‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 72 sur 222 · fiiil · texte numérisé non relu

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gers pcHir y «ire livré à la commission tnUUaire, qui égorgeoit sans distinction comme « &oatrc^ révolutionnaires et brigands de la Yendée » toutes les victimies qu'on lui âmenoit Ce fut ainsi qu'elle envoya cet ecclésiastique à la mort^ le 11 frimaire an II (i" décembre 1795).

BELLETRUX ( Nicoias ) , inscrit Bettereux sur le registre mor»

tuaire de Thôpital de Blaye » en ^79^9 où il est dit prêtre 9 cha* noine de Téglise de Sainte-Croix d'Orléans, c'est-à-dire de la cathédrale » est dans ta France Ecctéf siastique de 1789 sous le premier de ces noms qui est plus exact. Nous savons qu'il étoit né à Digne, en 1758 ; qu'il avoit été en 1780 chéfecier de la collégiale de nieung, dans le diocèse d'Orléans, avant d'être chanoine de la cathédrale , et qu'il ne le devint qu'en 1789. Sa conduite, dirigée par la Foi, le faisolt regarder avec raison comme digne du sort réservé par les persécuteurs aux prêtres non -assermentés. Il fut arrêté comme tel, en 1793, et conduit à Blaye , pour en être déporté à la Guiane ( V. Boa* DEivx). Le s. préparatifs de l'embarquement ne purent être achevés que vers la fin de l'automne, trois mois après ce 9 thermidor qui promettoit tant de Justice et d'humanité. Dans l'intervalle, le chanoine Belletrux qui souffroit des maux inouïs dans les souter-

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rains du fort de l'île du Fâté-de- Blaye où on l'a voit emprisonné , succomba sous le poids de ses douleurs. On le transporta marî«bond à l'hôpital de Blaye; et il y vendit son dernier soupir, le ao thermidor an II (7 août 1794)9 à l'âge de 56 ans. {V. F. Baiidvul et.J. Bbssier.)

BELLIVET ( PiiXKB - JxâN ) , prêtre , vicaire de Rostemen , dans le diocèse de Quimper, et né au même lien, ne fit aucun des sermens que l'impiété révolution* naire exigea des prêtres en 1791 et

1792. Resté dans sa province qui •faisoit partie du département des CéUi^v^Nord, il y fut arrêté en

1 793. On le condamna bientôt à la déportation maritime, comme insermenté , et comme sélé ministre d'une religion sainte qu'on abhorroit. Il fut conduit d'abord à Nantes,puis à Lorient {V. Niàvas) , et enfin à Rochefort. On J'y embarqua sur le navire ie$ Deux Associés (^. Rocbiport). Cette déportation fut un long supplice dans lequel il succomba , le 1 5 août

1794. à l'âge d'environ 5oans« Ses confrères l'inhumèrent dans l'ile à'Aix. ( V. F. Beavab et iV...

Beltrémieux. )

BELOUET (Jeah-Baptwe), né à Touerne, en 1781 , étoit curé de Cramey -sur -Ourse, daiis le diocèse de Langres, et n'avoit fait aucun des sermens révolutionnaires. Il s'étpit soustrait aux persécutions des années 1791 et

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suivantes , jusqu'en 1 797, lorsque^ revenu dans sa paroisse, et y exerçant avec confiance ses fonc* tions pastorale») il vit éclater la catastrophe du 18 fructidor (4 septembre 1797). Une loi 9 rendue ' le lendemain 9 ayant condamné les prêtres soi-<lisant réfrctctaircs à être déportés à la Guiane (F. GuiÀirs], Belouet fut arrêté et conduit à Rochefort, où on l'embarqua sur la frégate 4a Ohorrente^ le iq mars 1798. On le fit passer, le 25 avril suivant, sur la frégate la Décade qui le transporta à Gayenne. Il y débarqua au milieu de juin suivant , et de là fut rélégué à Konanama. Pour éviter la peste qui y moissonnoit ses confrères , il lui fut permis de se retirer avec trois d'entre eux dans une masure du même dé^ sert, au canton de Makouria.

