‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 40 sur 222 · ANT · texte numérisé non relu

ANT

savoit que d'autres prêtres se cacboient, lui offrant, à ce prix, la vie et la liberté ; ce curé montra la même fermeté, avec la même discrétion , que saint Cyprien en une semblable circonstance {F.

ci -devant, page 64)-; et il fut condamné à la peine de mort avec son confrère, comme «prêtre réfractaire », le a4 germinal an Jî (i3 avril 1794). Ce jour-là mêmie qui étoit le dimaricbe des ftameaux,- il futconduit au supplice dans Taprès * midi ; et , de même que son' confrère , il décon-^ certa, par le courage de sa Foi et la sérénité de son visage, la foule d'impies accourus pour voir tomber leurs têtes ensemble sur le même échafaud.

ANTOINE {Le Père), capucin.

(^. VÉBILtOT.)

ANTOINE (Le Père), grand carme. (F. J^'Savaet.)

ANTOINE (Pierre), cordelier, de la maison de Nancy, dans la province de Lorraine, étoit né à Yagney, dans les Vosges, afu diocèse de Saint - Diez. Ferme et éclairé dans «a Foi, il rejeta la constihrtion civile du cierge, et n'en fit point le serment. Celui de iiéerté^atité ne répugna pas moins à sa conscience. Les administrateurs du département de (a MeUrthe, où il résidoit, le firent arrêter comme insermenté en 1795. 11 fut condamné à la déportation au-delà des mers. On le traîna à Rocbefort oà il fut cm-

AAC

barque sur le nayire te$ Deux Jssodés {V. RocttEFOiiT). Il périt dans cette cruelle épreuve^ à Tâge de 5o ans, le lo ao(H 1794; et aes coofrères rinhumèrent dans 111e à'Aix. ( ro»y. V. Argabi» et C. C. Akdt.)

ANTONIN {Le Père), capufeîn.

(F. P. M. N. Desghamps.)

APOLLINAIRE (Le Père), du tiers-ordre de Saint-François

(P'. J. B. N. HVSSEHOT.) .

APOLLINAIRE {Le Père), capuciii. {V, J. J. MôBBL.)

ARCËLOT (Behigke), simple ouTnertailleur, néàSaint-Reyne, prèsSemuren Aiixois, vers. 17499 y ezerpoit sa profession avec toute la probité d'un chrétien , et montroit une grande fermeté de Foi , au milieu des énormes scandales dont l'athéisme couyroit la Fiance en 1793.' Il facilitoit même aux ministres fidèles de la religion rexercîce de leur zèle 9 et aux catholiques de son canton les moyens de remplir leiu>s deyûirs les plus sacrés. Il fut dénoncé , et )été dans les prisons de Dijon , où il étoH encore lorsque la loi du '37 germinal (16 ayril 1794) suspendit toutes les exécutions dans les départemens 5 et voulut que leurs prisonniers fussent envoyés à Paris {V, Lois et Tbuivm.

aévoL.). Arcelot y fut amené, le jour fameux du 9 thermidor, il étoit encove.dans les prisons de la capitale; mais, quoique Roberspîerre eût péri, Arcelot^ comme

ARG 89

beaucoup d'autres^nc futpas sauvé de tout danger > parce que les Blêmes tyrans opprimoient en-> core la France. On le fit comparoftre le 16 brumaire an III (6 novembre 1794) devant le tribunal révoLuHonnaire de la capitale, qui, bien que renouvelé depuis le 9 thermidor, montroit la même haine contre la religion. Ge tribunal condamna Rénigne Arcelot à la peine de mort, comme convaincu tf d'avoir tenu des propos fanaiiquei et contre-révolutionnaires; d'avoir pratiqué des manœuvres fanatiqtw. »• Arcelot fut exécuté le même jour. Si l'on n'ûvoit d'ailleurs tant d'autres preuves de l'esprit impie suivant lequel jugeoit ce nouveau tribunal, il s(ulfiroit de lire dans la sentence la manière dont y fut désigné le Heu de naissance d' Arcelot , en supprimant du nom Saint^ Reyne le mot Saint. Il y est dit « né à Reyne » , comme pour attester que le gouvernement des thermidoriens conservoit la précédente rage du ilantanisme 9' contre tout ce qui pouvoit rappeler des idées de religion.

