CAS CAS
le brigadier lui tire à bout partant cëse, Vy firent vénérer à l'égal son pistolet à la tête : la balle sort des évêques de la primitive Eglise, par l'œil gauche ; Gastanier tombe Quand la révolution survint , avec inondé de son sang ; les gen- ses réformes anti-religieusement darmes le détachent, et s'enfuient, philosophiques , il recueillit les Des personnes charitables le por- fruits de sa vigilance pastorale , et lèrent expirant au village le plus des soins qu'il avoit toujours pris voisin pour le secourir. Le peu pour l'instruction des prêtres et .de signes de vie qu'il put donner, des fidèles de son diocèse. Il eut consistèrent à manifester qu'il la consolation de les voir se défier étoit content de mourir pour la des pièges de la constitution ci- Foi catholique , et qu'il pardon- vile du dergé, au point qu'il ne noit de grand cœur à ses assassins, s'y trouva, en 1791 et 1792, que Il expira le 3i janvier 1798, deux deux prêtres qu'elle pût séduire*, jours seulement après être tombé Un obstacle aussi imposant aux dans les mains des gendarmes. progrès des doctrines antî^atho-
GASTELLANE (Jean Aahaud liques des réformateurs, ne pou-
de) , cvêque de Mende depuis le voit que les irriter contre le saint
14 février 1768 (i), précédem- évêque, qui, après avoir refusi
ment aumônier du Roi, vicaire- formellement aux administrateurs
général de Reims, et né au Pont- du département de la Lozère
Saint-Esprit, le 11 décembre la prestation du serment de la
1733, fut toujours si rigoureux constitution civile du dergé,
observateur des devoirs de l'épis- et fait contre elle un mande-
copat, que, bien qu'il eût sa fa- ment très - apostolique , vouloit
mille à Paris , il n'abandopna ses continuer à résider dans sa ville
diocésains pour y venir, pendant épiscopale. On le fit dénoncer en
ses vingt-quatre ans d'épiscopat, 1792 à l'Assemblée Législative,
que lorsqu'il y étoit impérieuse- d'une manière si pressante qu'elle
ment appelé pour les affaires do rendit contre lui un décret de
l'Eglise de France. L'esprit ecclé- prise de corps, supposant qu'il
siastique qu'il ranima dans son entretenoit à ses frais une armée
clergé , les immenses aumônes 4^ quarante mi}le hommes contre-
' qu'il répandit dans tout son djo- révolqtionnï^ire?, aux environs de
— — ■ Ghanac. Il étoit si attaché à son
(i) On a ajouté quelque part à son troupeau , que , malgré le danger
. .11.^ , ' immment qui le menaçoit , la
mais il ne le prenoit pas dans son . , ^ . . ,;
diocèse, et ne Ta, ni dans r^/n,^«cÀ ^^^'"*« ^^* »"'*«« ^« ^^ ^«^ret
JtctytU, ni dans la France £cclésias' n'auroit pas suffi pour l'en éloi-
tûfiie de son temps. gner, si ses amis ne l'eussent con-
^7» CAS
juré de leur épargner la douleur de le voir arrêter comme un criminel. Il part de Mende en fuyant à travers des chemins peu fréquentés 9 et arrive à Lyon pour passer en Suisse. Son neveu l'engage à venir se réfugier chez lui, à Paris. II y va ; on l'y découvre ; îl est dénoncé ; fuit de nouveau ; et on l'artête à Dormans en Champagne. L'Assemblée Nationale décrète qu'il sera traduit devant la Hautô-Cour nationale établie à Orléans. II y est conduit : sa résignation dans les liens fut à toute épreuve, pendant les huit mois qu'il y resta ; et un asthme violent dont il étoit tourmenté, n'altéra jamais son admirable patience. Le prétendu crime d'Etat potir f^quel il étoit ainsi traité, et dévoît être jugé, ne consistant que dans les soins avec lesquels il s^étoit opposé à ce que la Foi de ses diocésains fût ébranlée : c*étoit pour la Foi qu'il étoit captif, et déterminé à souffrir tous les maux qui i'attendoient. Lorsqu'après le 10 août 1792, l'Assemblée Législative eut décidé que les prisonniers dé la Haute^Cour seroient transportés ailleurs (F.
