SO BOC
été âH daœ kncompilatioB eitée* Boufiliet Nrint akii» dans 5« Tille Ri^df 9 au U eaAra dan» une inerte de eongrègatioB dte yiétres scculîersy .aa mîUeu desquels it je dis* Ungua par son assHkiit» àia prière publique y et surtout par une trèsonéreuse charité enrers l«s pauvres. H kur consaeroit la majeure partie du reyenu que lui pirocuroit son afiiUation à Tordre de Malte.
Quoique deux de ses amis, œembre^ de cette congrégation, prêf tassent^ en 1791 , le serment de la .
constitution dviis du eiergé^^ sans en être requis par Fautorité civile» et quoique ces deux amis fissent tous leurs efforts pour engager Boutilier à les imiter» il ne se laissa vainci^ ni par leurs aol*licitatiOQS» ni par leur exemple.
S'étanI dors attaché davantage aux autre» confrères qui rqpoussoîent comote hérétiques' et acbîsmatique» le» inneyations de cette prétendue eonaituiion du cUrgé, il ne fut point ménagé dans. les injnres et ies persécutions qui les asêaîttirent. Pour s'y soustraire»
il se crut obligé» comme eux» de sortir de France» surtout après la loi de déportation. Lorsqu'à la suite des deux années de terreur qu'eUe venoit de subir» les chefs de son goureRnement républicain firent croire qu'ils revenoient à des sentimens équitables» Boutilier rentra» et se fixa à Lyon , où l'on accueilloit avec j>lus de bienr
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TeiiiEuice qQ'^ilieurs les prêtres et même le» émigré»^ revenoient de l'itcanger. Un vénérable catholique d'un tFèê-grand ûge» ancien chirurgien» BOOMné Glaade Bal<^ Ijat» dont la mémonre sera longtemps p(récîeuse aux Lyonnais» engagea Boutilier à demeurer chea lai. Cet arrangement convenoit d'autant pbisà l'un et à l'autre» que ce vieillard se procnroit» par ce moyen » è tonte heore» \ie$ secours de la religion» en même lemps qu'il faisoit uneœuvrç d'éminenle charité» et que Boutitier pouvoit»
dans celte maison» dire la messe et remplir ses devoirs de prêtre f sans cette publicité qui ruiimoit le» fureurs des révolutionnaires*.
Homme instruit et d'une.agréable société» il étoit eberàson hôte sous tous les rapport». La persécutioa s'étant ranimée à Tépoque connuesous, le nom du 18 fructidçr (4 septembre 1797)9 et ayant alors chobî les formes perfides de lu déportation», en regrettant toute"* fois de ne pas oser en revenir é faire couler par torrent le sang dé»
prêtres» ne laissoit. cependant pas échapper une seule occasion dé le répandre. Boutilier ayant été dénoncé » peu de temps ensuite ^ comme prêtre » exerçant secrète** ment son ministère» fut arrêté W 8 décembre 1797. Occupé sans cesse » dans sa prison » de tout ce qui pouvoit entretenir la piété» U s'amusoit paisiblement à fiiire des chapelets avec les seules matières
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éoiiTWMUesqui pouycient tomber Ibous sa main : c'étoientles noyaux des petits fruits qui lui étoient apportés parmi ses alimens; et il donnoit ces cliapelets aux personnes pieuses qui yeiloient le visiter. Plusieurs d'entre elles' en conservent encore avec yénération» comme de précieuses reliques. Il resta plusieurs mois en prison» sans que son sort parût devoir se décider. Si on l'eût jugé comme prêtre 9 on n'auroit pu 9 suivant la loi du iQ fructidor 9 que le condamner à la mort lente de ia Guiane ; mais comme on trouva un prétexte de l'immoler de suite 9 en le faisant passer pour émigré -rentré 9 on. le traduisit comme tel devant une eommission nUdiaire» Elle le condamna, sous cette qualification 9 à être fusillé en mêine temps qu'un jeune militaire 9 gentilhomme d'Auvei^ne»
aomoié Amable de Ligondei^de- Kochefort» qui étoit effectivement revenu de l'émigration. La- sentence fot prononcée le a3 prairial an YI (11 juin 1798)- Boutilier, associé au sort du jeune officler'9 le réconcilia avec Dieu» kcoAsola»
l'exhorta à la mort avec la tendresse d'un père» et la charité d'un ministre de Jésus - Christ Lorsqu'en allant ensemble au lieu où ils dévoient être fusillés» ils passèrent devant l'hôtel-de^ville »
Boutilier» avec le calme d'un élu»
regarda le cadran de l'horloge; titj sM^uint l'heure fixée pour leur
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suppliée, a dît à s4H»çp9y|«gnon, en faisant reoMrquer oeil» que marquoit l'aiguille:: ¥ ABons» encore un instant de coura^ ; dans un quart-d'haure.» nous serons;, je l'espère» dans le ciel. » On a lu » avec une grande édifieiation »
dans les Actes des anciens Msrtyrs»
le trait de ce saint Alaximilien d'Afrique» qui» conduit ajn sup-^ plice pour la Foi » et inspirant ù tous les chrétiens qu'il rencontroit }ei déS(ir d^ martyre» dit à son père qui se troiiivoit près de lui:
« Je vous prie de donner mon habit neuf à cet honnête homme qui va me couper lu tête » : Da hwic sfdciUatûri vesum meatn novam fuain mihi prwpara^ veras (Ruinart : Aeta S* MaximU. Ma/rtyria). Le prêtre Boutilier fait encore mieux» quoiqu'il ait moins à donner : aniiné d'une céleste reconif oissance enveit ceux q«i vont le fiisiller» il détaehe sa cravate» le meilleiur de tous ses vêtemens» et l'oflre à un des soldats» en lut exprimant le regret bien sincère de n'avoir rien de inieux à lui présenter» pour liH témoigner surtout, dit-il» «qu'en suivant l'exemple de Jésus^Cfarist»
il pardonne de tout son ccsur à ceux qui vont le faire mourir. » U reçut la palme du martyre sacer^ dotal le ta juin 17989 â l'âge de 62 ans. On pourra encore juger des sentimens de cet ecdléaidstique par la lettre que son jeune néo^ phyte^ compagnon de son sott»
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écrivît â àa séfeùr Clotîide d'Ôrset', ayant de «léij^'èfafer au supplice.
« Ddns'îpeu d'tieuiie^s, lui disoitii,'jé n'existerai 'plus, ma tendre sœur. Kai^seitibléz tdiit'es vos forces poiir consoler naa' pauvre mère.
J*ai imploré lai f miséricorde ' de Dieu; él j'espère'qu'elle sei^ plus 'grande ^Ue l'immensité de mes fautes.' Je vous prie de donner vingt-cinq louis aux pauvres 9 et de vous charger de Jpayer mes dettes. Je tous recommande^ ma chère amie, de ne conserver aur cun ressentiment (k>irtre les auteurs de ma mort. Je leur pardonne •entièrement 9 et qe leur veux au- «cuû mal. Il mé reste à vous re-* Commander de rappeler de toutes vos forces îa religion à votre secours. Dieu, maître de tout, a dé* cidé de mon sort; et nous devons nous soumettre saiis murmurer.
