‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 73 sur 222 · BEI · texte numérisé non relu

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arlequins cit des pierrots yêtus de noir 9 qui escamotoient les marionoettes ; que tout ce qu'ils faisoient étoit des singeries pour escroquer de l'argent 3 il y eut alors la scène la plus plaisante.

Mes deux prêtres montent en chaire 5 annoncent au peuple quç j'ai dit les plvs grandes vérités ».

Cette 9cène a voit eu lieu yers la fin d'août; et, le a4 brumairç an II (i4noyembre 1793), alors que la salle de . la Convention retentissoit de semblables apostasies , à l'époque de ta fête de (a Raison, il lui écrivoit d'Amiens ; « Je me félicite sans cesse d'ayoiry le premier, il y a trois mois , fait déclarer à deux escamoteurs, à Montreuîl, qu'ils n'ayoient été, jusque là, que des arlequins ou des pierrots qui endormoient les hommes, pour vivre à leurs dépens.... Encore un prêtre que je déprêtrise : la débâcle devient générale » . Mais c'étoit se vanter beaucoup trop , pour trois apostats seulement. Intéressé à entretenir la Convention du récit de ses prouesses impies , il lui disoit ensuite , dans une lettre du 1 1 frimaire (i" décembre) : «Le cha;*latanisme religieux fait naufrage :

partout où je vais, on ferme les églises (il n'en restoit plus que de constitutionnelles) ; on brûle les confessionaux et les saints; on fait des gargousses avec les livrer des lutrins» . Le 18 frimaire (8 décembre), il fit publier à Amiens

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un arrêté par lequel il vouloit que « tout homme ci - devant connu 90US le nom de prêtre, bedeau 5 suisse, chantre (d'église), et autres de cette espèce , trouvé dans les rues , après six heures du soir, ou avant sept heures du matin, fût conduit en prison ». Ck proconsul qui, par la suite, se.

croyant obligé de. se justifier, a dit^ dans son Compte rendu à ses Commettans, qu'Us'étoit «borné ii lancer la foudre de sa plume sur le papier, et de sa bouche en l'air» , ne fit pas, à la vérité, couler le sang; mais il remplissoit les prisons de victimes, qu'ensuite on ne put se dispenser de livrer au tribunal révolutionnaire de Paris. On lui a reproché d'avoir envoyé une grande quantité de soldats Belges, prisonniers de guerre, avec environ huit cents femmes de leur nation , au tribunal d'Arras; mais il ne fit directement périr aucun prêtre. Prudhomme porte à croire (p. 188) que ce proconsul n'en eut pas le temps , lorsqu'il le. représente comme déconcerté, et presque tremblant à la nouvelle de la chute d'Hébert, Danton et Chaumet, en avril 1794* En vain, pour se maintenir alors dans sa mission , il chercha à se donner de l'impor^ tance, par la supposition de quelques complots hostiles ; il fut rappelé à la Convention, et il j travailla, avec les autres Corde»

tiers^DantonisteSj au renverse-

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ment de Rûberspierre. Après la chute de celui -ci 9 Dumont se montra avec ostentation parmi ces Thermidoriens, qui rejetoient sur le vaincu tous les crimes du Dantanistnc. Chabot, qui ayoit été rappelé d'Amiens le 4 septembre précédent , parce que cette faction le soupçonnait un peu Roéetspierristô , aroit alors si bien prouvé son attachement pour elle , que Aoberspierre le fit comprendre dans le jugement par lequel Danton fut envoyé à Té* chafaud le 5 avril 1794* Nous avons cru ces développemens historiques nécessaires 9 pour mettre de plus en plus nos lecteurs à portée de bien juger les hommes et les événemens de ces temps déplorables {f^, P. J. Bbllivkt, et P. R. Bebabd).

BÉNABD (iV...)j prêtre, l'un des chapelains de l'hôpital général de Rennes , étoit né dans le diocèse de Rennes , à Sens , près de cette ville, et avoit été successivement vicaire à Melessc , et Plechastel, au même diocèse. Il réfusa le serment de la constitution eivite du ctergé; et le principal des chapelains qui l'a voit prêté , lui occasionna de pénibles vexations ; il chassa même de l'hôpital les enfans pauvres que celui-ci maintenoit dans la Foi catholique. Les soins temporels autant que spirituels qu'il en prit au dehors , le rendirent pour eux le représentant même de la di*

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vine Providence. Ne pouvant plus rester dans son poste , il s'associa avec plusieurs prêtres de Rennes qui alloient dans les campagnes prémunir leurs habîtans contre les pièges du schisme que les révolutionnaires établissoient alors.

