérisé non relu

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toutes les églises de ses dotations , et travailloit même » sui- Tant l'expression des conjurés ^ à décathâtUer la France par une hétérodoxe constitution civitô

trina thW Ah. N. SptdaUeri suUa SO' vraniià, confutata da per se stess<i:

discorso di un sacerdote romano; et l'âbbé Blanchi, de VeDÛCypar sa LtUera deWAdriatico sopra fopera de* Diritti deWuomo, Mais la réfutation qui confondit le mieux Spedalieri, et qui, plus exacte que les précédentes en fait de doctrine, mérita les honorables suffrages de Pie VI , fut celle du Père Michel-Ange Toni , de la congrégation des Clercs^ réguliers , serviteurs des infirmes. Il la publia sous le nom de Timprimcur Salomoni, avec ce titre : Ragguagà'o del giudizio Jbrmoto deWopera intitoiala De* Diritti dell'uomo , e délie prune (Quattro unpugnazioni deiia medesima, £lle^est d'autant plus remarquable qu'elle dé> montre que le troisième livre de Topnscule de Begimine prindpum imprimé parmi les œuvres de saint Tbo* mas, dans lequel semble autorisé le tynnnicide, et dont Spedalieri aToit tiré MA plus fortes preuves, n'est point de ce saint docteur, comme s'étoieot plu à le croire, et Bellarmin ( De Scriptoribus eceiesiastids ), et le Père Labbe ( Dissertation historique sur les Œwnrts de saint Thomas ). La démonstration parfaite s'en trouvoit dans l'abrégé d'une dissertation inédite en italien que le P. Toni joignoit à sa réfutation , et qui étoit du P. M. Mamachi, Dominicain, théologien du collège de Casanate, et ensuite maître du sacré palais apostolique, mort la même année 179a » le 7 juin. Elle a pour titre : Fero sentimenlo di S. Tommaso di AquinOf dottore deUa Chicsa^ contro

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du ctergié Pie YI qui, déjà la connoît et Tapprécie, craint que le Roi ne cède aux factieux par lesquels il est pressé de la reyêtir de sa sanction ; et , dès le 10 juillet

iltirannicidio. Déjà nous la possédions dans le Supplément du Dictionnaire unit^ersel , dogmatique , canonique , historique f géognqffuque et chronologique des Sciences Ecclésiastiques ^ à l'article Mamachi, par les Pères Richard et Giraud, auxquels Tavoit envoyée de Rome , le P. Gabriel Fabricj, Dominicain français. Mais qui la connoît aujourd'hui ? Qui sait que les premiers qui découvrirent que, dans ce prétendu troisième livre de saint Thomas, sont racontés des faits arrivés après sa mort, furent Albert Fabrici et Tiraboschi; que le P. Quétif «voit prouyé que, non seulement les troisième et quatrième livres , mais encore la lin du second, étoient l'ouvrage de Thomas de Lucques? Il est bon aussi qu'on n'ignore pas que la calomnie de cevxqui disoient saint Thomas favorable à l'horrible doctrine du tyrannicide, avoit encore été yictorieusement repoussée par le même P.

Jean - Vincent Patuzzi , qui a combattu , dans plusieurs écrits, ceux que produisoit, en £fiveur du Prohabilisme, révéque de Sainte - Agathe -des-Gots , M»» Liguori (F. ci-devant, tom. I«', pag. 1 14 ) • La dissertation du P. Patuzzi , en faveur de saint Thomas , a été mise , sous son nom littéraire, £usehe JEyaniste , à la tête des deux volumes de Suppléroeâs à la Sommb de saint Thomas , dans la dernière édition de Naples ( in-4* ) . Le P. Tamagna étoit dans l'erreur , quand il attribuoit les deux lettres sous la forme desquelles furent d'abord ces deux dissertations , au P. de Rubeiii, sur l'unique fonde-

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1790, il lui écrit pour le supplier de la refuser à cette loi de schisme et d'hérésie. Son inquiétude 9 égale à celle de nos évêques , le porte encore à les informer du bref d'avertissement et de prières que le monarque a reçu du S. Siège (i). Il insiste auprès de la majesté royale par un nouveau bref du 17 aoAt 1 790 ; mais la sanction fut arrachée à la foiblesse de Louis XYI le a4 de ce mois ; et déjà 9 le aa septembre 9 Pie VI lui en fait des plaintes amères dans un nouveau bref. Gomme il étoit du devoir de sa sollicitude d'éclairer les fidèles sur les attentats de TAssemblée constituante^il adressable 10 mars 1791 9 aux évêques qui en ctoient

