‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 110 sur 222 · BR · texte numérisé non relu

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mort laissa ses compagnons d'infortune et le geôlier même pénétrés de respect et d'admiration. Nul doute 9 d'après le témoignage de saint C jprien ^ que ce prélat ne dot?e être mis au rang de nos Uar* tyrs 9 à coté des six autres £yêques de TËglise gallicane qui » pendant la. même persécution , furent immolés pour la cause de la Foi ( V* CastsiiiAiie, Dvlau^ HEftCJ&yRo*

i;BEF0UCAUU»-BÀY£KS5 EoGREFOV-

jcaiî!.!!, et $AiiiauGopET). JLes cha*rîtableft Dutetirtre et SqIo» avec Hervieux, fifrentmises en liberté»

^ar i|n jugement du a5 veodér miaire-aa III (|6 aotobre 1794)- BRETON (P»uiE-Nic<u.As), pfêtfe , religieux de Tordre des €a- «pucinsji en leur maison deHuuen, «t né dans ee^tt^ vUle en. i^SQ, jooDtînua d'habiter la Normanëia, après la suppression des ordres m<»nastiques. Bon prêtre, exeelleat religieux, s^ivant que nous TaV testent quelques uns de ses coor frères 9 et, entre autres» le pèse .Chalembert, desservant actuel de la cure de Yaucresson , prés Ver^ sailles» il n^adfaéra en auenne manière au schisme constitution^ iiel, et crut que » n'ayant point été fonctionnaire pidsliCf il pourroit, sans même prêter le serinent de UberH^égaiUi prescrit en aoûX 1792 9 se dispenser avec sûreté de sortir de France. Sa bonf^e foi l'induisit en erreur. Il fut arrêté en 1793) pour cela seul qu'il étoit prêtre , attaché é son étai et à la

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Foi catholique. I^s antoritcs qui régissoient le départeoient de la Seine^Inférieure^ condamnèrent Je P, Breton à être déporté à la Guiane. On l'envoya, pour cet effet» avec beaucoup d'autres 9 à Rochefort,. pour y être embarqué. Il Je fut sur le navire ie$ Deux J^soùiù {V* Rochbfoht); et, apréis bien des souffrances inouïes, il expira le 27 août 1 794 » é r%e de 58 ans. Ses confrères l'inhumèrent dans rUe Madame ( V. P.

BlAHDEL et... J. F. BlBVli.)

BREUIL (J9À9-fFxANçois de hk UoEBUB Bv)» prêtre et chaooinie jje la coUégiale de Saint- Yrieii: de la Per^^ , dans le* diocèse de lÀr- Dioges, né dans la ville même de Saint-Yriei^, très-prodie pasent jAe l'eac-^Clunbte du même noip {F. BuE»s) > et neveu du doyen du même chapitre (F. Puteboon), repoussa comme une énorme atteinte À la dQCtrino et à l'onité de l'ËgHie 4iaiholique 9 !& eQnkiUnhtianciviiéduciergé- Mais, étant .d'une santé fbit>le et qoême spuf- £rante , il ne put se décider à sortir de Franee^ lors de la loi 4*eBpulsio| rendue le !»Ç août 1 79a, et crut sq procurer le droit d*y rest^ an prêtant le sermfflt de iié^té- 'égatiUy^TtSGtità'Cfitte époque par des législateurs qui avoient déjà donné tant de preuvee tl'une impiété sanguinaire. Le chanoine Pu Breuil «e tarda pas à s'en repentir ; il rétracta bientôt ce ser- Boient avec une notoriété qui irrita

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le!» agens des principaux perscca- là môme à la peine de mort comme

teurs dans- le département de la «r prêtre réfractaîre » . La sentence

Haute- Fienne où se trouyoit s'exécitrta le lendemain. (F. J. B.