Septembiib , vers la fin.], l'évêque de Mende, âgé de 5g ans, fut mis avec d'autres sur une charrette que dans la route on fit tourner du côté de Versailles , où des assassins étoient chargés de les égorger à leur arrivée. A peine ils y parviennent, le 9 septembre, comme
CAS
pour y être enfermés dans l'orangerie du château, qu'en suivant la rue qui y conduit, plusieurs d'entre eux sont déjà massacrés* Le prélat , qu'une sorte de hasard avoit empêché de l'êlre des premiers , attendoit paisiblement un pareil sort au milieu de tant de meurtres; et, debout près de la grille de l'Orangerie, il faisoit h Dieu le sacrifice de la vie qu'il alloit perdre pour sa sainte cause. Prenant pour modèle ce* divin Sauveur qui fut devant ses bourreaux comme un agneau soumis au couteau qui va l'égorger, notre évêque « entre les mains de ses assassins , imita le silence de J.-C.»
et reçut la mort tranquillement, sans proférer aucune plainte , et regardant le coup qui Taffranchissoit du joug de ce corps mortel, comme un bienfait qui le mettoit en possession de la céleste béatitude. Son corps mutilé fut jeté le lendemain avec ceux des autres victimes 9 dans une tranchée destinée à l'écoulement des eaux du cimetière de la paroisse de Saint-Louis de Versailles.
CASTELLANE-MAZAUGUES (ËLLéoN de), évêque de Toulon, depuis 1786, après avoir été vicaire-général dans le diocèse de Soiss'ons, et aumônier du Roi y étoit né en 174^ au château de Mazaugues , dans le diocèse d'Aîx.
Quoiqu'il soit mort sans effusion de sang dans le pays étranger où la persécution l'avoit forcé de fuîri
CAS
il n'en a pas moins un droit incontestable à la place que nous lai donnons ici. Il pouvoit dire comme saint Denys d'Alexandrie :
« Des maux innombrables et cruels nous avoient accablés dans notre patrie : on nous en bannit ensuite ; et la guerre , la famine , la peste, sont venues accabler nos frères dans notre exil : MuUa qui- . dem et acerba ante hanc eaior' mitcUem nohis cantigerunt ; j>rim'àfn enim nos urhe expu-
ierunt Post hœo hélium et
famés {et iiiès] ea^epit (Epist^ in Euseb. Hist. Ecct L. VII, c. xxii). Notre évêque de Toulon pouvoit être aussi comparé d'ailleurs à saint Athanase , dans la fermeté de son zèle pour la défense de la Foi. Nous nous rappelons encore le courage vraiment apostolique par lequel il se montra supérieur à la dénonciation qui fut faite contre lui dans l'Assemblée nationale -constituante 5 au sujet de sa Lettre Pastorale du i" juillet 1790 aux fidèles de son diocèse [V. Boucquel). Les orages élevés dès lors contre sa personne ne tui permirent plus de rester au milieu de ses diocésains^ Il s'enfuit d'abord à Nice, d'où il continua de les înstniire et de les prémunir contre le schisme. La loi du 26 août 1 792 ne lui laissa plus d'eSpoir de revenir au milieu d'eux; et l'envahissement de la Savoie, vers la fin de septembre, l'obligea de pénétrer plus avant
CAS "j:9
dans l'Italie. Il fut Tun des deux prélats que le très-vénérable archevêque de Ferrare, digne des plus beaux siècles de l'Eglise , le cardinal Mattéi, parut le plus jaloux de posséder à titre de confesseur»
de la Foi. Il lui écrivît de même qu'à l'archevêque de Lyon, Yves- Alexandre dfe Marbeuf, pour l'engager à venir partager sa table et sa fortune ; mais des circonstances impérieuses empêchèrent les deux prélats d'accepter de s offres si honorables (1) ; et l'évêque de Tou-
(i) Observateur sublime du précepte de saint ï>aul : Oportet episcopuin liospitalem esse, Fillustre archevêque ne put d'abord, pendant deux ans, exercer sa généreuse hospiUlité qu'envers des ecclésiastiques français du second ordre ; mais aussi le nombre de ceux qu'il avoit accueillis n'ctoit pas moindre de trois cents; et, non content de les loger, de les nourrir, de les vêtir même, il présidoit à leur table , lesvisitoit dans leurs chambrss, et jprodiguoit les soins les plus affectueux aux malades et aux vieillards.