'A'dien, ma chère Clotilde; adieu, ma bonne mère. Vous êtes les
seuls objets que je regrette...
Adieu : on m'attend pour aller à la mort. » ( V, BovHDiN et BriïIe»;) BOUTET (Piièrre), curé de Gua,'près Sàujon, danà le diocèse de Saintes, étant resté dans sa paroisse, comme pi?esque to^sles pfêtles catholique» ' du Poitou et de la Saintonge ( F'» YENDÉas), fut arrêté vers la iSn de 1 798. Le tribunal artmiâel du département de li Charente-lnftTieure 9 devant lequel ili«omparut, le 12 mvose -an. ir( i*' janvier 1794 ),iet qui i^iég^oit à Saintes, ne voyant que
coÀspkatfon dans la prâtiqtkè de la religion catholique, condamna ce curé à \k peine dé miort, cOmnie «conspirateur »; et cet ecclésiastique périt sur l'échafaud le jour même dé sa condamnation.
BÔUTHIER (MAtkuiuîî-Loïiis), prêtre du diocèse de Nanteé, étant né à GéYèie, en i^Sô, futlongtemjps vicaire en la paroisse d^ la Mezières> située à trois lieues^ de Reiines. Son âge déjà- avancé l'ayant fait céder- à' un aMré* les fonotions pénible^ du Vicariat, il 'Ile desservoit plus cette paroisse que comme auxiliaire. On 'île lui en demanda pas moinsle serment de la eonstitution - dviie du ctergéi efi 1*791 ; il le reftisa, et ne' crut pas ensuite devoir sortir de France , après la loi de déportation. La' persécution s'augmeU''- -taut de plus en plus^ il fut obligé de se cacher; et ceux qui le cberchoient, ne p'ouvïtnt réussir à le trouver^ se saisirent de «on frère, -labouréurv établi à la Mezières^ et ranfenèrent prisonnier à Renne8> lui déolafrant qii'îl ne recbuVreroît •galiber té, que iorsque le prêtre qu'tlè Voudroîent tenir se seroit livré luîmêmel Celui-ci, apprenfant cette barbfare résolution , sort de ^a re^ •traite ; et , pour délivrer soi* frère , ^elnsesacHiQant lui-même 5 il vient se remettre entre les mains des juges 'du tribunaf criminei'duf départer meniâ'Iiit-^^Fiiéaine, siégeant à Rennes. Cd tribunal le con»
damna ù.la peine de mort^ QOmmt
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« prêtre refractaîre », le 1 3 floréal . an II (i" mai 1794)* U étoit âgé.
de 6a ans. En allant ay lieu. du.
supplice, qui de voit être le cimetière de la paroisse de Saint- Etienne, il chanta les Litanies dé la.
Sainte-Vierge, et les prières que, l'Eglise fait à Tenterrement de ceux qui meurent dans ses. bras. Comme on sait que les anods' du prêtre Bottthier s'efforcèrent, de le détourner d'aller se livrer»
lui-même, en (ui objectant qu'on ne doit pds s'exposer au martyre, et provoquer en quelque sorte lei^ juges à. un-nouveau meurtre, nous devons, tout en professant .aussi nous-mêmes ce principe « faire< observer, i\ qu'il ne doit pa$.
s'appliquer généralement à touA^ les cas; a^ qiie son applica-^ tion particulière à celui-ci pou-.
Toit rendre Bouthier coupable contre la justice et la charité.
Quoique saint Augustin, dans, son livre De CivUaU Deiy prouve en plusieurs manières qu'il n'est pas permis de se cop-' damner soi-même à la. mort, lors même que ce seroit pour consar* yer sa chasteté , il y a0irme né^ii^.
moins au chap. xïvi qu'on le peut etqii'on le doit, quund Dieu l'or-?.
donne» Nous at*OAS (jéjà eMmioé cette question à Taxtiole du prêtre; Avignon:, pinte Tant ^ pag. 1 14> et.
il nous sufltroit . peut*être ici "de.
n^pèler:.' >q0e :• l!£gli$e honore OQOmi^'Blai^yrB, V^ le i^novembc0^ 4tot RosûË^jiil <l'llilliocbeiL
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qui, voyant la défection de quelques chrétiens devant un juge païen, vint se présentera lui, en lui.(Hsant : « N'en soye^ pas si fier ; car vous . allez .trouver daus moi un de ces athlètes que l'on, ne peut vaincre » : Non recèdes lœtus, ha4^t enim Deu$ miii' .
tes qui superari non postunù, (Emeh.DeResurrei^UçneyLI,!); et 9°. le 9 décembre , .airec saint Barsabias de Perse, un .sage du.
paganisme, qi^i^ conyfjrti subitement, vint lui dire au. milieu de son si^plice : « Préseatez-moi vous-même aux licteurs pour qu'ils m'immolent avec vous et.
¥0s compagnops » (Y.oyez ci* après,. pag. 3aâ) : Meque, sp^l\ ouH eœuroêi adprehema fna^0 UctorUms neeandum tradito , .
fitpotè qui voiuntariam vo^iisr.
cutn mortenh suidre etifim a^ q%ie etiam percufiafff^,, vabis^ cum»^ inquam, qui eiftis poputus sanctus, v^ims ft fidelis.
( AsseMin : Martyrium SSr Barêaéiœ, etc., pars iS p<ig. 96.) « Quand c'est par upe inspiratioii' de rEsprit-Salntque l'on va s'of-* frir au Martyre, dit le savant.
Asfienaian 9 cejlte dën^arche est na acftQ de force ^et non de téir^érité » (^léfid.^ P%* 9^}' 0^9 quelle plus certaine inspiration., de l'E^prit- Saint.^ en .ce qui cooceri^ le prê-.
tre Bouthier, que le cou^mpude-.
ment de Dieu qui ne veut pas qu'un.^chrétienoQpasip(i4e lai^^gct.
de. çoDc .pcwDbate r^mÊf^ «Vfiad!
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le prochain ne périroit qu« pour loi ; qui veut encore moins qu'il le laisse exposé au danger de com* promettre sa Foi, lorsqu'il ne s'y trouve qu'à cause de lui , et qu'il se sent muni lui-même de la force néeessaiite pour la faire triompher devant les impies? Ne doit-il pas prendre la place qu'il se voit d'idlleurs iMsIgnée par h Protidence^ lorsqu'elle n'est occupée que par un chrétien de la constance duqb^ Il est peu sOr? Qwétn^ DeUs jûlm, seéfue juéere iimé uiMâ mm4^agUms inHtMt^ quiê êéedientûmi im efime^f vém ? fuU fftie^ium
piêuatà adàuu/t? Qui ergd
audit, l%ùn ttcer& se oeeidere, factùt, êi jussU eujus non <i*eetjusêa eàntemnêre, taaUum^ vnodo videat utrum divina juêêiù ntHto nuM ineerto.