Saint- Yrieix 9 lieu de son domi- Abeilloh. )

cîle. Quoiqu'il fftt valétudinaire, BREUYART (IV...), prêtre,

ils le firent arrêter, et se conten- vicaire de la paroisse de Saint-Jac-

térent d*abord, à raison de son ques, en layîlle de Yalenciennes,

état d'infirmité, de le mettre sim- né à Arras, en 1760, avoitla Foi

plement en réclusion à Limoges, trop piire et trop rive pour fkire

Mais bientôt ils voulurent se dé- le serment exigé par les novateurs

barrasser de lui; et ils renvoyèrent de 1791. En bntte dès lors & la

à Rocbefort pour y être compris pefsécution,il se vit obligé de sor"-

dans la déportation maritime des tir de France, lors de la loi de dé«

prêtres non -assermentés ( f^. Ro^ portatîon rendue le 36 août 1792.

ghefobt). Du Breuil fut embarqué Son zèle le ramena à Yaleneiennes^

sur le navire les De/ux jiêMeiés; quand les Autrichiens eurent soiia-

61 les tortures qu'il y éprouva sur- trait jcette vHle aux fureurs im«-

passèrent en lui les forces de la pies de la Convention lé 1*^ août

nature. Il succomba le 3i juillet 1793 (K. YAumaBSiriss ); Lorsi-

1794^ à l*âge de 41 ans. La notice qu'ils funent forcés àè l'évacuer le

annexée à la reto^ton de M^ Gré^ t** septembre 17949 ^ vicaire

goire de la Biche, porte que cet ■Breuvart,tropconfiantdan8lelàti^

ecclésiastique mourut « dans les gdge hypocrite de modération et

sentimens d'une parfaite résigna- d'humanité dont retentissoit la

tion chrétienne». Ses confrères Convention, rï'évita point asse^

l'enterrèrent' dans l*!lè é^Jix, 4es perquisitions des proconsuls,

(F. P. N. Bkètoh, et P. B&u.) ^s le firent arrêter, et le livrèrent

* FREUIL ( Je AK ) , prêtre du à une commission mitiiaire. Elle

diocèse de Clermont en Auvergne, étoit chargée de condamner les

et vicaire d'Alègre, près le Puy, prêtres et les Religieuses, sous le

y étoit resté , sans sortir de Ffance , prétexte de leur simple passage à

malgré la loi de déportation , quoi- Mons. Breuvart, traduit devant

qu'elle l'y obligeât comme prêti^ les juges avec cinq autres ministres

'insermenté. Il fut bientôt saisi par du Seigneur ( F, Legéap, Haunb-

les agens de la persécution, et QvÀVT,Baisso5, P&BvxetRicKEt),

traduit le 1*' nivôse an II (31 dé- lé 6 brumaire an III (37 octobre

cembre 1795 ) , devant le tribunal 1794) 9 *roîs mois et deux jours

criminel du (lépartement de la après là chute de Roberspierre>

Havte-Lûire, siégeant aii Puy. vît, comme eut, que son sort

Les juges te condamnèrent ce jour- aHoit dépendre de Tateu de se

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9ortie de France. IPn^en rendit pas motos témoignage à la vérité ; et aussitôt il fut condamné avec le^ autres .à la peine de mort 9 comme « émigré-rentré » ( V. Aughih). Le lendemain y il marcka au supplice de même que ces cinq confrères 9 en bénissant. Dieu de ce qu'il l'ayoit trouvé digne de mourir pour ta sainte loi. {F, H. Bovala» et Beisson.)

BBIANÇON (iV...}9estrundes prêtres que le conventionnel Car* rier, proconspl à Nantes 9 fit périr dans sa première naj^ade, au commencement de novembre 1795» ou dans la seconde 9 le 9 décembre {F. NAifTBs]. Tou») ou presque tous 9 étoient des vieillards qui ne se trouvoient condamnés qu'A la réclusion ,par la loi du a6 août 1 793 9 c^ qu'on avoit l'air de .vouloir déporter sur les côtes d'Afrique. Beaucoup étoient venus des départemens voisins de Nantes 9 et surtout de ceux de la Vendée. I^ous n'avons pu découvrir le nom de tous» À raison de la précipitation de ces exécutions» et du soin que les proconsuls ont eu de détruire la trace écrite de cesforfaits. Briançon» Gamier» Lacombe» Leroj»

et quelques autres dpnt nous parlerons» ne nous sont connus que par les déclarations des témoins qui ont déposé contre Carrier dans son procès» en décembre i794« Nous y voyons que Briançon et Lacombe» après avoir été submergés» purent^ malgré leur grand

