‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 106 sur 222 · DIN · texte numérisé non relu

DIN

BOURDET (François), prêtre, ayant le titre de clerc-du-trésor dans la paroisse de Saint-Lô, en la ville de Rouen, et né à Beaufrêne , même diocèse , se montra d'une Foi invariable lors du schisme constitutionnel, et n'en voulut point prêter le serment. Il ne 'fit pas davantage celui de liéerté-égaiité 9 prescrit en août 1 79a , et ne crut point devoir jsortir de France après la loi de dépor* tation rendue le a6 de ce mois. Il resta pour l'utilité des fidèles et la gloire de l'Eglise. Les perse-

BOU

•uteurs le firent arrêter en 1795; et on le mit bientôt au rang des prêtres dont on youloit se dé- Êiire par une déportation maritime. François Bourdet, envoyé avec eux à Rochefort pour y être embarqué, le fut sur le navire tes Deux Associés {V. RocheroRT). Il ne résista pas longtemps au supplice de l'entrepont de ce bâtiment; la mort vint le délivrer de ses souffrances le 6 août 1794* Il étoit âgé de (fi ans; et son corps fut enterré dans l'île à^Aix* {V. €. BovAGA&EL et J.

Bourdon. )

BOURDET ( Nicolas-Louis) , curé de Verbrude , au diocèse de Senlis, étoit né à Soissons, en 1^56. Resté en France pour les' besoins spirituels des fidèles 9 il fut arrêté , et envoyé à Paris pour y êùre- jugé par le tribunal révo^ iutionnaire. Ce tribunal , devant lequel il comparut le 9 messidor an II (27 juin 1794)? ie condamna de suite à la peine de mort, comme « complice d'un ( prétendu ) complot de fanatiques »

(/^. ci -devant, pag. 16). Il fut décapité le jour même , à l'âge de 58 ans.

BOURDETTE (Pibreb de IiA), prêtre du diocèse de Dax, né à Baigts , près d'Qrthez , dans le Béarn , en 1 747 » mérita d^être mis par les persécuteurs au rang des prêtres insermentés. Demeuré dans sa province, après la loi de déportation rendue

BOU

contre eux le a6 août 1792, il fut recherché comme eux pour être envoyé au-delà des mers, On Parrêta; et il fut conduit en 1794 à Bordeaux pour y être embarqué ( V. Bordeaux)* Quand on y commença les embarquement de prêtres, vers la fin de l'automne, trois mois après la chute de Roberspierre , cet ecclésiastique resta encore dans le fort du Ha où il étoit enfermé.

Les souffi'ances qu'il y endurcit n'étoient pas moindres que celles de l'entrepont des navires ; il succomboit sous le poids de ses maux:

on le porta dans l'hôpital de Saint- André de Bordeaux; et il y rendit son dernier soupir le 1 5 novembm

17945 à l'âge de 47 ans- (^« I^- BouRDon et J. Boter. )

BOURDIN (Pierre), prêtre vér nérable, âgé de 70 ans, et résidant à Lyon en 1 795, avoit été re-^ tenu en France par son âge autant que par son zèle , lorsque la loi de déportation du 26 août 179a vint forcer à s'exiler eux-mêmes tous les ecclésiastiques qui , comme lui ^ ne s'étoient pas rendus coupables du serment de la constitution dviic du cUrgé. On pouvoit bien, suivant l'esprit d'alors, lui faire un crime de son attachement à la Foi catholique et aux devoirs de son état ; mais son grand âge devoit rendre absurde toute accusation de conspiration contre-révolutionnaire* Cette absurdité ne déconcerta pas les ennemis des^

aSs

Boir

prêtres après le siège de Lyon 9 dès que fut établie la commission rivoltuionnaire chargée de décimer les gén^^ux Lyonnais {y. Lyon). Pierre Bourdin, traduit devant Timpie tribunal, s'y montra invincible dans sa Foi , en refusant le serment de Hberté' égatUé. Il fut des premiers prêtres que cet infâme tribunal envoya à la mort. Les jugcjp. le condamnèrent au dernier supplice le i" nivôse an II (91 décembre 1793) «comme prêtre réfractaire et contre-révolutionnaire » . (^. B011&*-

DBLT et BOVTBUXB.)