( S. Aup;. fU MUfrà, ç. XXVI. ) BOUTrN'(GATHUiin), femme.
( r. c. ctAVEt.)
BOUTOUT£ ( JcAv ), curé de Braise , près Smnt-*Aniand , dans le diocèse d6 Bourges, étoit né à Murât» le "Vicomte y dans le diocèse de Saint- Flour. Il ne prêta point le serment schismatique de 1791; et le refos qnllen fit, le mit dans lé cas d^être éxpotsé de sa paroisse pailles autorités ci viles d'alors. Il continua néanmoins de résider dans le pays, pour l'utllîté dés catholiques; et les lois menaçantes qui furent ensuite rendues eofiM kintuu hwaiiaiiléa, ne
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le détournèrent point d'y «ercer encore son ministère. Il fut arrêté dans le courant de 1793; et, comme la paroisse où il étoit, dépendoit du département de VAUUTs on le conduisit dans les prisons de Moulins, qui en étok le chef-Keu. Bientôt il fut condamtié à la déportation maritime^ à laquelle on dévouoit soixantequinse autres prêtres* du même département. On le fit partir avec eux pour Bochefort II y fbt embarqué sur le navire 4e$ Deux Associés ( F. BocHiroET). Les souffrances qu'ils y éprouvoient finirent par lui nrracher la vîe. Il mourut dans la nuit du 34 au a5 novembre 1 794 , h l'âge de 53 ans 9 et lut enterré près du fort Faseux, sur les rives de la Charente.
{F, BovBftT et P. BeauubiI)
BOUVIER (YvBs), curé de la paroisse de Maumusson, près d'Ancenis, dans le diocèse de Nantes , étoit né , en 1719, au Bourg-Diré, près Segré, en Anjou. Formé à l'état ecclésiastique dans le petit séminaire d'Angers , il fut élevé au sacerdoce en 1744»
et envoyé vicaire en la paroisse de Brain-sur-l'Authion, près d'Angers. Sn santé s'y étant affoiblie parlesIlHtîgués qu'ils'ètoitdonnées pour remplir, avec ses fonctions^ eeltes du curé qui étoit infirme , l^vêque l'envoya, comme aumônier, dans l'h^îtal de Gandé. Sa conduite étoit si ^Bgne d'un saint ministn de l'Iglise, qu'elfe dls^
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posa le curé de Maufl^iiMoii A lui résigner sa cure. Cette paroisse se trouva dès lors avoir le pasteur k plus jaloux d'être le père des pau* Très, et le plus actif pour rameuer A Dieu les toies égarées ; mais son zèle lui SEttira des tracasseries de la part des mauvais dirétiens» qui cependant ne pouvoient s'easpécher encore de Testhner et de le respecter. Ils s'en dispensant »
ifuand la rév<dution les eut déU«« Très de tout firein. Bouvier ne voulut point faire le serment schismatique^ ni môme sortir da France 9 après la loi de déporta* lion. Pour coittinuer à veiUer au salut de ses paroissiens 5 sans trop s'éloigner d'euz^ il alla vivre dans ks bois et les genêts voisins; et lascatlioliques de sa parcHsse s'y rendoient 9 pour entendre sa messe et recevoir les sacremens. Néanmoins f il ne pouvoit se résoudre Ane pas les visiterdies eux» quand Ils étoient malades. Une nuit qu'il ètoit accouru à Maumusson^ pour remplir ce devoir pastoral » et qu'il d'y reposoit ches son beau-frère»
les agens de la persécution 9 qui l'avoient épié, vinrent forcer la maison 9 le saisirent» et l'entraînèrent» en lui disant» avec «ne impie fiérocité. : « Ya , calotin »
In ne confesseras plus; tu vas y passer». Par une dérision plus sacrilège, encore» ils se reyêtirent d'omemens sacerdotaux qo'ils avoientdécouverts dans un cbamp»
et insultèrentplttsborriblementen-
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eore la re%ion» dans la personne de son ministre. Us brûlèrent même^ devant lui» un grand crucifix en bois qui étoit dans son église. Son beau -frère» nommé Desmas » avolt été arrêté avec lui ; et» le lendemain» tons les deux fureui liés » garrottés par cette borde impie qiii les conduisit à la Petite Bouxière» pris Ancenis»
en chargeant le curé da coups de erosse de âisi. BUe le fit entrer »
Hvec son beau-frère» dans le jar* dtn de la cure de oetle paroisse»
pour les y fusiller. Le cuvé »
voyant le dessein des hommes pervers qui les entrabioient» leur dit hautement « qu'il leur pardonnoit sa mort» et qu'il prioit ponr eux; mais il demanda A périr le dernier » voulant exhorter son beau-fk^ère à mourir saintement » .
Il obtint cette triste faveur; mais»
pendant qu'il exhortoit celui-ci»
nn des assassins lui asséna un coup de sabre sur le poignet de la main qui donnoit l'absolution. A peine Desmas fut- il immolé par eux» qu'ils firent sur je curé trois déchaiges de fusils ; eV il tomba mort , A l'âge de 7!^ ans» le 14 mars 1794* Les corps de ces deux vie* times furent d^abord enterrés dans le lieu même où elles avoient péri; o(ia«B» le 18 ma! 179$» de vertueux prêtres» qui avoient #o«nu la sainteté du cuié Bou* viery exhumant seu corps» qu'ils imuvèi'ent encore exempt de cor»' ruptiout et auMi J^eonnoilsable
que s*il eMété vivant. lis en iGf«nt la translation solennelle dans l'église de Maumusson 9 où , le lendemain, ils renterrèrent, vîs-à-yiset près rentrée du sanctuaiireé L'un de ces prêtres fut lui- même aussi massacré 5 pour la même cause, peu de temps! après ( F, PiiiOvuiï].
f^'ayânt pas de raisons suffisantes pour croire ^que le beau-frère «du curé fiouTîerj tué avec lui, ponr lui ayoil* dènné Thospitalité, y eût été engagé par fin autre motif que ,cekii dé ses rapports de parenté, ni 'qu*au isentiment' èe' la nature, se îùt {oint celui que la Foi pouvoir» lut in^irer ( V. I?
Alix)> qous avons cru devoir nouis abstenir de le compter au nombre de nos Martyrs.