ARGHY (Jejln d'), prêtre du diocèse de Rourges, né à Saint- Denis-de-Jouhel, en Rerry, vers 1757, étoit à l'époque de la révolution, chanoine de l'église collégiale de Ghâtiilon - sur - Indre , dans le même diocèse. Les réforpnes révolutionnaires Payant privé de son canonîcat par la supprcs-

g6 AHD

siott deâ cliapitres , 6t sa «oBsfanee dans la Foi cathoUqae Tayant ex« posé à des persécutai», dan* sai proyince, il vint se réfugier à Paris, dans la rue obseore é^ Saint-Nicolas-dut-Chardeanet, oé il crut pouToir rester ig*Qoré ; mais en Ty découTrit.è la fin< de i^g/S.

U fut arrêté comme suspect , et jeté dans la prison dite des Car* met. N -ayant pas de motif por litique bien précis pour secon* der l'envie qu'on ^rott de le. faire périr 9 on imagina de le réunir au grand nombre de victimes que y BOUS le prétexte d*ane conspiration supposée dans ia maison des Carmes, le tribunal r^t^x>/t^tt0fik naire de Pasis devoit envoyer à l'échafaud. La sentence qui le condamna à la peine* deinort , comme €onvpiicô de cette prétendue consr piration, est du ôUiermidor an II {!i3 juillet 1794). Elkiut exécutée le même jour* Le chanoine d'Archy étoit âgé de 5y ans.

ARI>Y (Objulles-Claudb), prê^ tre, chapelain de Sainte - Marie-^ Hadeleinede Saittt-MaixeDtydans le diocèse de Poitiers» étoit né & Saint-Maixent même. Resté âdèle à la Foi catholique, il n'avoit point fait le serment de 1791.

Celui de Uéerté^atUé, prescrit vers la fin de 1792, ne fut pas moins repoussé par sa cooscience.

Les danger» dont 11 étoit menacé dans sa province^ fe firent aller dans celle de Fraadie - Comté ; inais les révolutionoaires du dé-*

ARG

partetnentdu Doués l'y saisirent^ en 1^93. On le condamna à la, déportation iiu<^elà des mers; et on le conduisit à Rochefort^ pour y Être embarqué {V. Rovbbfoit).

U le fut sur ies Deuœ. Associés^ et succomba sous les maiix dont on étoit accablé dans cette espèce de prison. Sa mort arriva le a a septembre 1794* U avoit alors Sa ans; et on rinhoma dans Vu»

Madame. ( V. P. Amtoihs y «I P.. M* AansmLLB.)

ARFBUILLË ( PiEiEErMAKn^ MoTUKi n'), prêtre, chanoilie de la cathédrale de. Reims, né à Felletîn, dans le diocèse deLi** snoges, n!avoit fait aucun des sermons hétérodoxes commandés en 1791 et 1792. Pour se mettre à l'abri de la persécution qu'il voyoit fondre sur lui j dans sa province 5 il aUa se réfugier en Franche-* Comté. Les administrateurs du départen^ent du Doués le déceu* vrirent et l'arrêtèrent. U fut cfon* duit à Rocheforty pour être déporté au-delà des mers ( V. RocHBroar).

Embarqué sur le navire ies Deux Associés, il succomba sous les maux de cette espèce de prison , et mourut 4 l'âge de 44 ^t^ 9 ^^ 9 août 1794* On l'enterra dans l'île é'Aix, Tous ceux qui l'ont connu, en parlent comme d'un ecclésiastique d'un grand mérite.

( F. C. C. Abdt, et Ë. AsTAEvsK.)

ARGICOURT (Miau - Louisb DB FiniEL^ épouse n'), née; à Paris en 1748, domiâliée i, Bor**