BOURDOIS (Mâbib-Edue), prêtre du diocèse de Sens, vicaire en la pairoisse de Fleury, et ne à Joigny en 1 753 9 ne se rendit coupable d'aucun des sermens prescrits en 1791 et 1793. LaPrbvidence le sauva des dangers de la persécution en 1795 et 1794* ^ livrant à l'illusion que la persécution étoit toute entière dans Koberspierre, abattu le neufther^ fnidar, trompé d'aillenrs par la perfide tolérance que les tyrans de kl France professoient les an-^ nées suivantes 9 il ne prit plus assez de précautions .contre leurs pièges 9 et s'abandonna librement aux penchans de son zèle. Noté parles persécuteurs comme un mU nistre zélé pour la Foi 9 il ne pou-^ voit manquer de devenir une des victimes de la crise politique du 18 fructidor an Y (4 septembre 1 797 ). Le serment de haine à (a

BOU

royauté 9 sdors exigé des prêtres , n'étuit pa» moins que les précédens 9 repoussé par sa conscience.

Bourdois, ami de l'étude dans laquelle il avoit acquis une grande connoissance de l'antiquité ecclésiastique 9 crut qu'en retournant tout entier à cette occupation chérie 9 dans le secret de la retraite 9 il échapperoit à la persécution renaissai>te-. On vint Ty surprendre; il fut arrêté. La belle et respectable physionomie que l'auteur de la nature lui avoit donnée 9 et qui a fait dire à l'un de ses compagnons d'infortune a qu'il ressembloit sous ce rapport à saint Pierre » 9 n'imprima pas plus de respect que ses vertus et son savoir aux ferouches exécuteurs de la loi de déporta^^ tion rendue le 19 fructidor (F. Gvianb). Bourdois fut traîné à Rochefort pour y être embarqué.

On le fit monter le 12 mars 179S sur la frégate ia Charente f d'où , le a 5 avril 9 il passa sur la frégate ia Décatie 9 qui alla le jeter dans la rade de Gayenne vers le miLîeu de juin. Relégué brusquement h Konanama9 il tomba gravement malade. On le conduisit à l'esjpèce d'hôpital qui s'y trouvoit; mais il ne fut pas nûeux soigné que les autres prêtres souffrons. Les bourreaux qui y avoient le titre d'infirmiers 9 sembloient n'être là que pour voir arriver la mnrt desvîctimes. Bourdois, tourmenté par une fièvre eonvulsive» et couchant comme les autres dans un

BOU

bamac^ en tomba dans la nuit de telle manière que les pieds res-* tèrent engagés dans les cordage»

du hamac 9 tandis que son front frappoit sur le pavé. Il resta sans secours dans cette déplorable situation ; et quand le jour parut, les infirmiers trouvèrent Bourdois mort d'apoplexie {F. J. Bovadou).

Ce fut ainsi qu'il périt le 19 octobre 1798 , à Tâge de 4^ ans »

laissant ses gardes furieux de n'a- Yoirrien à lui dérober. Depuis quelque temps I ses foibles ressources pécuniaires étoient épuisées ; et il n'avoit pas une obole pour sub«yenir à ses besoins* (^. J. B. Bov-^

GBIAD I et J. F, BOVXGEOIS, )

BQU&DON (Jean) 5 prêtre »

religieux Capucin , et gardien de la maison de Sotteyille , en Nor* mandie, vis^à-yis de Rouen 9 étoit né à Séez en 174^. Homme d'un mérite distingué, il jûuissoit de la plus haute estime dans son ordre, à cause de ses yastejs connoissances et de sa yertu peu commune. S9 jBgure d'ailleurs étoit imposante, et annouiçoit une rare grandeur de caractère. Il prouya ses lumières et sa Foi par sa conduite, lors d# rétablissement du schisme consti-* tutionnel ; et son caractère se mon* tra d'une manière fort npble dans les perséoutionsqu'il eutÀ essuyer.