BOUVRBT (Iean - Baptïstï!) , prêtre et chahoine dé la collégiale de BpînoU'-r'Archevêque, au diocèse de Sens, ét'ôit né à Brinott même, en 1762.- Lorsqu'on 1791J rAssemblécf Confit uante eut aboli les anbièns chapitres y Bouvret, prêtre d«p(ii^ 1786 seulement, et plein >ierardeâr> sacerdotale,' se ▼oua au* service spirituel de la paroisse de BdUilly, oè il continua d^ea^rcèr le ministère sacerdotal avec assez" dé' bobtièur, jusqu'en 1794^ <nat8 alors iliie lui Int plus possible- (Réchapper an débordement d'impiété féroce qili distingua cette 'épbqué. AWêté à Và^t de 39 ap's y et trànsJTéré à Paris , il y fut irolënheffément accusé 'dei- ▼aot le tribunal fiiv^UPiaiinair09
le'iS fructidor on it (4 septembre 1 794)> «^'a voir tenu , dans la commune de Bouilly, une conduite fanatique et des propos contrerévolutionnaires , et d'avoir eii des intelligences avec les prêtre»
réifractairés ». Quoique Roberspîerre eût cessé de vivre depuh six semaines, et que la Gonven* tîon affiectât de rejeter sur lui seul toutes les horreurs dont elle avoît été complice, le tribunal, par te jugement qu'il rendit ce jour-là même contre Bouvret , d'après les principes qu'elle professoît, montra qu^elle n'a voit rien perdu de sa fôr(H>itécontrelesprêtres. Les juges condamnèrent sa personne à lé.
peine de mort , et ses biens à là confiscation. Evitant toutefois ave0 perfidie de paroître , dans cette sentence', aussi acharnés contre lé catkctère sacerdotal, ils ne purent la motiver qu'en disant assez vaguement «qu'il avoit tenu, dans la commune de Bouilly, en 1 792 (où cfommencèrent tes persécutions contre les prêtres non-assermen* tés); des propos tendant à provo^ «nier la dissolution de la représentation nationale et le discrédit des assignats ; comme encore de l'avoir fait dans des intentions contrerévolutionnaires » . Cette sentence fut exécutée le même jour, sur la 'plaee de Grève.
BOYER ( Antoine ), prêtre , i'eliîgieux Augustin du diocèse d'AIbi , né dans la ville de ce nom , -y demeuroit encore après la sup^
pression de son cloîtré. II ne fit point le serment de la constitua tion civite ttu €(ergé,et ne parut pas, néanmoins, atteint directement par la' loi de déportation.
Les dangers croissant de plus en plus^ il se décida enfin  sortir de France, arec quatre autres prêtres de la même Tille, et fut massacré arec' eux, comme «prêtre réfractairé»Ven passant à Saint-€îiînian , et dans la salle même de la municipalité de ce lieu, le 9 mai 1793. Le 'récit de cet assassinat se trouve à l'article de F. Aibig.
B6YSA (Jacques), prêtre, né àMarmig^nac, près Peyrac, dans le diocèse de' C'ahors , méritoit , en 1 793 , aux yeux des persécuteurs , là peine portée contre les prêtres inseimentés qui ne s'étoient point exilés eux-mêmes^ depuis la fin d*août 1792. L'année- suivante, il fut -^découvert , et jeté dans les caéhots-; et, en 1794, on le fit conduire à Bordeaux, où ildevoît être embarqué pour la Guîane (F. BoRBEAiTx). Quand on commença les ' embarquemens , vers la 'fin de l'automne, trois mois après la chute de Roberspîerre , le nonJbx^ dés embarqués étant déjàtrdp considérable, le prêtre Bojrei' fut laissé dans le fort dû Hà , où il ôvoît été renfermé.
Une maladie ' grave , fruit d'une longue pers^écution , alloit le délivrer de î^S' bourreaux : on le transposa daiWrhopital de Saintl-André ;' et', 'ÉÎins cesser d'être captif
de Jésus-Christ, il y expira, le 1 6 janvier 1 795 , à l'âge de 47 ans. ( V. F. BovaBETTE^ et G. Brottii-
tET. )
BOYER (Jean-Pierre), prêtre du diocèse d'Orange , où il étoit né en 1726, et fut grand-vicaire pendant trente ans , avoit été forcé par ses infirmités , plus encore que par son âge avancé , de renoncer au saint ministère. ïlrésidoit à Rochegude, près d'Orange, alors compris dans le département de la Drame; et atteint d'une goutte cruelle qui avoît fini par le fendre complètement paralytique , îl étoit dans ce triste état, lorsqu'en vertu de la loi de déportation du 26 août 1792, qui se èontentoit de condamner à la réclusion les prêtres sexagénaires ou infirmes , on vint , en 1793, pour le saisir et le conduire dans les prisons de Valence. Deux de ses beaux -frères implorèrent alors , en faveur de ce vénérable ecclésiastique, la pitié d'un membre de la Convention qu'ils connoissoient, et obtinrent qu'il resteroit avec eux à Montelimart y où il recevroit de leur compatissante amitié , les secours qu'exigeoit sa douloureuse situation. Quoiqu'il eût joui d'un patrimoine su fiisant pour le faire subsister sans les revenus d'aucun bénéfice ecclésiastique , il avoit tant sacrifié de sa fortune patrimoniale au soulagement des pauvres, que, lorsque son revenu ecclésiastique lui fut enlevé pa^ les décrets de l'Assemblée GonBti-
tuante 9 il 8'étoit y u forcé de Tendre les effets de son mobilier pour TÎTre. La découTerte que , dans son zèle pour rhumanité, il avoît faite d*uB remède infaillible contre le cbarbon et les cbancres^ tout en procurant de grandes jouissances à son âme charitable , diminua beau* coup, pour lui, celles de la fortune. Il avoit lui-même, personnellement et i ses frais, guéri quatorze cents personnes pauvres»
atteintes de cette maladie, indépendamment de celles qui en aroient été déliyrées ailleurs »
jusque dans les colonies, par les médecins et chirurgiens auxquels il s'étoit fait un plaisir de donner la recette de sa découverte , et même, non moins gratuitement, d'amples provisions de sonremède.
