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ALIX (Jeànke), einaple domes'* tique, âgée de 65 ans, servant Françoise de Beauretour dans la ville de Bordeaux, et née à Saint- Martin , près Ludon , dans le district de BordeajiX, concouroit par un esprit de piété avec dix autres femmes, et un porteur d'eau y nommé Pause , à soustraire à la persécution un prêtre catholique de qui elles reoevoient les secour»
de la religion. Les agens de la féroce commission militaire, établie à Bordeaux en octobre 1793^ découvrirent ce prêtre {V. Ca- SÀHx) , et connurent la généreuse conduite de ces pieuses femmes et du bon porteur d'eau à son égard {V. Beauretour, Blutei^
DUBERT, JOURNI, LaUI^AT, LeBSRT»
M1L05, Miuauj:.t, Sauve, Tifrst et Pause). Toutes ces personnes furent arrêtées avec AJix, et on les traduisit le i& messidor an II
ALI
(4 juillet i794)deTant la coilimis** sioD mititaire qui les condamna toutes au dernier supplice. Leur conduite pleine de Foi et de vertu dans cette occasion, n'a pas be-»
soin d'un récit particulier pour être bien connue. £lle est attestée avec détail , et de la manière la plus irréfiragable^ ainsi que Taction religieuse pour laquelle elles furent immolées^ par les juges eux-mêmes dans la sentence qu'ils portèrent contre elles. En Toici le texte:
« La commission militaire,,,,, considérant que Pause et les onze femmes ci-dessus désignées 9 ont» pendant qiuUorze mais 9 re« celé ce prêtre réfractaire ; qu'elles ont aroué à l'audience partage/t ses sentianensi et qu'elles ont refusé d'indiquer l'asile des eons« pirateurs (c'est-à-dire des prêtres cachés) qu'elles ont cependant déclaré connoitre : ordonne , d'après Jes lois du aSyentose (1794) et du 27 mars (1793)9 qu'elles subiront la peine de mort » • Ce jogement est signé au registre :
«Lacombe, président; Barreau ^ Harguerié 9 Lacroix , Albert 9 membres de la commission, et Gissej, secrétaire-greffier». Ou-t tre les lois générales qui autorisoient les prétendus juges à mult^Ker les yictimes, il y en ayoit de particulières pour Bordeaux 9 depuis que la Conyention ayoit désigné cette yille comme le centre ^ du fédéraUsme^ et entre autres la Iqî du 6 août 17939 qui pros*
ALI
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criroit formellement la inajeura partie des Bordelais comme /&^ ratisies. Le décret du 27 mars 1793 dont on se préraloit dans ce jugement9 ayoit mis hors la bi tous les Français qu'il plairoit d'appeler aristocraUs et enne* mis de ia révùlution; et le même décret qui , le 1 2 yendémiaire an II (3 oct. 1 793) 9 ayoit prononcé le renroi des préyenus de conspira-* fions dans la yille de Lyon à ses \ï\hnnsxiTTiv4dutionnaires , ou commissions mUitairés , étoît commun à la yflle de Bordeaux.
Alix marcha au supplice le mèmû jour, et périt ayec ses compagnes et le pauyre porteur d'eau. Par là se yérlfia ce que saint Paul ayoit dit 9 « que Dieu se sert de ce qu'il y a de plus foible , de plus humble dans le monde, pour confondre ce qu'il y a de plus fort ».
Les deux motifs de la condamnation de ces diverses personnes t sayoir: d'une part, le refus d'indiquer les prêtres cachés, ainn que la manière dont elles l'ont fait ; et d'autre part , l'asile qu'elles ayoîent procuré à un prêtre persécuté pour sa Foi, nous donnent lieu de faire observer combien ces deux actes sont glorieux pour la religion.
Ces personnes yraiment héroïques ont imité quant au premier point, sans en ayoir la prétention 9 et par la seule impulsion de leur yertu, ce que fit saint Cypriea lorsqu'il fut sommé par le pro-