Bient que celui-ci avoit traité le môme aujet» dans la vingt - deuxième de ses dissertations, dont la collection a pour titre : De Gtstiset Serais acDoctrind Sancti TJtomœ j^quintUis ( Venttiù, 1750). Nos lecteurs sentent que nous ne sciions pas entrés dans ces longs développemens , si Ton connoissoit mieux saint Thomas qu'on ne le connoit aujourd'hui ; et surtout si , durant tant d'années, les rebelles n'eussent pas affecté de donner aux rois la qualification de tyrans.

( t ) Voyt% , entre autres , son bref du 4 août 1790, à révéque de Saint-Fol.

de-Léon 9 Jean-François de la Marche 9 où il loi disoit : Ifeque d^uimuâ txcitare ^iHstùuussùni régis pûUUem mcPidem, ne TÀCITUS tpse.muUà-^ que minus ^eofuenrione sud, scandaUs U noiMonaà couvcaIii perpetratis ulia^tenus accédât, tfMt schismati et errori t*iatn stemunt amplissimam.

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membres 9 un bref très-remarquable dans lequel, reconnoissant qiie *Ies évêques sont placés par le Saint - Esprit 9 pour gouverner aussi l'Eglise de Dieu, que Jésus-Christ s'est acquise par son sang; »et9 se conformant à l'exemple de saint Léon (1) , il leur avouoit ne de voir encore rien faire au- delà sans leur avis 9 disant :

« Nous demandons vos conseils 9 désirant même que vous nous en exposiez en détail les motifs 9 et qu'ils soient signés de tous ou de plusieurs d'entre vous; car nous reconnoissons qu'appuyés nousmêmes sur une telle base comme sur un monument d'une très-grave autorité , nous pourrons régler et modérer nos délibérations de manière à ce que le jugement 9 qu'il nous faudra prononcer ensuite 9 soit convenable et salutaire au royaume très-chrétien (a). »

( 1 ) Servatâ cinà t^os nostrœ carita' lis gratid , uestrarum ecclesiarum sta^ tum , communiciUo vobiscum labore

componere ni/itnur consitio maiu-

riore. (Epist. ad Episc. per yiennensetn provinaam constitutos.)

(3) Facile perspicàur,.,., ctquum plané esse ne Nos quidtfuam , nisi ipsis aiulitis, slatuamus, yestra igitur consilia , vestras singularàer expositas consilionun rationes , à t*obis 1^/ uni' %^ersis vel pterisque subsariptas exop^ tamus, atque agnosdmus, quo tanquam grauissimo monumento innixi, eonsultatiûnes nostras regere fnodenurique possimus , ut àa yobis regnoque christianissimo saluiare ac congruwn à

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Déjà nos évêques s'étoîent con^ formés à cette invilationr arec une délicatesse de procédés qui» en conserrant leurs droits ^ n'offen^

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ù judicium profigratur, («d.Eaiio* Caidimlcm de La Rochefoucauld , et alios Pr«iole5 Couventûs NationaUs »

lo mart. 1791 ). « Les liberté* vraies, disoit réditear de la Collection g^ néraU des Brefs de PU fV, M. l'abbé Marie -Nicolas -Sylvestre GuilloB (Paris, 1798); les libertés Traies, qui repoussent tonte autre dépendance que celle des anciennes pratiques (Marca : Concord, sacerd, et ùnper. , prolegom. , art. vi ) : ce n'est point Pie VI qui les a méconnues, lai qui a respecté jusqu'aux |alouses délicatesses de nos libertés gallicanes , en ne voulant pas publier un jugement sur les nouveaux décrets de l'Assemblée Nationale, avant que la majorité de nos évéques lui eût clairement et distinctement exposé ce qu'elle en pensoit elle-même. Le Pape a même supprimé des formes et des clauses usitées dans les brefs , et suspectes aux Français ; il a pleinement ressuscité le style sévère et majestueux des anciennes et pures décisions ecclésiastiques » ( Disc* préiùn.^ ptg. LViietCLXxxiii). Au reste, ce bref du 10 mars a été écarté de toutes les collections de ceux de Pie VI, publiées en Italie , oii l'on n'en saurait trouver aujourd'hui un seul exemplaire.

