‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 2 sur 222 · II · texte numérisé non relu

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sexe, arrêté» pour de pret^ndHB trimes politiques. On les condamnoit, sans preuves, à la mort, comme s'ils en e«6se0t été réeUement coupables ; et ils^étoient maudits conune tek par la pt^ulaee , lorsqu'on les conduisoit au supplice (i). Dans cette ruse de guen*e , nos perseauteurs, malgré tout le génie philosophique dont ils se 4Î6Qieiit pourvus, ji'étoîent donc pas plus inventifs que Ilioclélien ^et , quand il» crurent la raffiner, en suppo<^ sant <pie leurs yictio»es aboient attenté à la souveraineté naticxnaletdans leurs personnes , par des outrages ou par des faits , lis ne faisoient que copier Julien Tapostat ; lei^uel , « afin de priver du nom et de Fhonneur du mai> tyre », ceux .^'U immoloit à cause de leur Foi< vouloit que les juges déclarassent mensongèrement , dans leurs Sentences, qu'ils ne les punissoient que pour les offenses qu'Us awoient faites à son pouvoir suprême (2).

Combien, en effet,, combien de nos Martyrs furent jugés et m]§ à mort, de même qu'au|xefQis le ^aint vieillard Apollonius , et tant d'autros des mêmes temps , comme «perturbateurs de l'cMrdre social , comme ennemi^ de l'Etat , comme conspirateurs , et même

(1) Propû^ituin tM edictutn, qw> cavehatur ut retigionis UÙus Âamiiiiêé termen$i8 auéjeeti essent, tœ quocunqute ordine a%u gradu V£mrent.n.. Cinnprek^fm preséyf^ri ao .nimi^H et m.ne uUa fTohaUonô ac confessione damnati, cum omniint»

suis deduceéantur Pieni car ocres . erarU, ( LacUnUua : De

Mortihus Perseeutorum. n" XHI et XV. )

(a) Idée enén^fnmUes'es^dÙBitt quàd imperatorent oontume- Ua affedssent , atque hœc Uà divuigàri prœcepit, eàm nomen at^luo'éanoreimimm^i^Miveritaiis (lahiê^ (Tbeodorit.

Hist. Eccies. L. III, c. xv. )

( la )

comme étatit des scëiërati dignes de toute la yindiete publique (i) » ?

Dans le Poitou, T Anjou , leMaiiie et là Bretagne , ils étoient envoyés au dernier supplice , ayec ^Finfamante autant qu'injuste qualification de brigands de la J^en^ dée; ailleurs, c'étoit avec la non moins inique et plus perfide dénomination de contre^réçolutionnaires. £h! combien, surtout à Paris, furent suppliciés sous l'absurde prétexte qu^ils avoient conspiré, dans les prisons méme^ , où, faute de griefs véritables , on les avoit renfermés comme suspects {F^of. ci -devant, tom.I, pag. :2i3) , c^est-àrdire comme trop honnêtes gens pour aimer les crimes dt la révolution , et pour approuver intérieurement les forfaits des dominateurs contre lesquels, au surplus, ils ne s^étoient jamais soulevés (2)! Qui ne sait aujoprd^huique ces conspirations n'eurent de réel que leur supposition imaginée par un des agens du comité de salut public^ jaloux de se débarrasser promptemcnt et par un seul coup , d'une immensité d'irréprochables détenus qu'on ne pouvoit condamner pour aucun délit? L'imposture de ces conspirations ne fut-ellepas en- Suite solennellement dévoilée par un homme qui , sans doute, rougissoitd'avoirsiégé, comme membre de la Convention , sur les mêmes bancs que les persécuteuxs (3) ?

(1) Impium et seetestum et seductôrem eum vocans, muito- Twnque rMyrîalmm deceptorem, dignumque esse ah onïniéus ùdio haheri. ( Rufin : De Vitis Patrum. C. xix. )

(a) Et qtuB {sancta Potatnia), tampuMn ehristiana, tem^ para et tyro/nnos insecta/retur propter persecuUûnes* ( Palladios : Historia ad Lausium. €. lu. )

(3) Rapport du député Satùdm à 4a C0ni00n$iùnj le la yentose an III (a mars t795)> pag. 3o.

Parmi les conspirations moins fantastiques , dans lesquelles on inipliqua tant de' personnes vouées à la piété , et d'une Foi incorruptible , il n^en étoit presque point qai, dans leur portion de réalité, ne fût aussi Fœuvre insidieuse des persécuteurs eux-mêmes {J^oy. au tom. I , pag. 4o^)* Tel autrefois Galère, pour exciter Fempereor I>ioclétien aux plus extrêmes cruautés contre les chrétiens , fit brèler son palais , en leur imputant le crime de cet incendie (i)«

Il y eut pourtant, dans notre persécution, des sentences qui furent motivées d'une manière moins vague que les précédentes ; mais ies motifs exprimés dans ces dernières ne sont pas encore exempts de toute équivoque ; et il pourroit en résulter que , dans la suite dès temps , on les trouvât suseeptibles d'une interprétation défavorable aux victimes, si nous ne ieis renfermions pas dans le sens qu'ils avoient alors. Au nombre de ces motifs de condamnation à mort, sont : i®. l'accusation de réfractaire , employée uniquement contre les prêtres ; et 2^. celle et fanatitiuey en usage, non seulement contre eux, mais aussi contre les simples fidèles.

I®. Le réfractaire de 1793 et 1794 n'étoit pas coupable d'autre délit, si c'en étoit un, que d'être resté en ïrance ^our les besoins spirituels des catholiques, malgré la Icn de déportation qui l'avoit banni comme insermenté, c*est-à-dire comme invariablement atta-

( 1) NiMn0^iU,um ad jrf&posUum crudetùHmœ persecutiams ifnpMeTet, oeeuUis minisiris paiatiû suéjecit ineendium. Et eàm pars quasdam, conflagra$$et , chrùtiani argfuôanttir, velut hoste^ puMici, et cutn itigenti invidia dmui cum paiatio c/m9tianorum namen ardeàut. ( Lai^tantius : De Mortiéus Perse^ cutorum. n* XIV. )

ché à la Foû De même que ce saisit Martjr Thëodorit , prêtre de Téglke d^Antioche, qui, lorMfue le conle Julien, oncle de r2^)06tat et apostat eomme l«i ^ mettoit en fuite les ministres du Seigneur^ elfermoit 1m églises^ après ks avoir pUlée$ , re&la dans la. viUe pour le salut de ses^.frères^^ Hos réfradoireM B^étoieH't auâi^i dealeuréf parmi les leurs ^ qqc; pour le& faire partki|^r aiii^ saints mystère^ les entretenir dan» la^ piété, et offnr a¥eceux> au Seigneur, des prières propres à le reâdce £4^wrabl« à la France (i). M^ils- avoient désobéi à une ioi d'iniquité.; et dès lors iW étoient coadaïaaés' à. la mort , pour ce manque d^ obéissance , qui âs^étoil^ eepeudiSlBt pas mft de ces oppositions explicites qa^indÂque le mol. péfrma^ taire ^ comme celle du Martyr saint Iréaée, é'véque de Sirmium, résistant ea face à Tordre q«e le magistrat lui donnoit de sacnfier aipi dieux dq^ paigamsisie (2). ; .â^« \jt f€maJdque ^ ou prasfoC(Xt&Ujf au fimatàsme ^ étoit le prêtre qui avoit parlé le laogagede.cette reHgion de paûc et de charité dont il étoitk. ministre ; et c'est elle-même qu'offi appeloit fanatisme^ ^ comme noiïis» Favons d^'à fait observer* Le célèbre littérateiir La Harpe y qui avoit naguère professé la doctrine des pei^éeuteurs ^ ne