Lorsqu'en avril 1794 Mb» Tévôque de Fréjus , Emmanuel-François de Bausset dé Roquefort, obligé de quitter le Piémont alors menacé d'envahissement, vint à la tête de plus de quatrevingts prêtres se réfugier auprès de l'archevêque de Ferrare, celui-ci fut au comble de la joie. « Mes vœux sont satisfaits, s'écrioit-U , puisque je possède enfin l'up de ces prélats de l'Eglise gallicane qui ont mieux aimé abandonner leur fortune , leur patrie , et s'exposer à toutes les rigueurs de la persécution, plutôt que de manquer à la Foi de Jésus -Christ ». L'ingé-»
CAS
Jou se retira vers le Frioul. Dans son exil, il ne perdoit pas de vue le clergé et les fidèles de son dio-* cëse. Pendant la longue durée de la persécution, il leur faisoit parvenir des instructions propres à les affermir dans la saine doctrine, et à ramener ceux que le schisme avoit égarés. Il se trou- Toit encore à Udine, lorsqu'en 1806 la guerre fut portée par les Français dans cette partie de Tlta-
nieuse charité du cardinal sut encore procurer la même hospitalité à quatre cents de nos prêtres , en sus du nombre fixé pour son diocèse. Parmi les hdtes d*une charité si paternelle , Son Ëminence établit des conférences présidées par elle-même , et encouragées par rëvêque de Fréjus. On y traitoit les matières les plus importantes relativement aux circonstances difficiles dans lesquelles se troilvoit l'Eglise , et celles dont elle étoit menacée. Chaque prêtre français appoitoit le tribut de son travail : le résultat de ces discussions théologiques ^ rédigé avec autant de précision que de clarté , et connu sous le nom de Conférences eccUsiastiquês de Ferrare , ïtoit régulièrement envoyé à Rome ^ à la congrégation spécialement déléguée par Pie VI pour les affaires ecclésiastiques de France ; et plus d'une fois elle a jugé devoir s'y conformer dans la sagesse de ses décisions. C'est par des traits si dignes de notre admiration que ce vénérable cardinal , doyen du Sacré-CoUége auquel la mort vient de l'enlever , mérita l'éternelle reconnoissance de l'Eglise gallicane : In omni ore , quasi met, indulcahitur ejus. memoria. (Eccli. 49.)
lie. Elle y laissoit les hôpitaux encombrés de soldats infirmes ou blessés; et des maladies contagieuses venoient les y moissonner , en écartant d'autour d'eux la plupart des personnes qui pou voient leur procurer les consolation» de la religion , et même les services de l'humanité. L'évêque de Toulon, qui alloit quitter Udine pour sa sûreté, voyant leur infortune, y reste pour eux. Il vole à leur secours, et sacrifie sa vie au soulagement temporel comme au salut éternel de ces soldats qu'il regarde comme des brebis de son propre bercail, par cela seul qu'ils sont en général les enfans de cette Eglise gallicane dispersée dont il se regarde encore comme un des principaux pasteurs. Quoique le pape Pie VII l'eût repoussé de son siège, et même de tous les sièges de France , parce qu'il n'avoit pas cru devoir souscrire par une démission obséquieuse aux arrangemens du concordat de Sa Sainteté avec Buonaparte en 1 80 1 , le saint prélat ne s'en considéroit pas moins comme le père de ces soldats en proie à la douleur et 4 la mort, loin de leur patrie et d^ leur famille. Ne voyant qu'eux ^ leurs besoins spirituels et corporels , il s'oublie lui-même dans les soins qu'il leur rend; et la contagion, sans égard pour son héroïque charité, infiltre la mort dans ses veines : Neque enim à nobis abstinuit lues Ula^ pou-*
Toîl-îl dire encore avec S. Denys d'Alexandrie {itid.). Après avoir lai^ui plusieurs jours dans un lit de douleur, en regrettant de ne pouvoir plus assister ses compatriotes mouransS il meurt luimême victime de son zèle pour eux, nous laissant le soin de lui appliquer ce que le même saint Denys disoit de ceux qui, de son temps, étaient morts au service des pestiférés. « Une charité presqu'excessive leur faisoit dédaigner tout soin de leur propre conservation ; et tandis qu'ils visitoient les malades avec une sécurité qui approchoit de l'audace ; tandis qu'ils les servoient assidûment p/our les ramènera Jésus-Christ en les ra-»