L'abbé Barruel lui-même , que nous avons vu rendre la puissance des papes si indépendante du corps épiscopal et des canons dans ses deux volumes :

Du Pape et dé ses Droits religieux , à ^occasion du Concordat ( de 1801 ) , publiés en t8o3 pour justiBer prindpelement la destitution subséquente d'évêqttes fidèles, qui avoient souf-

soit aucunement les prétentions ultramontaines. 6'abstenant de prononcer un jugement direct et formel sur la oonstitution eivii»

ftrt la persécution et l'exil pour la Foi; l'abbé Barruel > au printemps de 179K f et conformément à la doctrine gallicane, avoit parlé , comme le fit, sept ans plus tard, l'éditeur des brefs. II avoit dit, dans un opuscule intitulé t dé la Conduite du Pape dans Us drconstances pré' sentes 9 daté du a8 mai 1791, et publié par son journal ecclésiasti<fué du mois suivant : « Nos premiers droits seroient de réclamer du Sourerain - Pontife Us Sainu Canons ; et son devoir k lui seroit de veiller à leur exécution. Qu'a*til lait autre chose qu'oui'rir U$ Canons mêmes ?

Nos privilèges sont que la voix des évêques ne soit point prévenue par des sentences que le défiiut d'instruction pourroit rendre nuisibles à !'£•

glise de France ; mais c'est le

Pape lui - même qui a sollicité leurs instructions, comme ils ont sollicité son jugement Si son autorité se montre, c^est en rappelant à nos pasteurs eux-mêmes que c'est pour seconder leur aéle et leurs vosux qu'il vient en faire usage :

^ocîs (Àsecundantes totms episcopaù's cœtùé EecUsiœ GalHeanœ ». Et ce qu'il y eut alors de non moins digne de mémoire , c'est qu'à Rome même on trouva ce langage si i^égnlier et même si beau , que la brochure ,de f abbé Barruel y fut traduite en italien par IMc Caleppi, qui, publiant son travail avec le français en regard , s'en fit nn grand mérite auprès de Pie VI. ( V . DeUa condùtta tenula dai Papa nelle presémi cireottanté di Franda: Jioma , 1791. )

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du clergé j ils s'étoient bornés à une Exposition de leurs principes à son égard. Par là néanmoins, ainsi que par leurs mandemens^elle se trouroit condamnée en première instance y comme par un concile national , puisque cette Exposition tut signée non seulement par les trente évêques, membres de l'assemblée , mais c^ncore par presque tous les autres évêqucs de France 5 auxquels adhéroit leur clergé respectif (1).

Ces éf êques et ces prêtres de

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rassemblée a voient manifesté de la manière la plus glorieuse pour TEglise gallicane 9 leurs sentimens et leur Foi dans la mémorable séance du 4 janvier ( V, cî-deyant tom. I*' 9 pag. 154) ; et le Sacré Collège, frappé de leur héroïque refus du serment en cette éclatante circonstance , ayoit commencé d'être éveillé sur les erreurs de cette œuvre impie , et sur les maux qui alloîent en déri- Ter. Jusqu'alors, s'il faut en croire les nouvelles qu'à Vienne en Au-