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( 1 ) AudiiM vetà { JuHant» comià Ortemc^) eCiêdiUvm Antto»* chenseni muitiiudinûm awit, el wi^m^i àaéere , q%kmùim oppa^ Tiens clericis^ ipsosgue effugans,. dausit ecùle^in Dêi : ftif perd dispersi erant, unusquisque ubi poterat Ûeo serviehaU Scmetus ver à Theodoritus, mprà memoratœ ecdesiœ presbyur, fwn diêeedens de dvùàt», sefd eongreffmu $iM ^fudêdem frmrts,^ sine ^ceMUiam eotteâiam facUns^, aceeftaéiUê Deo fwmkéa^ oratimeê, ( MâbiHo» : Anafeeta, tom. IV. )•

(a) Ohtennpeiimê ptaseeptie, êoerifiea dUs.,.. Irenewn INO^ BEDIENTBM prœeèpiis in fluvkMn prcteipitari jui^tû. { Ballandiaqi ad diem a5 martij. )

( iS ) pénétrMt pas sesee, depuis sa conrersion, dans leurs iatentioiis yérilafblies, lorsque, parlant de la dénomina-* tion injurieuse donnée par eux à la religion, ilprétendoit que « c'ët<Mt par un reste de pudeur que , dans une rëvolution câœaetërisée surtout par le mépris de toute pu«r deur, ik s^afbstenoient de prononcer le mot religion , et que ce reste de pudeur, dont ik ne se rendoient pa» ciHnptei étoit à la fois in^oloAitaire et réel. Apparem-* ment, continooit-il , ce mot seul de religion, porte en lui un caractère si essentiellement sacré-, si généralement respecté, que ceux mêmes qui la fouloient aux pieds» ciraignoient d^en prononcer le nom, et ne savoient comment Tassocier aux outrages dont ik SRiroient voulu raccompagner (i)>». La yérité «it que les persécuteurs» mieux connus de nous, avoient une voloaté très-^for-^ melle, et aussi librement que profondément combinée, de s^ abstenir de ce mot sacré. Ils savoient trop bien quek sentimens inyolontaices de vertu , quelle crainte d^une vie à venir, il éveille infâiUiblement dans l'âme même des plus grands scélérats dont< ils avoient besoin que la perversité ne connut aucune syndérèse. qui en ralentit la frmésie , pouv hasarder de leur laissa en^ tendre ce mot presque miraculeux, quî eûtpula décon* certer. Ce fut donc pou? qu'elle usât ave^c la plus effrénée licence de tous ^^es affreux moyens en leur faveur, qu'ils n'employèrent que le laotjànatisme ^ qui étoit d'autant plus irritant pour Fatroce engeance dont ils se.servoîentt Q^^9 «n'en ayant jamais entendu par-: W 4» , <omme en convient La Qarpe , elle étoit plui|

mA.

(i) Du Fa/iiatisme dans ta iangtu révahêti^fwrire^ ^Oc, p. 54

disposée à s'en faire une autorisation lëgale aux plus hor-* ribles attentats^ contre ceux qu'on lui désignoit comme fanatiques.

Ils le furent aussi sous la même dénomination , avec les prêtres demeurés catholiques , ceux des assermentés qui, consenrant, par la grâce de Dieu, Famour et le zèle de son culte, au milieu des épouvantables débordemens de Tathéisme , continuoient d^exercer leur ministère sacerdotal, depuis que la Convention avoit proscrit jusqu'au nom de Dieu, et déclaré qu'elle n'en reconnoissoit plus d^autre que la liberté ^ avec la raison pervertie par le crime. Ainsi donc, pour les prêtres, quels qu'ils fussent , prêcher l'Evangile , célébrer le dimanche , dire la messe , administrer les sacremens , étoient autant de provocations au fanatisme ; et, de la part des fidèles , entendre la messe , participer aux sacremens, pratiquer la religion, en avoir seulement chez soi quelque signe, étoient autant dWtes de fanatisme^ dignes de la peine capitale.

Dès lors on comprend quelle fut la véritable cause spéciale de la mort des prêtres qu'on voit condamnés , I®. les^uns, «pour avoir pratiqué des manoéuvresya/iatiques , tendant à exciter la guerre civile » , c'est-à-dire à faire que les hommes de la Foi résistassent, ne fût-ce que moralement, aux hommes de l'athéisme ; sl"*. les autres , « pour avoir semé la discorde dans l'âme des citoyens parles Sirmes dnfanaUsme )> y c'est-à-dire pour avoir prêché que les méchans ne sont point dans la voie du salut, afin d'empêfher les fidèles de s'engager a^'ec les athées, dans celle de la perdition; 3°. ceux-là, « pour avoir prêché \e fanatisme Je plus furieux », c'està-dire pour avoir déployé , quoique sans aucuns moyens

( 17 ) de violence, et par la seule parole de Dieu, le zèle du prophète roipôurlareligion de Jésus-Christ (i); 4**. ceux-ci, « pour avoii* fait des rassemblemens contre-révolutionnaires, sous prétexte de cérémonies religieuses» ou, « pour avoir provoqué à de tels rassemblemens, par des majiœuyres/ànatiijiues » , ou enfin , « pour avoir tenu des conciliàiiviesjanatiijfues y propres k fanatiser la superstition y en y célébrant des messes , des mariages, etc. i>

Dans la première de ces trois dernières accusations , on paribit , à la vérité , de « cérémonies religieuses » ; mais oii évitoit encore de prononcer le mot religion ; et celui de cérémonies avoit alors un sens méprisant qui dégradoit sa respectable épithète , dont , au surplus , l'expression généralisée ne rappeloit pas nécessairement à la pensée la religion catholique en particulier. L'eût-elle indirectement rappelée, c'étoit sans inconvénient pour les persécuteurs , parce qu'ils en avoient déjà fait un objet de haine publique. Ils fortifioient, ils irritoîent même cette haine, en disant que les cérémonies religieuses avoient servi de prétexte « à des rassemblemens contrerévolutionnaires » , qui étoient leplus grand sujet d'effroi pour cette populace comme pour eux-mêmes.

Dans la seconde des accuftations , les rassemblemens étoient rendus plus odieux par la cause divine qui les avoit produits, et les moyens religieux qui les avoient formés. Ces moyens, difioit-on, étoient des manœuvres fanatiques. Or, ces manœuvres n'avoient été que les sentimens de la Foi en action ; et, le plus souvent, ces

(i) Deas Israël,,,., esttraneus facttis sum fratribtis nuis,,.,., guaniam zehis domûs ttue comedit me ; et opproiria exproirar^ tiutn tiéi cedderunt super me. ( Psalm. LXYIII, y. lo. )

rassemblemen&, prétendus contre-reTolutionnaires , nMr tpient que des réunioiis pieuses , en des lieux secrets ; où Ton rendoit à Dieu le culte qu^on lui doit. Comme elles n^avoient eu d^autre but que de faire des actes de religion , c^étoient donc ces actcs-la mêmes que Ton condamnoit dans ces r as^emblemens . Les prêtres et les fidèles qui y avpient été arrêtés vpouvoient s'approprier ce qu-au? trefois saint Denis d'Alexandrie , surpris dans une réunion de ce genre, ^t traduit devant le préfet Ëmilien» comme auteur d'un rassemblement illégal, racontoit des vrais motifs pour lesquels celui-ci vouloitle condamner : « s'il js'abstenoit en apparence de nous inculper direc-r tement sur l'objet de nos réunions , disoit-il , c'est qu'il lui suffisoit de nous traiter d'ennemis de l'Ëtat; etnou^ l'étions à se$ yeux, par cela seul que nous ne professions pas l'impiété des tyrans. Peu leur auroit importé que nous npus fussions rassemblés avec calme , et en esprit de paix 9 comme nous l'avons fait, si ce n'eût pas été pour des actes de religion, car ils voul oient par dessus tout nous empêcher d'être chrétiens (i) ».