Trop surveillé , trop recherché pour échapper aux rigueurs de la loi de déportation, il se soumit enÛn à la moins périlleuse dé toutes, et se rendit à l'île de Jersey, dépendant de l'Angleterre.

Mais les besoins des fidèles qu'il avoit quittés , réclamoient son zèle ; et il ne tarda pas à revenir en Bretagne. Peu de jours après qu'il y fut débarqué , on l'arrêta aux environs de la petite ville de Bécherel , dans le diocèse de Saint- Malo , et on le conduisit à Rennes où il fut emprisonné. Là, malgré la surveillance de gardes impies, il réconcilia avec Dieu beau^^oup de victimes destinées à la mort.

Une épidémie s'étant manifestée dans la prison , lui-même en fat atteint gravement , et faillit en mourir. Dieu le réservoit à une fin plus éclatante et plus glorieuse.

Dès qu'il put marcher, on le fit comparoître devant le tribunal criminel à^IUe-euVUlaine, siégeant à Rennes. Gomme on avoit trouvé sur lui, en l'arrêtant, ces images pieuses que portoient les fidèles de l'armée catholique et royale {V. YENoiE), on le condamna à la peine de mort , non seulement comme « prêtre réfirac-

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taire ^ comme émigré - rentré » y mais encore pour avoir porté ces prétendus a signes de rébellion » .

En entendant cette sentence, il dit aux juges : « Je rends grâces à Dieu d« mourir pour avoir porté ces indices de ma Foi et de ma confiance ». Cette sentence fut rendue le 2 pluviôse an II (21 janvier 1794 )• Prenant ensuite un crucifix qu'il ne quitta plus, il le baisoit souvent en exprimant les sentimens d'amour dont son cœur étoit embrasé pour J.-G.

Lorsqu'il alloitau supplice, apercevant dans la foule deux habitans de la paroisse de Plechastel où il avoit été vicaire , il leur dit ^ comme en se félicitant de son sort :

«Je vais mourir pour la Foi de Jésus-Christ». Quelques minutes après, sa tête tomba sous la hache de la guillotine.

BÉN ARD (FiEUB - Gabriel) , prêtre du diocèse de Lisieux, né aux Loges , près Palaise , vers 17479 restSL ferme dans la Foi catholique, lors de l'établissement du schisme constitutionnel ; et comme il avoit oru trouver un asile sûr contre la persécution dans le lieu de sa naissance , il se dispensa d'obéir à la barbare loi de la déportation. La pureté de ses principes , et son zèle pour l'Eglise , lui avoient mérité la confiance de son évêque légitime : et de ses plus vénérables coopérateurs, alors réfugiés en Angleterre.

Les représentant dans le diocèse

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aussi dignement qu'il /étoît possible, ilse dirigeoit d'après leurs avis.

Cette correspondance, et lea actes d'administration ecclésiastique qu'il faisoit, ne purent échapper à la connoissance des persécuteurs. Il fut arrêté ; et, vers la fin du printemps de 1794 9 on le conduisit à Paris pour y être jugé par le tribunal révolutionnaire. ' Les juges le condamnèrent à la peine de mort, le 12 messidor an II (3o juin 1 794)* La manière dont est motivée la condamnation, fait l'apologie de cet ecclésiastique. «C'étoit d'avoir entretenu des correspondances criminelles(c'està-dire religieuses) avec des prêtres émigrés- ou déportés k Londres ; d'avoir dressé et signé des actes de baptêmes, mariages, etc. , ^ et de notoriété , qui étoient datés suivant le calendrier grégorien , et attestoient que, pour lui, l'évê*ché de Lisieux et le royaume de France continuoient de subsister » .

Il fut exécuté le même jour, et périt à l'âge de 47 ans.