(1) Dans ces alarmantes conjonc- éyâques catholiques coosentoient à

tureSf nos évoques craignant qu'on ne céder , se réservant toutefois de prési-

leur reprochât d*6tre un obstacle à la der à leur tour dans le même diocèse,

paix de TEgUse, offrirent au Pape la c'est-à-dire, le donatiste siégeant

démission de leurs sièges , par une dans une église et le catholique dans

lettre du 3 mai 1791 ; mais le Pape, une autre, pourvu toutefois encore

loin de l'accepter, leur imposa de qu'on leur déclarât que l'Eghse ne

nouvelles obligations , en leur don- peut périr par les péchés de qui que

nant les plus amples pouvoirs pour ce soit : ce qui éloit l'erreur des dona-

la conservation de la Foi et l'extinc* listes (Fleury, Hist, eccles., L.XXII,

tion du schisme (f^. Brefs du a6 sep- n<> 29 ). Ce qu'on se gardoit bien

timbre suivant, des 19 mars et i3 plus de rappeler, c'est que cette offre

juin 179a ). Dix ans après , lorsque , généreuse des orthodoxes pour le bien

pour justifier leur destitution arbi- de l'Eglise ne fit que rendre les dona-

trairc, un certain parti, objectant tistes extrômemeot audacieux , telle-

qu'ils avoient offert leur démission , ment que le ministre de l'empereur

ne craignit pas d'alléguer contre eux , Honorius , indigné de leur conduite ,

auprès des révolutionnaires ou des mais voulant le maintien de la Foi,

ignorans, l'exemple des évoques d'Afri- remit en pleine vigueur Tédit impé-

que I leaqueb, au commencement du rial , par lequel les églises, leur ayant

cinquième siècle, proposèrent aux été enlevées, avoient été données à des

èvéques Donatistes, dans une confé- catholiques : PariUamUgem epùcopù

Tence, de leur laisser l'honneur de cailioUds erant addictœ, et donatistis

l'épiscopat; on se gardoit bien de abiatœ, dit Van - Espen { SchoUa in

dire à quelle condition. C'ctoit dans can. jiffric., XCJX) ; et non seule-

le cas où ceux-ci pourroient leur ment toutes les anciennes lois ren-

montrer que la catholicité n'étoit de- dues contre eux furent confirmées ,

meurée que dans le parti de Donat leur clergé fut même banni d'Afrique,

leur chef. En^ce cas seulement les (Fleury,/rMr,ecc/.,L. XXII, n° 4o}*

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triche, les premiers jours de mai, l'on reçut du cardinal Herzan, ministre de l'empereur à Rome , « les conseillers du Pape aycicnt été très-décidés à fermer les jeux sur les innovations qu'elle conteiioit;maîs le serment exigé, le refus du corps épiscopal, et les mesures de jour en jour plus entreprenantes de l'Assemblée nationale, yenoient de porter le zèle de Pie YI (le i3 ayril), à deux démarches extrêmement décisives ( i )» .

La première fut d'envoyer aux métropolitains de France un bref et des lettres monitoriales , pour être communiquées à leurs sufiragansy et par lesquelles, en condamnant le serment. Pie YI menaçoit ceux qui l'auroîent prêté ou le prêteroient, et seroient par ce moyen placés en intrus sur les sièges épiscopaux , ou à la tête des paroisses , de les priver de toute communion avec le corps de l'Eglise catholique.

Le secoqd acte, tout. aussi dé* cisif que le premier, bien que dans l'ordre politique, étoit une oppo* sition ferme, quoique mesurée, à cette condescendance deLouisXYI pour les fiictieux, suivant laquelle, réToquant les pouvoirs de son ministre à Rome (le cardinal dé Bernis), pour.Funiqae rabon qu'il refusoit de se lier, par le serment, au nouvel ordre de choses dans

(i) Mercure de France da 7 nui

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lequel entroit essentiellement la constiiutiofi civiic du clergé , ce monarque proposoit un ambassadeur qui l'avoit prêté. Pie YI répondit très - positiTement à Louis XYI qu'il n'en receyroit aucun qui eût fait ce serment sans restriction (1).

Personne en France, ni même en Europe, ne put l'ignorer ; car, à l'Assemblée nationale, le 5 mat, on lut une copie de la lettre écrite en cette occasion par le ministre du Eoi , M. de Hontmorin , au nonce du Pape à Paris , M*' Dugnani , dans laquelle il se plaignoit de ce que Sa Sainteté ayoit annoncé au Roi cette détermination. « Le serment sans restriction étant prescrit à tous les fonctionpairçs publics , ajoutoit le ministre , est devenu un deToir indispensable paur tous les ambassadeurs de France près les cours étrangères, l^e Roi ne pourroit les envoyer auprès dp Sa Sainteté, si ce serment étoit regardé par elle comme un titre d^i^clusion; et dès lors la dignité dé la nation et celle de Sa Majesté ne lui permettroient plus de conserver un nonce du Pape à Paris (a) ».

La rupture s'opéroit ainsi par les conjurés, sl\\ nom du Roi, entre lui et le Pape. Ifs y a voient préludé par des procédés abomina-

(1) Mercure de France du 7 mai {1) Ibid. du i4 mai 1791 > pag. ia3.

