ARA
furent pour s'emparer dé leurs personnes : à l'heure où ils arritèrent, le luncH 9 juillet, ces prd* très étoient occupés , dans l'église, à célébrer les saints mystères. Ne lés trouTant pas dans les maisons qu'on leur aTOtt indiquées ; et, apprenant où ils étoient, ils Tiennent assiéger l'église et lé presbytère.
Le curé du lieu , 1^ ieillard de 80 ans, est d'abord arrêté; mais un des officiers de la troupe parTÎent à le faire éTader. Tous les autres, au nombre de huit, tombent bientôt entre les mains des furieux. Pendant six jours, ils restent enfermés dans la maison - commune - de NaTes. Le proclireur - générât*' syndic du département de VAr^ dèche y surTîent pour informer contre eux. Ne trouTant aucune charge, il repart, mais en disant :
« Il faut des Tictimes ; le peuple est juste, même dans ses fureurs» ; et leè prêtres captifs sont conduits aux Yans. Dans la Voûte , on les accable de mauyais tràitemens et d'injures. Ils sont déposés dans la prison de cette Tille , où ils restent dépourTus des choses les plus nécessaires & leur subsistance. Le jour de leur sacrifice est prochain:
c'étoit le tameux 14 juillet que les assassins aToient choisi, comme étant l'anhiTersaire de la première des grandes crises de la réTolution.
Vers une heure de l'après-midi de* ce jour, BraTard, aperceTant de la priéon ces furieux qui aiguisoient leurs sabres sur une fenêtr»^ et
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crioîent : t La tête àt^êaHoHnê ya tomber» 9 arertit ms confrères de la proximité de leur mort. Ils reçoirent sans trouble cette ter-rible annonce» à laquelle ils étoient préparés 9 se confessent les uns aux autres 9 et attendent avec courage l^ur dernière heure. Bientôt les portes de la prison sont forcées ; on les traîne trois à trois à la municipalité. Brayard est» ayec Clemenceau et Lejeune, dans le premier groupe; on leur y dit d*opter entre la prestation du seraient schismatique et la mort.
Brayard répond, au nom de tous :
« que la crainte de la mort ne leur fera point trahir leur consciende ; qu'ils seront toujours fidèles à leur Dieu 9 à leur religion, à leur roi et à leur patrie ; que, par rapport à ces deux derniers objets, ils feront, tant qu'on youdra, le serment de fidélité; mais que jamais ils n'en prêteront d'autre ». A l'instant les assassins fondent sur eux, et les traînent sur la. place publique,^ appelée ta Grave, Brayard n'ayoit pas cessé de tenir son bréyiaire ; et il le récitoit encore en allant à la mort. Les impies se donnent le barbare plaisir de le lui foire tomber des mains ; et il le ramasse paisiblement , leur disant ayec douceur : « Laissezmoi m'exhorter moi - même à mourir, puisque je n'ai personne qui m'y exhorte » . Ayant d'immoler ces prêtres , les scélérats , se tenant par la mab , dansèrent en
rond autour d'eux; ensuite , commençant par Brayard, ils le frappèrent à coups de sabres, éyitant en quelque sorte de le faire mourir de suite; et il leur disoit, avec un céleste contentement : « Faitesmoi bien souffrir». Déconcertés par tant de patience, ils lui annoncent enfin qu'ils yont lui porter le coup de la mort, a Quand yous youdrez», répond-il ayec résignation. Les huit autres prêtres furent ensuite tués de même à coups de sabres ( V, Bonijols , Clémehçbav, DaoME, Favbe, Lejeune, Monta- GiiON, NADix, et Noyy). Les différentes relations que nous ayons eues sur leur mort, s'accordent à dire que tous montrèrent une fermeté héroïque, une généreuse résignation, et n^ême une sainte joie, dans le supplice qu'on leur fit subir ; , mais elles remarquent qde Brayard étonna davantage les assistans, sous ces admirables rapports, et qu'un des assassins, qui étoit calviniste, ne put s'empêcher d'avouer qu'il avoit reconnu dans ce vieillard quelque chose d'extraordinaire et d^ surnaturel. Il avoit environ 79 ans quand il périt; et les écrivains révolutionnaires, sans être embarrassés parles invrabemblances, n'en prétendirent pas moins, afin de justifier ces massacres, « que Bravard et les huit autres prêtres étoient du nombre des conspira-* teurs du campideJaUê, et qu'on ne les saisit à Nave», que parce^
qu'on avoil trouvé des cartouche»
thèz eux 9 et jusque dans le doeber dé cette paroisse » ( Histaire des tJrimesde ia Révotutioriy p. 56 du tom. lY ). ^administration du département' de VJrdèche, animée du même esprit que ces écrivains 9 ne fut pas plus véridique dans le "rapport qu'elle énvoyà^ à l'Assemblée Nationale- Législative, sur cette affaire. Ce rapport a^rmoit calomnieusement que « les prêtres retirés à Yïavesemployoienttousles moyens }>ossibles pour détourner les citoyens de s'attacber à la constitution décrétée et sanctionnée en 1791 *. Mais les prétextes politiques dont s'étoient servis les ennemis de Jésus-Cbrist, pour mettre è mort les chrétiens , dans les premiers siècles de TEglise, n'empêchèrent famais qu'elle ne plaçât les iloms de ces confesseurs de la Foi parmi ceux des Martyrs. {V.