BÉNABD (PiBRaB-RoBBiT) , né à Bernay , dans le diocèse de Lisieux, et doué d'une'^ vocation ecclésiastique très -marquée, n'avoit pas encore eu le temps de parvenir au sacerdoce , lorsque la révolution vînt déclarer la guerre à la Foi catholique. Il n'étoit alors que sous-diacre , et ne pouvoit être obligé à ce serment de la consti^ UUian Hvite du clergé qu'en 1791 l'on exigea des prêtres

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fbiK^onnaires publics. Mais sa piété et son attachement à la religion catholique étoient notoires. Les persécuteurs le comprirent , en 1 793 9 parmi les prêtres non - assermentés dont ils Touloient se débarrasser. Le sousdiacre Bénard fut associé à ceux qu'on cherchoit à faire périr dans une déportation maritime. On le conduisit -à Rochefort » où il fut embffltfué sur le nayire tes Deux Associés {V» RoGHvroBT). Les soufifrances qu'on y éprouroît furent telles que Bénard, dans la force de la jeunesse, ne put les supporter. Il mourut à l'âge- de a5 ans, le 2a août 1794» et fut enterré dans File à^Aix. (F, BblmÉMiETJX et L. BénuRD.)

BÉN lé: (Nicolas) , curé de Lymais-lèff-Alantes , dans le diocèse de Chartres , n'ayant point foit le serment schismatique de 1791»

avoit été dépouillé de sa cure par les autorités civiles. Gomme insermenté , il se trouToit obligé à sortir de France, en yertu de la loi de déportation , du a6 août 179a. Il revint dans sa parobse pour y demander le passeport sans lequel > suivant cette loi, les prêtres ne pouvoîent lui obéir. La fureur contre eux avoit été si fort excitéb par l'exemple des massacres faits à Paris les premiers jours de septemore, et surtout par l'in* vitotion de la commune de Paris à en commettre de semblables dans toute la France^ que le curé Qéaé

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en devint une victime lorsqu'il faisoit docilement cette démarche.

Il fut massacré , dans cette circons'' tance, comme prêtre non-assermenté, le 5 ou 6 septembre 1792.

( F, Sbptbmbrb. )

BENEZET-CATHELANY (Joseph), curé dans le diocèse d'Ulès , avoit été dépouillé de sa cure en 1791, par les autorités révolutionnaires , attendu qu'il n'avoit pas consenti à faire le serment schismatique de cette époque. Des motifs respectables l'ayant empêché de se déporter en septembre 179a, il habitoit la paroisse de Saint- Pierre, du même diocèse.

La persécution poussant à l'excès sa recherche des prêtres pour les immoler, le curé Benezet fut arrêté , et conduit dans les prisons de Nismes , où siégeoit le tribunal criminel du département du Gard.

Il comparut devant les juges 9 le

5 prairial an II (a4 ^^^ ^794)> et, d'après les lois d'alors {V. Lois et Tbib. bbvol.), il fut condamné à la peine de mort, comme « réfractaire et contre - révolutionnaire », et la subit le jour même daas cette ville. {F. B. Fboment.) BÉNIARD (Louis), chanoine ou chapelain de l'église collégiale de Sainte-Marguerite de Garrouges^, dans le diocèse de Séez, s'étoit tenu à l'écart du schisme constitutionnel, et n'avoit pas plus prêté les sermens de 1 79a , que celui de 1791. L'invariabilité de sa Foi et son attachement à l'Eglise çatho-

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lique kii valurent , eo 1 793 ^ d*être arrêté dans sa prorince où il étoit resté. Les autorités du département de VOms le condaamèmit à la déportation maritime : et , conduit à Aochefort» il y fut embarque sur la flûte te fVashiAVgton {V, RocHEToaT), Après quel* ques mois de séjour dans l'horrible entrepont de ce navire 9 il mourut des tourmens qu^)n y enduroit. Sa mort arriva le\o août 1794* Il avoit alors 4^ ^^^9 e^fut enterré dans l'île à'Aix. {V. P. R.

BÉNÂiD et y. Benoît.)

BENOISTraîné(iV..05 prêtre, attaché au service d'une paroisse de Paris , en avoit été écarté parce qu'il avoit refusé le serment de la constitution eiviie du ctergé.

