F. P'COSTE
CAS AUX (Jean), prêtre et religieux. Récollet de Bordeaux, exprovincial de son ordre, et né dans le Bordelais , en 1 729 , est le ministre du Seigneur dont nous avons déjà parlé aux articles Alix^ Beauretoor et Blutel. Directeur de la conscience d'un grand nombre de fervens catholiques , il et oit
CAS
resté à Bordeaux après la destruction des cloîtres. La loi qui prescrivit aux prêtres , fonctionnaires publics, le serment de la constitution civile du clergé, ne pouvoit concerner ce religieux ; et il se trouvoit légalement, par cela même, à l'abri des rigueurs de la loi de déportation, sans même être obligé à se mettre en réclusion. Cette considération l'affermit dans la résolution de ne pas abandonner les fidèles qui avoient un si grand besoin de son ministère ; et il ne quitta point Bordeaux. La persécution s'anîmant contre tous les prêtres en général, le Père Casaux avoit besoin d'un asile secret qui le dérobât aux recherches des persécuteurs. Plusieurs saintes femmes lui procurèrent cet asile dans la maison religieuse du Bon- Pasteur, où elles le cachèrent dès le mois de mai 1793. Il n'y fut pas notablement inquiété pendant le reste de cette année, au moyen des précautions que ces pieuses femmes prénoient pour qu'il n'y fût point découvert. Elles avoient associé à leur bonne œuvre un porteur d'eau qui en fut récompensé comme elles par le martyre ( V. Pause) ; car lorsque la persécution fut devenue extrêmement violente au commencement de 1 794 ( V» Boedeaux ) , les explorateurs des proconsuls parvinrent à découvrir le Père Casaux ; et se»
dévotes bienfaitrices, avec le porteur d'eau, furent arrêtées. Nous
CAS
«Tons déjà rendu compte de leur jugement; il ne nous reste à parler que de ce qu'il y eut de particulier dans celui de leur guide spirituel.
Amené ayec elles, le 16 messidor an II (4 juillet 1794)9 derant la commission mUitaire, le Père Gasaux y fut aussi condamné à la peine de lùort. La sentence portoit ces mots : « La commission, convaincue que Casaux, prêtre insermenté , s'est réfugié dans une cachette construite dans la maison du ci-deyant Bon-Pasteur, pour se soustraire à la loi de la déportation , ordonne que , d'après la loi du 18 mars, il subira la peine de mort ». Il périt, à l'âge de 65 ans , avec onze pieuses femmes et le porteur d'eau. {F. J* Aux.} CASIMIR {Le Frère), Capucin. {F. G-M'Cajah. )
C ASSAN ( Aktoinettè-Adriennb Ràbavdt, femme], domiciliée à Toulouse, fut accusée d'avoir fait passer de l'argent à son fils émigré.
Les juges cherchant même à lui faire déguiser l'aveu de cette action , défendue par la loi sous peine de mort, elle aima mieux périr pour l'amour de la vérité , que de la trahir ; et elle fut condamnée à mort, <r comme conspiratrice » , par le tribunal criminel du département de la Haute-Gorrenne 9 le la ventôse an II (2 mars 1794)* Son droit aux honneurs du martyre est fondé sur ce que nous avons dit ci-devant , pag. 86^ et tom. I*', pag. 33.
CAS 375
CASSEGRAIN (Feà5çois-Ciément), prêtre du diocèse d'Orléans, né à Pithiviers, en 1718, étant fort avancé en âge , lors de nos grandes persécutions, vivoit paisiblement dans sa ville natale.
Ses soixante -seize ans ne purent obtenir grâce aux yeux des persécuteurs , jaloux d'exterminer tous les prêtres. Il fut arrêté et amené à Paris pour y être jugé par le tribunal révolutionnaire ; et ce tribunal l'ayant fait comparoître devant lui , le 27 germinal an II ( 16 avril 1794) j l'envoya de suite sous la hache de la guillotine , en le disant « convaincu de manœuvres contre-révolutionnaires pour rétablir la royauté en France » .