Voulant cultiver pour ses besoins cette terre homicide, il fut Buffo* que par les vapeurs mortelles qu'elle exhaloit, et mourut le &o septembre 1798, à l'âge de tfi ans. (F*. À. BÉGHEikBL et G. M.

Bebosk. )

BELTRÉMIEUX ( 2V. . .) ' chanoine de Roye, dans le dio«cèse d'Amiebs, et natif de LaRo*chelle, ne fut point détourné de sa fidélité à l'ancienne discipline et à l'ancienne doctrine de l'Eglise eatfaollque, par l'établissement de k constilution civiic du clergé.

I*l'ayant pas été fonctionnaire public, il crut pouvoir se soustraire

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aux rigueurs de la loi de déportation du !i6 Sfoût 1.799 ; et son désir d*être utile aux fidèles du diocèse, comme la répugnance d*une expatriation , le firent rester dans la province. Il y fut arrêté, avec une multitude d'autres prêtres, lors de l'effrayante mission du jeune conventionnel André Dumont, dans le département de la Somme. Gependant , ce ne fut que plusieurs semaines après que ce proconsul, horriblement extravagant, eut délivré ce pays de sa présence , que Beltrémieux fut envoyé, le aS mai 1794 9 avec dix autres prêtres, à Rochefortt pour être déporté au - delà des mers. Après avoir été d'abord enfermé dans le navire te Ban^ homme Richard ( F. Là Rochelle), il passa sur la flûte (es Deux Associés. Les sentîmens de piété, de résignation et de Foi qu'il y manifesta, ne purent être vaincus par les horribles souffrances de sa situation {F. Rocrbtobt), quoiqu'elles l'emportassent 6ur les forces de son tempérament. II y succomba, à l'âge .d'environ 48 ans, et fut enterré dansj'ile d'Jix.

Il paroitra suq»renant que Beltrémieux et ses dix confrères n'eussent pas été avant le a5 mai envoyés à Rochefort pour cette déportation , et même guillotinés pendant -que le proconsul André Dumont répandoit-la pkis épouvantid»le terreur atbéiste dans le

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département de la Somme; car il n'y étoit plus à cette époque. Nul proconsul n'égala celui-ci 9 dans l'impie ftrénésie des discours, des menaces, des rapports; et nul ne fit périr moins de yictimes. Il y ûvoit été envoyé le 28 juillet 1 795, avec l'ex-capucin Chabot 9 aussi membre de la Gonyention. Celuici en fut rappelé le 4 septembre «uiyant) alors que la faction des Cordeiiers exerçoït sa plus grande influence ( F. Nevees et A&&às }.

Dumont) qui resta seul proconsul dans les départemens de la Stmims et de VOise, parce qu'il lui paroissoit plus digne de confiance 5 s'efforça de la justifier 9 sans avoir toutefois des intentions décidément sanguinaires. Tout ce qu'il pouYoit dire et faire d'impie 9 il le disoit9 le faisoit avec le plus grand éclat. Déjà dans la confidence de la loi des suspects, qui ne fut décrétée que le 17 septembre 9 il l'exécutoit d'avance 9 écrivant à la Convention 9 dès le 6 : «Les arrestations des gens suspects se continuent » ; et 9 trois jours après 9 lui annonçant avec joie « qu'il avoit fait emprisonner un grand nombre de prêtres âgés ou infirmes qui 9 conformément à la loi du 26 août 1792, étoient en réclusion dans une maison du déparlement » 9 il disoit : « Soixantequatre prêtres itiserm^ùntés vi- Yoient ensemble dans une superbe

maison nationale Je les ai fait

lier deux à deux 9 et traverser ainsi

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la ville 9 pour les faire enfermer dans une maison d'arrêt. Cette nouvelle espèce de monstres, qu'on n'avoit pas encore exposée à la vue du peuple, a produit ici

un bon effet Indiquez-moi la

destination que je dois donner à ces cinq douzaines d'animaux» de bêtes noires 9 que j'ai fait exposer à la risée publique; et c'étoient des comédiens9 alors de garde, qui étoient chargés de les escorter » .