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ftge^ aborder une frégate dont le capitaine» nommé Laflorie, les recueillit ; que ce généreux capitaine les fit cacber pourries soustraire k, la rage des exécuteurs ; que le comité révaiutionruiiref l'ayant su » manda ce capitaine devant lui» et qu'il le menaça de la prison» s'il «e livroit ces vénérables prêtres. C'étoit le menacer dé la mort, puisque tous ceux qui étoient emprisonnés alloient successivement et sans exception au supplice. Briançon et Lacombe lui furent donc enlevés ; et» de l'aveu même de deux des complices de Carrier» ils furent précipités de nouveau dans la Loire où ils périrent» comme ces deux jeunes frères» Ulpien et Acdesius» que TEglise bonore comme Martyrs, le 5 et le 8 avril. (F. Bebtxt, Beuriubr» de Durtal» et ChabbohviBi» d'Aviré. )

BBIANT (iV... )» prêtre octogénaire du diocèse d'Angers» ne pouvoit être condamné pour n'être pas sorti de France» d'après la barbare loi du 26 août 1792.

Cette loi même l'en avoit dispensé» à raison, de son âge; mais lif présence d'un prêtre dont la vie avoit été passée dans la pratique des vertus sacerdotales» et dont les cbeveux blanchis honoroient infiniment la religion » étoit insupportable aux féroces athées de 1 795 «^ *794 (^- Vendée» et BiCHEE).

Livré à la commission tnUUaire d'Angers» le vieillard Briant fut

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envoyé à la mort 5 le a Janvier 1 794* ^^ marchant au duppKee , il recouvra la vigueur de sa jeuneêse, parce qu'il pensoît qu'il alloit scél^ 1er sa Foi de son sang; et H mou^ rut avec un courage extraordinaire, c{ue n'aroit point surpassé celui des Martyrs de l'Eglise naissante.

Son nom ne se trouve point sur les listes générales imprimées des \ictîities de la révolution. Nou^ croyons en avoir donné la raison à Tarticle de Bacheu; mais nous 11b l'avons pas inscrit dans nos diptyques, içans y être autorisé par les plus respectables témoignages.

(F. R. BoTJBJiiGE, et N. C. Ches-

WEAU.)

BRICHE (Clément), prêtre du diocèse de Rouen, étoit resté à Dieppe, sans obéir à la loi de déportation , quoiqu'il fût prêtre insermenté. On l'y arrêta, vers la fm de 1795; et on le traîna dans les prisons de la ville de Rouen , (iù siégeoit le tribunal criminel du département de la Seine - Infé^ rietire. Ce tribunal prononça contre lui la peine de mort, en le qualifiant de « prêtre réfractai re » . Cette sentence , en date du 2 floréal an II ( 21 avriri794), fut exécutée le lendemain.

BRÏCOGNE ( Lotis - Joseph- Si.MS0N ) , prêtre du diocèse de Paris, qui demeuroît, en 1793, à Marly, où il avoit été curé , même depuis la constitution civile du clergé , montra , dans l'exercice de son ministère , un amour de la

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religion qui ne pouvoit que lui méfier, aux yeux de Dieu, la grâce du repentir et de la réconciliation. Sa faute devott finir par être entièrement lavée dans son sang , suivant la pensée de saint Jérôme , par rapport à Pamphilé {V, Discours prélim., pag. 4»).