Malgré h loi du a6 août 1799 qui expulsoit les prêtres non-asser** mentes j> il resta dans la Normandie , quoiqu'il fût connu pour ui) excellent religieux, très-attaché à

BOU

la Foi catholique. Mais en janvier 1794» les agens des persécuteurs s'emparèrent de sa personne, et il fut bientôt condamné à h. déportation à la Guiane. On le fit traîner à Bochefortpoury êtreembarqué ;et il le fut sur le navire Us Deux As" sodés ( V. Boghefom). Les maux divers que les déportés éprouvoient dans l'entrepont de ce bâtiment, procurèrent au P. Bourdon, en août 17949 une fièvre violente qui le rendit si agité que ses confrères se virent obligés de l'atta* oher avec leurs mouchoirs , pour se garantir de la violence de ses transports. Un perfide chirurgien qui fut appelé, déclara qucf le malade étoit sans fièvre, et que les discours extraordinaires qu'il te-* noit dans son délire , étoient Tin-»

dice d'une conspiration tramée par les déportés. Le jury militaire fut aussitôt convoqué par le capitaine : on y proposa de fusiller tous les ecclésiastiques qui étoient à bord du vaiçseau^ Un seul officier eut la ^agease d'observer qu'il falloit auparavant constater la réalité du con^pl^t , en accordant toutefois qu'il cbnvenoit de mettre préalablementyux fers le P. Bourdon* Ce bon religieux fut aussitôt chargé de chaînes ; et, après avoir passé le reste du jour à se meurtrir avec ses liens , il expira pendant la nuit en d'affineuxtourmens , le 39 août 1794* Il étoit âgé de 49 ans, et fut enterré dans l'île Madamt ( F^ F; BouanEi et M.

284 BOU

Boitbcoik). Il est bon de rappeler ici que le$ trais saintes femmes, AimnoAarion, Mercurie et Denyse, dont parié saint Denys d'Alexandrie dans son épître à Fabius d'Antiocfae » et que TEglise honore comme Martyres le 12 décembre > étoîent déjà si accablées des maux qu'elles avoient soufferts pour la Foi quand la mort yint les délivrer de la tie, qu'elles n'en sentirent pas le coup décisif. Nous ajouterons que saint Denys d'Alexandrie^ regardoit aussi comme Martyrs ce saint Chœrémon , évêque de Nilopolis , et beaucoup d'autres qui étoîent morts de quelques maladies occasionnées par la persécution : qui in mofUiéus ac per soiitiutinem aéerrantes, famé et siti, frigore et morùis, et latronum aut éestiarùmincùrsu oppresH ifUeriéte (Epist. ad Fat. in £useb. Hist Eect L. YI, c. xli et xin). L'Eglise célèbre leur fête le 22 décembre. ,

BOURGEOIS (Jeav-François), prêtre, né en 17529 et religieux Bénédictin du diocèse de Besançon, avoit évité les fureurs des persécuteurs de 1 795 et 1 794 9 qui n'auroient pas manqué de le £Eiire pérircomme non-assermenté. Prer nant quelque confiance dans la perfide modération des tyrans de la France en 17969 il se chargea de desservir la paroisse de Villeneuve dans le département de la Haute-Saône. Là crise politique

BOO

du 18 fructidor (4 septembre 1 797 ) ayant réveillé la persécution 9 et la loi du lendemain ayant prononce la déportation des prêtres soi-disant réfractaires à la Gùiane {F, GviiirE)9 Dom Bourgeois fut arrêté 9 et conduit à Rochefort. Il ne put y arriver pour le premier embarquement qui se fit le 12 mars 179B; mais le 1*' d'août suivant 9 on le fit monter sur la corvette ia Bàyonnaise , qui le jeta dans le port de Gayenne le 29 septembre. Il en fut de suite envoyé dans le désert de Konànama^La contagion qu'exhale cette terre brûlante 9 investit bientôt ce religieux : il mourut de la peste le 8 novembre 1 798 9 à Tâge de ^6 ans 9 n'ayant plus que 49 liv. 14 sous pour toute ressource contre l'indigence. ( F. M.

