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AUFFR AY (i>r.. .), prêtre du dîocèse de Nantes , né en la paroisse de Montluc, près Savenay, en 1744 9 y consacroit son ministère à seconder le curé dans ses fonctions pastorales. Quand cehiirci fut obligé, comme non -assermenté, de s'éloigner de ses paroi§sten9,' son coopérateur Auffray, de qui l'on n'avoit pas le droit d'exiger le serment schismatique, crut pouvoir rester au milieu d'eux pour continuer à les conduire dans les voies du salut , selon les principes de l'Eglise catholique ; et il remplaçoit en tont;^ avec beaucoup de fruit, le pasteur qu'ils avoient perdu. La Foi ne cessant pas d'être florissante en ce canton, Auffray fut signalé par les ennemis de la religion. Leur rage devint plus audacieuse après l$i défaite de l'araxée catholique et royale au Mans et à Savenay, verç le milieu de décembre 179S {F. VENnÉE)! Lascif qu'ils aVoient du sang des catholiques, n'avoit pu être assouvie par celui des innombrables vicMm^s qu'ifs avoient déj^ fait immoler dans ces deux villes.
Auffray/ qui s'étoit retiré à Lavallay , p/ès Dol , fut découvert chei l'honnête habitant qui Tavoit re$â
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dans sa maison ; et on Vj arrêta le i5 mai 1794* Déposé d*abord dans la prison de la municipalité du lieu > il y resta presque entièrement sans nourriture pendant plusieurs jours , ainsi que son hôte 9 et la femme de celui-ci qu'on ayoit également arrêtés (F. Beanard). Ensuite on les conduisit tous les trois à Sayenaj, pour y être )ugés par la commission mî/ttaîr^ de cette rille. Elle le condàmna5 le jour même de son arrlyée, 29 floréal an II (18 mai 1794, à être fusillé comme «prêtre réfractaire et brigand de la Vendée». Dans la même journée, il fut mis 'à mort de la manière que le pfescriyoit la sentence.
Les ossemiens de ce yertueuX prêtre furent inhumés au lieu de son martyre ; ils y restèrent jusqu'au 24 septembre 1816, que la piété des fidèles vint en faire religieusement Texhumation. Ces précieuses reliques furent portées ayec vénération à Nantes ; et plusieurs curés des environs assistèrent à cette pieuse translation.
AUGAN (iV. . . )> prêtre, religieux capucin du diocèse de Bazas, né à Sàinte-Bazeîlle , près Marmandè en Bazadois, département de Lot et Garonne 9 étoit regardé, non sans motif en 1795, comme un prêtre insermenté , c'est-à-dire inébrani^le dans les principes et les pratiques de la religion catholique. Il fut à ce titre , mis en prison» jet envoyé à Blaye pour
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être déporté avec beaucoup d*au« très i la Guiane {F. Bordeaux).
Le souterrain du fort de l'île du Pâté dans lequel on le jeta, en attendant l'époque de l'embarquement, étoit ml supplice qui ne pouvoit lui pennettre de vivre [usqu'alors. Ce fut dans cet affreux cachot qu'il expira, le 27 pluviôse an II (i5févri(;r 1794) 9 à l'âge de 57 ans. (I^.AvmjREAvetP.AiJssEiA) • AUGEARD(iV...), prêtre qu'on trouve nommé Augard sur le re« gistre de l'état civil de Paris , parmi les prêtres non-assermentés qui furent massacrés aux Carmes le a septembre 1792, est appelé Augeàrd dans la liste des mêmes victimes que renferme rjETi^^nf^e de la Révolution du \o €uyàt 179a, publiée à Londres en 1793, par M. Peltiér. Nulle part il n'est désigné ni par- ses qualités , ni par son nom de baptême.