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bles» deux jours aupararant^ en faisant solennellement brûler , au Palals^Royal, par leur agent Saint- Huruge ( le 5 mai ) » les brefs de Pie VI 9 avec sa représentation , en un mannequin revêtu de tous les omemens pontificaux, après ravoir insolemment Arappé à coups de bâton ; et cet outrage 8*étoit commis sans aucune opposition de Tautorîté publique (i), sous les yeux du nonce même , averti par là que dès lors il n'y avoît plus en France de sûreté pour lui.

Depuis quelque temps d'ailleurs, on discutoit vivement, dans PAssemblée, le projet d'enlever au Pape Avignon et le comtat Venaissin. Avant même que le décret en fût rendu , et depuis les premiers mois de Tannée , cette usurpation s'efTectuoît progressivement par des atrocités sans exemple sur le territoire que Ton vonloit conquérir (2). Mais laissons aux historiens politiques la triste tScbè de raconter les forfaits que les conspirateurs y faisoient commettre par les troupes de brigands qu'ils

y avoient formées. Il nous suffira ■-■ ■ ■ ■ I I ,,,

( I ) Mercure de France du 7 nmi ^ pag. 7a.

(3) Jhid. des mois d'avril^ mai, juin, etc. (Voy. Mémoires sur la liéi^olution d*A*ngnon et du Comtat, par pAssery, dont nous a¥oii« parlé ^ tom. h', pag. 139; et la brochure de 80 pages in-8«, dont le litre ironique est : /}es Hauts -Faits et valeureux Exploits des Avignonaisy durant leur guertT contre Carpentras, eu 1791.)

de dire que Théroîque fidélité des habitans ne permit à l'Assemblée 'Constituante de décréter la réunion de ces pays à la France , que le 14 septembre , lorsqu'elle alloit expirer; et que la bonteuse gloire de présider à la consommation de cet envahissement par d'affreux massacres, étoit réservée à l'ignominieuse assemblée qui devoit remplacer la première , le 1*' octobre de cette année. La réunion n'eut, en effet, son dernier accomplissement que le 16 de ce mois , par les sanglantes horreurs de ta Gieusière d'Avignon , et sous les sinistres augures des débuts de cette Légistature, qui ne se terminera que par les non moins exécrables carnages d'août et de septembre 179a (1).

Malgré les outrages faits à la dignité du Pape, le 3 mai, sans que son nonce eût pu obtenir la moindre réparation ; et, quoique les autorités auxquelles celui-ci en a voit demandé , n'eussent pas fait la moindre réponse à ses réclamations ; malgré la rupture déclarée le 5 mai , Pie VI conservoit à Louis XVI, et comme homme vertueux , et comme fiU aifU dû i'BgUse furmi les rois, une affection notoirement plus tendre que pour tous les autres souverains.

Quelle preuve touchante il en

(i) C'est ainsi qu'on doit entendre l'imputation que nous avons faite de cette réunion à la seconde ossemblée , dans notre premier volume^ pag. ia6.

donna» lorsqu'au commencement de juillet 1791 » il apprît que cet infortuné monarque yenoit d'échapper» le ai juin 9 aux rebelles qui le tenoient captif dans Paris! Le croyant déjà totalement libre sur le territoire des Pays-Bas 9 il ne put, dans layive joie qu'il en ressentoity différer un seul instant de l'en féliciter par un bref que son nonce à Bruxelles» M*' Pacca» aujourd'hui l'un des plus sayaos comme des plus yertueux membres du Sacré Collège» étoit chargé de remettre à Louis XYI. Ce que le Pontife lui écrlyoit alors ayec la confiance de sa rentrée triomphale en France » mérite d'autant plus d'être rapporté» qu'enfin elle s'est en quelque sorte réalisée yingttrois ans après, dans la personne de Louis XYIII» à qui » par conséquent» il doit sembler que Pie YI adressoit aussi lesparolesenvoyées précédemment à son auguste frère : «Nous implorons pour yous »

lui disoit-il» un retour pacifique et glorieux dans yotre royaume » le recouyremeot de yotre ancienne puissance» le rétablissement des lois de la monarchie» et yotre réintégration dans tous yos droits. Que ce soit la religion qui yous y ramène» ayec le magnifique cortège de yos éyêques retournant sur leurs sièges; et que, par eux» elle règne ayec yous sur le peuple français (i)i.

