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rivée, et que le directoire exécutif eut fait rendre contre les prêtres soi-disant réfractaires sa loi de déportation à l*Guiane ( V.
Guiàne) , Bouchard qui avoit été signalé , fut mis en prison. Peu de temps après, on l'envoya à Aochefort pour y être embarqué. Il le fut le 12 mars 1798 snr ta Charente 9 d'où, le 25 avril suivant, il passa sur 4a Décade , qui le déposa dans le port de Cayenne, au milieu de juin. On le repoussa presqu'aussitôt dans la contrée pestilentielle de Konanama, où la contagion l'eut bientôt atteint. Il en mourut le 2 1 brumaire an YII' (11 novembre 1798), à l'âge de 4^ ^^9* Les nègres qui étoient préposés au service des prêtres , dérobèrent à Bogchard une ceinture qui renfermoit900 livres, argent de France, une montre d'or, et des bardes pour la valeur de i5o. Après sa mort , ils en demandèrent 24 aux autres prêtres pour l'enterrer, prétendant qu'il ne laissoit rien ; et les prêtres se cotisèrent , pour donner cette somme. Ces nègres, après l'avoir reçue > enlevèrent à la vérité le cadavre ; mais bientôt après ils le rapportèrent nu au carbet, d'où ils Tavolent emporté. Il fallut donner en outre à ces rapaces fossoyeurs tout ce qu'ils exigeoîent encore , pour enterrer le corps de cet ecclé« sîastique. {V. M. Boterf et J. B. B0V6EARD. ) BOUGHARELLE (Jeih-Aic-
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Tonne-HTACiNTHE), prêtre sur lequel nous n'ayons pu trouver aucun autre renseignement que celui qui nous est-lburni par le registre éàe Vétatdviij co|^ié sur celui des écfous de l'église- des Carmes, y avoit é^ evlbnné après Je i o août 17d^9*^^™™^ insermenté. Ce qu'on sait des procédés des persécuteurs d'alors , nous est garant que Boucharelle fut arrêté comme tel , et que , derant le comité civii de la section du Luaoem/bourg , il donna ayec fermeté une noutelle preuye de son invariable constance dans la Foi catholique ( ^.
DuiiAu). On est loin d'avoir. le moindre doute sur la persévérance de ce prêtre au lieu de sa détention 9 parmi tant d'autres illustres confesseurs de la Foi ; et, comme il fut massacré avec eux pour la même cause y ï\ a. droit d'être mis au rang des Martyrs qui furent immolés dans l'église ou le jardin des Carmes f le a septembre 179a ( F, Septembhe). Des listes imprimées le nomment Boucharette.
BOUGHARLAT (Jean), prêtre catholique, résidant à Lyon en 1795, et âgé de 70 ans, étoit né à Moulins. Trop attaché à la Foi et à la sainteté de son ministère , pour adhérer aux erreurs de la constitution civile du clergé, il remplissoit les devoirs du sacerdoce envers les fidèles, avec un zèle sincère pour la religion de J.-G. , dans la ville où il avoit fixé sa résidence. Il y fut dénoncé en
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ces temps où l'on étoit digtie de mort par* cela seul qu'on étoit chrétien. Traduit à la commission révolutionnaire , établie vers la fin de 1 793 , à Lyon , par les représentans de la Convention ( F.
Lyon) , il s'y entendit condamner à périr sur l'échafaud le a3 nivôse an II ( 12 janvier 1794)* comme «prêtre fanatique et contre -révolutionnaire» ; et le lendemain il fut décapité. {V. Boubee et Bourbon. ) BOUCHER (René), curé de Châteaudun, dans le diocèse de Chartres, etné àDrouai, paroisse du même diocèse, ne prêta point le serment schismatique de 1791 9 et fut dépouillé de sa cure par les autorités révolutionnaires. Il resta néanmoins dans le pays pour l'utilité spirituelle de ses paroissiens ; et il ne put même se décider à les abandonner lorsqu'intervint la menaçante loi d'expulsion rendue le a6 août 1 795. Il demeura encore près d'eux, et y fut arrêté en 1793. Les autorités qui désoloient ce pays, alors appelé département à^Eure et Loir , condamnèrent ce bon pasteur à la déportation à la Guiane, et le firent conduire à Rochefort pour y être embarqué { V. Roghefoat). Le curé Boucher fut mis sur le navire les DeuiD Associés. Les souffrances qu'il j éprouva abrégèrent ses jours. Il mourut dans les bras du Seigneur le 1 1 août 1794? à l'âge de 53 ans 9 et fut enterré dans l'île d'Àia^ {V. A. BoaDisA et C. Bouçabeih)
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BOUCHER ( Louis -JosEPi)^ prêtre. {F. FoiQciN-BoscHBft.)