Arrêté par les ennemis de la Foi , il fut amené à Paris, et traduit, lé 25 messidor an II ( 1 5 juillet 1 794), devant le tribunal révoUition-naire^ avec sept autres prêtreà ( F. BsNAtTT , B01SMAI6RE , Gban-^ GEAir, Lambert, Rossignac, La-^ cRozE, Suzanite). Oi» le condamna^ con^me eux, à la peine de mort, pour avoir, disoit - on, «voulu exciter la guerre civile , par le fanatisme » ^ c'est-à-dire par la prédication et la- pratique de la religion. Il fut exécuté le même jour, avec eux, à l'fige de 62 a)is.

BRIDE AU ( Marie - Anvoi-'.

i^tte) , l'une des seize religieuses Carmélites de Compiégne , immolées ensemble à Paris, le 17 juillet 1794, avoit vu le jour à Befort^ le 6 décembre 1762. Bile étoit entrée dans l'ordre des Carmélites, comme postulante , à Compîégne i le 4 roai ï 77^9 7 avoit pris Thabit de l'ordre, le 1" septembre suivant, et fait profession le 5 septembre 1771. Tant ce que noué avons dit de la ferveur de ces rclï* gieuses, et de leur édifiante conduite, pendant la révolution, dans les prisons et sur l'échalhud ( f^, Brard ) f est commun à Mariei^

BRI BRI 3ig

Aûtoinetl»Brltfeauy#Onaue dans le oomparoître deyant la féroce coin«

doître 90US le nom de sosur Sain^ mission révoitUiomuiir& de cette

Lauù. £lle étoit sous-prieure ^ yille {V. Lyok); et il y fut eon*

cette époque 9 et secondoit adtni* damné à la mort, comme «con-

rfJ>lement la digne prieure de tre-révolutionnaire , et pour avoir

cette communauté {F. Lidoikb). dit que, si on empêchoit son curé

Ce fut elle qui fournit le moyen d'exercer^ il feroit sonner le toc«

de procurer à toute3 ces reli- sin».

gieuses la légère réfection d*une S*il ayoit réellement fait cette tasse de chocolat , lorsqu'étant menace , nous nous serions abste« descendues dans la prison, après nus de le compter parmi nos Mar-* leur sentence, et se trouvant en- tyrs, parce qu'elle lui auroit core à jeun, leurs deux courageuses do^né quelque fâcheuse ressem^ supérieures craignoient qu'elles blance avec ces chrétiens vîolena n'éprouvassent quelque défaii- que -le concile d'Ëlvire ne youloit lance d'inanition , que les méchans pas qu'on reconnût pour Martyrs, aurqient pu regarder comme un Si quis idoia fregerit, et ibiraffoiblissement de Foi, en voyant de^tn fuerit ocdstut; qucUenùê arriver l'heure du supplice. La inEva/ngeiioscriptuninonest, Mère Saint-Louis, à qui il res- neque invenitur sub ApastoUs toit une pelisse , la donna pour nunquam factum , piacuit in faire les frais de cette réfection, numéro eum non recipi Mar^ Elle étoit âgée de 4^ ans , quand tyrum (can. LX) ; mais le vicairo elle reçut la couronne du martyre. Bridet avoit seuleinent dit en 1 79 1 BBID£T ( Fbauçois )i jeune que„ malgré la haine des impies prêtre, vicaire dans une paroisse contre l'exercice du culte cathorurale du diocèse deXyoi\, s'étoit lique, il n'en feroit pas moins retiré dans son pays natal, la ville convoquer les fidèles, dans Téde Beaujeu, depuis q^e la perse- glise, par le son de la cloche* cution^ proscHvant toute appa- ( V. Bouteubr et Brierey. ) rence de culte religieux, vouoit à BRIS (Fieras Sousmagnag de) ^ la mort, indistinctement, tous les vicaire - général , archiprêtreprêtres. Il avoit montré un zèle dignitaire, et chanoine d'Arles, très^rdent dana^ la paroisse où il étoit né à Sousmagnac, dans la étoit vicaii-e, comme on le verra paroisse de Gorre, au diocèse de tout à l'heure par les motifs de Limoges. Depuis les réformes an tison jugement. Il fut donc arrêté catholiques de l'Assemblée Conseil 1794» et amené dans les pri- tituante, il étoit venu, demeurer son^ de Lyon. Le 16 germinal en Limousin, au sein de sa Emilie» an U (^ aTril 1794 )f <^Q ^« 4t II y gemissoit des atteintes portée