Quand les proconsùb eurent, dans leur hideuse franchise, prohibé formellement, sous peine de mort, les réunions saintes, par cela seul qu'elles l'étoient, de même que cela se pratiqua notamment en Afrique et en Syrie, aux temps de Valérien et de Gallieh , de Dioclétien et de Maximien (2) ; ce fut alors qu'on vit se

(1) QUippe haudqùaquam curàbat ^mUianus ne alios cangrègarem; $td id agehat ne ipsi christiatd essem/uSi (Fragment de lettre^ dans £usëbe ; Hist, Eccies. L. VII ^ c. 11.)

(a) Prœceperunt ne in aiiqui^us iocis concUiaùuta fierenf, née çanuteria ingrediantur. Si guis itaque hoc prœceptum no^

( 19 ) moltipKer les condamnations motivées par des é concihahule^Jànatiques , propres k fanatiser la superstition )« : Et il faut que la postérité sache qu^alors en France, comme jadis dans les contrées lointaines dont nous Tenons de parler, il y eut quantité de prêtres courageux dont le zèle pour le salut des âmes ne pouvoit être déconcerté par la menace de mort ; et qui , pour rem-' plir le devoir de leur ministère , réunissoient, non sans prudence , en des maisons particulières , tout autant de fidèles qu'ils en pouvoient admettre , pour célébrer avec eux les saints mystères , les faire participer aux grâces deFEglise, soutenir leur piété dans les teiiribles épreuves où elle se trouvoit , et les disposer à la mort du mar*tyre, dont ils étoient menacés. Alors aussi, et sur |)resque tous les points de la France , comme en 297 à Saraosate , et en 3o4 dans la ville d' Abitine , il y eut des Hipparque (i) et des Emérite (2), qui, malgré de

^ftfUTvaverit^ capite ptecteiur. (S. Cy pr/ Opéra r^c^is^ procon^ sùiaria). — Temporiéus Diocietiam et Miiœirniani, éUlum dia^ boius christianis indixit isto modo 9 ut ritvs saeros cœtusque sanetissimos ceietfrari Domino prohiieret. (Ruinart :' Acta sanctarumSàttiiminif DcUivi, et aUorum Hartyrumin Afriùa , û'I.)

(1) EraS mis in osdiius Hipparchi conctave comnuxtè extruçtufn; cTvtcemquô pinxerant in orientaii ejusdem, pariete, Ihi, antè crucis im>agifiem {Hipparchus et Phiiotheus), conversa ad OTtentem, ore^ Dominum, Jesum Christum quotidiè septies adoraéant. Acddit intéreà ut Jacoéus, Haéihus, Romanuset

LoUianus convenirent Sacerdos Jdcohus haptizavit eos in

nomine Patris et Fiiii et Spiritûs Sancti, eisque corpus et $anguinem, Christi contvnud im/pertiU, (Asseman : A et. Martyr* OrieTUfi^. Partie II, pag. ia4* P^septem Martyrihus Hipparcho, PhUotheo, etc.)

(a) In civitate Aéitinensi, càmietliM concret tuba, demi-

semblables menaces, érigèrent ou permirent d'ériger; dans leur maison, des autels autour desquels beaucoup de fidèles venoient se réunir secrètement , pour célébrer les mystères du Seigneur, et participer à la sainte Eucharistie. En plus d^un endroit ils furent aussi dé-? couverts par Tinfatigable recherche des persécuteurs , et traînés devant les tribunaux comme Favoient été les généreux chrétiens de Samosate (i) et d'Abîtine (2); et en même temps que les prêtres qui présidoient à ces saintes réunions étoient juridiquement envoyés à la mort « pour avoir tenu des conciliabules^na^/^ae^ » , leurs fidèles étoient condamnés avec eux au dernier supplice , les uns , c'est-à-dire ceux chez qui s'étoient faites les pieuses réunions, « pour avoir favorisé des rassemblemens^^z/xa&'^e/ej » , ou comme « s'étant rendus auteurs ou complices de manœuvresyà/za^'^i^e^ '> ; et les autres , c'est-à-dire les assistans , comme « ayant fait partie de rassemblemens^w^z^iyMC^ et contre-révolutionnaires » : ces deux mots étoient des synonymes indivisibles.

nica signa gî&nasi MaHyrts (Satuminus, Dativus et atii) ereœerunt in domû Etneriti; ihiqtu ceieérantes ex mare Damiwieuta aut daminica sacramenta. (Ruinart : Acta sanetorum Satwmini, Dativi, etaiiorumMartyrum, n*" II.)

(1) Satellites Hipparchi cèdes invadunt, ihifue septetn iUos

christianos nacti surgunt omnes, et à sateUititits ducti»

imperatori sistuntur, etc. {Asseman, ut suprà. )

(2) A Coloniœ mcLgistratiims^ atque aé ipso statûmario mir' tite apprehefiiduntur, Saturmnus cum fiiiis quattuyr, et DaH^ vfis senatar, Emerittis, Thelica, Restituta, Pomponia, Mar^ garita, aiUgue triginta septem, (Ruinart : Acta sanetorum Saturmm, Dafivi, etç, inAfrica, n* II.)

Lorsque tous ces Martyrs àvoîent comparu devant les juges, loin qu^aucun d^eux eût nié, ou dissimulé rien de ce qu'on leur reprochoit , chacun^, suivant son rang dans réglise, s'étoit fait gloire des actes de religion pour lesquels il alloit être condamné. Les prêtres, à qui les juges demandoient pourquoi ils avoient enfreint la loi païenne, avoient répondu avec saint Saturnin : «Nous en avions une plus respectable à suivre, celle de Dieu même; et je souffrirai volontiers pour cette loi sacrée les tourmens qu'elle peut m'attirer » : réponse diyine qu'on ne sauroit assez admirer et louer! s'écrie l'historien (i). Les catholiques courageux à qui l'on imputoit à crime d'avoir reçu chez eux leurs frères pour la célébration des saints mystères, répliquoient sans timidité : « ^ous pouvions d'autant moins les empêcher d'y venir, qu'ils ne peuvent pas mieux que nous être clurétiens sans cette célébration (2) ». Enfin, tous les autres déclaroient avec la sainte liberté des enfans de Dieu , « qu'ils étoient catholiques , et que , par cela même, ils n' avoient pu se dispenser de remplir ces de-

(1) Ctd proeanmt : Quatè eontfà frœcÊjrtwn faetetas? Et pre^yUr : Lex siejuêeis tex rie docu, mt/mi. O adfMrcmda sat%8a4>pr{edicandapres6yteHdoetorisdivina reâponsioILegetn sanctissinux/m eticmh in tormentii presbytet prœdica^, pro qua UiûiUersuppUcianutinetat. (Ibid. n"" X. )

(a) Jt vero Emerito : in tua, inquiê proconnU, dcmù coU Uctœ fibcUB êun4 eonêrà prœceptum ? Cui Emerihis Sane^ Spi^ ritu intwdiUiês : In dama mea, inquit, egimus Daminicum {id est eeieéraviimus saera mysteria), At ilte : Quare permit^ teitass ait, iUos ingredi? Respondit : Qtumiam fraires mei sunts et non poteram Utos prohitere. SedpTohitere, vnquit, iHùs debuisti. At iite : Non potui, quoniam Hnc Dominica êsse non pommus. ( Ibid. n** XI. }

voirs de religion , ' malgré ' les lois impies qui leur en avoient défendu Tobservance (i)».