ileaoxj et mise à mort daas cette deroîère ville» le i" février 1794 9 parla conpiûssion miUlcdrc q[ui y liaiseit alors tant de victiioe^ poiw coittplaii« à Timpie Can^eotioa 9 aoud est indicfuée par la teneut mêoe de son jugement, comme une Traie Alartyre. Ce fug^nent) oepîé sur i'affîche qui en fut pla-* cardée, par ordre de la oommis^ ùonwiUtair^àt Bordeaux , porte « que ]liaTÎe«*I^ouise Fumel d'Ar« gicourt , âgée de 45 Ans 5 a démoDtré, par ses. réponses devant la commission 9 que le fanatùtne et l'aristocratie étoient si profon-* dément gravés dans son cœur 9 qu'ils, ne pourroient jamais en être efiacés ; qu'elle a?oit toujours fréquenté des fcmatiq%Ae8 , et principalement Cessé (prêtre resté catholique ) ; qu'elle avoit engagé un de ses domestiques à recevoir la bénédiction nuptiale de ce prêtre ; et qu'elle âvoit fourni sa maison, pour qu'il y exerçât ses fonctions , au mépris de la loi; que, dans Fextrmt de mariage dressé par ce prêtre, le a5 juin 1795, il étoit question de pouvoirê à lui donnés ffor ies vieavres-généraux de Mrde Cicé, archevé^tie légitime de Bordeakix ; que , dans son testament (qu'on avoit violé), elle marquoit le mépris le plus profond pour tout .ce qui n'étoit pas dévoué au fiûmatisme et à l'aristocratie »• Sur ces motifs, les juges ordonnèrent, « d'après la Joi du 37 mars 1793, que Marie-

AK.G 9t

Louise de Fumel d'Argicourt subiroit la peine de moit* Signé, au registre, le i3 pluviôse an II (1" février 1794) :' Lacomée, pjrésident; ParmentitTi Mar* guerié , Jncian , Barsac , membres de la commission; et Gissey 9 secrétaire ». Les causes de la mort de cette dame furent donc sa piété , son attachement à l'Eglise catholique , et laprofcssion courageuse de sa Foi dans ses réponses devant les tyrans : or c'est là ce qui constitue le martyre le plus formel. Sa vie avoit été digne d'une si glorieuse morl.

Fille unique d'un père très-considéré, elle annonça, dès son enfance, une grande douceur dans le caract^, avec beaucoup d'esprit; et les charmes de la figure dont la nature l'a voit douée, ne furent point un obstacle à la piété pour laquelle le Ciel sembloît l'avoir fait naître. Elle se la fit pardonner au milieu d'un monde profane, et même à la cour, lorsqu'elle y fut conduite, par suite de son mariage avec le comte d'Argicourt. Peu d'années après ^ elle devint veuve; un fils, seul fruit de cette union, élevé sous ses yeux, à Bordeaux, -avec le plus grand soin , et suivant les religieux principes de sa mère , lui fut encore enlevé par la mort. La tendresse qu'elle avoit pour lui, rendit àa douleur très-vive; mais la Foi vint au secours de la foiblesse de la nature , en lui mon-*

ARG

trant la main de Dieu qui dispôsoit de tous les éyénemcns selon les Yues de sa profonde sagesse 5 et toujours pour le bien spirituel de ses élus. Elle adora cette main qui yenoit de faire à son cœur une plaie si sensible : sa soumission »

sa résignation furent sans bornes ; et sa piété en devint plus yiye et plus pure. Par Tordre qu'elle établit dans sa maison, elle en fit une espèce de monastère sans austérité 9 où Dieu étoit honoré par toutes les actions de ceux qui î'habitoient. Les exercices journaliers du chrétien y étoient faits en commun; et toujours la yeuye d'Argicourt s'y montroit la première. La méditation 9 la prière »

le travail des mains 9 les œuvres de charité 9 remplissoient presque tous ses momens. Ceux qu'elle consacroit à la société 9 ne pou-»

-voient la détourner de penser à Dieu 9 parce qu'il n'y avoit que des gens de bien qui vinssent chez elle 9 ou chez qui elle allât en visite. C'est ainsi que Dieu la purliioit dans le secret 9 qu'il la détachoit peu à peu des choses de la terre 9 et qu'il la fortiûoit pour le jour du combat auquel il l'avoit destîuée. Les sacrifices (fae la révolution l'obligea de faire 9 sous le rapport de la fortune 9 n'excitèrent chez elle aucun murmure. Les seuls regrets qu'elle en éprouva 9 étoient fondés sur la diminution qui en résultoit dans les ressources, qiw les paavres trouvoient auprès

Aie

d'elle. Les mortiAcations partie»* lières que des hommes de la réyo* lution lui firent essuyer 9 en cette occasion 9 ne purent altérer sa douceur, troubler sapiitieflKé, ni la détourner en rien de sa parfaite soumission à la volonté de Dieu. Lorsqiie la persécution eosire le»

gens de bien en yint à ses dernier»

excès 9 dana la ville de Bordeaux, la vertueuse yeuve fut choisie pour l'une de ses premières vie-* times ( y. BoRDEAiix). On Tempri-.

sonna; et son père 9 avec une de ses tantes 9 qui étoit rdigieuse, furent en même temps j^tés dans le»

cachots. En yain elle pria pour qu'on la mît dans celui où étoit son père, afin qu'elle pût assister sa vieillesse 9 et le secourir dans les infirmités dont il étoit accablé :

cette consolation lui fut refusée.

