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Ion, en tyril 1795^, et s'y furent mises en possession de quelques Tilles , Amairi crut à la durée 9 au progrès même de leurs succès pour rétablir en France une autorité tutélaire, et retint dans sa patrie. Mais , lorsqu'en août sui- Tant^ les Espagnols furent repoussés 9 le septuagénaire Amal?i n'eut plus assez de forces pour fuir derechef avec ceux de ses confrères qui étoicnt rentrés ayec lui ( V, J*» Godaill). On le surprit dans sa retraite, et on Taniena prisonnier à Perpignan , où il fut livré au tribunal criminel da département des Pyrénées-Orien^ taies, siégeant en cette ville» Èes juges le condamnèrent à la peine de mort, comme ir prêtre réfractaire, et émigré-rentré » : cette serttence fut rendue vers le milieu de septembre 1793. Le greffier qui vint lui en faire lecture , ne put , à la vue de ce vieillard , retehîr l'émotion qu'il en éprouvoit : «RaSsnrez-vous, lui dit Amalvi, )e meurs pour une bonne cause, et je prie Dîeu de conserver vos jours » . La joie de perdre la Tie pour Jésus -Christ, redonnoit' à ce vénérable septuagénaire la vigueur de la jeunesse. Il consola , il encouragea les compagnons de sa captivité. En allant au supplice, il récitoit le psaume Miseteremei, Detis. Quand il monta sur Téchafaud, il se mit à chanter d'une voix forte le Te Deum, et le continua jusqu'au moment où le fer de la
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guillotine sépara sa tête de son corps.
AMBAINES ( Mabik-Josefhe-^ DÉSIRÉE d'), veuve. {V. M'J*D.
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AMBROISE (BETtÉ-Lovis) , né à Laval, le 1" mars 1720, prêtre habitué de la paroisse de (a Trinité de cette ville, et d'une mopaîc austère, se trouva l'un des quatorze respectables vétérans du sacerdoce, infirmes, ou pour le moins sexagénaires 9 qui 9 aprèf avoir été captifs dans une maison de réclusion où ils obéissoient à Ta funeste loi du 26 août 179^9 furent ensuite immolés ensemble en haine de la religion, le 21 janvier 1794* Comme les tribulations ont été les mêmes pour ces quatorze Martyrs, nous renverrons, quand nous parlerons des autres y à ce que nous allons dire de leur confrère A mbroise. Mais il importeroit, iivant tout, que le lecteur reprît ce qui a déjà été raconté de ces prêtres à la page 545 de notre premier volume. Us étoient ea réclusion à Laval lorsque les Vendéens, passant en cette ville vers Pâques de l'année 1793» les mirent en liberté. L'armée vendéenne ayant ensuite évacué le pays, ils se reconstituèrent généreusement prisonniers , dans la même maison, à Laval : c'étoit au mois de décembre 1795. Dans le cours de janvier 1794? i'» «ubîrent un interrogatoire où on leur demanda pourquoi ils ètoient en arresta-
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tioD. fis répondirent : «Nous n*ea connoissons point d'autre raison que le refus du serment ; et nous ne l'avons pas fait, parce que notre conscience ne nous le permettoit pas. » On leur proposa d<i «jurer qu'ils renonçoient à la religion catholique 9 apostolique et romaine ; de maintenir la liberté et réalité ; de ne reconnoitre en France auctin autre culte que celui àthRaison{i)yi, Unnonabsohi et unanime fut leur réponse à ces abominables propositions. Enfin , on leur demanda s'ib étoient encore dans le dessein d'enseigner la religion catholique, apostolique et romaine : « Oui , dlrent*ils , dès qne nous le pourrons. » Cet interrogatoire servira de base à leur condamnation.
Le ai janvier, on leur intima, dès 8 heures du matin, l'ordre de se rendre au tribunal ; et, avant leur départ de la prison , on les obligea de payer un salaire à ceux qui les avoient gardés. Dix se rendirent à pied au tribunal , entre deux baies de soldats; et les quatre autres qui ne pouvoient pas mar-; cher, à cause de leurs infirmités.
(i) C'est par erreur qu'en ceilains Mémoires^ on a dit qu'il leurfat proposé de ne reconnoitre d'aatre culte que celui de l^Etre-Suprêmey parce qae ce culte ne fut imaginé qu'à la fin de mai suivant^ et qu'à Tépoque de janvier 1794» TathéisTne étoit dans sa plus formidable vigueur.