BiSTIBB, et BOVIJOL.)
BREHEREG ( Pie&bjb - F&avçois), curé dans le diocèse d'Angers, s'étoit retiré en Angleterre, lorsque la loi de déportation l'eut banni de France, comme prêtre insermenté. Il soupipoit après le moment' où il pourroit revenir, )[>our les besoins de l'Eglise, et fut des premiers à s'offrir au généreux évéque de Dol, pour l'accompagner dans un semblable dessein {V. V. R. He&cI, YbvdAb, et Viimcs ). Débarqué avec lui et *plasteui;s confrères' à^QuIberon^
BRE 309
en jttillet 1 f 95, il vit douloareuse-( meçi^ viE^ebouer les v«eux de son feèle ; mais il trouva leur glorieuse récompense dans le martyre , qa'il subit le 3o du même mois, avec ee vénérable prélat. ( V, N. BoviiAnn, et F. D. GASTiir.)
BREISSE (Glavbe), cuvé dan* ie diocèse de Mende, n'avoit point &it le serment de 1791^ et n'étoit pas sorti de France à la (inde 1 79a.
Il vivoit caché à Grailouse, près Langogne, d'où il alloit rendre des services spirituels aux catholiques de la province. Il fut découvert par les agens de la persécution 9 au commencement de 1 794; et ils le menèrent dans les prisons de la ville de Privas, où siégeoit le tribunal criniinel du département duVArdèehe. Traduit devant lui 9 le S7 messidor an II (i5 juillet 1794), le curé Breisse fut con« damné , oomœe « prêtre réfrac»
taire », à la peine de mort; et It sentence s'exécuta le lendemain* BRELUGQUE (Jbav-Bàptvsti)»
curé dans le diocèse de Besançon»
n'avoit pas fait le sermeibt de hi eangHtutùm dviie du etergé, et ne s'étoit point soumis à la bar* bare loi de la déportation. De Ghangey, près de Gray et Ghamplitte, où 0 vivoit caché » il alloit rendre son ministère utile aux catholiques du canton* On le découvrit, et on l'arrêta* Le tribu* nàl criminel du département de la HwaU'Sa&ne , auquel il fut livré , et qui 8ié|peoit à Yesonl, fe eonh
9io
BlUÉ
da,mna9 comme « prâtre réfrac* tair«»> à la peine de m^it, le 16 mai 1795; et la sentenoe fut exécutée le lendemain. (F. Goa--
RIBBBT. )
BRÉMONT (Autoine) , né à La Valette, au diocèse de Tulles^ yers 1 746 , étoit 9 à répoque de la révolution 9 curé de Sure j, d«i8 le dio^ cèse de Bourges. Il ne fit aucun des sermens anti'^religieux près* crits en 179 1 et 179A. Quoiqu'il ne sortît point de France ensuite 9 il obtint grftce desaçens de la pei^ sécution en 1793 et 1794 9 ^ foison d^une grave incommodité qui excusoît sa permanence en la yiUe de Bourges où il résidott.* C'étoit au genou une loupe monstrueuse qui Tempêchoilde marclier facilement. A jant traversé avec ce don»loureuxsauf-conduitlestempsdela persécution qu*on. regarde comme les plus affreux , il secroyait tout- À-foit en sûreté pendant les années 1795, 1 796 et 1 797, oà le gouTerne* ment 9 toujours entre les mains des ^rans de la même faction athèiste 9 sembloit adopter un système de tolérance pour rendre plus croyable ^'imputation qu'elle faisait de ses propres forfaits à Roberspierre, «p^ès l'aToir abattu. Ces tyrans veyiorent à leurs [àoèédés persécuteurs au 18 frtieUàor (4 septembre 1797) : une loi' cruelle de déportatioB à la Guiane fut rendue le lendemain ( V, GciÀirv) ; et les agens des chef» de la persécution Tinrent arrêter le curé Brtmont