E. E. BovRDOiset A. Buemoitt.)

BOURGOIN (Mathurin), prêtre 9 l'un des chapelains de l'hospice de Notre-Dame de ta Pitié, à Paris 9 et né à Pausac^ en Périgord9 s'étant vu expulsé de l'hospice 9 parce qu'il n'avoit pas voulu prêter le serment schîsmatique de 1791 9 étoit retourné dans son pays natal. Il s'y rendoit utire aux catholiques de sa province. Quand il apprit que les massacres du 2 «eptemére 1792 avoient moissonné à Paris ses confrères 9 chapelains du même hospice 9 la terreur des événemens de cette époque le porta à faire 9 pour échapper à la persécution 9 le ser-

BOU

ment de titerté-égaiiU prescrit alors. Mais cet expédient de la foitblesse ne pouyoit sauver un prêtre qui se noiontroit attaché à la religion. Il fut arrêté en 1793^ et jeté dans les prisons de Périgueux.

Bientôt les autorités du département de laDordog^teVenyoytifidnt à Rochefort pour être déporté à la Guiane {F. Rochbfobt). Il fut embarqué sor les Deux Jssociés.

Quoiqu'on eût lieu de croire que déjà il avoit rétracté son serment de Uierté-égaliU , il en fit néanmoins une solennelle rétractation devant ses confrères, déportés avec lui. Les souffrances qu'ils enduroient dans l'entrepont l'accablèrent comme tant d'autres ; et il mourut le 6 août 1794» à l'âge de 55 ans. On l'enterra dans l'île d*Aix, {V. J. BovADON et....

Bou&i&T. )

BOURJUGË (René), prêtre du diocèse d'Angers, vicaire en la paroisse de Saint-Léonard-lés- Angers , y éprouva beaucoup de chagrin de voir son curé prêter le serment de la constitution civite du dcrgéf malgré ses efforts pour l'en empêcher. Obligé par le refus qu'il en fit lui-même , de s'éloigner de cette paroisse , il ne la quitta point sans avoir prémuni les paroissiens contre les dangers du schisme, et sans avoir fortifié contre eux la jeunesse de Saint- Léonard, surtout en faisant faire la première communion aux enfans qui n'avoient pas encore eu

BOU

ce bonheur. Il viiit exercer son ministère à Angers , et dans quelques autres paroisses voisines y sans négliger, toutefois, les catholiques de Saint -Léonard. Les persécuteurs se saisirent de sa personne ; mais quand l'armée catholique et royale s'approcha d'Angers {F. YcNDiE), il sortit de la prison dans laquelle on l'avoit enfermé. Ne trouvant plus de sûreté que sous la protection de cette armée , il se réunit aux prêtres, religieuses et vieillards qui étoient obligés de la suivre ; mais lorsqu'elle fut défaite au Mans le 1 2 décembre 1 795, le vicaire Bourjuge restant sans protection, et errant au hasard dans sa fuite, tomba dans les mains des soldats de la persécution. Il fut conduit par eux à Angers, et livré à la commission militaire de cette ville {F. Angers). Cette commission le condamna à la peine de mort, non en 1795, mais le 16 nivôse an II ( 5 janvier 1794)- ^ motif apparent de sa condamnation fut qu'il étoit un « brigand de la Vendée » : accusation banale portée par les juges contre tous ceux qu'ils vouloient immoler sans en dire le Vrai motif. René Bourjuge n'en fut pas moins un des nombreux Martyrs de cette époque. ( F. L. Batibd , et Briant. } BOURLA (Hyacinthe), religieuse Ursuline de Valenciennes , étoit née dans la ville de Condé en 1746. Quaique les religieuses de

IJOU

cet grdre rendissent de grands ser- . vices à la société 9 en enseignant gratuitement toutes les filles pauvres de la yille qui se présentoient à leur école, elles n'en furent pas moins chassées de leur cloître par les impies réformateurs de 1791.