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à la religion 5 consacrant encore ses Tœux et son ministère à la ser- Tîr. Aucun des sermens exigés ne souilla sa conscience. Il fat arrêté en 1 793 9 et jeté dans les prisons de Limoges, d'où les persécuteurs l'envoyèrent, en féyrier 1794 9 & Rochefort , pour être déporté andelà des mers. On Tembarqua sur le navire tes Deux AêsoeUs; et il succoDiba sous le poids des maux de cette déportation ( F*. Roghbfort). Il expira le la août 1794»

à Tâge de 55 ans, et fut enterré dansTile à'Aix. {V. J. F. BaEvii,, et Bbigeat, d'Avranches.)

BRIELLE (SiBASTiEK de), laïc , attaché au service de Fhôpital de ia Pitié 9 à Paris, y exerçoit, à l'âge de 54 ans, les devoirs de son emploi, avec toute l'ardeur de la |eunesse , et toute la tendresse de la charité. Ses vertus étoient trop pures et trop actives pour n'être pas animées par la religion', et.

pour ne pas faire ombrage, par cela même, aux ennemis de la Foi. Les pauvres enfans qu'on y élevoît en très -grand nombre, avoient, dans ses soins, ses exem* pies et ses discours , de trop puissantes excitations à la piété , pour qu'il n'en devînt pas très-odieux à ceux qui vouloient rendre in^pie la génération naissante. Considéré malignement, par eux, comme un fonctionnaire public qui n'avoit pas prêté le serment dé la constitution dviie du clergé, ils l'arrêtèrent comme tel, dans les

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jours qui suivirent le fatalio aotft 179a. Il le fut le 1 5 de ce mois. Le comité de la section hideusement dite des Sans-Cuiottes^ devant lequel on le traîna, ne put obtenir de lui ce serment; et ce nouveau ^ refus, manifestation courageuse d'une Foi inébranlable, lui valut d'être assimilé aux confesseurs dé J.-€. qu'on enfermoit dans le séminaire de Saint-Firmin. Ce chrétien généreux vit sans foiblesse. la mort qu'il alloit partager avec tant de héros du sacerdoce. Le martyre qui lui étoit réservé lui sembla la récompense de sa charité comme de sa Foi ; et il succomba sous les coups des assassins, le 5 septembre suivant, sans cess^ de vouloir mourir , pour lu gloire de la religion^ aux œuvres de laquelle il avoit consacré sa vie.^ ( F. Septbbibre.) -

BRIEN ( JBiNVB), pieuse fille du diocèse de Vannes , demeurant en la paroisse de Saint-Vincent , .vivement attachéç à la religion catholique, et douloureusement affectée des persécutions faites à ses ministres , retira chez elle un d'entre eux que l'on poursuivoit pour le mettre à mort. Cette sainte générosité fut connue; la pieuse Brien fut arrêtée et traduite devant le tribunal criminel du département du MoHnhwn, siégeant à Vannes. Ce tribunal, devant lequel elle comparut le 17 fforéal an II (6 mai 1794)9 1^ condamna aussitôt à la peine de mort^

comme « receleuse de prêtres ré<fract^ires » (T. J« Aux). £l)e fut immolée le lendemain.

BRI£N (Nobl), prêtre du diocèse de Vannes, vicaire à Saint- Serent, près d'Auray, n'a voit point eu la foiblesse de faire le serment de 1791; et, demeuré dans le pays, pour les besoins spirituels des catholiques, malgré l'inique loi de déportation, il y travailloît avec ardeur au salut des fimes. On l'arrêta au commencement de 1794; et, traduit, le 17 floréal an II (6 mai 1794)9 devant le tribunal criminel du département du Marifihan, siégeant à Vannes, il y fut, ce jourlà même, condamné à la peine de mort , comme « prêtre réfractaire ». Le lendemain, il subit cette impie et cruelle sentence.