menant è la vie, ils mouroient avec eux; ou bien, après s'être volontairement imprégnés de leur maladie, et avoir volontiers transporté dans eux-mêmes les maux de ceux qu'ils soulageoient , ils périssoient après les avoir rendus à la santé. La constance de leur piété et de leur Foi dans ce genre de mort, en rend la gloire égale à celle qu^on acquiert dans le martyre ( i) »• Ainsi donc le charitable
(i) Op nimîam catitatem, curam omnem propriœ saUitis abjicientes , dùm cegros seçurè atque midact^ iiwisunt , eisque assidiiè nànistrant , et curatio^ nem adhibent in Christo , unà cum iUis mortiii sunt; aliorum œgritudine Ubentissimè sese ùnplentes , et proximorum morhum in semetipsos quodammodo ath^ahentesf doloresque eoriim
é vêque de Toulon est dans la classe de ces Martyrs que l'Ëglise invoque le i8 février, et dont il est dit dans le Martyrologe romain : Comme^ moratio sanctorum presbytero^ rum , diaconorum et aliartiin piurimorum qui, tempore Fa^ teriani itnperatoris, cûm pes^ tis scbvissima grassaretur , tnario tabarantUrus minis^ tranteSy Ubentissimè tnartem oppetiére; quos velut Martyres reîigiosa piorum Fides venerari consuevit. Les écrits de ce prélat pour la défense et le maintien de la Foi, ont à bon droit une place distinguée dans
sponte sua exprimentes atque extergen^ tes : muUique adeà qui alios œgrotantes curaverant et in pristinam vtdetudinem restùuerant , ipsi irUerierunt , mortem illorum in se ipsos traducentes > uerbumque il/ud vulgare quod officiosœ duntaxat comitatis , hactèniis t^isum Jiierat, reipsa adinipletUes , cum aliorum peripsema effecti ex hac uita migrarent. Et hoc quidem pacto , optimi quique ex fratrihiis nostris, quorum nonnuUi presbjrtcri erant ac diaconi, et ex populo laudatissimus quisque, morlem oppetierunt : adeà ut genus hoc mortis y ob pietatem Fideique con-^ stantiam , nequaquam itiferius martyrio censeatur ( Euseb. , Hist, Ecoles. , L. VII, c. XXII ). Voyez encore la même doctrine confirmée par Pon- ^ iius , diacre de saint Gypricn , dans sa vie de cet illustre évéque de Carthage ^ n» IX. Cette 4oc,trine a été reconnue pour constante dans l'Eglise par D. ^mviSLT\{Âdmonitio in Epist. sancti Vionjrsii Alex. n». XIV; par Asscman. Acta Martyr. Pars II*pag. 44) •
58a CAS CAS
les archives de TËglise gallicane, notre Disc, prél.» p. 19. Il mourut
Les principaux sont : l^ Lettre peu de temps après 9 à Florence ^
pastorale du 1" juillet 1790 aux en 1802 ; et Tépitaphe gravée sur
/ulèies de son diocèse ; 2\Jver' sa tombe dans TËglise de Saint-
tissement (auxmêmes)9daté de Félix, porte entre autres éloges
Nice, 1 a octobre 1790; 5*. Zeftre mérités, ces mots bien remar-
à MM* les curés de son diocèse, quables : Episcopatuni dimisit
Nice, i5 octobre 1790; 4'* ^^u- ne ipsius occasione novttm
y elle Lettre à MM. tes curés schîsiruuoriretur:sicquepacis
et vicaires du même diocèse. EcdesiœfactusFictimUjCUJus
— Le nom de Castellane s'illustra unitatis et Fidei conf essor aa^
donc bien dans TEglise gallicane à teà extiteraU la même époque; car, indépeti- CASTILLARD (iV...), prêtre,
damment des deux évêques dont chapelain àVigneul, dans le dio-
nous Tenons de parler avec un si cèse de Verdun, et né à Oinville,
juste éloge, il 7 eut encore, vers au même diocèse, fut du nombre
le même temps , deux autres Cas- des prêtres dont la présence impor-
tellane également recommanda- tunoit beaucoup les impies réfor-
blés par leurs Tertus épiscopalcs, mateurs, et contrarioit davantage
leurs lumières, et leur apostolique leur dessein de faire dominer l'a-
fermeté , savoir : Jean - Joseph- théisme où la Foi avoit abondé.