Au chagrin d'être rejetée dans le monde, se joignit pour ces vertueuses filles celui de voir la religion catholique attaquée dans ses fondemens par les innovations de cette époque. Ne pouvant plus la pratiquer sans péril j elles prirent le parti de se retirer à Mons, qui n'est qu'à huit lieues de Yalenciennes, mais qui se trouvoit au-delà de la frontière ; et la sœur Bourla fut de ce voyage. Elle revint avec ses compagnes , quand les Autrichiens eurent soustrait cette dernière ville à la tyrannie de la Convention le 1" août 1 793 ( V. Valenciennes) ; et 3 de concert avec ses sœurs , elle se remit à rendre aux pauvres de la ville les mêmes services qu'auparavant. Lorsque les Autrichiens furent forcés d'évacuer la place , le 1" septembre 1794, la sœur Bourla se retira dans sa famille à Condé.

Mais les proconsuls de la Convention arrivés à Valencienjies, et ordonnant aussitôt d'arrêter les prêtres et les religieuses , se firent amener celle-ci, qui fut emprisonnée avec les autres. Ils voulurent qu'elle comparût des premières le 16 octobre au soir, avec quatre de fies compagnes, devant une commission mUitaire qu'ib ivoient

BOU

établie. Comme les proconsuls, suivant le système de la faction thermidorienne alors régnante, masquoient leur haine de la reli- (\oû sous le prétexte hypocrite âib la prétendue émigration de leurs victimes , où demanda seulement à ces religieuses si elles étoîent sorties de France ( K M. M. J"« Djë-

JAEDIN, G. DVCREZ, J. R. PRIN et

M. L. Vanût). Ces saintes filles, incapables de vouloir sauver leur vie par un mensonge, dirent la vérité , et furent à l'instant condamnées à la peine de mort comme « émigrées-rentrées » . Ramenées ensuite à la prison jusqu'au lendemain où leur sacrifice devolt être consommé, elles vinrent eh siletice auprès de leur supérieure ( V. M. C. J"« Paillot) autour de laquelle se réunirent aussi les autres religieuses, prisonnières. La supérieure félicitant celles qui venoient d'être jugées, de ce qu'elles avoientpréféré mourir plutôt qu'of^ fenser Dieu par un mensonge, exhorta les autres à imiter ce bel exemple. Elles le lui promirent ; et alors elle ne s'occupa plus qu'à préparer à paroître devant Dieu celles qui dévoient périr le lendemain. Toute la nuit elles récitèrent ensemble l'ofiîce des défunts, les prières des agonisans ; après quoi , la supérieure leur fit de nouvelles exhortations à la mort, les assurant qu'elle regrettoit de ne pouvoir y marcher devant elles, et recevoir avec elles la palme du

BOU

martjrre. Ces touchantes occupations durèrent jusqu'au moment où l'on Tint les prendre pour le:»

mener au supplice. Alors se prosternant aux pieds d'un crudfix»

«Iles reçurent la bénédiction de leur supérieure , sVmbrassërent ensuite 9 et allèrent avec le plus g;rand caltne au guichet où l'exé-* cuteuries attendoit. Elles le rirent sans effroi , lui présentèrent tranquillement les mains qu'il deroit leur lier, se laissèrent en silènes couper les cheveux qui sortoient de dessous un bandeau qu'elles s'étoient fait exprès pour cette circonstance. Elles ne rompirent le silence que lorsque l'exécuteur Toulut leur découvrir la poitrine; et ce fut pour le prier en grâce de leur bisser jusqu'au dernier instant le mouchoir qui couvroit Tespèce de chemise exactement fermée jusqu'au dessus des épaules, qu'elles s'étoîcnt ajustée de manière à ce que le cou seul pût être h déeouyert sous le fer de la guillotiné.