(i) Imploramus tihi pacifîcum giû^

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La conspiration» déjà si af ancée contre l'autel» acquéroit chaque jour des forces effrayantes contre

nosumque in regnum rtdùtim , recep^ tant h te pnstùuun potestatetn tuatn , redtictas l^g^ » juraqtte omnia mtàuta. Te iuùc JieUgio deducat, cum ampàtsimo Frœsuàtm m suas sbbbs redeuntittm eoautatu, Tecum ilta rê^ gnet in popufoMi etc. (Brt ye «li Regem Çbristiaoiss. Romae, 6 julii; 1791*) Les mêmes vœux et les môipes avis se retrouvent dans an bref qu'il adressa, le ^ février 1794, à Louis-Stanislas- Xavier, comte de Provence > aujourd'hui Louis XYIII ; et, dans un autre du 5 avril suivant » à sop fcèfe , Charles-Philippe , comte d'Artois. Il disoit au premier : Nâdl Me necesse est, di-- Uctissime in Chtvto fiU noster ^ uttibi confirmemus quanto animi ardore ûifitanmtàl simuM ad Jundendas quûtidie Dêo ftrtcet^ ut aUquem tandem finem ianiiê mrumnis et êoiamitirtAus uestris imponatf tUque, conyereis rébus, reinhcatisque ab insanid ad sanitatem in CaUid meniibus, yos in vestram domunit uestrumque regnum , wià eum Jesu- Christi Fide Bf usçim mibistris, omni-

huê piauderMus ac graiuhnttùus »8aiBcs «ce p^puHs f pro sud misera- Uone tandem reducat. Il écrivoit au second : £x quo conjicere facile potes , dilectissime in Christo Jiti noster , quantam de uestrce Bofhomcœ domàs ratianSbus partem in nos eusdpiamus , qtutntùmqua vestris doleamus sérum-nù, et que paUrni animi contentione ppud omnipotentem Dewp instemus, ut, cum sanctissimd reUgione , tu ipse, fraterque tuus , uni^ersique qui è regid famiUâ sunt, cœtenque pariter qui in Fide BBCA Dbom regemqufieonstHerunt , ia Gtdiiam , ac ad propria jura tandem remigretis.

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le trône ; et la fidélité des prêtres que Pie VI a voit reconfortés par son bref du 19 mars 179a contre les assermentés» embarrassoit trop les factieux pour que, dans la difficulté de détruire en un même instanttous ceux qui restoient fidèles à l'Ëglise, ils ne cherchassent pas du moins à les chasser tous de France par un seul décret. Alors se trahit, comme déjà formé contre le Saint- Père lui-même, ce projet qui cependant ne pourra s'exécuter que sept ans plus tard : celui de frapper le Chef même de TEglise en sa personne, et jusque sur le Siège de saint Pierre.

Dans un rapport fait à rassemblée dite no^ûmafe 5 au nom d'un comité chargé de proposer des (ois pour la tranquUiUé puéitque , troublée seulement par les avanies sacrilèges et barbares que Ton excîtoit contre les prêtres catholiques , et dont encore on les rendoit responsables, François (de Nantes ) se livroit aux déclamations les pi us furibonde s comme les plus impies, contre le souverain Pontife et ses brefs. «Ah! disoit-il avec menaces, le 26 avril 179a {Moniteur du a8], qu'il s'occupe plutôt d'étayer dans ses Etats le chancelant édifice d'une domination qui croule sur ses bases!

Bientôt les esclaves d'un prêtre se rappelleront qu'ils furent autrefois citoyens de Rome ; que le sang des Gracques et des Scîpions coule dans leurs veines ; que

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le sol qu'ils habitent fut le théâtre des plus grands exploits: et, s'arrêtant devant les monumens qui leur retracent tant de vertus généreuses, ils diront : C*est ici- que vécut Brutus ; et l'Italie sera libre. »

Les conjurés n'aspiroient - ils donc pas à préparer au Pontife le sort de Tarquin , et peut - être même celui de César (1)? Pour se dédommager de ne le pouvoir encore, ils voulurent du moins faire éprouver de suite l'un et l'autre aux prêtres catholiques, par ce décret de déportation dont nous avons parlé à la page i36