Avoir favorisé de quelque manière que ce fût, et par zèle pour la religion, le ministère des prêtres catholiques , sans niéme le leur faire exercer en sa propre maison , étoit un délit également digne de la peine capitale : et voilà pourquoi vous verrez encore des fidèles condamnés au dernier supplice « pour avoir, disoit-on , servi de diverses manières les complots dear prêtres , et tous les excès dont se sont souillés \es fanatiques ».

Vous en verrez d'autres envoyés à la mort « pour avoir soudoyé lesjànatiques o ; et c'étoient les personne» saintement charitables qui , profondément touchées de la détresse, de la misère extrême à laquelle la révolution avoit réduit les ministres des autels proscrits , leur avoient procuré quelques moyens de subsistance. Elles étoient suppliciées avec eux pour avoir mérité ce témoignage qu^au milieu de leurs souffrances, des confesseurs de la Foi avoient rendu au bienheureux Lucien : « Il nous a fourni des alimens pour soutenir une vie que d'ailleurs on sembloit avoir chargé la faim de nous rairir ; et nous lui offrons devant Dieu des actions de grâces pour des œuvres si glorieuses (2). y>

(i) Qiu^o an catUctam feeeris, si in eotUeUt fuisU: res-^ jnmde. {Et respondit) : Quasi christianus sineDominicû esse possit, atu DanUnicufnsine christiano ceiebraril An neseisin Daminico christianum, €t in christianci Dominicum constitu-tum, ut nec aiterum sine altère valent esse? Cûnh nomen aU" dieris , frequentiatn Dùmifd disce; et càm e&tteetatn audieris , namen agnosce, Coilectam gloriosissimè eetehravimus ; in Do^ ininicum canveninvus semper. ( Ibîd. ti'' X.II. )

(2) Ità iah&rUms nostris refrigerium D^minus per Ludanum

Parmi un assez grand nombirc de pieux laïcs con* damnés « pour avoir entretenu des intelligences avec des prêtres déportes i> , les uns nMtoient coupables dans l'esprit des persécuteurs , que d'avoir étendu leurs charité jusqu'à ces confesseurs de la Foi , qui , jetés dans l'exil , dépouillés de tout , y étoient en proie à la misère ; les autres n'avoient guère eu de correspondances épistolaires avec eux que parce que les ayant eus pour guides dans les voies du salut, leurs conseils étoient devenus encore plus nécessaires à ces âmes fidèles <lepuis qu'ils avoient été forcés de s'en éloigner, en partant pour l'exil.

Une très^grande quantité d'autres laïcs, pareillement de Vun et l'autre sexe , comme. les précédens, furent aussi condamnés à la mort comme << receleurs pu re« céleuses de prêtres réfractaires » (J^. ci-devant, tom. !•'; pag. 220); et c'étoient ceux qui avaient tâché de. les soustraire aux recherches des persécuteur3,.en les cachant dans leur maison. Cette qualification étrsinge qu*on leur donnoit n'étoit impropre à ce point que pour être infamante ; puisque , dans la langue firançaise,' le recèlement ne s'entend que des choses volées; et que ^ compagnon du vol, aussi coupable que lui, il n'est ni moins odieux, ni moins punissable. On eût dit que les prêtres catholiques étoient une proie dont les persécuteurs avoient acquis la propriété pour s'en repaître , et qu'ion leur faisoit le plus préjudiciable des larcins, en les dérobai^t à leur sanguinaire avidité, C'étoit donc

earissintum^nohis prœhuit , aiimentum indeficieiis ùmniéus^mi-' niêtravit : cujus tant gioriasis operiitis^omnes ajmd Deum gra- H(^ atgimwf. (Euinart : Passio SS. Montanif, Ludi^ de. n" IX).

par ce terme flétrissant qu'ils dësignoieiit ; avec une basse malice, Tacte le plus héroïque de la charité chrétienne dans ces affreuses circonstances : action admirable dont Jésus-Christ ayoit donné le courage à ces âmes sen^ sibles , en les assurant que « c'étoit le recevoir lui-même que de recevoir ceux qui étoient proscrits |pour la jus*' tice, et que celui qu^ recevoit le juste en son nom, receyroit la récompense du juste (i) ». Le droit que la mort subie pour une aussi belle œuvre donnoit à la palme du martyre , $u£Bsamment prouvé par cette promeçse dp Féternellç vérifé , a déjà été reconnu dans notre Discours préliminaire (pag. 33 et 34) , et sera plus amplement développé à Tarticle de J*" Alix.

Lorsqu'on trouvera de nos Martyrs condamnés seulement comme « émigrés-rentrés », il faudra bien remarquer qu'ils ne le furent ainsi, qu'après la victoire thermidorienne du 27 juillet 1794» ^t depuis que la persécution avoit adopté les formes astucieuses de. l'empereur Julien. {^ï^oy. ci-devant, tom. P% pag. 3o et 260.) Alors , par une ruse à la perfidie de laquelle l'égoïsme de nos concitoyens les rendit presque indifférens , la faction, reprenant dans toute sa rigueur l'atroce loi qu'elle-même avoît obtenue les 21 et 22 octobre 1.793 (/i/rf, pag. 216), se prévalut de ce que, paj'ies art. V. et XV de cette loi {Jbid, pag. 217 et 21g), elle avoit - fait assimiler les prêtres , antérieurement forcés à la déportation, aux laïcs qui, ayant émigré volontairement ^ étoient condamnés à la mort lorsqu'ils rentroient. Elle

(1) Quifedjdt vos, me recifit; et qui reeipitjustum in no^ minejusti, mercedemjtuti açeipi^. (Math. ? c. x, /• ^o et 4i*)

enveloppa beaucoup de ministres du Seigneur dans cet homicide stratagème. Ceux-là même qui^ s^tant soustraits à la déportation , avoient échappé au glaive de la persécution avant le neuf thermidor^ furent alors frappés sous le même prétexte que ceux qui , dans la trompeuse assurance que la persécution avoit cessé avec Koberspierre , étoient revenus ^ de Texil : c^est-à-dire comme « émigrés-rentrés ». Les premiers étoient ainsi traités , dans la supposition , le plus souvent évidemment fausse , qu'ayant été sujets à la déportation , ils l'avoient réellement subie, et étoient rentrés, comme les seconds , avec le caractère de réprobation que la révolution atta* choit au nom ^émigré; et les seconds ainsi que les premiers , périssoient au fond pour le même motif que ce saint Martyr Basile, prêtre d'Ancyre, qui, sur Finvitation de beaucoup d'évêques catholiques réunis en Palestine , étoit venu, ranimer la Foi dans sa province , malgré les défenses des Ariens (i).