( F. l'article précédent. )

BRIÈRË ( Jacques - Louis ) , prêtre du diocèse de Chartres, vicaire en la paroisse de GoltainylHe, près Chartres, avoit refusé le serment schismatique de 1791 ; et ji resté dans le pays après la loi de déportation, pour y subvenir .aux besoins spirituels des catholiques, il y fut arrêté en 1794* Le tribunal qriminel du département d'Eure- et Loir, siégeant à Chartres, .deyant lequel il fut traduit > le condamna à la peine de mort , comme « prêtre réfiractaîre », le 5 fructidor an II ( 2 a août 1794)9 c'est-à-dife un mois environ après la chifte de Kobers|>ierre.

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BRIERY (Claude) , curé de la paroisse de Pavesin, village du Forez, près la ville de Saint- Etienne , dans le diocèse de Lyon, étoit né dans la paroisse de Cremeaux, en la même province, et avoit été destitué de sa cure par les autorités révolutionnaires , en 1791 , pour d'avoir pas voulu prêter lé serment hérétique et schismatique de cette époque.

Néanmoins, il n'avoît pas cessé de résider à Pavesin, pour continuer à travailler au salut des catholiques de sa paroisse; et il i^'avoit pu être détourné de ce soin paternel par la loi de déportation du 26 août 1792. Il ne fut pas oublié lors des plus grandes fureurs de l'impiété , après le siège de la ville de Lyon , quand s'établit en cette ville la sanguinaire commission révotution^ naire à laquelle il falloit tant de victimes (^. Lyon). Les explorateurs de ce tribunal arrêtèrent le curé Briery, le traînèrent à Lyon.

Il fut traduit devant les juges, à l'âge de 69 ans, le 27 pluviôse an II (i5 février i794)» On lui demanda le serment de Uberté^ égalité, et la tradition de ses lettres de prêtrise. Briery refusa l'un et l'autre avec la fermeté d^un intrépide confesseur de Jésus- Christ, et fut condamné au^itôt à la peine de mort, comme « prêtre ./anatî^tie« et refusant de ae conformer aux lois » . ( r*. Biiimt, et £^* Brun£t.)

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BRIFFOEUIL (Philippine

1 Hanhe'gabt de) 9 née à Douai, et •abbesse de Tabbaje royale d'An- .nay- Brailles, dans le diocèse d'Arras, s'étoit felirée en cette rille après son expulsion du cloître, en 1791* Elle en conservoît les vertus et la piélè au milieu du monde ; et sa Foi resta ferme au milieu dii sdiième constitutionnel.

Elle avoit atteint Tâg^ de 68 ans, lorsqo'en 1794» fc proconsul J** Lebon ensanglantoit la province de l'Artois par la décapitation des catholiques {V, Abbas). Il la fit d'abord arrêter comme suspecte; et, après plusieurs mois d'un cruel emprisonnement, elle comparut, le 7 messidor an II (îi5 juin 1 794)> devant le tribunal révotutianna^re d'Arras. Ce ne fut que pour s'j entendre condamner à mourir «ur l'échafaud, comme « coupable de conspiration et de fa/àatisme » .

{V. F. G. BODQVEL DE LA GoMTE

et A. I. Bbiois.)

BRIGËAt (iV...), chanoine, doyen de l'église cathédrale d'Avranches , vicaîre-générâl et officiai du dioc^e, membre du bureau diocésain, étoit né à Lîgny, dans le diocèse de Toul. Il revint en cette province après la suppression des chapitres ; et , ferme dans sa Foi, il s'ïibstint de tout acte, de tout serment qui auroit pu comprbnietlre sa Foi et «on état. Il fut arrêté en 1793, Les autorités du département de la Meuse le condamnèrent à la

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'déportation au-delà des mers, et le firent traîner à Rochefort pour y être embarqué ( V, Roghefobt).