Victor de Castellane -Adhémar, Il fut arrêté par leurs agens, en
évêque de Sénez , mort dans son 1 793 ; et , après l'avoir tenu
diocèse en 1788; et Jean- Antoine quelque temps dans les prisons de
de Castellane - Saint - Maurice , Verdun , ils l'envoyèrent à Roche-
évêque de Lavaur, qui ne donna fort , pour qu'il j fût. compris
sa démission , d'après le concor- dans la prochaine déportation ma-
dat de 1801, qu'en écrivant au ritime dés prêtres non-assermeo-
pape : « Votre Sainteté ne trou- tés. On l'y embarqua sur le na-
vera pas un seul exemple ni un vire tes Deux Associés ( ^.
seul canon qui aient pu l'autori- Rochefobt ). Le supplice de l'en-
ser à nous la demander. Tous vos trepont de ce bâtiment fit périr
prédécesseurs ont mis leur gloire graduellement cet ecclésiastique ,
à défendre les évêques exilés pour âgé de 61 ans. Il mourut dans le
laFoi... Quels malheurs préparent courant de septembre 1794» et
à l'Eglise des arrangemens qu'on fut enterré dans l'île Madame. semble avoir craint de proposer à C ASTILLON ( Tetomas Merle
notre acceptation ; tandis qu'on db) , né à Aiguillon , dans l'Agé-
n'auroit pas dû les prendre sans nois, en 17/47 9 ^^"t faire ses études
notre participation»! (^.ci-devant à Paris, et y devint licencié en
CAS
théologie de la maison et société de Navarre. L'archevêque de Lyon, Antoine de Mal vin de Hdontazet, appréciateur éclairé du mérite 9 ayant connu ce jeune ecclésiastique 9 lui conféra des lettres de g^rand-vicaire , et Tamena dans son diocèse, où, bientôt après, il lui confia la charge de promoteurgénéral de la plus essentielle des trois of&cialités de son siège pri^ matial et métropolitain (1). L'abbé
CAS
(i) Comme la sainte gloire acquise par cet ecclésiastique^ au temps de la persécution ^ fait penser avec quelque recomioissance au prélat qui le transplanta dans ce diocèse ; et comme cette gloire va m^me reporter en arrière dans le passé y trop obscurci , des rayons qui écbiirent sur les vues qu'eut ce prélat dans le choix des hommes ainsi que des moyens , Ton ne saurait être surpris de ce que Tillustre Benoit X IV écrivit de si honorable à M. de Montazet» lorsqu'on i;;5S celui-ci monta sur le premier siège des Gaules , après avoir été dix ans évoque d'Autun. Ce grand pape trouvant cette promotion très - satis£aiisante pour la tendre affktdon et la haute estime qu'il vouoit i\ la nation française, sans en être nullement détourné par nos articles de i6Sa^ en fit la déclaration la plus formelle dans son bref du ai avril à ce prélat. Après lui avoir dit : « Nous jchérissons beaucoup et très*certainement d'un amour paternel cette nation, et nous l'estimons infininrent » , il ajoutoit : «c Nous vous félicitons donc , à plusieurs reprises, de ce que le Roi trèfchrétien a confié à vos soins l'insigne Eglise de Lyon. La dignité Primatiale ne pouvoit être déférée à aucun autre
de Castillon fut donc promoteur de l'officialité diocésaine , et il s'y distingua par des réquisitoires où la sagesse étoit réunie au courage, et où Tesprit de tolérance se concilioit heureusement avec la sévérité des règles ecclésiastiques. Un brevet de joyeux avènement, accordé lorsque Louis XVI étoit monté sur le trône, en 17749 procura, l'année suivante, à l'abbé de Castillon, un canonicat vacant dans