(i) Quelques uns des fougueux brigands dont ils avoient fait leur avantgarde de sicaires , à Marseille , sous la direction du Girondin Barba roux, s'y soulevèrent, en août, contre les armoiries du Pape, par lesquelles étoit indiquée l'habitation de son consul commercial en cette ville. Ils les arrachèrent ; et, dans leur stupide brutalité, les traitant comme s'ils eussent agi envers le Pontife lui-même, ils les pendirent à une potence de réverbère, les livrèrent ensuite à la fureur d'une populace effrénée , qui , après s'en être jouée avec la dérision la plus sacrilège, les mit en pièces. Le maire ne se borna pas à refuser au consul les satisfactions qu'il deraaodoit; il lui défendit encore de replacer des armoiries du Pape sur sa porte, et même d'en avoir dans l'intérieur de sa demeure , où, violant le droit des gens >. il fit faire, quelques jours après, sous de ' faux prétextes , les plus insolentes perquisitions. ( F. Nuiratte , el M.

OUVB.)

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de notre premier volume. Cependant il resta quelques mois privé de sa TÎgueur; mais, lorsqu'il en aîcquit une épouyantable en se reproduisant le 36 août suivant {UntLf pag. 138)9 le vénérable et saint Pontife se trouva plus douloureusement atteint que les factieux ne Tavoient prévu » car il rétoit dans les affections les plus tendres de sa charité. Quand on bannissoit comme des malfiSiteurs ces héros de la Foi ; quand on les poursui voit de toutes|>arts comme des bêtes féroces ; quand on les assassinoit sur les routes de Texil, en même temps qu'on en massacroit un si grand nombre dans les prisons ,^ tous les coups qu'on leur portoît retentissoient dans le cœur de Pie VI, déjà, par là, compa* gnon de leurs souffrances et de leur martyre.

Reconnoîssant dans ceux qui avoient péri sous la main de Pimpiété autant de Martyrs de la Foi , il les félicitoit de leur gloire, ainsi que l'atteste son bref du la septembre à l'archevêque de Lyon {V. ci-devant, tomJ II, pag. 56] ; et il se réjouissoit dans le Seigneur de leur constance et de la palme qu'elle leur avoit acquise. Tous les autres proscrits étoient à ses yeux d'illustres confesseurs de la Foi , qiie , non seulement il recomraandoit comme tels à la vénération ainsi qu'à la charité de tous les évêques de l'Allemagne, de la Suisse , de l'Espagne et de l'ita-

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lie ( 1) ; mais que lui-même encore s'empressoit d'accueillir, avec une sorte de respect, dans ses Etats, même en plus grand nombre qu'ils ne pou voient en alimenter et secourir dans leur détresse (a). Sa charité fait des prodiges , et sub-> vient à tous les besoins, étendant même ses bienfaits sur les laïcs qui s'y sont aussi réfugiés (5) ; et ce magnanime exemple est imité par tous les souverains, notamment de la manière la plus éclatante par le roi d'Angleterre (4]»

On croira presque revoir le' miracle de la multiplication des pains, en apprenant que, par

(1) Voyez ^ entre autres, son bref du ai novembre 17929 aux archevêques , éyéquea, abbés , etc. de l'Allemagne; celui du ao avril 1793, aux magbtrats du canton de Fribourg ; et la page 607 de notre tome \**.

(a) Voyez ses circulaires des 10 octobre 179a y et a6 juin 1793, à tous les évêques et monastères des Etats pontificaux.

(3) Voyez ci - devant , tom. !•» ,

pag. 490-

(4) Ces bienfaits ont été décrits eir détail , avec Tenthousiasme de la plus affectueuse rcconnoissance , par un archidiacre et grand-vicaire de Digne , qui en ctoit aussi l'objet, M. l'abbé d'Hesmivy d'Auribcan, dans un écrit publié à Rome , en 1794, sous ce titre : Les Bienfaits de Pie VI et de ses JStats f entiers les P^ançai$ e'mi^rés , avec cette épigraphe : In umbrâ tud uii/emus in gentibus ( il fut traduit en it;ilien ). La justice veut, à ce sujet, que nous réclamions , pour cet auteur, le touchant développement qu'il

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la prodigieuse charité de Pie YI 9 dans les Etats pontificaux , d'une Ai médiocre étendue, près de trois mille prêtres français étolent déjà

y fit des Caractères de la Charité de ce Pontife, et qu*an écrivain s'est récemment approprié, en y mêlant plusieurs réflexions disparates, quant au style (^. à la pag. 3o3 du IV« volume des Confesseurs de la Foi ).