Devenu odieux aux persécuteurs, il ne pou voit plus qu'être poursuivi comme prêtre réfractaire»

Ce fut comme tel qu'on l'arrêta, après la fatale journée du 10 août 1 792. Il fut d'abord conduit à l'hôtel de la mairie , où on le jeta dans une espèce de galetas qui y seryoit de prison provisoire ; et il eut pour compagnons de captivité plusieui^s autres vertueux ecclésiastiques , tels que son frère cadet , le curé Royer, le jeune abbé Pey, etc. (y. ces noms). La veille du jour où le massacre devoit se faire à la prison de VJiéa^ey }\ y fut envoyé avec eux , le i*' septembre. On pourra toir à l'article Roter comment tous ces pieux ecclésiastiques ' §e conduisirent

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dans l'une et l'autre prison. Plus près du n^artyre en celle-ci, Benoist s'y prépara avec ferveur^ et quand, le lendemain, son. tour arriva d'être massacré , il se trouva digne d'en reccvoirla couronne.

{F. SsrrBBiaiE.)

BENOiST cadet (iV..-), prêtre, frère du précédent, attaché, comme lui, au service de l'une des paroisses de Paris, partagea sa fermeté dans le refus de prêter le serment de la constitu-' tion civile du clergé {V, Bbnoist l'aîné). Dévoué par cela même k la proscription générale des pfê-r très «oi-disant ri^^ctc^airef 9 il fut arrêté , avec son frère , après le H) iwût 179a', et ne le quitta plus dans les diverses prisons par lesquelles ils dévoient l'un et l'autre arriver au martyre {V, Roter).

Ce fut à celle de VAhéaye qu'on le conduisit et qu'on l'enferma 9 le I" septembre. Offirant à Dieu 9 comme son frère , sa propre vie en holocauste , il en consomma le sacrifice le lendemain. ( V. Scr-

ISMBRE.)

BENOIT (Viitoeict) , prêtre de la paroisse de Sulinac, au diocèse de Vannes, et né à Lenay, même diocèse , montra autant de constance dans la Foi catholique que la plupart des prêtres de sa province, lors du schisme de 1791.

Aucun des sermens exigés par les autorités révolutionnaires n'ayant été fait par lui, elles l'arrêtèrent, en 1^793, comme prêtre inser-

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inenté , ou platôt comin^ un mn nistre zélé de la raltgion qu'elles Toaloient détruire. Condamné' à la déportation, il fut conduit à Rochefoi*t ^ pour y être embarqué ; et on le mit sur le nayireiB^ Deux Associée ( F, RoGnsFaET ). Les peines qu'il y endura le conduisirent au tombeau; Il mourut lé 5o août 17949 à rage de 5o ans; et on Tenterra dans l'île Madame.

{V. L. BiNiAE^y et C. BBQvnfOT.)

BENOIT (jDom), Chartreux.

{V. P. r. Dori.)

BENOIT {Le Père), prêtre et religieux Capucin de Nismes, né à Beaucaire, en 17^09 fut une des principales victimes des troubles auxquels servii^ilt de motife , en 1 790 , ces adresses des catholiques deNismes au Roi et à TAssemblée Constituante j )p^ lesquelles ils de« maudërent que la religion catholique, pour laquelle ils se montrôient résolus à mourir, fût déclarée «religioh de l'Etat» (F, NisMBs). Les Calvinistes, et ceux qu'ils regardoient comme leurs adversaires, étOiénten présence et armés, le 14 juin de cette année; mais les premiers , plus en force , et d'ailleurs munis de puîssans appuis dans l'Assemblée Constituante , poovoient aisément , avec quelques violences ', remporter la ' victoire. Après avoir fait la visite du couvent, pour s'assurer qu'il ne s'y troutoit point d'armes cachées par les catholiques , et qu'aucun d'eux ne s'y étoit mis

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en garde contre leurs attaques, ils y postèrent des hommes qui 9 par quelques coups de fusil 9 dévoient leur donner le signal pour pénétrer dans le cloîtps , et le dévaster* Ce stratagème jrrec leur réussit : ils se précipitèrent dans le monastère , enfonçant le» portes à coups de hache.