qui la méritât mieux que vous , à qui seul il ne manque pour la soutenir avec honneur aucune des vertus épisco— pales, ni aucun des dons de la nature M : Nos eqiùdem GaUorum nationem et patemo amore multùm dili-* gùnuSf etplurimifficùnus.., Jam verà gratulamur tibi etùun atque etiam de ampUssùna Lugdwtensi ÈccUsia curœ tuas à hrisiiano Hege demandata : Pri" matiaUs enim dignitas in luiUo altero meliiis coUocari poterat quàm in te uno , cm nulla desunt tua nctturœ aut virtutum omamenta , ad hanc dignitu" tem cum laude suscipiendam {Momas^ apud Sanctam Mariam Majorem , die ai apriUs i^SS). Quand on réfléchit que M. de Monta zet gouverna l'Eglise de Lyon jusqu'à la veille de la persécution, puisqu'il ne mourut qu'en 17Ô8; on se demande s'il ne doit lui revenir aucun honneur de la conduite admirable du clergé de ce diocèse , dans les années d'épreuves qui suivirent ( y, Lroif ) . L'état déplorable danj lequel la discipline et l'instructiott ecclésiastiques se trouvoient quand ce prélat monta sur le i»iége de cette me* tropole, n'auroit certes pu fournir des résultats aussi glorieux pour l'Eglise.
Leur cause heureuse ne 8era-t*elle pas
584 CAî>
réglise collégiale et baron nie de Siaint-Just de Lyon. Comme il étoît versé dans les belles-lettres , ainsi que dans les matières ecclésiastiques; l'académie de cette TÎlle se fit un honneur de l'admettre au nombre de ses membres 9 en 1 778. Déjà il étoit associé de celles
entrçvue dans les mesures que le nouvel archeyôque avoit prises , dès son débuts pour faire refleurir dans son clergé rinstruction et la discipline ?
D'abord, au lieu d'uQ an, ou plutôt de neuf mois seulement d'études théologiques dont son prédécesseur se con^ teutoit pour admettre les clercs au sacerdoce, il en exigea trois auxquels il ajoutoit de très-sérieux examens.
D'un autre côté, il s'empressa, dès la première année , de rétablir l'usage des synodes annuels , duquel s'ensuivit celui des congrégations de chaque mois dans chaque archiprôtré. On ne peut que louer les intentions de ce prélat, quandon a, comme nous, sous les yeux la lettre de convocation par laquelle il annonça aux archiprétres de son diocèse le premier de ces synodes, fixé au 3o avril 1760. « Qui sommesnous , disoit-il en parlant de lui seul ; qui sommes-nous, pour cultiver une terre arrosée des sueurs de tant d'apôtres et du sang de tant de Martyrs?
Nous sentons à chaque pas notre foiblesse : c'est pour y suppléer que nous vous demandons en tout temps le secours de vos prières et de vos travaux, et que nous vous prierons de nous aider, dans des synodes annuels, de fos lumières et de vos conseils. Qui n'admire pas ces beaux siècles de l'Eglise où l'on voyoit l'évoque entouré de son presbytère , suivre le détail des fonctions de chaque ministre.
CAS
de Yillefranche et de Marseille.
Son caractère conciliateur, et l'exactitude de sa doctrine 9 lui méritèrent, à la mort de l'archeyêque Malyin de Montazet, en 1788, une distinction que son successeur , Yves - Alexandre de Marbeuf, n'accorda qu'à deux des
partager les sollicitudes de tous , travailler au milieu d'eux comme leur semblable , les diriger comme leur chef, les consulter comme ses égaux ?
Cette heureuse intelligence faisant la gloire de l'Eglise; et la tenue fréquente des synodes étant le moyen le plus propre à la conserver, ils furent ordonnés par les conciles.... La confiance, l'unanimité, l'émulation même entre le premier pasteur et ceux qui lui sont subordonnés, sont en effet une des conséquences les plus naturelles de cette salutaire pratique. S'il étoit permis à chacun de suivre ses
idées particulières combien de bi-*
zarreries, de contradictions et de maux ne nattroient pas de cette funeste liberté î Pour éviter ces désordres, il n'y a pas d'autre moyen que de connoftre et de suivre fidèlement les maximes invariables, les saintes règles de l'Eglise. A Dieu ne plaise
que nous prétendions y ajouter!