Quant à ceux de nos Martyrs qui sont morts dans les prisons , ou en des déportations plus cruelles peut-être que les éehafauds , nous en avons assez dit dans notre tome I*', pag, 34 — 35.

En terminant cette explication des prétextes divers qui servirent à motiver la mort violente de tous ceux dont nous allons parler, et avant de présenter la liste

(i) Ab episcapis ducentis irigmUbinPaâeHma eoUecHs^juS" sus est fidenter agere, M qui tnagistros hahetU viras sanetos.** Prohibitus haibere viras sanctas.... Rtetanrn earam Deo vitam ducens , annuntiaéat irreprehensihUem ftdci sermanem et mut^ tas redueeéat aé errore. (Acta, cum Codice vaticaDO coUata, in BoQaodistis, admensemmartium^n* i.)

alphabétique des articleis que nous consacrerons à chacun d'eux, il importe de prévenir nos lecteurs que lorsque , dans ces artides , on en verra où la vie des individus qu'ils concernent est exposée de manière à montrer que , par une longue pratique des vertus chrétiennes ^ suivant leur profession , ils s'étoient rendus dignes de la grâce du martyre , il ne faudra pas en conclure que tous çeu^ dont nous n'exposerons paâ les actions , avant les temps d'épreuve , n'aient pas eu une conduite aussi édifiante que les' autres. Nous avons pu nous dispenser de |a décrire, parce que, dans la question du martyre , c'est la fin qui décide du droit à la couronne et aux palmes de la victoire. Il eut suffi à la gloire des pre^ miers de montrer qu'ils sont morts pour la Foi ; et cela doit smffire également à la gloire de tous les autres. , Non, encore une fois, ce n'est pas légèrement et p^r une manière de parler, trop souvent et trop mondainement usitée , que nous les appelons Martyrs. C'est çncore moins par un esprit d'adulation intéressée envers ce qui survit de leurs familles , puisque la plupsirt n^appartenoientqu'à des classes obscures et sans fortune, puisque toute la génération de leur temps semble entièrement éteinte. Quand on nous a vu combattre des abus de. ce genre (Tom. I, pag. i8 et 20); quand on nous a entendu déplorer les licences peut-être non moins abusives de ces siècles d'ignorance et de barbarie ou la reconnoissance de l'ambition satisfaite prodiguoit si libéralement les honneurs du martyre à ses bienfaiteurs assassinés pour des causes politiques (^Ibid. pag. 56 et Sy), on a dû prévoir que nous nous tiendrions en garde contre de pareilles méprises.

La rigoureuse exactitude que nous avons observée

dans Fexposîtion des règles de TEglise à cet éga;rd , bien qu^elles contrariassent nos anciennes et invariables affections , que de longues et cruelles épreuves n'ont pu affaiblir parce qu'elles étoient désintéressées ;^ cette -exac* titude , pénible à notre cœur^ auroit pu servir de garant que , dsaxs la pratique t nous ne nous écarterions pas de ces principes. Ceux par lesquels ils^seroient enfreints, supposé toutefois qu'ils Se fussent distingués par une égale invariabilité, par un semblable oubli d'eux-mêmes ^ auroiént deis sentimens plus vifs que les nôtres, sans que les nôtres en fussent moins purs , ni moins solides. Mais, en écrivant , nous n'avons pu nous déshabituer de U pensée que nous étions encoi^ aux beaux jours de ces illustres Facultés de théologie qui^ supérieures à toute considération mondaine , eussent condamné quiconque auroit, fut-ce involontairement, blessé la saine doctrine* Si ces corps savansv-qui en étoient comme les dépositaires, et les vengeurs, fleurissoient encoi^e au*^ jourd'^i , tels qu'autrefois , ils auroiént sans doute préconisé des premiers la sainte mort des victimes royales, immolées pour des causes politiques r mais souffriroien tils qu'on les qualifiât de vrais Mar^r^ (i), dans le temps même qu'on demande ou qu'on prescrit pour elles des

• (i) On d'est prérala d'un passage de Tailocution, plus oratoire que dogmatiqoe , de Pie VI, de laquelle il a été déjà parié dans nottm DisGouKs préliminaire (pag. 66); mais, dans ce pa^eage où le pape nfavoltpoiat dit affiraiativeixieBt oe qu'on aflirme, on auroit dû remarques la circonspection du tour des phrases » celle des espres* •ions, et k marche des pensées. Procédant aree précaution» le Poptîfe comment par écarter Tidée quil TouliU faire au monarque aucune application directe de oe qu'il dloit dire : Jt hicinUrmiita* mus uli^uaaHém ds Iwlgvieé ioqui* àftkê €#tv >TegtiiaaB»^t^ il

entra dans le récit de la mort de la reine Marie Stuart, et le termina en rappelant l'opinion de Lambertini, lequel, au surplus, s'étoit contenté de dire que «PEUT-ÊTRE il ne manqueroît, à cette mort, rien d^ ce qu'il faut pour constituer un véritable martyre » : 'Nii FO'R-' TjiSSE deerit ex his quœ pro vera martyrio sunt necessaria» Pie tl, partant de cette conjecture, et s'appuyânt de quelques parités , ne. fit que se demander à lui-même « pourquoi l'on n'appliqueroit pas le même raisonnement au monarque dont il prononçoit l'éloge funèbre » : Cur nos eidem non consentiretnus pro marr iytio Ttffis Lvdovici? Certes, il y a loin de cette manière de s'eiiprimer, à une décision :du pape comme cheffU V Eglise, .. ( i]X)aen connoit deux réimpressions faites .en Trance, Tune à Ljonf

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sacrifices propitiatoires? Ah! si par rihéxactitiide de leur l^mgage, les maîtres en Israël (Joan. C. III. '^. lô.) dônnoient, sans le vouloir, occasion de pepser injustement que la Foi pourroit être en contradiction avec elle-même ( ce qui troublerçit la croyance des fidèles , n\ induiroit en erreur ces mondains , si sayans dans tput ^ ■*" excepté la religion , et réjouiroit enfin les philosophes qui la combattent^ ; qui donc rétabliroit cette Foi divine dans son harmonique intégrité ?

On pourra d'autant moins nous accuser d'en agir avec précipitation, quand nous appelons Martyrs ceux dont nous allons parler, que Rome elle-même, du mpin$ià regard d'un grand nombre , nous y autorisa dans plusieurs circonstances, et notamment encore en 1797., Quelles approbatioûs ne furent pas données, sous Pie VI ^ par les Réviseurs et le Maître du palais apostolique, à l'admirable Memoriale vitœ Sacerdotalis , de M. d'Arvisenet, chanoine, et l'un des quatre archidiacres de Langrès, à la tête duquel il n'avoit pas craint de mettre en invocation efifective,, ce que nous ne disons ici qu'en principes (i)! De Rome même, et avec l'autorisation «.«i