BOUCHET (iV...)» aumônier des Carmélites d'Angers» ancien curé de . Saint - Gemme 9 près Ségré f même diocèse , méritoit) par la constance de sa Foi^ d'être compris parmi les prêtres que la eoMtituUon civiie du cierge n'ayoit pu séduire. Son grand âge lui parut devoir l'autoriser à profiter de la liberté que la loi de déportation du a6 ' août 1793 laissoit aux sexagénaires et aux infirmes de ne pas s'exiler, pourvu qu'ils s'enfermassent dans une maison de réclusion 5 sous la surveillance des administrations départementales. Il étoit ainsi reclus avec beaucoup d'autres ecclésiastiques de la même classe , dans une maison de détention à Angers. L'enlèvement qu'on fit de cinquante-huit d'entre eux qui furent bientôt noyés à Nantes^ au commencement de novembre 1 795 {F. Nantes) , donna lieu aux quinze qui restoient, de présumer qu'un sort plus cruel que celui qu'ils enduroient dans leur état de réclusion, les attendoit ailleurs.
On les réunit, en mars 1794 , aux soixante et un prêtres du département de la Nièvre qui passoient par Angers . pour aller à Nantes (f^. Nevers) ; et Bouchet partagea leurs souffrances et leur affreuse destinée. Ses quatorze confrères Angevins périrent de misère et de souffrance 9 ainsi que trente de I9
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Nièvre 9 dans l'horrible fond de cale de la galiote hollandaise du port de Nantes, où ils furent comme ensevelis. Des circoni|ances politiques ayant obligé les tyrans ^ se ^ donner l'air de vouloir adoucir leur sort, et ces tyrans faismit alors ^ passer à Brest ceux qui survi voient, le 18 avril 1794 9 Bouchet, cassé d'âge et d'infirmités , préféra rester dans la galiote hollandaise, et il ne tarda pas à y mourir à sqn tour comme les quarante-quatre autres confesseurs de J.-C, qui l'avoient précédé danslavieéternelle. «Vers le ao de ce mois d'avril 1794, nous écrivoit, en i8i5. M»' l'évêque d'Angers , on eut de ses nouvelles (ce furent les dernières); et l'on apprit qu'il étoit sur un vaisseau, manquant de tout. On n'avoit pas même permis à ces prêtres de prendre de quoi se garantir du froid, et Ton poussa la barbarie jusqu'à leur dire qu'ils n'avoient besoin de rien. Ce qui est certain, c'est qu'aucun d'eux n'a reparu » . Nous en avons donné Id triste, mais glorieuse explication; et, en racontant le genre et le jour de leur mort, nous avons suffisamment détrompé ceux qui les ont crus submergés dans les bateaux de Carrier. (F, Bocaed, chanoine ; et le P. Bovffechov. ) Mais nous ne pquvons nous empêcher de dire qu'en lisant ce qui vient d'être rapporté de la lettre du vénérable prélat d'Angers, nous avons cru entendre saint
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Denys , évêque d'Alexandrie, lorsque, parlant des prêtres qui, mis en fuite par la persécution de Dio- * clétien , éto|ent morts de maladie , " de faim ou de soif, il préconisoit ^tre autres ce saint Ghœremon qu'on n'ayoit plus revu , et dont on tf 'avok pu découvrir la fin , ni retrouver les ossemens, non plus l^ue ceux des autres, quelque recherche qu'on eût pu faire : Chœ-retnon,.,. montent fugâ deia^ tus, nonulteriûsreverstisest; et fratres , qtuttnvis accuratè omnia perscrutati, née ipsos posthac necipsorum cadavera reperire potuerunt. ( S. Dion.
Alex. Epist. ad Fab. Jntioch.
in Euseb. Hist. Eccles. L. YI, c. xLii. ) L'Eglise romaine l'honore avec ses compagnons comme Martyr, le 12 décembre.
BOUCQUART ( Cwilàume- François) , prêtre, religieux de la Belgique , fait prisonnier de guerre avec dix autres religieux, et cinq religieuses, lors de la conquête dé cette province parles troupes de la Convention, fut amené comme eux avec ces pieuses filles à Arras, dans le temps que le conventionnel Lebon y exerçoit son féroce ][)roconsulat ( F. Auras ) . Parmi ces vénérables religieux, dont quatre étoient des Récollets pris à Ypres , se trouv(.îent tin Père définiteur^ et plusieurs Pères gardiens , notamment celui du cou- Tent de Cassel. Ils arrivèrent avec les habits de leur ordre; Lebon les
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fit i^omener dans la ville d'Arras au milieu d'une populace effrénée, qui les couvroit de boue et les accabloit d'injures. Il voulut ensuite qu'on les lui amenât dans son temple de l'athéisme, appelé temple de ia Raison , où , comme nous l'avons dit à l'article de R»« Beck, les ayant fait monter sur une estrade dressée exprès, il les insulta en présence d'une multitude d'impies révolutionnaires, vomissant les plus horribles blasphèmes contre l'état monastique. De là , il les envoya à son tribunal avec les cinq religieuses.