On peut les comparer à cette sainte vierge potamienne, martyre d^Alexandrie , sons Maximien, laquelle dit au juge qui ordonnoit de la dépouiller entièrement pour la jeter dans une cuve de poix bouîïlarite : « De grâce , n'y plongez mon corps que peu à peu , à mesure que je me déshabillerai , afin que ma pudeur n'ait rien à souffi^r^ et que vous connoissiet en même temps jusqu'où va la vertu de patience que J. -C. m'ac*

BOU 287

corde » : Nejtisseris me eœui :

non simut totam^ sedjuhe me pautatim in picem ferventefn demitti, ut videos qtumtam tnihi targitus est patientiank Christus (Pallad. Hist. ad Lausium. G. III). Trois prêtres condamnés avec les cinq religieuses étoient compagnons de leur mar^ tyre ( F. L. P, Cagkot, L. A.

J^ DAWiEft, et C. M. J. Yienve).

L'un d'eux leur dit, entre autres paroles encoin*ageantes : « Allons donc sans crainte paroître devant TËtemel ; nous mourons innocens » . Elles partirent en récitant à haute voix les litanies jusqu'à l'cchafaud ; et il en fut de même^ lorsque leurs compagnes subirent le même sort, six jours après (i^.

J. L. Barrez, L. Lacroix, M. M.

J»* Leroux, A. J°* Leroux, M. C.

Jn« Paillot). Cette première exéeution de religieuses àValenciennes eut lieu deux mois et vingt-un jours après la chute de Roberspierre. La sœur Bourla avoit 48 ans lorsqu'elle périt ainsi martyre de !a vérité comme de 1^ Foi. ( F»

D. Betbemieux et Breuvart.)

BOUKRET (Jeaïî-Aktoike)^ simple frère-lai de l'ordre des ïrappistes>, s'étoit retiré à Langogne , dans le diocèse de Mende , après la suppression des ordres monastiques. La loi qui, en 1791, avolt exigé des curés, vicdres, etc. le serment schisma tique, et celle par laquelle étoient condamnés à la déportation ceux qui i'avoient re-

îi88

BOU

fusé, ne pouroient être alléguées contre ce religieux. Mais sa piété et son ))récédent état devenoient un tort irrémissible ; il fut emprisonné, et traduit ensuite devant le tribunal criminel du département de VJrdèche siégeant à Privas.

Les juges n'eurent pas honte de le condamner comme « prêtre réfractaire », à la peine de mort, le 18 germinal an II (7 avril i794)« liC lendemain il fut décapité.

BOURRY {rt...), prêtre, vicaire de la paroisse de Brabans, dans le diocèse de Toul, et né à Lel, dans le même diocèse , devint si odieux aux persécuteurs de 1793, que, ^e pouvant plus soutenir sa présence, ils le firent arrêter et jeter dans les prisons de Saint-Mihiel, chef-lieu du département de la Meuse. Le tribunal criminel de ce département le condamna à être déporté à la <]^uiane ; et il fut envoyé à Rochefort pour son embarquement. Il y arriva à travers bien des souffrances, comme beaucoup d'autres prêtres, et fut mis sur le navire te" Washington {V. Rochefoat). Les supplices divers de l'entrepont dans lequel ils étoient renfermés, altérèrent progressivement la santé du vicaire Bourry.

Il mourut dans le courant d'octobre 1794^ à l'âge de 36 ans; et on l'enterra dans l'île Madame. Le compagqon de sa déportation, de qui nous reçûmes, en 1800 3 le» notice[3 dont nous

BOU

faisons usage pour les victimes de cette embarcation, y mit une telle conscience, que, n'ayant pu obtenir une connoissance positive de la manière dont le vicaire Bourry s'étoit conduit en 1791 et 179a, il se crut obligé de nous prévenir « qu'on ignoroit s'il étoît assermenté ou non. » Mais il ne le retranchoit pas du nombre des Martyrs; et il avoit raison, comme on peut s'en convaincre par l'épître 4^ <ie saint Jérôme à Pammachius, et par les principes exposés dans notre Disgovbs préliminaire, pag. 4i* (^* M. BoTJH*

GOIN et J. BOVTOUTE.)