Ceux qui connoissent les forfaits dont Tingratitude s'est rendue coupable dans la révolution, ne s'étonneront point que, parmi les persécuteurs du prêtre Boyer, à cette époque, U se soit trouvé des misérables qu'il avoit guéris charitablement; et il eut la douleur de les reconnoitre aux seules traces que cette maladie avoit nécessairement laissées sur leur visage* Qu'avoient-ils donc à reprochera ce vieillard accablé d'infirmités, qui, souffiwit ses maux avec patience , s'abstenojit de tout discours capable d'irriter les ardens parti-»
sans de la révolution, et donnoit 4'exemple d'une paisible résignation aux funestes, événemens de
cette époqoe ? Mais il étoit prêtre ; il n'avoit pas fait le serment de la eansHiuHan eivUe d» eUrgé i et, sans qu'on eût égard à ce que , n'étant plus dans les fonctions ecclésiastiques, lorsqu'on l'exigea des fonctionnaires publics , puisqu'il étoit alors, depuis plusieurs années, perdus de tous ses membres , et gisant sur un lit de dour leur , le cruel Maigaet , que la €od* vention envoya proconsul dans le département de FoÊictuiô^ se hâta d'ordonner, au printemps de 1794 9 qoo l'abbé Boyer fût arrêté. Un g^idarme est envoyé pour s'emparer de sa personne; et| à peine arrivé à Montelim'art^ il lui notifie que, le leademain, à quatre heures du matin, il l'era* mènera dans les prisons de la terrible commission popuUdrc d'Orange. Ce respectable ecclésiastique entend cet ordre fiiroiiehe avec soumission; mais il représente que, se trouvant dans l'impossibilité de marcher, et même de se soutenir sur ses jambes > U auroit besoin d'une voiture* L^ gendarme en fait préparer une, et vient annoncer au saint prêtre qu'elle l'attend. La perspective du martyre se présentant à sa Foi dans la plus grande évidence , il en ressent une joie indicible ; et cette joie produit sur lui une sorte de miracle où l'on reconnoit lamain de la Divinité. L'abbé Boyer^ vivement ému du bonheur qui l'attend^ a retrouvé 9e# fiwoM : le voilà qui
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se iëte-f saiMaToirbesoiftd*Mieim il en snbit la peine ayec le couaide humain ; il repotisw les na- rage imperturbable des Martyrs de teiaa qu'on aroit préparés pour le. la primitire Eglise. C'est ainsi qu'il porter Ams la toiture , descend deyint la 3a5* yictime de ce trîbului seuiy sans aucun appuis l'esca* naldesang, le 16 thermidor an II lier. Ceux qui le roient arriver (5 août 1794)* Le lendemain» qui ainsi à sa porte> en sont émer- Ait le dernier jour de ses hécâtomvdllés ; ils ne peuTent s'empêcher phonies 9 en yit périr encore cinq^ de lui denuader comment il a après lesquels œ tribunal cessa, pa descendre f et où il Ta. t Je ses fonctions. (V. M"^ BoaHEEKT Tais 9 répond -il, je Tais à unes et A*' Ghahcbixb.) noces; l'idée de la félicité à la^ BRAGELOGNE ( Haeib-Niquelle )e me Tois destiné 9 m'a cou) ^religieuse d'un couyent de rendu mes premières forces; elle Paris, aToit continué d'habiter m'a guéri radicalement , elle m'a cette Tille où elleétoit née* Retirée rajeuni : je n'ai plus besoin de per- dans sa famille, itie Saint-AToie , sonne ». Les amis qu'il aToit sur n* 5, elle y pratiqooitaTecédifica* la route Tenoient lui témoigner la tion ses dcToirs de chrétienne et de douleur Tiye et profonde qu'ils religieuse. Au mérite d'être conressei^ient de le Toir ainsi traîné sacrée à Dieu, elle réunissoit l'a^ à la mort; et ils s'en retoumoient Tantage d'être fiUe d'un honorable édifiés de la sérénité aTec laquelle conseiller du parlement de Paris. Boyer la Tojoit s'approcher. Dès G'étoit, au3E yeux des persécuqu'il fut anÎTé à Orange , on le mit teurs , deux torts dignes de la peine dans un cachot, sans aucune pré- capitale. Comme ils surent qu'elle caution, iansaucun égard pour son entendoit la messe en des réu-* âge et ses infirmités ( F. OmAiieB. ) nions secrètes de catholiques , ib Elles n'étoîent plus, au reste, pour la firent arrêter. Traduite ensuite lui,.que comme si eBes n'aToient au tribunal révéduiimièiaire , pas existé; tant éloit rire la soif le 9 floréal an II (98 aTril 17^)* qu'il&TOitdu martyre! Cette sainte elle y fut condamnée & la peine aedeiirttetardapasd'êtresatisfidte: de mort, comme « complice de bientôt il fut ^nené dcTant ces rassemblemens (qu'on qualificit) bourreaux de la commission po^ de comi^lots et de conspirations ;Milafrs,qu\mi^peloit des juges; tendans à opprimer le peuple», et il ne Titen eux que des bienf»- La scsur Bvagelogne aToit alors teafS)àortoutl^rsqu*iblecondam- 67 ans; eHe fut de suite conduite nèrent à la peine de mort. Boyer à l'échafand. entendit cette sentence barbare BRANDEL (Philippe), simple aTee la tésIgniAlon d'un saint ; et frère conTeiV^ de l'ordre des Ber*'
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nardlns, servoit dans leur maison, nombse^de eeiix qui -avoitat >Te^ de Freistret, au diocèse de' Metz, poussé, comme une cmiyre de. sous le nom de Frère PhiUppe^ ténèbfes, la canêiiituion civiie Le lieu de sa naissance fut le-TiUage du eiergé. Il crut pouyoir se dîs'd'Ottonyille , dans le môme dîo- penser de sortir de France , lors eèse; il y aroit yu le jour en 1723. de la. loi de déportation, et resta Dans son humble qualité de frère» paisible à Toulouse. On Ty arrêta conyerSjil ne pouyoit êtrerépré- en i^gS; et, le 14 floréal an II hensible aux yeux des réyolution- (5 mal 1 794)9 H ^ut traduit devant naires, pour n'ayoîr pas prêté le le tribunal criminel du départesserment de la C(m8tùuti4m dviie. ment de la HaMe - Garorme, du cierge; et, dans la condition à siégeant en cette yille. Les juges laquelle il se trouyoit réduit, de- le condanouièrent, comme «prêtrO' puis la suppression des ordres réfractaire», à la peine de mort; monastiques, n'étant même- rien- et, le lendemain, il §ut décapitée dans la hiérarchie du sanctuaire ,> BRAN£LLÉE (Jbar <^ Marie), il ne pouyoit faire ombrage aux prêtre du diocèse de Saint-Pol*deimpies, que parla Foi et la piété Léon, né à Guisseny en basse qui l'ay oient accomp^^né dans le Bretagne , étoit yicaire dans la monde. Ces yertus les ofTusquè- yille même de Saint-Pol*de-Léon. rent à tel point que, sans ayoir II refusa le serment de lacansti-^'. plus d'égards pour son grand âge tutian civile du ctevgé^ et resta que pour sapauyre condition, ils dans le diocèse pour les besoins l'arrêtèrent en 1795, et le jetèrent dés catholiques. Les persécuteurs dans les prisons de Metz. Leur rage l'arrêtèrent en 1 793 ; et le tribunal sacrilège n'étoit point encore as- révdutiannaipeôe Brest, auquel, souyie; ils firent enyoyer le bon il fut conduit (K. J.Abàsqub), le Frère Brcmdel à Rochefort , condamna .à la petnede mort, .pour y être compris dans la dé-- comme «pvêtre tréft^claire».!! portation maritime 'des prêtres- fut* décapité le jour même de son ditsi*^/Va<ïlaêr^(^.RoGHEFORT).. jugement,. le a8 germinal an II On l'embarqua sur le.nayire ie {i5 àyril 1794)- Son â^e. étoit ^iM^in^^any et les maux qu'on alors de 37 ans^ (F. B. Jago et yeprouyoitterminerentsa.yie.il A. .Clbch.)- t- • • r <