Les religieux, qui alors chantoient les vêpres , se réfugieront pour la plupart dans le clocher. Le Père Benoit, fuyant dans une chapelle, y est arrêté par un des assaillans^ à qui son âge n'imprime aucun respect. La barbe vénérable du religieux semble afouter à la fureur que son saint habit inspire : le Calviniste lève sur lui son fer meurtrier ; le Père Benoit le prie d'attendre qu'il ait recommandé son dme à Dieu. «Mon ami, lui dit-il , donnez-moi le temps d'achever ma prière; et vous m'immolerez ensuite , si tel est votre dessein » . L'assassin tire sa montre , en regarde l'aiguille , et dit au bon Père : a Je t'accorde cinq minutes». Elles sont à peine écoulées , que le barbare décharge sur lui le fusil qu'il porte, et le perce aussitôt de la baïonnette qui s'y trouve adaptée. Le Père Benoît , qu'alors il abandonne pour courir à d'autres massacres, se tratne encore jusqu'à la porte de l^égUse qui conduit au- cloître ; mais, ne pouvant aller plus' loin, il y expire Martyr de sa For.

Quotre autres religieux sont en

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même temps mis à mort» de ma« Diëres différentes, toutes également cruelles 9 en divers autres lieux du monastère. Deux jeunes clercs sont aussi tuésy l'un à la porte du chœur, Tautre à celle de la sacristie, d'où quatre calices »

ayec leurs patènes, deux ciboires, les omemens sacerdotaux, et le linge de l'autel , sont enleyés. Un crucifix, qui étoit dans le chœur, est mutilé à coups de sabre; des coups de fusil sont lires à une statue de la Sainte-Vierge. La voûte del^ chapelle où elle recevoit des hommages est criblée de balles , comme l'église elle-même. Dans le cloître , tout est bri^é ; les portes, les fenêtres sont arrachées ; les meubles, les ustensiles son^ niis en pièces. ]La bibliothèque du coun Tent, donnée apx religieuse par un illustre évêque de la ville, Fléchier, d'imniortelle mémoire, est dévastée; et la belle pharmacie de ces religieux, qui four^ nissoit aux pauvres de la ville et même de la province , les secoure les. plus abondans, est entièrement détruite. Les dévastateurs essayèrent de justifier ces e^cès»

en disant que ceux qu'ils avoient ainsi massacrés et pillés, étoient des fanatiques. Ces détails sont puisés dans pli^sieurs imprimé^ du temps , et notamment dans le TaMeàu des Excès, des PHrloges et des Massacres commis à Nismes, ie i3 juin 1790^ et iis jours suivons : de IHmpri^

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meriede Faiieyre, rue FieUU* B&uoierie^ à Paris, 1790. {F.

Clàt, FiDE&Ey Reboux, SmÉo»

et Gis.)

BENOIT (Le Père) y Capucin.

(F. G. F. Michel.)

BEQUINOT (Cuvde), Chartreux, sous le nom de doai, Ciaude , et de la maison de Bourg-Fontaine, près de Villers-.

Coterets, dans le diocèse de Soisr sons, étoit né à.Ls^igrei, d^ns le •, mêmediocèsitî. Exceillentreligieux^ il avoit les vertus de son état au suprême degré. Loin d'en rien perdre , quand la révolution l'eut chassé de son cloître, il les pra;* tiqua avec encore plus de ferveur^ et montra un invincible attachement à la Foi catholique, dans les épreuves de 1 79a comme de 1 791 • Modèle de piété et de ferveur, s^ présence étoit trop importune aux impies de 1793.^ Dom Bequinof se trouvoit alors dans le département de la Seinù-lnférieure z il y fut arrêté. On le condamna À être déporté au-delà des mers; et on le fit conduire à Rochefort, poyr y êtr^ embarqué. {F»

Roghefort). Le navire sur lequel il lui fallut monter, «étoit les Deux Associés. Une fois suc le pont du navire , les déportés étoient obligés de descendre dans l'intérieur du bâtiment , après avoir été rigo'ureusemjent fouillés. L'uad'eux, dans les Mév}oif(a qu'il a écrits sur cette déportation ,. raponte à ce sujet un fait relatif à dom Bequi-

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not, et- que nous ne devons pas passer sous silence. « Comme on faisoh descendre ces malheureux prêtres 9 dît-i}, un à un, dans Tin*

• térieur du bâtiment, et qu'on les fouiHoit auparavant , pour leur en-> lever leurs couteaux, ciseaux, etc., de même que tous les înstru^ mens et objets dé religion, on prit, dans la valise de oe renérable chartreux, trop confiant, un