du Souverain Pontife , Fauteur, adressant son livre aux

en 18179 chez Rusand; et l'autre en 1801 9 à Langres, chez Claude- Laurent Bournot. Dans la préface de Tauteur, adressée ad SacerdaUs GaUicanos y il ayoit ajouté quelques phrases de consolation aux insermentés qui, par une rétractation suffisante , étoient rentrés dans le sein de TËglise. Auparayant elle consistoit presque entièrement dans ce que nous allons en citer. La première édition avoit été faite à Constance ; il y en eut une nouvelle à Venise , en 1795, apud Laurentium Bor siiium (et nous ayons aussi celle-là sous les yeux). Dans Tinter* yalle , il s'en fit une à Londres , chez Longchamp. L'ouyrage ayant été déposé aux pieds du pape, en 1797 ' ^ réimpression en fut alors autorisée à Rome, d'une manière infiniment honorable , et presque dogmatique. Les approbateurs furent Fr. Xay. Passer!, archevêque de Larisse , vice-gérent (vicaire du vicaire du Pape ) ; Laurent , chanoine ; Lauri, réviseur; Fr. Thomas- Augustin Fellini, de l'ordre des Frères prêcheurs, et réviseur. Le maître du sacré palais apostolique qui , sur leur témoignage, accorda le rHrnprinuUur, étoit Fr. Vincent Pani^ du même ordre. Ces témoignages sont conservés, sous le titre d'^/yprobationes Rarndnœ, dans les deux éditions de France , où Ton a retranché le titre d'EXILË que l'auteur avoit pris dans les précédentes : à Sacerdott Galiicano, di(tcesis Lingonensis EosuU, redactum. On n'y lit plus que à Cicmdio ArvUentt, ^aeerdoie Lingonensi* Il avoit d'ailleurs dédié son livre , par une sorte de restriction , €ul Sacerdateê GaiUcwnas Exules ; et en 1 80 1 , étant rentré ! en France, il l'adressoit d'une manière générale ad Scbcerdotes Ga/L^ f tica/nos. Ce qui est très-remarquable , c'est que ce Memariaie^ avec sa prélace , avoit été fort loué, en 1800, dans les Annales qui , sous la qualification de phiiosophiques , moraies et iUtéraéreê, étoient la suite des Annales cathùiigues ( tom. II , pag. 237 ) ; il le fut encore en 1804, dans le même journal continué sous le titre d^ Annales littl* raires et morales (an XIII de la république, tom. II, pag. 211 ) ; et il ne l'a pas moins été en i8i9eten 1820, dans la continuation des mcmes AwruUeSj sous la dénomination de CAmi de ia Religion et du Roi (tom. XYIII, pag. 4o3; et tom. XXIII, pag. 3o4), quoique» dans cet ouvrage périodique, on annonce chaque année, comme une chose régulière, les messes expiatoires qui se célèbrent dans l'église des Carmes, en niémoire des Martyrs qui y furent massacrés pour la Foif le 2 septembre lyg^* [^^* DiscQuas prélim> pag. 83et suiv. )

prêtres de FËglise gallicane qui échàppoient à là pers^^ cution , et n^ayatit à leur parler que de ceux de leurs confrères qui y périssoient pour la religion, leur disoit avec assurance : « Puisque Dieu , le père de N, S. Jésus- Christ , a glorifié ceux qu^après les avoir soumis à la persécution , il a justifiés dans Teffusion de leur sang pour la Foi , il nous est permis , non simplement de jeter des fleurs sur les tombes et les cendres de ces Martyrs^ mais encore de les invoquer. Bienheureux prêtres! et prêtres trop fortunés, dont beaucoup ont été sauvés dans un instant , en un clin d'oeil, et presque pour rien, par la générosité du Dieu des miséricordes ! Heureuse adversité de la persécution, qui leur a procuré une si grande récompense et une si belle palme ! Heureuses humiliations , qui leur ont acquis tant de gloire ! Heureuses prisons, par lesquelles ils sont entrés dans les palais de la cité céleste ! Heureuse mort , qui leur a donné une vie étemelle » \ Pater DomininosiriJesuChrisU GLQRIFICAVIT quos ih persecutione vocavity et in effiisionesanguinis projide JUSTIFICAVIT. Liceat hicjlorescdiquoi super MAR TYR UMnostrorum tumulos et cineres conjicere. O BEATI! ôfelices nirriis sa^^ cerdotes iUi quos misericordiarum Dominus sic in momentOy in ieUi ocuUy et quasi pro nikilo SALf^OS/ecit ! FeUx tribulatio persecutionis ^ quœ contulit ilUs TAN TAM PALM AM remunerationis l Beatœ contu^ meUçe^ qùcefiterunt ilUs causa GL ORIJE ! Beati carceres, per quos SUPERNA PAL A TIA ingressi sunt! Beata mors y quœ VITAM ipsisdonavit^TERNAM{i)\ Prenant alors le langage de Finvocation formelle

{ i) Prœfatio ad Sacerd0tes GMlicanos EœuUs. Pag. 4-

qu'on permet si difificilement à Rome , l'autemr s^écrioit avec autant de confiaace que d^enthousiasme : « O pères saints, à frères très-glorieux, qui maintenant combles de délices environnez le trône de l'Agneau ! jetez du haut du ciel vos regards ici-bas ; et envoyez des secours à vos anciens confrères , à vos anciennes ouailles , à vos précédens concitoyens ! Hélas ! nous sommes encore dans les épreuve^ et les combats, tandis que vous vous reposez dans la dlouce joie du Seigneur. Aidez , aidez-nous par vos prières ! » O patres SANCTI! ôff-atres GLORIOSIS- SIMIy qui NUNC Jgni tKronum LJETI circidtiSy RESPJCITE DE COELO, et OPEMçestris confratribus^ s^estris avibus^ yestris concivibus MITTITE: Ecce adhuc inter pugnas et pr^eUa sumus , ^m VOS IN JUCUNDIT4TE QUIESCITIS. Nos precibus JUFATE(,\).

« Oh ! combien , aj[outoit cet ecclésiastique plein de lumières et de Foi, combien nous sont nécessaires les suffrages de nos saints Martyrs! car. notre course n^est pas encore achevjée: et, quoique nous. ay ions certaine-^ ment beaucoup souffert, nous ne sommes pas encore entrés dans cette cité du Dieu vivant, dans cette Jérusalem céleste où sont maintenant ceux de nos confrères que Dieu a glorifiés par le martyre. î^ous ne pouvons nous réunir ayprès d'eux , sans de nouveaux efforts et de nouvelles grâces* Les efforts dépendent de nous"; mais les grâces viennent du ciel : et c'est principalement pai" Tintercession de ces Martyrs , qui furent nos confrères , que nous avo^s plus d^ espoir de les obtenir ». Nunc . iterwn serrno ad sk)s.^ 6 venerandi cathoUco^

(i) Prœfatio ad Sdcerdotes GaUicanoê ExuU$» Pag. 5.

romani sacerdotes ! Multa quidem passi estts ^ séd non^ dwn accessistis ad cwitatem Dei çiçentiSj Jérusalem cœlestem. • . . ubi Pat^r Domini nostri Jesu CHristi GL O-

RlFlCjif^lT quos y etc Cursus enim nosternon-^

dàm consummatus est. O s^erè NECESSARIA nobi^ SANCTORUM MAKTYRUM nostroruM SUE- FRAGlA(,iy:

Nous n^ignorpns pas que la jalousie de certsdns pays étrangers , où la révolution française se déborda y sans y trouver de prêtres généreusement résignés au martyre, a cherché, dèsi7g9, à déprimer la gloire des prêtres français qui étoient morts pour la Foi; et, par une conséquence immédiate , le mérite de ceux qui étoient encore exilés pour elle. Le S. !P. Pie VI venoit d'être enlevé de Rome ; son trône étoit renversé, et sa thiare livrée à la dérision publique des impies {ï^qjr. Pie VI), lorsque , sous le titre imposteur de Religieux de Salzbourgs des anonymes répandirent une diatribe contre ces respectable^rexilés et contre nos Martyrs , en dénigrant les brefs de ce pontife. Mais nous savons aussi que ces lâchesautantqu^mpies calomniateurs, furentconfondus presque aussitôt par une réplique savante, dans . laquelle on leurdisoit: « Lesjprétres français exilés n'ont pas besoin de votre consentement pour avoir le glorieux titre de confesseurs y quarts ont déjà reçu de tant d'évêques, en Italie , en Allemagne , dans les Espagnes , en Belgique , en Angleterre et en Irlande ; mais la justice ne permet pas aux confrères de ceux qui ont été immolés pour la Foi , de souffrir que vous prétendiez leur ravir la gloire qu'ils ont acquise devant Dieu par leur martyre, et que

(i) PrasfaiiQ ad Sacerdotes GaUieanoê EçguU$. Pag. 4 et 5.