qui) dans Tinter vaile 9 avoit exercé son ministère pastoral avec tout le xèle que son infirmité lui permetstoit de déployer. Ils le firent trans^ porter à Rochefort^ où il fut em<^ barque sur là frégate ta Charente^ le 1^ mars 1798, et ensuite le 2 5 ayriU sur la frégate la Décade ^ <pii devoit le jeter sur les côtes de Cayenne. Pendant cette douloureuse traversée 9 qui dura près de trois mois, la loupe du curé Brémont devint grosse comme sa tété* Un des déportés lui ayant demandé pourquoi il ne s'étoit pas fait exr lirper cetteexcroissance en France, où il auroit trouvé des opérateurs plus habiles qu'il ne pouvoit y en avoir à Cayenne, ce curé répondit assez gaiement : « Je n'avois giirde de songer à me faire délivrer de cette loupe ; elle m'avoit «auvé la vie en 1 795 et 1794 : . on eut alors pitié de moi ; et comme ensuite j'avois lieu de croire que les prêtres seroiënt encore persécutés , je conservai ma loupe comme 4in préservatif; mais on e$t aujourd'hui plus cruel envers nous qu'on ne l'étoit à cette époque; «ar vous voyez que ma loupe ne m'a pas garanti de la déportation » :
il eût pu dire de la mort é Cayenne.
Il y débarquoit vers le milieu de juin ; et on le déposa dans Tbospice de cette yille. La loupe lui fut^tirpée assez heureusement; et 9 après qndque^empe il parut guéri.
Il obtint d'être placé diez un colon nommé Poulain, père, qui avoit
BRE BRF Su
son habitatioivaux cataractes de la Urres de son magasin 9 une reTue
rÎTière d'Oyapok. Industrieux et séTère ponr en retirer ceux qui
spirituel 9 le curéBrémont trouToit pouvoient j rester, enooie contre
d'ailleurs 9 dans sa piété et sa rési* la religion ou les bonnes mœurs , et
gnation, autant de moyens qu'on de les brûler». Sa femme, obéis*^
pouToit en avoir pour supporter >ant de grand cœur à d'aussi saintes
les peines d'un aus»i barbare exîK Tolontés,en lÎTraauxflammespour
Cependant les fléaux du climat le la valeur de dix oûUe franes ; et
minoîent sourflement ; et le cha- François Bret mourut avec k paix
grin, fruit d'une décomposition d'un généreu)t chrétien , satisfait
interûe plus que des causes mor- 4e sacrifier tout 9 et jusqu'à sa vie»
raies auxquelles la religion appor«- pour la cause de la religion*
toit un remède efficace , le détruis B AÉT AULT ( Pibiue ) 5 curé de
«oit chaque jour de plus en plus : la Pouère» dans le diocèse d'Àn»-
il mourut en novembre 17989 âgé gers^ et né à Alençon en> 174^9
de Sa ans. Les compagnons de sa ne fit aucun deeeoapableasennene
déportation nous ont particulière- àe la révolution 9 et parvint à se
ment attesté que «Brémont, plein soustraire aux terriblea persécur
de douceur et de bontéf supporta tions de i^gS et >r794«- Dans les
• ses maux avec une patience ange- trois annéesr tfati saivirent^ «royant
lique; et que toute sa conduite -que l'E^^îse avoit recouvré un^ieu
étoit celle d'un saiqt». {V, J. F. de véritable paix» il donna plus
B0VI6B01S9 et P. BairAui/r.) 4'essor à son ministère.. Cétoitan
• BK£T (FxANçois), libraire à pasteur digne deapçemlers siècles
Lyon 9 et né à Grenoble en 1 74^9 de l'Eglise^ et 80n*zèle comme ses
futcondamné, comme /ima<Î9l|^9 .vertus« notamment «ai^hmté^ ne
c'est*4-dire comme homme reli- l'abandoiinèrent^amaîs^ pas même
gieax9 par la commission réww^ quand les exécuteurs de la cmelle
iuiionnaire de I^on {V. Ltoh)9 loi du 19 fraetiéer an Y { 5 sep-
le a3 frimaire an II ( i3 décembre tembre 1797)980 lurent .emparés
' 1793)» On peut juger du zèle de de sa peréonne» à la- fin de cette