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furent mis sur une charrette qui se troovoit par hasard dans la rue.:
celui à qui elle appartenoit, fut forcé de les, conduire. Arrivés tu tribunal, on demanda & chacun en particulier, un serment impie qu'ils refusèrent avec horreur, et tous furent condamnés à la peine capitale. La formule de ce ser^ mentétoit, non simplement celui de tiéerté-égatité j celui d^étre fidèie à ta HfwbUque, mais encore de ne professer aucune r^tëgion, et surtout 4a caiho-iique. L'interrogatoire de chacun des prêtres fut à peu près le même quMls avoîent subi précédemment, excepté que l'on fit plus de questions à quelques uns d'entre eux. Quand ces quatorze prêtres, interpellés d'une manière à peu près semblable , eurent tous répondu en dignes ministres de Jésus-Christ, leur condamnation à la peine de mort fut prononcée. La sentence ne se trouve phis que dans quelques placards affichés alors, et que les bons catholiques du pays ont conservés religieusement. Les registres de la commission révolution^ noire àe Laval sont du nombre de ceux que les favoris de la révolution ontfaitdisparoitreen grand nombre des greffes, surtout quand il s'y trouVolt des Martyrs de la Foi ; et voilà pourquoi les noms de ceux-ci ne sont point dans les listes générales, imprimées, des victimes qui périrent en ces temps
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aSVeux. Les jugemeas de ces tri* bunaux sont devenus, si rares , et ils méritent si fort d^être consiig^nés dans les annales de TEglise^ que nous croyons devoir copier en entier celui qui fut prononcé contre les quatorze prêtres du nombre desquels étoit René-Louis Ambroise. Le voici donc textuellement d'après l'affiche :
« La liberté au ia mort 1 — La république française 9 une et indivisible.— ^Jugement de la commission révolutionnaire 9 établie par les représentans du peuple > dans le département de la itfay#nne> qui condamne à mort René-Louis AMB&01SE5 prêtre 9 domicilié de Laval ; Joseph Pelle 9 prêtre 9 domicilié de la même commune ; Augustin - Emmanuel Phiui>pot 9 prêtre de Paris, ci -devant curé de la Bazoug«-des- Alleux; Jean- Baptiste FRIQUEEIE9 ci-devant cordelier, de Laval ; Jean Turpin DU Cormier, ci-devant curé de •ette commune; François IVI16O- RET, de Lassay, ci-devant curé de la paroisse de Rennes -en -Grenouilles, district de Lassay; Julien-François MoRiN, de Saint- Fraimbault- de - Prières , demeurant à Saint- Vénérand ; François DucHESNE, prêtre de Laval, cidevant chapelain de Saint-Michel, même xîommune; André Dvuon, de Saint- Laurent -des-Mortiers , ci - devant . curé de Saint -Fort, district de Château-Gontier ; Jacques ARDii, de Saint-Pierre-la-
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Cour, ci*devant curé de Revessé^.
Vassé ; Louis Gastiveâu , prêtre , de Loiron, district de Laval, demeurant ci-devant au Port-Briet ; Jean- Marie Gailot, prêtre-chapelain de^oLayal; Julien .Houle 5 prêtre, ci-devant curé de Sauge; Pierre Thomas ^ du Ménil-Renfray, ci-devant aumôpier de l'hôpital, de Château-Gontier, tous également du département die la Mayenne. {F. ces noms.)
» Séance publique, tenue en la commune de Laval, le a pluviôse»
an II de la république, et le premier de la mort du tyran.
» Au nom de la république françaiscf , une et indivisible :
la commission révolutionnaire provisoire, établie dans le département de la Mayenne^ a rendu le jugement suivant :
» Vu l'interrogatoire de Louis Ambroise , d'Augustin-Emmanuel Philippot, de Joseph PellA, etc., etc. , etc. , par lequel il est prouve que , requis par la loi de prêter le serment exigé des fonctionnaires publics , prescrit par l'Assemblée constituante , et celui de liberté et é^égaiité9 exigé de tous les républicains français par la Conventioa nationale ; et que, requis encore une fois devant le tribunal, ils s'y sont constamment refusés :
» Sur ce , considérant que ces individus, par le itefus opiniâtre de se conformer aux lois de la république, de la reconnôître, de