# magnifique Christ d'ivoire. A cette faeureuise découverte , je laisse à penser quelle joie atroce firent éclater' les soldats , quelles sacri-léges railleries, et quels abominables blasphèmes ils proférèrent Figurez-vous une meute de chiens enragés : c'est l'expression de l'Ëcriture-Sainte , quand elle peignoit prophétiquement les impies qui mirent à mort celui dont ce Christ ètôit l'image : Cirauindederunt me canes tnuiti; concUium nuUignantiwm oésedit me (Ps.

zxi,7^. 17). Aussitôt un ofUcièr, digne émule de ces anciens déicides, prenant son sabre d'une main, et de l'autre appuyant le Christ sur un billot , d'un coup de son arme , lui fait sauter la tête , croyant sans doute se débarrasser de la Divinité , parce qu?il détruisoit l'image de l'Homme -Dieu.

Tous les matelots se mirent alors à crier comme des forcenés, en levant le chapeau de même qu'à la vue d'une exécution sanglante :

Vive 4a nation ! Vive (a ré-* jnuMique I Hélas ! de quoi le

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chrétien apostat n'est-il pas capable?

«Ce saint religieux, continue le même historien, mourut dans ce qu'on appeloit le grand-hôpital (fait en baraqué, dans l'île d'^io?).

Après avoir passé saintement la plus grande partie de sa vie dans l'exercice de la contemplation et dans la pratique de toutes les vertus solitaires du cloître , il la termina plus saintement encote dan»

la confession de la Foi, et au milieu des oeuvres pénibles du saint ministère » . Un autre de ses confrèreç de déportation ajoutoit :

« Sa mémoire* m'est en singulière vénération, à double titre, et à cause de ses vertus person-^ belles, et parce que ce fut lui qui reçut le dernier soupir du plus intime ami que j'eusse sur le vaisseau, Baymond Petiniaud de Joumiac ( F. ce nom ). Apre»

hii avoir fermé les yeux, il me disoit quelquefois, avec ï'aocent de la reconnoissance la plus vive envers le Seigneur, et celui dé l'admiration la plus profonde pour les vertus dont il avoît été l'heureux témoin : O mon ami !

quelles adiofis de grâùe9 ne dais-je pas à Dieu, p&ur m'a^ voir accordé en fàvenr d^assis^ ter un saint à la mort !

« Ce fut lui qui remplaça en grande partie ce Sainte dans la pénible fonction* de confesseur à l'hôpital. Presque tous les malades avoient recours à lui, quoiqu'il

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ne fût guère moins malade qu'eux* Tant de fatigues achevèrent d'enflammer son sang 9 et de rendre mortelle une plaie qu'il s'étoît istîte à la jambe. Il mourut comme il avoit vécu, en vrai prédestiné (le 16 juillet 17949 ^ l'<ig« de 57 an&9 et fut enterré dans Tîle d^Aix). La vue toute seule de cet homme de Dieu inspiroit l'amour de la pénitence. II portoit la mortification de Jésus-Christ pçinte sur tout son ei:térieur. Jamais on ne se seroit lassé de l'entendre parler de Dieu , tant il en parloit dignement et avec onction I » .

Un troisième'de ses compagnons de déportation nous a appris que « ce saint religieux , si plein de l'esprit de son état 9 étoit appelé par eux tous 9 sur le yaisseau , ie éienkeureuœ Laite i qu'il en avoit led tertus» et même qu'il lui resaembloit beaucoup , pour la figure^ d'après les portraits, qu'on a vqs de ce serviteur de Dieu» 9 déclaré vénéraMe, en 17839 par le pape Pie VI. (F. V. Benoist, et J. J.