Peu de personnes furent arrêtée»

et détenues avec plus de dureté.

Elle resta en prison plusieurs mois, pendant lesquels elle fut toujours malade ; et ses^oufrrances9 comme la privation qu'on lui faisoit éprouyer des choses les plus néces* saires à la vie 9 loin de l'aigrir 9 la coinbloient de joie. Sa résignation, sa patience 9 son inaltérable douceur, enchantoîent ses compagnons d'infortune. Dans la vénération profonde que tous avoicnt pour elle , ils se disputoientle bonheur de lui rendre quelques bons oifices. Us avoient à vaincre son humilité 9 son esprit de pénitence qui la portoit à refuser les saciifices

ifo^on rotiloit faire peâreUé; maiâ Pintérêt .qu'elle inspiroit étoit si puissant, qu'ils y tronvoient la force de triompher enfin deè résistances de son abnégation d'ellemême. Le jour de sa condamnatiov étant enin mvriré 9 cette Tictime, éprouvée par le feu des inhalatioils, fut plutôt trtffnée que con4aite derant les militaires qui deyoîent' l'envoyer à la mort Quand elle entendit prononcer sort arrêt de mort ^ elle s'écria: «rOmon Dieu! » Et ces hommes de sang 9 croyant al<Mp&que U ièrmeté qu'elle avoit montiiée |u^quc*là se dé-* mentoit^eureol la barbarie de kii reprodier de ne pas soutenir jusqu'à la ÛQy le courage qu'elle venoit de faive paroîtrew «Non, dit alors la sainte veuve, ce n'est point la perte de ma vie qui m'arrache ce cri de douleur : Dieu me fmt une grande grâce de me la demander ^ùwê une n bdle cause ; et je snis trop heureelse é'etre associée, en la perdant, aux Martes de la Foi ; mais c'est sur vous qoe je m'afflige, snr vous qui ne craignes pas d'envoyer à la mort tant de victimes -innocentes ».

Daiis le même instant, elle se mit à genoux, en présence de tous les spectateurs attendris jusqu'aux larmes ; .et elle resta dans cette posture ipendant qu'on lui coupa les dievciux, et même jusqu'à l'heure où on la conduisit au lieu del'exécution. Le trajet, pour &'j.

rendre, se faisoit à picd^ mais 9

comme on savoit que sa foiblesse et ses infirmités pouvoient lui rendre la marche difficile, on lui fit offrir une voiture. Elle refusa ce soulagement, en disant: « Jeaus-Christ, mon divin maître, e«l alié de Jérusalem au Calvaire, chargé du bois pesant de sa croix ; si j'ai trop peu suivi ses traces durant ma vie,j'espére qu'ilm'accordera 1» force de l'imiter dans mes dernier» momens». S'étant levée alors, elle alla, d'un pas î&Tïot et assuré , jusqu'au lieu oH elle devoit consommer son sacrifice; et, sur sa route, elle ne vit que des personnes qui , fondant en larmes, la combloient de bénédictions. Dès qu'elle fut arrivée au pied de l'échafaud, elle se mit à genoux, pour s'offrir en holocauste à Dieu. Le bourreau voulut lui arracher son fichu ; mais, sembbble à la jeune Perpétue, qui, voyant sa robe déchirée par les cornes de l'animal furieux auquel elle étoit livrée, la . rejoignit promptemeot, plus soigneuse de aa pudeur que de sa vie, la vertueuse veuve s'opposa fortement audesseinde l'exécuteur ;et, d'une main sûire, elle arrangea ellemême sa collerette de manière k ce qu'elle ne fît point obstacle au fer de la guillotine. Ensuite , levant les yeux au ciel , elle se livra au bourreau, qui la fit passer aussitôt de cette vie de douleur et de misère , à une vie éternellement biefiheureMse.

Page 1