Jésus-Chriât a comme scellée de son propre sceau, bien qu^ils n'aient pas encore été vindicati par le Saint- Siège. Sacerdotes quidem GàUiarum exides minime luis indigent monitiSy ut ipsi gloriosq Confessoris no mine abstineant^ quod sibi tôt aniistites in ItaUa^ in Germa^ nia^ in Hispaniis, in Bélgico , in AngUa atque Hjberniçt

detulerunt Sed nutta sinit justitia ^ ut cortsacerdotes

suoSy projlde interemptos^ quorum professionem Chris- Vos quasi annulo obsignavit (i), inclfticoram Deo martjrriiglorid à te defraudari patiantur^ licet ah Ecclesia (2) necdum vindicatif uerint (3).

(1) EoB qui jam ex hoc vita per martyrium tnigraverant , notis cammemoroéarUy aieiantfue : Hi sunt Martyres quos in sua confesHone Christus assv/mi voluit, professionem ipsovum quasi annuto obsignans. ( Epist. Ecciesiœ Viennensis et Lugdu-* nensis ad Ecdes. Asiœet Phrygiœ, in Ëuseb. Hist. Eccies. €. 11.)

(a) Saiiséurgensis cujusdam retigiosi in CoUectionetn Bre^ vivim SS. D. iV. Pii Papœ FIj irreiigiosè invecti débita castigatio 1799. Scriptutn Frisingœ, Idibus SextiL, et impressum Augustœ Vindeiicorum, 1800 : in-8*' de 4^2 pages. Foy. la 106*.

(3) Ces dernières paroles empruntées de saint Optât, évêque de Mîlèye, au Ht. I" de son traité de Schistnate Donatistarum (p. 18 de l'édition de Paris 9 in-fot. 1676) , y avoîent un sens encore plus faTorable à la cause de nos Martyrs ; car il ne s'agîssoit pas alors d'une vindicta suivant la forme établie près de huit siècles plus tard par les procédures de canonisation. {Voy. ci -devant, tom. I", pag, 77.) C'étoit par la commune opinion des hommes pieux qu'un Martyr étoil déclaré tel, comme Ta dit un des annotateurs de saint Optât : Vindicatutn Martyretn vocat Optatus qui deciaratus sit eotnn^uni piorum sententia in eatn sutnmam dignitatem, reiatus inter cœii indigéteë: avantage dont jouissent la plupart de nos Martyrs. Le prélat Gabriel de TAubespine, dans ses notes sur saint Optât, reconnoissoit aussi pour Martyr celui qui, ayant péri pour la Foi, n'étoît cependant pa« encore inscrit par TEgUse dans ses diptyques :

Que les ténébreux déprédateurs de llancien clergé Français aient obtenu , les années suiyanl;es , quelques succès équivoques , à la faveur de c^ux qui mirent la couronne de France sur la tête d^un usurpateur; ces succès , affligeans pour TËglise , ne sauroient prévaloir sur la vérité que les interprètes de la Foi proclamoient à Rqme , diaprés les traditions antiques et TEvangile même, quand Pie YI y occupoit encore la ckaire de saint Pierre. Indépendamment de ce que les prêtres y répétoient avec ferveur la prière de notre Arvisenet, ils disoient encore à ce Pontife , en préchant devant lui : « Si le cœur de Votre Sainteté est profondément affligé d'avoir perdu tant de courageux prêtres dont le sang inonde la France, vous avez, Très-Saint Père , la consolation d'être certain qu'ils Font répandu en défendant avec force la Foi de Jésus-Christ. Amisisti quidem^ Bea-

nofuft^m aJb EccUHa in numerum Martyrum retati, narutàm in canonem et in dipytca transcripH. Saint Optât, au reste, faisant ensuite la distinction entre les vrais et les faux Martyrs , selon qu'il oonvenoit en temps de schisme, disoit qu'on pouToit regarder comme de Trais Martyrs ceux qui ayoient souffert pour la religion, s'ils étoient restés dans l'unité de l'Eglise : H suprà mefnoratoê vidtri Martyres vuUis, proéate Uios amasse pactm (Eeciêsiœ), in qita prima sunt fundamenta murtyrii, aut diiexisse Deopla^ dta/m uhitatem,, aut hahuisSe cum fratriéus chariuuem. (L. III, pag. 79). Or, ces Martyrs déclarés tels par le suffrage commun des fidèles, et tous ceux qui pourroient être ensuite dans le même cas, furent dès lors protégés comme les autres contre les hommes jaloux de leur gloire, par le premier concile 4e Canhage en 361, lequel statua ut si guis ad injuriam Martyrum adjungat infandam, si iaïci sint, ad potnitentiamfi redigi; aut si sint eterici, post commonitionem et post cognitianem , éumore privari. ( Gan, I. }

tissime Paier^ tôt JfbriSssunos sacérdotes cjuoràm songuine Gcdlia redundavit : ea tamen Tibi consolatio est quod ùi Christijide defendenda strenue spiritum effuderintÇ^i}».

C'étoit avec le suffrage de Pie VI que , l'année suivante , le savant recteur du collège romain , cet éloquent Joseph Marotti qui deviendra Prélat - secrétaire des lettres latines auprès de ce Pontife, s*écrioit dans un magnifique discours latin, dédié aux archevêques, évéques et prêtres fidèles du clergé de France : « Ils sont des Martyrs, sans doute, ceux d'entre vous dont les persécuteurs ont fait rejaillir le sang sur eux-mêmes. Dans Finfamie qui en est résultée pour eux, quelle gloire, quel triomphe pour votre église, éprouvée comme For dans la fournaise ! Oiii, l'Eglise Gallicane est ornée d'autant de couronnes que ses ministres et ses enfans ont souffert de supplices ; elle brille d'autant de pierres précieuses qu'elle a reçu de Messures (2) ».

Le Souverain Pontife lui-même , reconhoissant que

(j) In funere Ludovid oraiio haéita in saceth Quirinali ad SS.D. ZV. Pium FI, Pùnt. Maoi, à PauiiaLeardif intimoejv^dem Sa/nctitatis siice cuéicutario i ly^.