Fidèle aux vues de la faction athéiste {V, Lois et Triboriux BÉvoLUTiONNiiBES ) 9 André Ihimont n'épargne pas plus les prêtres constitutionnels que les autres. Il écrit, le i3 septembre , à la Convention : a Desbois , évêquc ( constitutionnel ) de ce département , vient d'être suspendu publiquement de ses fonctions, et en voyé à la maison d'arrêt.

Ce qui rend la chose plaisante, c'est que ce prêtre constitutionnel est aujourd'hui réuni aux réfracr taires » .

Par une nouvelle lettre du % octobre , à la Convention , il lui disoit : « J'assomme le fanatisme » • D'Abbeville, où il se transporta, illui écrivoit, dans le courant du même mois : « J'espère que bientôt le paiement des prêtres , en ce département, ne montera pas haut ; car je vais tâcher d'assommer le fanoHsm^e, et de le faire disparoître de ce pays » . Le i** brumaire aa II (22 octobre 1792), il adressa de Péronoe à la Conven*

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tion» une nouvelle lettre 5 dans laquelle il s'exprimoit ainsi : « Nouyelle capture! d'infâmes bigots, des prêtres réfractaires , vÎToient dans des tas de foin, en la ci-devant abbaje du... ; leurs barbes longues sembloient annoncer (non combien étoit affligeant le sort auquel la terreur les avoit réduits) , mais combien leur aristocratie étoit invétérée. Ces trois bêtes noires 9 ex-moines 9 ont été découvertes cachées... Pour tuer le fanatisme, je viens de requérir l'arrestation des prêtres qui se permettoient de célébrer les fêtes ou dimanches.

Je Élis disparoître les crucifix et les croix ; et bientôt je comprendrai dans la proscription les animaux noirs appelés prêtres » .

Obligé 9 dans le cours de sa mission 9 d'aller recevoir des instructions au comité de saitit public, il vient annoncer à la Convention « que la meilleure réplique qu'il puisse faire à ceux qui l'accusoient de s'être brouillé avec l'Étemel 9 sera d'envoyer 9 à la première réquisition 9 trois à quatre cents saints d'argent 9 qui viendront se présenter à la barre, et y jurer d'aider à exterminer les tyrans»

{V. Devers). Il paroît parla que Dumont avoit été dénoncé par la faction contraire à celle des Danton et des Chaumet, qui l'emportoît alors* Il flattoit celle^*ci de son mieux, par ces impies fanfaronnades. Cet énergumène de l'athéisme « y^tigeoit

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d'une ville à l'autre, dit Prudhomme {Hist, (Les Crimes de taRévalution, tom. V, pag 177), faisant guerre ouverte à tous les objets du culte : à Nouvion, près Abbevîile , il se battit en duel avec un crucifix; et, courant à la tête de scélérats déguisés en militaires, il alloit enfoncer les portes des églises, abattre les croix > arracher les images 9 décapiter les saints, fouler aux pieds les caKces et les ciboires, cracher sur les hosties consacrées, et les jeter aux chevaux. 11 appeloit cela dissiper les superstitions avec ia raison des éaïonnettes et des satyres. Ce fut ainsi qu'il obtint, par la persuasion des armes, que quelques femmes timides, et deux ou trois prêtre^ vieux et infirmes , abjurassent leur religion». Voici comme il racontoit lui-même un de ses exploits en ce genre , dans une lettre à la Convention, à l'occasion de quatre charretées d'habitans de Montreuil en basse Picardie, qu'il avoit fait arrêter, et parmi lesquels se trou voient deux prêtres en faveur de qui certains révolutionnaires l'avoient favorablement disposé : « Je crus, dit-il , l'occasion favorable pour exiger d'eux, au milieu de plus de dix-huit cents personnes (rassemblées dans l'église), une profession de foi. J'étois en chaire; et, après que j'eus fait sentir au peuple combien il étoit dupe de ses prêtres^ que c'étoient des

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