mourut dans le courant d'août BRARD (MABiif-Gi^Hnink-^ 1793 , à l'âge de- 7a ans , et fut. Gharmite) ^ Tune des seize rélienterré dans l'île* d'^so^* ( ^. J. gieusesCarmclitesdeCompiègne, BouTOUTE et P. N. Breton.)- qui, amenées prisonnière à Paris
BRANDOUIfi (Yictor), prêtre en juillet 1794» y furent immo^ du diocèse de Touloupci^ étoit du> lées^^asemble sur réohsfaudréyof
tutioAoalre^ fe 17 do mêfne mois»
étoît née à Brdué^ dans le ^ays Martrois^ diocèse de Chartres, en lliâi 1756. Elle entra le i5 juin 17569 comme postulante 9 dans la maison de l'ordre de Saînte^Thërèse, récemment établie à Cornptègne; prît Thabit le i5 août suivant 9 en recevant le nom de sœur Euphràsie / et j prononça ses vœux de religion le i5 août 1757. Lorsqn'en 17925 toutes les religieuses farént chassées de leurs cloîtres 9 la soBur Euphrdsie partagea les sentimens et les déterminations de ses Compagnes du même monastère. Le jour qu'oh les força d'en sortir se trouvant être le 14 septembre, fête de l'Exaltation de la Saintè-^Croîx'9 elles se dirent Tune à l'autre que sur chacune d'elles retorabott alors une portion de' la croix ' dû Sauveur, dont PEglîse célèbrolt le triomphe; et il fut convenu entre quatorte kl'ehtre elles 9 auxquelles se réunirent les deux tou^ rières9 qu'elle* continuereierit à suivre leur règle aussi ponctuel«»
-lementque les dirconstancespourroient le permettre. Comme elles ne pouvoient demeurer toutes ensemble dans la même maison 9 sans donner prétexte de di^e qu'elfes "étoieilt ^rebelles au décret qui %^voît dissous les communautés religieuses $ ^lës se divisèrent eu -quatre assoèiations particulières 9 qui dévoient conserver l'unité d'o- 'kéiâMôeeàfcur jTÎgU et àla uêiM
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Soi
'supérteurew Ce fut ainsi qu*eUes i^'établirent dans quatre maisons différentes 9 situées en divers quartiers de la ville de Compiègne.
Leur ferveur 9 loin de s'affoiblir par cette division matérielle qui les prîvoit cependant du concours des bons exemples de toutes à la fois^ sembla prendre un accroissement
''dans les tireonstances périlleuses où se trou voient f%î religion et la F*rance. Leur règle étoît observée
' en même temps dans ces quatie endroits séparés 9 iavec une exact!-
• tude et une ferveur égales et simul- 'tànées qui les tenoient toutesen une 'parfaite harmonie de sentimens et
d'actions de piété. Observant aussi ' leur loi du silence avec la même rigueur 9 elles fie sortoîent de leur demeure que lorsqu'elles ne pouvoient pas absolument s'en dis- '■penser. £n toutes choses 9- elles ne cessoient pas d'être 9 pour les habitans de Gompiègne 9 Jeomme elles l'avoiént éité dans leur cloître 9 un admirable sujet d'édification 9 et oomme un gage de la protection divine 9 à l'égard de cette ville. On les re- -g'ârdoit comme les dix justes qui -auroient sauvé Sodome9 s'ils s'y «fussent trouvés. Les démarches qu'elles étoîént obligées de Êiiie quelquefois dans la ville 9 étoient autant de bénédictions du Ciel qu'elles répandoient où elles pas-
• soient, au moyen des impressions •de vertu qu'on éproùvoît en les
voyant. Le démon 9 trop jalou^ du
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bi^ ^ui en résukoit^ et Bfi^rtovt irrité dd leur perséTcrance dans cette yîe religieuse et smote» par laquelle 0es précédeus stratagèmes étoieot déconcertés» ne pouTOÎt les épargner» lorsque , dans l'excès de ses fureurs, il fit vouer à la mort tout ee qu*il a*aToit pu séduire et corrompre. Au moment où ces saintes filles s'j atteadolent . le mtMns» vers le 18 juin 1794 9 le barbare et stupide comité, révolutiannaire de Compiègne, vint feire à la même heure» dans chacune de leurs quatre habitations»
une perquisition rigoureuse» et y saisit» avec leurs papiers» divers oli^ets qui servoient à leurs saints exercices. Le lendemain» elles fuient toutifô conduites en prison.
Le procès-^verbal de leur emprisonnement les accusa « de tenir des assemblées noctuirnes ; d'étse en correspondance avec cette trop fameuse sectaire Théos» qui se faisoit appeler-mèire de Dieu » » et dont nous avons ffuâé dans notre premier tome » page 240 et suivantes. On les accusoit encore il d'avoir recelé les manteaux de la couronne» . C'est ainsi qu'on appeloit des omemens dont elles revêtoient les figures des rois mages»
qui intervenoient dans les perf^onnages de la représentation de la crèdbe de Jésus-Christ» qu'elles faisoient dans leur cloître, au temps de Noël et de l'Epiphanie.
La municipalité de Compiègne »
paj^ un oMigeant subterfuge» et
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poiif leur franquilUté) leur avoit fait signer» à la fin de i^ga»
sans qu'elles s'en doutassent» une formule déguisée du serment de iiberté'égaliU, exigé par un décret du i\ août 179a» Lorsqu'étant emprisonnées» ellçs apprirent que» pour les délivrer, on faisoit valoir en leur faveur cette signature» comprenant alors ce qu'elles avoient autrefois signé sans. le savoir, elles se scandalisèrent de leur aveugle complaisance; et» désolées dépasser pour avoir fait ce seraient» e^es réso- Jurent sur-le-champ d'en envoyer une, rétractation formelle aux ofliciers municipaux. Pas personnes mondainement compatissantes a'eiforcèrenl de les en détourner» leur représentant que si les municipaax'acceptoient cette rétractation» ils^ ne pounroient s'abstenir de la rendre notoire»
et qu'elles ^croient » par ceb même » livrées à la naort. 0 Notue conscience, répondirent -* ^es »
est au-dessus de tout; et nous préférons mourir» plutôt que res^ ter coupables d'un tel serment « :
il en fallut recevoir le désaveii solennel. Dans leur prison » elles s'esfimoient heureuses d'avoir f^ reprendre en commun les exer«cices de leur règle» que prév cédemment elle^ ne pouvoiend faire que par compagnies séparëeSb Toutes» ayant alors 4 leur tête Ip supérieure, Thérit» de Sam$^ Augustin ( Fy 'LippiKi} ^ y^
tu
ifafàént ensemble à Tetercice de PoiHbon mentale 9 ohantoient leurs matines 9 disoient aux heures pre8(vîtes les autres parties de leur office 9 et récitoient leurs priè|»s accoutumées. €*étoit avec délices qu'elles se rappeloîent cette féTélation quMmmédîate-
-^ ment après la fondation de la ^ communauté de Compiègne^ au milieu du dix-huitième siècle 9 une religieuse ayoit eue en songe.