Confondus ensemble sur la banquette dçs coupables, et comprenant à peine le français, ils s*entendirent demander s'ils ébient les auteurs des sermons qu'ils avoient prêches. Oui, répondirent- ils ; et sur cette réponse , ils furent envoyés à l'échafaud, le 12 mcssi* doranll (3ojuin 1794)* Les cinq religieuses étoient condamnées avec eux à la même "peine comme « leurs complices ». On les fit aller tous processionnellement, de la prison au lieu du supplice , pour leur attirer les railleries de l'impie populace ; et au travers des insultes et des imprécations qu'elle proféroît, ces saints personnages chantoieht ensemble l'office des morts. Us moururent avec le courage et la résignation des anciens Martyrs. Leurs lioms se trouvent indiqués à l'article de Reine Bbck. Guillaume -François Bouc-quart est inscrit sur le registre mor-
«ou
tuaire d'Arras,. comme âgé de 4^ ans 9 né à Zudtquerque, fils de Guillaume-François Boucquart et de 'Marie Pétronille Piens. ( V. V* A. Blin de Rvllegomti? et P. H.
BoVQUEL-DB-LAGNICOO&Té )
BOUGQUEL DE LAONI«* COURT (PiEBRE-HfiHBi), prêtre et chanoâne de l'église cathédrale d'Arras, né dans cette rille, yers »^299 aroit refusé comme la plupart des prêtres du même diocè^e^ de prêter le serment de la consti-»
tutiàn civile du clergé ^ et même celui de iiberté-égaUti, Son fige avancé le dispénsoit de s'exiler d'après la loi de déportation. Mais Tersiaôn de mai 179S9 il fut mis en réclusiqn.aYeG beaucoup d'autres* Quand le.pcocon&ul athée 9 J^ Lebon i yenaf^t ravager l'Artois et le Cambresis (F. Abras), jura dé n'y faire gi^fice à aucun prêtre fidèle, là mort de Boucquel se trou?va résolue 9 comme oette de tous les autres» Lebon n'avoitpas de prétexte tant soit, peu légal cointre celui-ci ; mais les visitei domiciliaireS'firent découvrir ches un autre chanoine ( F. A. €. Mal* BAVx), une protestation de leur chapitre, faite le ai décembre 17909 à l'exemple de celle du cha« pitre métropolitain de 'Paris {i)$
^i) Dep.uis que nous avoDS dit, ci^ devant > page iio» que ces protestations étoient l'ouvrage de M. l'abbé Koux de Boniieval, nous avons appris qu'il est décédé le x«' mars de la présente année (tÔao). Gomme il fut
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contre les innovations anti- religieuses de l'Assemblée Constituante {V, AuTicHAMp). Plusieurs des signataires étoîaçt ou morts ou sortis de France ; mais Bouc-' quel et quelques autres enoei^p vivans y étoient restés. J^ Lebon 9 voyant cette pièce , rendtCaussitôty le i4g^mtnal*an II(5avril 1794}^ une ordonnance portant que ceux
un de ces honorables membres- ' dh clergé de France ^ui^^iiurB de la révo*lution, défeudiirent avec plus.flelpr quence , de lumières et de couf a^e, d;^n4 les postes les plus avancés, la double cause de la religion et du trône , nous croyons' devoir à sa mémoire de rappeler ses travaux et ses services. Nous le devons d*iiu tant mieux, qu'on semble les avoir oubliés , et que le journal qui paroît plus spécialement dévoué à ces deux causes, est resté dans, un profond silence sur la perte que viennent de faire la religion et là monarcbie. M. Taibbé de Bonti«Vat étoit fortemeut attaché à la doctriii* de Bossuet; et,. selon qu'il noMs l'écrij voit lui-mômc, le 4 juillet i8i8, jl ne vouloit pas plus en France «uni Eglise suburbicaire, qu'une Eglise m/trd-gallicaneib. Il «voit, d'un aoti^ «âté •% grandemenl à cœur que « le soo» Venii: de lancienue Eglise de Paris ne pértt ,pas çijtièrement,»* L9S monumens littéraires qu'il nous a laissés, seroiënt propres eux seuls à le conserver, ai elle en ma'nquoit d'ailleurs. Mais lé tribut que mérite sa mémoire, exi^ géant quelques .détails qui serom&e trop longs ici, nous reuVeiTons à U fin de notre ouvrage Vhpmmage bio* graphique qu'on ne sâuroit, sans injustice; féfusef à ses vertus comme « ffeatalens. . i