Il le fut sur le navire ie Washing^ torij et il y souffrit beaucoup.

Cependant, conservant plus de force que la plupart de ses confrères, il se fit, bîert volontairement, l'un des infirmiers de l'hôpital en tentes élevé pour eux dans l'île Madame; et il les y ' servit avec la plus saînte^compas- ^ion et la plus charitable activité. Désolé de manquer de remèdes 9 de boissons même qu'il pût leur 'donner selon leurs besoins, il y suppléoît toujours efiicacement par des invitations à la résignation et à l'esprit de pénitence ( ^. N.Tabouillot). Enfin, il succomba luimême , méritant une double palme de martyre : et celle qu'on acquiert en mourant pour la Foi , et celle qu'on obtient en mourant au service des pestiférés. Il expira vers la fin de l'été de 1794» à l'âge de 66 ou 70 ans. On l'enterra dans Tîle même où il avoit rendu tant de services aux malades. [V. P.

Bbie et P. Bbin.)

ÏRTN (Piïebbe) , curé de Gre- ■tnilles , dafis le diot^èse de Poitiers , "étoit né à Ayron , paroisse du 'même diocèse. Son amour pour ~ses paroissiens lui fit illusion sur l'hétérodoxie de la constitution civite du clergé; «t il en prêta le serment pour rester au milieu "d'eux. Le temps arriva où les réformateurs se crurent dispensés

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de disaiinQier l'impiété qarlés aaimoit ; et le ovré Brin fut arrêté en i^gS, pirce qu'il restoit toujours attcohé A k religion et à TËvangîle^ malgré sa précédente faute.

La baine des persécuteurs pour tout coite qui se 4'attacfaoit à Jesus-Chrîst, porta les autorités iiè- Tolutioonaires , qui tyrannisoient le département de la Fienne, à condamner ce curé, le 98 rentose an 11(18 mars 1 794) ^â la peine de la déportation maritime, prononcée contre tes prêtres non-assermentés. On le fit aussi partir pour Bochefort, où il devoît ôtre embarqué avec eux. II, le fut en effet sur le navire iee Dtuœ Associés {y, Ro<>HBFOVr). Au milieu de tant de confrères, gékiéreux confesseurs de la Foi , qui souffroient pour ne Tavoir point trahie , il sentit plus yif ement sa faute , la pleura amèrement, et rétracta solennellement le serment qu'il aToit pr#té. Digne d'eux ensuite, il partagea leur gloire comme il partageoit leurs souffrances; et il fut du nombre de ceux é qui ces souffrances pour Jésus-Christ arrachèrent la vie. Il expira- le 7

août 17949 ^ i'âge de ^^ ^^^'f ^^ ses oonft^res l'enterrèrent dans

l'île d'Aix. C'est à tort que Prû-

dhomme, dans son Dietkfn-

noire, l'a mis parmi ceux ^i

périrent sur l'échafaud. {V* Bai-

CBAT, d'ÀTranches, etC. D. Bao-

GHBEES.)

BAIOIS DB SABliBUX {k^

BRI

SaS

BnmKB-IsABSLLB) , picuso demoi^ selle d'Àrras, née dans cette ville en 1 73 1 , avoit passé sa vie à seeou-^ rir les pauvres honteux , et surtout lesmèresde famille qui étoient dans l'indigence. Sa charité éclairée et prudente, sentant la nécessité de former leurs filles au travail, et de les 7 accotitumer, leur foumissoit même de l'ouvrage et tous les moyens d'y travailler. La piété connue de cette vertueuse per^ sonne ne laissoit pas douter que la religion n'animfit cette charitable et sainte prévoyance. Providence yisible des malheureux d'Arras, elle avoit 65 ans lorsque le pro-^ consul Lèbon la fit emprisonner, et ensuite conduire à son tribunal révolvtiùnnairc {V. Abris).