BOURSICAUD (Piebre), prêtre. {V. P. Le Boursigaud. )

BOUSQUET (JBÀK-FaA]fçois) , prêtre de Paris, demeurant dans la maison des Ëudistes, sans être de leur congrégation, s'y délassoit de l'exercice du sacerdoce par l'étude de l'histoire ecclésiastique et des conciles. Quoique jeune, il avoit donné lieu d'espérer, par ses premiers essais sur les matières canoniques^ qu'on auroit en lui un des hommes les plus versés dans les lois de l'Eglise. Avec les lumières dont il étoit amplement pourvu , et avec la Foi sincère dont il étoit animé, il n'avoît pu que repousser la constitvtion civUc du clergé. Son opposition aux maximes qui en faisoient la base , étoit si notoire, qu'il fut un des premiers prêtres que les novateurs firent arrêter^ après la fatale jour-

BOI

fiée du lOWûtA^^ {V. SsF* tbhbre). Goaduit au comité dé la section du Lûxemûourg, il s*y montra décidé à tout souffrir , plutôt que de faire aucun sér-* ment contraire à aa conscience 9 et fut enfermé dans l'église des CarmesXf^* Dulau), C'étoit une consolation* pour lui, de s'y voir ayec tant d'autres généreux con«»

llesseurs de la Foi, parmi lesquels se trouvèrent liientôt le digne supérieur des £udistes, et huit de ses prêtres ( F. Hébert et Beavlisv). Dans cette réunion aussi sainte que nombreuse de captifs dé Jésus- Christ 9' il se sentit un accroissement de forces pour sceller sa Foi de son sang; et, le a septembre, il eut la gloire de le mêler à celui de tous les nou- Teauz Martyrs que cette journée donnoit à l'Eglise.

. BOUSSIÈKë {N...}, curé de la paroisse de Ghallot, dans le diocèse d'Autun, fut dépouillé de sa cure à cause de son refus du serment. La loi de déportation du a6 août 179a le dispensait de s'exiler , parce qu'il ayoit 61 ans ; mais elle le condamnoit k se confiner dans nne maison de. réclusion , sous la luryéillance de l'administration départementale. Gomme il se trouToit dans le département de la Nièvre, il devint un des reclus de Ne vers, et se trouva compris dans les soixante et un prêtres de ce département qui, en février 1794» furent inopinément enune-

BOU a89

nés à Nanteà, pour y être 'Bub*mei^s {V. Nsmas et Nahtes).

Après avoir essuyé tous les itiauvais traitemehs auxquels^ étoient en butte ces prêtres, presque tous vieillards ou infirmes ,' il fut jeté comme ses confrères ,* avec une santé foi«t affoibiie , dans le fond de cale* pestilentiel de la ga-^ liole hollandaiseduportdé Nantes, qui devoit leur servir de prison»

Dévoré par la faim, glacé par le froid, asphyxié par la pntriëité de ce cachot , il y périt le 3 avril a 794. ( F, BovLNOT, chan9fne> etBanTs; d'Angers.)

BOUTILIEB (AifToÎKE)^ et non Boutelter j ni Le Rowtelier; comme on L'a écrit dans une compilation rééènte, éfoittm prêtre du diocèse de Besançon , 'auquel la pe^ tite ville de Loubmisavoit^donné le jour, en 1756. A l'Ôge <ib 18 ans, il étoit allé à Yienaeken Baophiné pour éntrdr dans l'ordre des chanoines réguliers de SaintrAntoîae, qui , établi dans cette prowincesot^s la forme d'ordre religieux hospitalier en 1095, ayoit: été confirmé vers iai8, par le pape Honorius III , et changé au XYII* siècle en communauté de chanotàesréguliers.'Boutilier fut le derniernovice qu'ils reçurent : car, en 1755, il leur fut défendu- d'en admettre; et l'ordre , ensuite , supprimé par une bulle de Pie VI , en date du 17 septembre 1776, fut réuni à celui de Malte, par une autre bulle du même pape, en date du 7 mai

Page 1