Cette rérélation faisoit qu'elles entrisageoient comme un Jour de fête celui où elles perdroient la vie pour la cause du diyin époux. La fervente religieuse aroit yu » près de cinquante ans aupararant , ses sœurs de Compîègne monter au del; tenant en main la palme du martyre ; et sa rision étoit consignée àm» les proeès-Terbaux de la fondation» conserrésencore maintenant chei les Carm^ites qui Tirent en communauté à Tersaâles.
Nous ne trouYons pas ^ dans les Aetesdes anciens Martyrs^ une pro' phétie aussi positlre^ ihiEe aussi long-temps d'àranee» et surtout qui ait été si ponctuellement àc-
h compile, les risions qu'ils eurent
ne leur furent accordées que lorsqu'ils étoient déjà dans lés tourmens, etpour les y soutenir^ telles que ceHes de saint Flayien » de saint Pîonius , et même de sainte Perpétue 9 dont saint Augustin parloit aTcc tant .de respect > les tenant pour yraiment diyînes. Il n'y a pas de raison qui empêche
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d'appliquer à la vision de l'une des fondatrices de la maison de nos religiejuses ce qu'il disoit des Tisrons de sainte Perpétue : « £0 entendant lire les exhortatîottu qu'elles renferment, et que la lu-^ mière céleste rend si frappantes d'une clarté divine , nous les honorons d^un culte religieux » :
Exhortatiane earum, in di* vinis retata reveiatianitms g triwmfhas jmssionum tnenta sfectavimus, retigione horuH ravimus (Serm. I**, In natati SS. PerpettMB et FcHciiatis).
Nos Carmélites aroient aussi dans la révélation qui les concernoit»
un présage de leurs propres triomphes au milieu des supplices. Cette pensée soutenoît leur courage et enflammoit leurs espérances. Elles étoient dans la même disposition d'âme que le saint Martyr Schiaduste de Séleucie, après qu'il eut vu en songe on magnifique escalier qui alïoit de la terre au ciel, et au sommet duquel étoit plein de gloire son saint évêque Siméon de Bar- Saboë, lui disant : « Courage, montez donc sans rien craindre :
c'est votre tour d'arriver où je suis » : Mdete, Schiadustes, agedum Aue eonscendito... Tu hoéiè hune in tocutn es subi* tutus. (Asseman,parsl*,p. 88:
Martyrium S. Schiadttstis et sociorum, ) Après deux semaines de séjour dans les prisons de Compiègne» et rers la fin de juin ^
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nos religieuses enr furent enle-* Tées pour être jugées par le tribunal révolutionnaire de PariSi On les fit monter sur des charrettes en les y liant comme des malfaiteurs : ce qui révolta les ^abitans de Compiègne. Ceux même d'entre eux qui étoient des plus ardens réyelutionnaires, ne ponvoîent s*empêcher de dire , en les voyant aller si évidemment à la mort : a C'est dommage de faire mourir des femmes comme celleslu » . Déjà les chars sont en marche.
Elles n'ont pour auberges » sur la i:oute 9 que des prisons encombrées de détenus. A Paris > il n'y a de place pour elles que dans celle de la Conciergerie:, où elles vont se trouver de suite sous la main du tribunal révùlutionrudre* ÇâiB le peu de temps qui s'écoula avant qu'elles y fussent appelées , elles continuèrent les exercices de Leyr règle ainsi que dans la prison de Compiègne. Enfin ^lles comparurent devant lui 9 le 17 juillet, c'est-à-dire le lendemain de l'une des grandes fêtesde leur ordre, celle de Notre-Dame du Mont- Carfneif Le président fit lire leur acte d'accusation , dans lequel il étoît dit, « 1°. qu'elles avoient caché d(ins leur monastère, des armes pour les émigrés; 2\ qu'elles mettoient au Saint-Sacrement ^ lorsqu'elles le faisoient exposer les jours de fête, un pavillon qui avoit la forme d'un manteau royal ; 5*." qu'elle^ avoient des correspon-
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dances avec les émigrés, et qu'elles leur faisoient passer de l'argent »« La supérieure répondit avee,autant de fermeté que de sagesse, aU' nom de ses sœurs , à de si ridicules inculpations. L'on trouvera ses réponses à l'article Lidoins. Le président, sans aucune réplique sur aucun point, ordonna qu'on lût à ces seize héroïnes de la Fot leur arrêt de mort, qui sembloit avoir été rédigé d'avance, et par lequel elles étx»ient condamnées à la peine capitale comme « convaincues de s'être déclarée les ennemies du peuple, et.dWoir conspiré contie sa souveraineté y en entretenant des iatelligenceg^ avec les ennemis de la république ; en conspirant dans l'intérieur de la France; en formoiit-des concl»
liaboles et rassemblemetits contrerévolutionnaires ; en conservant des écrite iiéertiddeê (c'est-èdire religieux ou monarchiques) » .
Aucune de ces religieuses ne parut émue ni surprime à la l^oHii?e.
de cette Sipntenee; et même on remarquoit sur leur visage un air de sérénité et de paix, qui manifestoit de la manière la plus ravissante l'innocence et la vertu deces vietimes de l'impiété. Les.
bourreaux les firent enfin monter, sur les charrettes destinées à les transporter à la bairière du Trône où elles dévoient périr (iT.