Gonmie en quelques listes des membres de l'Assemblée Constituante on voit un député du clergé d'Angers, archiprêtre et curé d'Andard, nommé Augeard^ que d'autres listes du même genre appellent Ràngeard, on poulToit croire que c'est de lui que le registre mortuaire veut parler. Mais ce curé Augeard avoît adhéré par sa signature , le 6 décembre 1790, à l'opinion hétérodoxe du député réformateur Camus, énoncée daivs l'assemblée , le 27 novembre précédent, en faveur de la constitution dviU du
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clergé. Il est yrai cependant de concert avec d'autres prêtre» qu'on ne le Tit point ensuite captifs de Jèsus-Ckrist, il se préparmi les ecclésiastiques doutés paroit à la mort; etj le jour où il qui, eq janTîer suivant » y )urè^«nt dcToit la recevoir étant arrivé , il avec une scandaleuse solennité se présenta courageusement au cette couvre dé scUsme et d'hère- martyre, s'estimant heureux de sie. Seroit-U reyenu dès lors à répandre son sang pour la cause des sentlmens ortodoxes ? AurrOit* de l'ISglise catholique, il été regardé par les noyateurs AUGEARD (Micbbl-Jeak-Macoœme prêtre insermenté, et par mis) , curé de NoirUeu. ( V. U. J. conséquent digne de leur haine P M. Ogju&d. ) 3'agiroit-il ici plutôt d'un prêtre AUGER (Piehub), prêtre de nommé Augard , qui étoit secré- Rouen , très-distingué par ses vertaire du grand-vicariat de Rouen , tus, et né à Fromontel, près l'ahcomme nous l'apprend iaJProfice baye de Foucarmont, dans le dio- EccUsiastiqu^ d& 1789? Nous cèse de Rouen > montra toute la penchons bien davantageà nous en fermeté d'un bon prêtre catholique rapporter à une liste de "victimes contre le schisme de 1791. Il ne sacerdotales, io^prîmée à Rome, fit aucun des sermens prescrits en 1794 9 ^ 1a suite de l'ouvrage par l'impiété révolutionnaire, dont il ;Sera parlé , â l'article Au- N'ayant point été fonctionnaire gîcr, et dans (^quelle 011 lit : public, il se crut dispensé de sortir « Augeard, vicaire de la paroisse de France, suivant la rigoureuse de S, SaureujT j ék Paris ». C'est à loi du a6 août 179a, et resta dans Jui que paroisseat appartenir plus sa province. On l'y arrêta en 1 793 ; spécîalemeot les circonstances de et il fut condamné à être déporté la mort du prêtre app^elé mal à au-delà des mers. ïrainé à Rochepropos Augard, et qui avoit ma- fort, et embarqué sur tes Deuso nilesté un attachement inflexible Associés ( F. Rocbbfokt ) ^ il à la Foi dei l'Eglise catholique, mourut dans cette espèce de sup- Peu de )OUFScqprès la fatale journée plice, à l'âge de ^o an^^ le it dii ip août, le prêtre Augeard août 1794 : on l'enterra dans fut arrêté comme insermenté, et Tile dAix. ( F. G. Ausignt et esufermé daivs l'église des CoArmes P. Aurblle. ) -( f. Septbiibev.). Quoiqu'il prérit AUGIER {n...), ^rchiprêtre et bien qu'il étoit destiné ù une mort curé de Hontmojrillon, dans le prochaine et violente, sa fermeté diocèse de Poitiers, yiokmment n'en fut point ébranlée ( J^, Uvr .piersécuté à cause de son refus du jLAv)^ Elle se fortifia même dans arment delà constUu$ian civUp les pieux exercices par lesquels, du cUtgiy mourut en 1793 1 des