Elle y fut condamhée, le a4 messidor an II (ta juillet 1794)9 à ta mort de Téchafaud, comme « /2kmUique et conspiratrice. » (^.

P. Bbifpqbijii. et A. Baiois.)

BBIOIS (ALBBBTI5B), rcfigieuse , supérieure de la communauté des Ursulines d'Arras, vint, après la suppression dés ordres monastiques, en 1791, cbercher un asile chez son frère , où se rendoît aussi leur sœur, abbesse des Chartreuses de Goonay. a La première, a dit le président du tribunal d'Amiens qui, plus tard, cokidamna J*^ LeboA, le 5 octobre 1795, Albertine Brioîs, de la maison des Ursulines d'Arras, y avait -^consacré trente années de sa vie •à l'instruction de la jeunesse. Sous

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le prétexte que leur père étoît noble> et qu'elles ne se trouYoieat point à trente lieues desfrontières»

Lebon les mit hors de la loi 9 et leur fit subir la mort (F. Ahbas) » .

La sentence allég;^oit un autre motif, dont ce président s'abstint de parler 9 parce quêtant encore alors sous la domination des thermidoriens^ qui n'ayoient rien perdu de leur haine contre la religion, il falloit n'en rien dire pour ne pas leur déplaire. J^a religieuse étoit condamnée principalement, suivant les termes mêmes de cette sentence, comme tu fanatique et contre - révolutionnaire » . Ce fut le 9 messidor an II (27 juin 1794)9 que le tribunal révolutionnaire d'Arras envoya cette sainte fille à l'échafaud. £lle avoit alors 67 ans. Il est resté constant dans toute la ville qu'Albertine et sa sœur (f^. l'article suivant) ne périrent qu'en haine de la religion qu'elles avoient pratiquée, et de la Foi qu'elles professoient. (^.

A. I. Briois dk Sjjlleux, et F.

M. Baiois. )

BKIOIS ( Fraiyçoise-Maagiie- BiTE ) , religieuse et prieure du monastère des. Chartreuses de Gounay, prèsBéthune en Artois, sœur de la précédente, Albertine Briois, ayant été obligée de sortir de son cloître envahi , s'étoit retirée avec elle chez leur frère, à Arras. Ensemble , elles s'entretenoient dans l'esprit de la TÎe monastique; et, avec une sainte

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éoMilation, elles servoient Dieu non moins fervemment que dans leur monastère. Le .proconsul J^ Lebon, étant venu dans leur ville, avec toutes lès fureurs de l'athéisme, bien résolu de ne laisser subsister aucune personne qui n'auroit pas renoncé à la Foi de' son baptême ( V. Ar&às), ne pouvoit pas plus épargner Fran- - çoise-Marguerite que sa sœur Albertine. £lle;9 furent arrêtées commue suspectes; et la seconde fut envoyée à la mort avec la première , le 9 naessidpr an .II ( 27 juta * ^794 )• ^ <lélît politique pour lequel elles, étoient immolée» 9 consistoit, au dire de la- sentence^ en ce qu'elles étoient <c faruUiqiies et contre - révolutionnaires » ( parce qu'elles étoient pieuses ). .: à quoi l'on ajoutoit « qu'elles étoient nées d'un père noble, et qu'elles ne se trouvaient pas à trente lieues des .firontières »,. suivant q/u'une loi l'avoit prescrit aux hcNbPmes qui , attachés au gouvernement monardiique ', ^ pouvoient prendre les «rmes pour seconder les. étrangx^rs coalisés qui sembloieot vouloir la: rétablir, Qn â vu* que l'âge d' Albertine. étoit de. 67 ans^ et Françoise-Marguerite n'avoit pas i^oifis de 60 an$. ( F. A. Baiois, et H. BucuY.)

■jRIOLET (iV...), vicaire de -MéniMez-Lunéyille.« d|ins le diocèse de Toul , ayant obéi à la loi 4t;|a: dépoçrfetioa, en 1 79a, s'é-

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