(a) Ctlm tôt parrieidiorûm sanguine , tôt MARTYRUM casde respersiy^ tôt çonscientiœ stitnuliSs tanto Dei tUtoris furore exa* gitati,.** At verdin tanta hostium infamia, qttœ Ec^tesiœ cfecotai qui triumphi! ^çuœ gioria! Qiue, tanquam aurum in foroaee , tôt iaéoHiyus suheundis expeviendisqûe proôata ; tôt coroniê omata quot crudata stMppiiùiis; tôt margaritis distinctQ, quot iacerata vutneriéus / ( De ostentis DÎTin» potentiœ in Ecclesia his temporibus tuenda: Archiepiscopis, Episcopis, Presbyteris ceterisque in dispersîone <6allicana catholicœ unitatis Martjribus clarid«îai}3. Romae , 1 794. )

ces victimes sacerdotales avoient péri pour la Foi , les faisoitexpressément considérercomme de vrais Martyrs, en même temps quHl combloit d^éloges et de marques d^affection, ceux qui étoient exiles pour la même cause, a Qu'ils sont heureux, écrivoit-il à Tarchevêque de Lyon , qu'ils sont heureux , ceux à qui il a été donné d'échanger les choses passagères pour les biens étemels ! Qu'ils sont plus heureux, ceux qui ont essuyé des outrages, éprouvé de cruels traitemens , ou subi la mort , pour la Foi, et qui, par l'effusion de leur sang corruptible , se sont acquis les mérites du sang inappréciable de Jésus- Christ! » Juxta récentes nuncios ad nos delatosy eojam çenitvexatio^ ut ex utroque clero ecdesiasticibenemultij et aliqui etiam ex confratribus nostris fuerint odio reU^ gionis j aiU in vinctda conjecti , aut crudeliter ad mortem rapti^ atque interempti...,. Ecclesiasticos viros (exules) bénigne excepimus , jugiter prompti ac parati ut^ quantum innobis estj aperiamus eis viscera pietatis y et in eos omnem compassionis effiindamus affectum^ ipsosque cumomnibenejicentiaetgratiacomplectamur. P^iri, quos Dominas elegit , tanquam aurum in fornace probandos y ut Pf^R EOSj impendio personarnim et ret^m ECCLESIM VICTORIA CONSUMMETUR. Felices sunt quibus datum est pro œternis transitoria commutare ; feliciores sunt qui mortem vel corporales injurias sunt experti, et impretiabilem sanguinem Christi suo corruptibili sanguine compensarunt (i).

Ah ! qu'il revive donc après tant d'augustes suffrages , et tant de faits si glorieux pour la France catholique ;

(i) Eplst. II. ad Jrchiepisc. Lugduntnsem» Yvanem Akasandrum* Romae, 12 septemb. 1792.

(3?) qa'il reTive et se montre parmi nous , cet illustre Ëyêque de Carthage qui fut si sublime dans la doctrine du martyre ; et Ton croira quHl est de notre Eglise Gallicane , et que c'est d'elle qu'il parle dans sa lettre aux confes^ seurs et aux Martyrs encore vivans, lorsqu'il leur dît : « J'en suis transporté d'allégresse , et je tous en félicite , à rinstant où j'apprends quel courage vous avez montré pour la Foi, et combien l'Eglise, notre Mère, s'en glorifie. Elle s'étoît déjà glorifiée de cette constance que la peine de l'exil n'ayoit pu ébranler (i) ; mais cette autre confession de la Foi ^ plus périlleuse encore que la première , cjt qu'ensuite plusieurs d'entre vous , restés en France , ou rentrés pour la cause de la religion , ont faite devant les persécuteurs., a été d'autant plus belle , et vous a procuré d'autant plus d'honneur, que s'étant faite devant les supplices ,: elle a été plus courageuse. Vous n'étiez pas demeurés ou • revenus , sans une généreuse et ferme détermination d'être invincibles dans les terribles attaques auxquelles vous vous exposie^ si prochainement ! Parmi ceux qui les ont soutenues avec tant de bravoure, j'en trouve plusieurs déjà couronnés par Dieu même ; et j'honore presque également tous ceux d'entre vous qui, combattant avec eux, ont été enfermés dans les prisons, où, toujours animés de la même ardeur de courage pour les mêmes combats, ils ont conservé leur Foi incorruptible sans se laisser séduire par des illusions , épouvanter par des menaces , ni vaincre par les souffrances. Vous saviez tous, quand vous retournâtes au combat , que tel devoit être dans les camps du Seigneur un soldat de J.-C. ; mais aussi vous

(i) La déportation ordonnée par la loi du 26 aoOt .i^^gsu

avez éprouvé que le Dieu qui réside en nous , est bien plus fort que 1 ^ennemi qui nous environne ; que les maux que celui-ci peut nous faire , scmt moins capables de nous abattre que la divine protection n^est puissante pour nous élever* Précédemment ils en avoient fourni la preuve , ceux de nos Frères qui , réunis comme en une troupe d'élite, et triomphant josqu^à ce que le dernier fût couronné, vons précédèrent comme des chefs dans la victoire, pour vous donper l'exemple d\ine foi supérieure aux tourmehs (i). Non ; il n'est pas dé louanges qui suffisent pour préconiser les uns et les autres ? Est-il des éloges qui puissent dignement célébrer la forcé de votre âme dans la persévéi^ance de votre Foi? Oh! qu'elle est heureuse notre Eglise -, puisque la bonté divine l'a tendue si brillante, et que, de notre temps, le glorieux sang des Martyrs^ l'a si fort illusti'ée (n) ! Déjà la blancheur

(i) Massacre des prêtres 9 en septembre. 1792 : J)iem amarum! (Amos. c. vni, ;i^. lo.)

(2) Exvito icetus et gratuior, Fortissimiaç Beati^itni ^Tatrès 9 cognita fide ac virtute vestra, in quiétts mater Eceiesia gtoriatur. Gioriata est et nwpefr ijuidem cànty confessiofie perstaMe, stMoejfta pœna est quœwniifessores Ohristi fhcit ea^tor- Tes. Confessio Umien frces^ns, p$af^tà in passione fartior, tantà darior et major in honore.. Cravit.pugna^^ erevit et pugnantium, gioria, Nec retardati estis ah acte tormentormn metu, sed ipsis torm>entis mugis estis ad aciem provocati, fortes et stabUes ad m^aximi certaminis prœîium projntâ devotiaiie redistis. Ex quibus quosdam,jam Comperi coaoNÀtos ; quosdam verà ad coronam victoriœ proxitnos; universos auteim quos etgmine giorioso carcer inciusit^ pari ac simili colore virttuis adk gerendtMn certamen animâtes : sicut esse oportet in divinis castris miles Christi, ut incovruptam fidei firmitatem non hla/nditiœ dedpioM, non minœ terreant, fwn cruùiatus ac tar-

des lis se retrouvoit dans la candeur et la pureté de sa doctrine et de ses œuvres ; et voilà que le sang de nos Martyrs est venu la revêtir de pourpre ! Les roses ne manquent donc pas plus que les lis parmi les fleurs de sa couronne.

menta devincant, quia major est qui in ncéis est, quam qui est in hoc mu/n^o. Nec plus ad dejidendum potest terrena pâma quàm ad erigendutn tuteia divina. Probata res est certamine fratrum giorioso qui, ad tormendavincenda ceteris duces faeti, extmpiam'virtutis ac fidei prasbuerant congressiin acte, danec actes succumheret victa. Quihtu ergo vos iaudihus prasdicem , Fortissimi Fratres ? Robur peetoris vestri et persevera/rUioAn fidei quo prœconio vods eoDomem ? O Beatam Ecdesiam Nos-tram quam sic honor divinœ dignationis illuminât; qiumi, temporibus nostris , gioriosus Martyrum sanguis illustrât ! Erat antein operibus fratrum candida; nunc faeta est in Martyrum cruore purpurea. Fioribus ejus nec iHia, nec rosœ desunt. (Epist. ad Martyres et confessores* )

AGNOSCAMUS, CARISSIMI,

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