ce pieux laie pour la Foi 9 par la année 9 pour le faire dépofter à la
lettre que la veille de sa mort, il Gviane ( V. GvIakb )• Il fijt con-f
écrivit à sa femme. Dans cette àmX à &ochefort9 où le Ad mars
lettre touchante, où il lui faisoit 17989 on Fembavqua sur la M-
ses derniers adieux9 ne se bornant gâte la. CharmUe; et le aS avril
point à la consoler de sa perte par il passa sur la frégate ta Décade,
l'espérance de se- retrouver en- qui le déposa dans le port de
semble dans le sein de la Divinité 9 Gayenne au milieu de juin suivant,
fllttiordonnoit «de fiiiie^panniles De là> iV6ii aussitôt relégué dans
Sia
BBE
le désert de KoDanam*» où , étant bientôt atteint d'une maladie pu-, tride ^ il fut transporté à la cabane qu'on appeloit hâpitai. Gomme on sayoit qu'ilne lui restoit pour toute fortune que 5 fr. 9 aucun des iofirmiers ne faisoit attention à loi; et depuis- trois fours il étoit déToré dkine iièTre brûlante : la yois lui manquoit ; et il feisoit signe de la main à tous ceux qui pas* soient,' de Tenir étancher sa soi^ On militaive, sensible à ce geste dont il. comprend la significationy ▼a partout cbeidier de Teau ; et il i^en treuTeque de très^malpropre chez lé gardei-magorià 9 dans un grand bassin où l'on avoit laré de la yaisselle. €e:bas8În est apporté au moribondquilesaiéitàdeiizmàinSf boit deux ou trois gorgée^, et s'ècvie : <Ab i mon Dieu, que cela me soulagttl'^neus'me feites re^ ¥i?re » .' UvepfBiid le Tase, aspin^ ayidement'éé *<pii j reste; et, se seatant étouter par cette eau :
c An moins, dit-il, fai encore yéoD,*. jn^is««. Àk I mon Dieu »• Il retomibe dan»- 400 hamac , et expire, à Ttge de 56 ans, le 4dû»
yembre 1 798. ( V* A. BaiiioiiT, et F. J. BaotY.)
BBETEUIL ( AxuE-FiAMçois- 'ViOToa Le ToxirxLiBa dx) , é? èque de Montauban depuis 1763, après aToir été sucçessirement yicairegénéraldeSoissonsetdeNarbonne, étoit né A Paris, en 1726. Suirant ce qu'il a confessé lui-même publiquemept dansiSOft 4axmen jours^
BBE
laconduite de ce pasteur du premier ordre n'auroit pas été absolument irréprochable; mais c'est la Foi que Dieu considère dans ceux qui meurent pour elle. Les aumônes prodigieuses que réyê* que de Montauban aroit faites, pendant tout le cours de son épiscopat, pouYoient elles seules lui ayoir mérité la grftce de la conduite héroîqueoâent éyàngélique par la« <pielle il se distingua dans la rérolution. Il fiitd'abordle seul député ecclésiastique des pays etjugeriêê de BiTierres-Verdun, Gaure, Léonac et Marestaing, en bas Armagnac, aux Etats^Générauxde 178g ; et lorsque ces Etats» après s'être transformés en Assemblée Natio^ nale, portèrent de si grayes atteintes à la religion , CfB prélat, s'af« iermissant de plus en plus dans l'amour de sesdeyoirs , mérita l'anîmadyersipn des impies réformateurs. Le serment de la amaitltciian civile du dergé fut refusé par lui ayec beaucoup de fermeté dans la mémoiable séance du 4 janyier 1791. il signa' aussi la célèbre EoBpoiiiiùndeê fnineipeâf ête» ; et son lèle pour la cause de l'Eglise alla toujours en s^augmentant. Quand l'Assemblée Gonstîtuante lut dissoute, le prélat se retira en Normandie ; et, déjà figé de 66 ans lorsque fut rendu le décret 4I9 déportation, il ne sortit pas de France, espérant se soustraire par une retraite séyère à la peine de réclusion que cette loi