CASSEIGNE (Jacques), né à Caussade en Quercy, et y étant commis chet un négociant, par-i> ticipa aux actes pour lesquels plusieurs autres habitans de cette ville furent, avec leur curé, traités de fanatique et de conspirateurs en 1794. On le conduisit avec eux à Paris ; et le 3 messidor an II (ai juin 1794)9 il fut, comme eux, envoyé à l'échafaud, à l'âge de a8 ans. ( F. J. P. Clavibee. )
CASSEIGNE-CAUVIN (Jean), ouvrier tourneur à Caussade où il étoit né, mérita, ainsi que son frère , d'être du nombre des habitans de cette ville qu'en 1794 on transformoit en conspirateurs j^ parce qu'ils av oient fait des actes de religion. Amené comme eux, et avec son curé , k Paris | il fut pa-
576 CAS
reillement envoyé à Téchafaudy en qualité de fanatique, par le tribunal révolutionnaire, le 5 messidor an II (21 juin i794)> ^^ il périt le même jour 9 à Page de ny ans. {V, J. P. CiAViÈRE.)
CASTANIER (N....), citoyen de Nismes, avoit signé la courageuse et solennelle profession de Foi catholique de plusieurs ^ismois, dans leur adresse du 20 avril 179O5 et leur déclaration du 1*' juin suivant {F. Nismes).
Il en périt victime , dans Tinsurrection des religionnaires 9 le i4 du même mois. Non seulement sa maison fut pillée et dévastée $ mais lui-même y fut massacré au milieu de ses enfans et de sa femme enceinte de sept mois. (V* AuzÉBT, et Chas fils. )
C ASTANIER (François) , prêtre du diocèse de Rodez, né à Saînt-Félix-de-Lunel , le 2 juillet 1 76a , parvint au sacerdoce en 1789, et fut envoyé par son évêque, pour assister , en qualité de vicaire, le curé de Saint-Félix.
Il échappa à la persécution jusqu'à l'an 1 798, quoiqu'il n'eût pas cessé de rendre avec zèle et courage tous les services de son ministère aux catholiques de la contrée, pendant les années précédentes.
Mais , le 29 janviei^ de cette année , au moment 01) il venoit de donner la bénédiction quptîale à deux nouveaux époux, il fut surpris par des gendarmes qui le conduisirent aux prisons de la ville d'En-
CAS
traigues, dans le Rouergue. De»
catholiques indignés, et n'écoutant que la passion > vinrent armés au nombre de plus de quatre cents pour le délivrer des mains de ses gardes , sur la route. Dès qu'il en eut avis, il leur fit dire « de se retirer paisiblement, parce que, là comme ailleurs, il étoit sous la main de Dieu , à qui ils dévoient s'en rapporter pour son sort » .
C 'étoit ainsi que Jésus - Christ avoit dit à Pierre de remettre danè le fourreau le glaive que, dans un excès de zèle , il tiroit contre ceux qui venoient pour enlever son divin maître. Le brigadier de la troupe de gendarmerie n'en chargea pas moins ses pistolets d'arçon, en menaçant Castanier de les décharger sur lui à la moindre tentative d'enlèvement que pourroient faire ces insurgés. «Vous voyez, dit alors ce jeune prêtre à celui qui le menapoit , vous voyez que j'ordonne de tout mon pouvoir à cet attroupement de se disperser.
Si vous craignez encore , gardezmoi à vue pendant que vous enverrez chercher des renforts : ces personnes égarées rentreront dans l'ordre ; et vous me conduirez où la loi veut que je sois déposé. »
Sans égard pour ces paroles de paix, les gendarmes garrottent Castanier, et l'attachent à un de leurs chevaux. En approchant d'Entraigues , ils voient, ou plutôt ils feignent de voir un homme aposté pour l'enlever ; et aussitôt