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maoTais traitemens que cette per^ AUGUSTIN {Sœur Saint- ) ,
âécution lui avoit attirés. Nous la religieuse. ( V. Àfs** Bohveubt. ) trouYons cité comme Martyr 9 à AURËLLE (Pibme i>'), que
la suite de la traduction française mal à propos dans quelques listes
d'un très-beau discours latin, pro* on a nommé DoreU étoit un cha-
nonce à Rome avec un applau- noine prêtre du chapitre noble
dissement général en 17949 par de Saint- Pierre de Mûcon, Il
kméme M. Marotti, ex-Jésuite ^ avoit reçu le jour à Croupières ^
aiora professeur d'éloquence au dans le diooèse de C)ermont en
(kdlége Romain , qui devint en«- Auvergne* Après la dissolution de
suite prélat et secrétaire des lettres son chapitre > en 1791, il conti-
latines de Fie YI dans son exiL nua d'habiter le Maçonnais , qui
Cette traducfion, faite à Rome par lalsoit alors partie du départe-^
M. l'abbé d'Auribeau, et imprimée ment de Saénc et Loire. Comm^
danscettecapitale du monde chré- les autorités extrêmement révo-
tien, lamême année, est intitulée: lutionnaires qui subjuguoient
Sur ie9 Prodiges fKbr lesquels U cette province, le. firent mettre
Seigneur a manifesté sa toutes en prison dès le oommence*-
fntissanee 9 pour la défense et ia ment de 1795 9 nous sommes
gUnre de son Eglise en ces derr autorisés à croire qu'il avoit cons-
niers temps. L'original, publié tamment résisté à leurs vues im<-
sous les yeux du Pape , étoit dédié pies ; et cette conjecture acquiert
au clergé de France : Quam, Jor la consistance de la vérité quand
sephus Maratti rector decuria^ nous le voyons 9 à la Un de cette
4isCotUgii Romani seripsit,ei -année, traîné k Rochefort pour
Clero GaUioano Ecciesiœ pro^ <4re compris. doUta la déportation
jmgnatori ae vindici dedica*- maritime des prêtres fidèles à leur
vit :- jirchiepiscopis, Episeo^ Foi et à leur sacerdoce ( F* Ro*-
jfis, PresAyt&ris,e€eterisque,in cavoaT). I^e chanoine d'Aurelle
dispersione Gallicana, catho- fut embarqué en mars 1 794 , sur le
Ueœ unitc^is MJRTYRIBUS Washington ^ où, après avoir
ciarissimisy et auotoritatis Ro-- supporté quelque temps avec assez
manœ invictis assertçriéus ; de force les maux de cet embar-
iSomiss, 1794* Nous en avons déjà quenent, il tomba dangereuse-
parié ci -devant^ page 55. ( V. ment malade. Il mourut en oc-
i. A. AanBÀV et M. Bas». ) tobre 1794» à l'âge de 5a ans, et
AUGUSTIN (A$a$vr Saint*) 9 fut enterré dans l'Ile Madame.
religieuse^ ( ^. M* C^« LmoiNB. ) Les notices que nous avons reçues
AUGUSTIN (1,6 jPère),capu- d'un compagnon de sa déporta-
cin de Lyon. ( V. C^oviliagukt. ) tion qui faii survivoit, appliquent
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à ce chanoine une remarque qu*il rendoit commune à tous les dé-> portés de Mâcon et à la plupart de ceux de Verdun et de Toul^ saToir qu'il « ignoroit si Pierre d'Aurelle étoit assermenté ou non ; mais qne la charité ne permettoit pas d'en douter »• Les autorités citées dans notre Discomas pré* lim. y en faTeur de ceux qui sont envoyés à la mort en haine de leur Foi , Tculent que nous comptions cet ecclésiastique au nombre de nos Martyrs. ( V. P. Av€i& et