Nous en rappellerons la mémoire , nous en reconnoftrons l'autorité; nous les comparerons avec notre pratique présente; nous travaillerons ensemble à les rétablir on à les conserver... Qse d'objets réclameroient en vain notrs vigilance , si vous ne joigniez vos instructions à nos lumières ! Vous voyex tous les jours de près le troupeau dispersé loin de nos yeux.... Venez coii-' certer apec nous les remèdes, les secours, les consolations (\^i\ a droit
CAS
(grands, yicaires de son pvédécea* 3eur. L'abbé de Gastilloa le fut emcofe du nouveau prélat ; et il lufltifia sa confiance delà manière la plus honorable et la plus hé-r roiquç. Dès 1789, il préyit le9 malheurs qu'allQit : attirer sur h France^ cette. révolution que Ton désiroit de toutes parts; et sou-f
jd'attcBdre de notre zèle Si nous
prenions sur noas seuls les réglemens , les tivia que l'intérêt de Tordre et dé la disciplina pourroient rendre néces« jsaires^ pent-étre seroit-oà tenté de les attribaer à un esprit de domina-»
tiouj à na premier mouvement de
zélé, à des vues trop arbitraires
Nous savons qu'un évéque, selon la doctrine de saint Pierre , n'est point un chefimpéiûux qui domine au ffré de ses dapriceê; que si Dieu nous a élevés à un plus baut degré de dignité et de puissance^ . nous n'en sommes que plus obligés d'être au milieu de fOus comme F un deuous; que la jus-' tice^ la sagesse et la douceur doivent régler toutes nos déitaarcbes , et que nous avons infiniment plus de bien à attendre de votre confiance que de notre autorité. La tenue de^jBynodes vous persuadera de plus en plus^ Ni* T. C. F. , que tels sont nos véritables sentîmens : chacun y sera admis , .in-vite à faire ses observations , à pro-** poser ses doutes. La prudence et la connoissance des lois y corrigeront ce que le zélé auroit de trop vif, de moins régulier : tout s'y traitera de concert. £h! quels prétextes pourroitil rester k la désobéissance, lorsque l'autorité ne se montrera que ptmir donner pbi8.de force à ce que le vou commun aura décidé? » (Lyon » chez Valfray, 1760.)
CAS
vent nous Pavons entendu prouver dès lors à un ancien magis-* trat y homme de bien et fort considéré , Palerne de Savy, quî^ la voyant arriver sans défiance^ en adoptoit de bonne foi les principes > que c'étoît dire : v Vive le.
Roil vive la Ligue» ! Continuant à résider à Lyon^ d*où l'archevêque étoît éloigné 5 et d'où s'étoient retirés ceux des autres grandsvicaires qui ^étoient plus person^^ nellement attachés au prélat ( V* Boriiavd), Tabbé de Castillon vit avec satisfaction qu'il n'avoit pas de grands efforts à faire pour maintenir la pureté de la Foi dans le diocèse > lorsque parut la consti* tutian civiû du . dergé. Les défections y furent peu nombreuses ; et ceux qui en donnèrent le scandale ne pouvoient contre-* balancer 9 par aucune réputation de savoir ou de bpnne conduite > la considération.dont jquîssoient > parmi les fidèles^ le grand nombn^ d'ecclésiastiques qui refusèrent le serment ( F. Ltoh ). L'abbé de Castillan, se faisant, gloire d'être ii leur tête 9 les rendit également fermes contre les. innovations impies toujours croissantes 9 par lesquelles la révolution venoit tourmenter leur constance. Lorsqu'à la suite de l'effroyable catastrophe du 10 ai||t, l'Assemblée Législative eut prescrit le serment de iii&tU -- égaiiU , l'abbé de Castillon le réprouva formelle-^ ment 9 comme un acte aussi gon-
CAS