M. d'Auribeau avoit dit : « Comment retracer la Charité de Pie VI ? Charité paternelle ; elle invite à demander, par la manière noble et facile dont elle accorde ses grâces : d'un accueil plein de bonté, qui tempère la majesté s»ns l'afibiblir, combien de fois l'avons-noua entendu témoigner ses regrets de n'avoir pas des moyens aussi étendus que ses désirs, pour rendre heureux tous sea enfans ? Charité prévoyante : elle adresse aux Puissances , à tous les évéques , les lettres les plus pathétiques en faveur de ce grand nombre de victimes qui éprouvent , depuis cinq ans, la plus cruelle des persécutions. Charité compatissante :

elle s'attendrit sur la vertu dans la disgrâce ; sa jouissance seroit d'essuyer toutes les larmes ; et il ne peut y avoir de persécutés sans consolations , que ceux dont les gémiasemens ne sont point encore parvenus au pied de son trône. Charité active : elle daigne s'informer de tous les besoins , entrer dans tous les détails, ordonner ellemême la répartition de tous les secours. Rien n'échappe à sa sollicitude : elle suffit à tout; et, comme une seconde Providence , on la voit partout se reproduire. Charité vigilante : elle préside à tout, elle voit tout; elle est cet œil dont parla Daniel, qui ne s'appesantit jamais, malgré les soins de la teifdresse la plus attentive : ecce

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abrités, vêtus et nourris, sans que le peuple en ressentît la moindre charge , lorsque, dans les premiers mois de 1794 9 H en survint

yigil. Charité ingénieuse : elle trouve dans sa sagesse, et jusque dans des sacrifices personnels, de quoi soulager tous les malheureux qui l'implorent.

Charité infatigable : elle ne se délasse de ses travaux et de ses peines , que par l'exécution des projets que forme nuit et jour sa bienfaisance. Charité inépuisable : elle multiplie les asiles de l'indigence et de l'infortune ; avec des revenus modiques, elle répand des sommes immenses, et découvre sans cesse de nouvelles ressources. Charité universelle : elle écoute toutes les demandes; elle s'étend à tous ; au-delà roôme de. ses Etats, les évéques, les prôtres et les laïcs français , ont part à ses bie^nfaits. Charité courageuse :

elle souiire de nos malheurs , elle gémit , elle s'afflige ; mais les difficultés ne l'arrêtent pas. Tranquille au milieu de l'orage , et d'une paix inaltérable , elle est inaccessible à la terreur ; supérieure k tous les événemens , elle brave tous les dangers , surmonte tous les obstacles, et voudroit pouvoir communiquer à toutes les âmes son caractère, sa constance, son intrépidité. Charité adorée ; elle contient tout dans Tordre , par la seule crainte qu'on anroit de lui déplaire ; impatient de jouir de sa présence, chacun se porte sur ua pas ; et son peuple ne. vit que du bonheur de Pie VI , comme il ne respire lui - même que pour la félicité de son peuple. Charité modeste : les tributs de reconnoissance et d'amour les mieux mérités la contristent 4 et elle se refuse aux plus justes éloges. Charité surnaturelle :

elle ennoblit ces sentimens, déjà si

encore plus de mille , aux besoios desquels rien ne manqua. Tous ceux qu*aToient d'abord accueillis la Toscane et le Piémont yenolent

précieox à l*hum«iiité^ par la sabli* mité de la fin qu'elle ae propose. Elle ▼oit Pieu en tout, et tout en Dieu; la ▼ivacité de la Foi de Pierre anime ses oraiaons lea plus ferventes sur le tombeau du prince des ApOtres : en un mot, pour donner une idée de la générosité dn trés-Saint^Père, on peut dire que le nombre de ses dons «gale celui des maus de la France ». Cette énomération, produite d'abord dans les notes de la traduction du Discours de M.'Marotti , par M. d'Auribean , dont nous ayons déjà parlé ci-dcrant»

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