J. 9. AVZÂIIBT.)
AUROUZE (GcimE), négociant de Lyon , étoit un lau) d'une piété exemplaire, s'adonnant singulièrement aux œuvres de charité. Il étoit peu d'indigens à qui il n'eût procuré des secours; et ces secours étoient toujours accompagnés de pieuses consolations et d'encouragemens à la vertu. Pendant lesiihismé de r£glise consti* tutionnelle, il rendit les plus émi- Aens services aux prêtres fidèles et aux catholiques en proie & la persécution. La part qu'il prit à la défense de la ville , suivant sc;s principes 9 son caractère, ses pen* chans et ses moyens, lorsqu'elle étoit assiégée par les soldats de la Convention, lui valut d'être arrêté peu de temps après le siège ( V. Ltok). Quantité de bons citoyens travaillèrent à sa délivrance ; mais les forcenés de son quartier demandoient sa mort avec une fureur toujours croist-
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santé. Ils imaginèrent de rappeler que, deux années auparavant 9 dans l'Eglise paroissiale de Saint- Nizier, Aurouze avoit pris parti pour un prédicateur (l'abbé Linsolas, depuis lors vicaire -général principal du diocèse) contre lequel une multitude d'impies y fai*^ soient une émeute ; et le président du tribunal, après lui avoir fait des questions à ce sujet, conclut par lui dire : « Tu es donc fana^ tiqti0?n Auroùze répondit : «Je serai tout ce que tu voudras; mais je suis catholique » . Aussitôt il fut envové à la cave ou prison de mort. Conduit au supplice le lendemaiii, il y marchoit avec sérénité, saluant même les personnes de sa connoissance qui se trouvoient sur son passage* Un étranger qui le vit passer 9 ayant dit assex haut avec étonnement: «Voyez comme ils vont avec gaîlé à la mort » ! Aurouze qui l'entendit lui répliqua aussitôt : «Iln'j a nulle raison de s'attrister quand on va à la mort pour sa Foi » . Réplique admirable qui renfermoit tout ce que le saint martyr Maxîmilien, aussi laïc, avoit dit aux chrétiens en allant à la mort :
«Que peut-ron désirer avec plus d'ardeur que de voir Dieu I Faites donc promptement tous vos efforts pour obtenir qu'il vous accorde une ' couronne semblable à la mienne » : Et càtn dueeretur ad iocum , sic ail : Fratres di^
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ttstis virtute, avida cujriditau ftropercUe, utDaminufnvoiis videre cotuingat , et taiem etiatn vains coranam trihvtat (Ruinait, Acta S, MaadmiL Uartyris ). Ce fut ayec cette paix et ces sentimens qu^il consomma son sacrifice , le 3 pluviôse an II (2!! janyler i794)9Àrûgede6oans.
(r*. J. AUBIBA et P. AUBOVZB.)
Al}&OUZ£ (Pibbab), prêtre, habitué de l'église collecte de Saint -Nizier de Lyon, figé de 42 ans, et atec qui nous ayons fait une partie de nos études théologiques au même séminaire, étoit un de ces ministres d€(^ la religion, qui réunissoient au plus grand zélé , la yie la plus édifiante.
Il se distinguoit surtout par une émioente charité. Gomme il étoit vénéré par ses concitoyens , Pun d'euxle fit délÎTrejr la première fois qn*il fut arrêté, après le siège de cette Tille, quoiqu'il eût fait au commissaire interrogateur , des réponses qui dévoient le perdre.
« Pourquoi es-tu arrêté » P lui avoit dit celui-ci; et Aurouie avoit répondu franchement: «Parce que je suis prêtre 9. — a Mais, as -tu prêté le serment? — Je n'ai fait aucun de ceux que la révolution a imaginés ». Il fut arrêté de nouveau bientôt après, le 14 novembre 1793 {y, Lton), sans qu'il y eftt de nouvelles charges contre lui ; et les juges demandèrent au comité révidutionnaire qui Tavoit privé dé sa liberté^ quels
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étoient les délits qu'on lui imputoit. Ce comité répliqua : «Il est prêtre ; c'en est assez ». Quand il comparut devant le tribunal de sang, on lui répéta les questions qui lui avoient été faites précédemment par le commissaire interrogateur ; et il répondit de même. On y ajouta celles-ci :
« Veux-tu prêter le serment de êiéerté - igaiité? — Non. — «Veux-tu donner tes lettres de prêtrise?— Non». Aussitôt il fut condamné à la mort, comme « prêtre réfractaîre et contre-révolutionnaire » ; et on l'envoya dans la cave de ceux qui étoient destinés à périr. £n attendant sa dernière heure, dans ce triste lieu, il travailla au salut des autres condamnés qu'il y trouva, confessa plusieurs d'entre eux, et en convertit deux qui avoient été de violons persécuteurs, au temps du triomphe de l'Eglise constitutionnelle. Il eut le temps encore d'écrire à ses parens, une lettre pleine d'une sainte joie. G'étoit vraiment dans ce fervent ministre du Seigneur « cette même force d'âme, que saint Léon admiroit dans un célèbre Martyr des premiers temps, et qui, inspiré principalement par l'amour de J.-C, non seulement ne cédoit pas aux sollicitations impies de ses juges, mais confortoit encore les autres par son exemple et ses discours ( i).
(i) lUa nUrMUs ammi/ortitudo dé