traire à la religion qu'à la monarchie : le clergé de Lyon fut du même ayis. Les hommes de la révolution en devinrent plus animés contre le grand-^ricaire ; et les massacres qui se firent en cette ville, le 8 septembre 9 par suite de ceux qui vendent de s'exécuter à Paris, ces massacres auxquels il n'échappa qu'avec peine, le dé* cidérent à éviter l'effet de» menaces de la loi de déportation rendue le 36 août , contre les prê-' très non-assermentés. Il s'achemina vers la frontière, et parvint,' quoique difficilement, à Chambéry. Là, voyantl)ientôt les troupes de la révolution se répandre en Savoie, le 31 septembre, et sentant le besoin que le diocèse de Lyon avoit de sa présence, de son ministère et de ses conseils, il offrît à Dieu le sacrifice de sa vie, pour le salut des fidèles qui lui étoient spécialement confiés, et revint courageusement à Lyon , bien déterminé à souffrir le martyre , plutôt qiie d'abandonner le diocèse. 3*y trouvant alors le seul des grattds- vicaires de l'archevêque, de qui il avoit reçu les plus amples pouvoirs , et ne pouvant cependant seul régir un aussi vaste diocèse, il associa aux travaux pénibles de son grand -vicariat^ quelques ecclqfl|stîques capables de le seconder, tant sous le rapport du courage que sous celui des lumières et de la vertu-; capables même de le remplacer convena«*
blément, s^if venoit à tomber luir même sous le fer des persécuteurs.
On ne sauroit dire tout le bien qu'il fit avec eux, pendant la ter* rible année i7g5; avec quel zèle il alloit ranimer les foibles,^ soutenir les forts 'y combien il ramena de chrétiens égarés^ et quels soin» il donnoit aux timides religieuse»
expulsées de leurs cloîtres. La terreur que répandirent à Lyon , après le siège dé cette ville, le»
proconsuk de la Convention , et leur atroce commission révotu^ Piamnaire , ne déconcerta point la sainte ardeur de l'abbé de Gastillon. Quand la prudence l'empêchoit d'aller encourager les catholiques intimidés, il leur écri voit des lettres propres à les fortifier par le langage de la religion n et leur envoyoit ceux des prêtres qui, moins connus, pouvoient aller encore par la ville avec plu»
d'assurance. Lapuissante influence de son administration spirituelle se &isoit trop ressentir, pour qu'il ne fût pas l'objet de recherches très-opinifitres de la part des persécuteurs. Ils découvrirent enfin son asile, au commencement de décembre 1793, et le jetèrent de suite dans les caves de l'hôtel-deville, prison où la commission ré^ votuti4mnairc prenoit plus ordinairement ses victimes. Comme il s'y trouva avec beaucoup d'autres captifs , dont la plupart étoient de» gens du monde , ce lieu fut encore pour son sèle apostolique
CAS
le champ d'une ample moisson pour le Ciel. Bien seconde par un autre prêtre, compagnon dé sa captiYitè {V. Le Bei7Màt)i il y opéra d'éclatantes conrer-* «ions; et c'est à eux qu'on dut> en grande partie , le spectacle admirable de tant de Lyonnais qui marchèrent à la mort ayec cette joie que donne l'espoir fondé d'une rie immortelle. Parmi les prisonniers y se trouyoient aussi des prêtres qui étoîcnt tombés dans le schisme,' par la prestation du serment de. la emittlistion eiviie du clergé; et, tel que ce saint Martyr Plonius d^ Smyme, lequel, dans sa capti- Tité , consoloit ceux de ses compagnons qui, ayant abandonné Jésus-Christ, s'affligeoîentdeleur sort, l'abbé de Castillon disoit à ces prêtres schismatiqoes : « O mes frères I vous me faites éprou- Ter un nouveau genre de supplice; et je souffre comme si l'on m'eftt arraché mes propres mem-« , bres , quand je tois les pierres précieuses du sanctuaire tombées aux pieds des animaux immondes, et la yigne que la droite du Seigneur a?oit plantée , détachée de soa.
tronc , et déchirée par les pàssans 9 suivantleurscaprices. Yenei donc, que je tous enfante de nouTeau au Seigneur; et tous ne serez pas les premiers à qui, malgiré la précédente mollesse de leur Foi, j'aurai fiait traTorser les Toies épineuses et cnîelles par leaquelles on par-