ci-devant p^ig. 217, col. a); et elles se mirant à réciter ensemble les prières des agonisaos. Fendant
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le trajetVellescliaQtèrentleiStilMf Regina, et le Te Deum laudes mus. La foule immenae qui sut* Yoit le coDToi) et les gens arrêtés dans les rues pour le voir passer ^ gardoient un morne silence « quoique Tusage fût d'accompagner les condamnés du même tribunal arec des cris baii>ares et de brutales insultes. Onremarquoit) non sans quelque charme » qu'elles étoient toutes Têtues en blanc» et que ce yêtement» analo|;ue à leur candeur^ deTenoitPimage sensible de la pureté de leur fime. Quand elles Âirent arrivées au pied de Vér chafiiud, elfes entonnèrent le Fenif eruUor Sfdriiuê; et Tes bourreaux n'eurent pas le courage de leur empêcher de l'àcheyer»
tant leur vertu commandoit le respect ! Elles répétèrent ensuite toutes ensemble 9 à Toix haute ^ leurs rœuz de religion» teb que»
lors de leur profession, elles les avoient prononcés. Une d'elles ajouta d'une Toix pénétrante : «Je serois trop heureuse » ô, mon Dieu^ si ce léger sacrifice que je fais de ma Tie, pouToit apaiser votre colère»
et faire diminuer le nombre des Tictimes »l Enfin» comme s'il ne leur restôit plus rien à faire sur la terre » elles s'avancèrent l'une après l'autre vers l'instrument de mort » en passant devant leur su*" périeure» qui avoit demandé et obtenu comme une grâce de n'être immolée que la dernière » afin de |»ouvoir soutenir le courage de
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toutes ses compagnes» et les pré^ Senter elle-même au suprême distributeur des couronnes. On cro joit voir en elle ce saint Martyr cénobite de Perse» le vénérable Barsabias qui» en 43 1 » * étant allé avec dixdesesdisciples au supplice»
en louant Dieu par des hynmes et des psaumes» non seulement les encourageoit à la mort» mais encore» prenant chacun d'eux par la main quand son tour de périr étoit venu» le présentoit au bourreau qui deroit le délivrer de la vie » . Ad suppUcU 4oeùm rtvpUs inUreireumfusampopiUinmi' H$iudin^ni,inieriictorumma* nus, hymnis U psalmis Deutn jugiier coUaudaéani..,.^ Suos»
que atumnas (Barsa/biM) non modo ad necem sulcendehat; $€d, ui Risque ad suppUdun^ destinaéatur , 4psum m>anu adprehensum eamifici^usju'guiandum tradoêat (Asseman»
Jda MartffT. orient. » pars i »
pag. 94). Ainsi périt le 17 juillet 1794» Marie*Gatherine-Gharlotte Brard» recevant» iivec ses quinze compagnes» la palme du martyre^ à l'âge de 58 ans {F. Bmdeav»
CainsK» Gaonr» Duvova, Ha-
KISSBT» LlDOIKB^ MbUNIBX» Pi^ DEGOVaT, PSLLXaAT, RoVSSBI.» L.
SoiaoH» Th. Soiaoïff» Thoubat»
Tbbsbilb et Vbzotat). Si des trois, religieuses de la même communauté de Gompiègne qui, ne se trouvant point avec leurs sœurs quiuid cellesrci furent aErfy^^
BHA
<mt échappé à leur sort» MT^ir : là Swwr Soini'SiamHas ^ la Seau»
Thérèie^éù-Msm s et la Sam de VltnnuwuUô Cimceptian, il est encore quelqu'one de yiyante^ elle attestera la yérhé de ce que nous ayons dit et de ce que nous dirons encore ailleurs de leurs mttÊTê Martyres.
BAASGHI (Jbav-Ahcb), Sou^ Tcrain Pontife. (T. Pus VL)
BRASSAG (ÀLEXÂNDaE Feuibi wft) 9 prêtre du diocèse de Pamiers»
docteur de Sorbonne» yicaire* général , et officiai de ce diocèse, ayoit été élu, à runanimité, doyen du chapitre de Notre-Dame»
du* Camp. Il prouya , par son sa* yoir etsaconduite, qu'il étoitdi|pie de toutes ces dignités. Un cœur excellent, des mœurs douces, une affabilité constante, le rendoient cher à tous ceux qui ayoient le bonheur de le connoitre. Au mi-r lieu des trayaux auxquels ses différentes charges TobligeOient, il trouyoit chaque jour assez de temps pour entendre les confes^ sions et yisiter les malades. II animoit, par son exemple, les autres chanoines de son église, à remplir les mêmes fonctions; et tous à i'enyi, exerçant ayec zèle le saint nainistère, riyalisoient le respectable doyen, sans pou- Toir néanmoins l'éclipser. Tant de yertus lui attirèrent des persécutions. Il fut emprisonné en 1793^ comme non * assermenté , ayeo bi^piQoup d'autres. prêires restés
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également fidèles à l'Eglise catho* liqqe; et, dans sa captiyité, non seulement il les consoloit, mais encore, malgré la yigilance de ses gardes, il trouyoit le moyen d'exercer son ministère à l'égard , non seulement des autres prisonniers , mais encore des personnes du dehors. Dans le courant dé 1795, il recouyra sa liberté, et reyint dans sa famille, en une paroisse où se trouyoit un intrus qui lui suscita de yîolentes tracasseries. Les menaces qui lui furent faites, les désagrémens qu'il essuyoit à chaque instant, et, plus que tout cela , le chagrin que lui causoit l'ayilissement de la religion, comme encore les germes mortels qu'il ayoit rapportés de sa captiyité , lui occasionnèrent une maladie des plus cruelles. Il en endura les yiyes souffrances ayec toute la patience, tout le courage d'un confesseur de la Foi car tholîque j>our laquelle il désîroit mourir. Son yœu fut exaucé. Il quitta la terre comme un saint que le Ciel réclame. Tout ce que nous yenons de dire est extrait d'une lettre imprimée de M. Font, curé , constamment et inyariablement catholique, adressée de Pamiers»
le 1*' mai 1804 , à l'éyêque cana* titutùmnei nouyeHement placé sur le siège de Toulouse , enyertu du concordat de 1801. Si l'on nous demandoit de justifier l'inscription du nom de Brassac parmi ceux de nos Illartyra, oo«s ren-
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Terrionà &ut pages 58 et 5$ dé notre Discotis préliminaire.
BRAYÂRD (jY...)> prêtre de la congrégation de Saint-^Sulpice^ né dans PÂuTergne 9 en 1714» ^t- Tun des directeurs du séminaire de ^aint- Charles 9 à Avignon $ aroit fui de cette Tille, lors des troubles qui y eurent lieu 9 en 1791 {V, Atighon); et il s'éloit réibgié près du curé de la paroisse de Nares, dans le diocèse d*Usez, non loin de la petite Tille appelée Les Vans. Comme cette contrée , dont les habitans étoient en général de bons et pieux catholiques , offroit plus de tranquillité que beaucoup d^autres aux prêtres persécutés alors pour leur refus du serment schismatique , i) en Tint plusieurs 9 tant d'Uzez et de Nismes que d^ATÎgnon, chercher un refuge dans le canton de NaTes.
Là 9 paisibles et résignés , ils remplissoient aTec édification les de-^ toirs dé leur état • et s'attiroient les bénédictions comme la Ténération des habitans 9 lorsque 9 dans l'été de 179a, quelques royalistes ar- Sens formèrent 9 en faTeur de la Inonarchîe, cette tentatÎTe que l'histoire de la réTolution nomme « le complot du Ciimp de Jatèsn .
Ce fut un prétexte suffisant aux impies de se déchaîner contre les prêtres non-assermentés , en le$ supposant impliqués dans ce cornpiot (F. PRAD05]. Informés qu'il y en aToit plusieurs réfugiés dans h paroisse de Nares, ils y cou-«