BBaïuD),

BÉRÂUD ( Jean - Jacques ) 9 jl^rêtre et chanoine de l'église de Motre-Damç de Moulins 9 né en cette ville 9 connut trop bien le»

pièges de la constitution civile du cier^éf et étoit trop pieux pour J adhérer en aucune manière. Il défendit même 9 autant ^u'il étoit en lui, la Foi catholique contre les atteii^tes qu'elle lui portoit. Lu persécution étant devenue plus

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violente en 17959 le chanoine Béraud9 que les pei^sécuteuFS n'a<> voient pas perdu de vue» et qui résidoit alors dans le département de VJUier, y fut arrêté. On le condamna bientôt à être déporté à la Guîane ; et on le fit traîner à Rochefort pour y être embarqué ( F. Rochefort). Il le fut sur le navire tes Deux Associés, dtint l'entrepont affreux lui donné la mort. Il rendit son demièi* sou-^ pir à l'âge' de 37 ans9 1^ ^8 juillet 17949 et fut enterré dans l'iie d^Aix, Ses compagnons d'infortune 9 ou plutôt de martyne9 déplorèrent d'autant plus sa perte qu'il auroit été d'un grand secours à l'Ëglise. c( Cet ecclésiastique 9 dit l'un d'entre eux 9 étoit instruit et pieux 9 d'un jugement sain et solide ». {F. C. BéQriNot et ...• Bebgeîi 9 de Bourges. )

BERAULD - DUPERRON ( iV. . . ) 9 prêtre de la congrégation des Eudistes9 à Paris 9 s'j montra djBins tout le digne coopérateur du vénérable supérieur de cett^ communauté {F* Hébert). Par sa vie exemplaire et par son zèle pour la Foi, il méritoît comme lui d'en être récompensé par la gloire du martyre. Il fut du nombï*e des Sudistes que les impies persécuteurs firent arrêter dans les jours qui suivirent la journée funeste du 10 aoiit 1792. Conduit d'abord au comité de la section 9 il j refusa le coupable serment, et fut ensuite traîné & l'église 4ss

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Carmes 9 derenue tout à caup la prison des prêtres fidèles à leur Foi. Son supérieur et huit de ses confrères j étoient amenés avec lui ( V. Bbâvubu ). Au milieu de cette auguste et nombreuse société de captifs de Jésus -Christ 9 parmi lesquels étoient trois illustres prélats de TEglise gallicane ( V. D11LÂU9 Rochefoucauld), Duperron se sentît une nouvelle force pour confesser sa Foi en présence des bourreaux. Lorsque le massacre fut repris 9 le 2 sep-tembre^ ay.ec la marche régulière cpe lui donna le commissaire de la section , le prêtre Duperron mon^ tra, non moins courageusement que les autres 9 qu'il n'étoit pas iur digne àp partager avec eux la couronne du martyre. {V. Sbpteqibre.)

B£RAUl.TrDUVIGN£AU (Plàgiqib), fille pieuse du Poitou 9 domiciliée à Coussaj, près ChâteUerault ( V. Duyignbau ) 9 ayant été accusée en 1 794 d'avoir fiiit des actes de religion et brodé des images du êo^ré cctur dt Jé^ 9US ( V. yENnir) 9 fut arrêtée et livrée à la commission miUtairô qui jugeoit à Fontenay. Cette commission la condamna pour cette cause à .périr sur l'écliafaud9 en l'accusant d'être pai?; cela même une tf contre*-révolu?

tionnaire». >

BëRBIGUIER (Fbâhçois-Si- KioN) 9 prêtre et religieux Capur cin de Caderousse, dans le comtit Yenalseip , non loin d'Orange 9

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s'étoit mis 9 quoique figé 9 après» la suppression des ordres monastiques 9 à desservir » comme vicaire 9 la paroisse de Pouzilhao près d'U-^ sez. Il fut arrêté en 1794» par les farouches révolutionnaires de sa province 9 et livré à la commissiop poputaire d'Orange ( F. Obàhcb ). Cette commission, dont la plus grande fureuir se dirigeoit contre la religion et ses ministres» condamna ce religieux» figé de 68 ans» à la peine de mort, comme ^ fédéraliste »»

le i4 messidor an II (d juillet 1794) ; et il fut exécuté le leode-^ main. ( F. J, F. J. Bbevouibb. )

B£RBIGUIER-D£-LARNAG£ (JéaoDiB-fFBÀNçois-jQSSPB)» jeune prêtre» et vicaire d'une paroisse près d'Usez 9 ^ l'époque de la prestatiop du sennent schismatique de 1791 , ne s'en rendit pas coupable 9 et resta dans sa pr^^ vince où il croyoit^ouir. de quelque sûreté contre I9 per&éculiOn.

Mais eUe devint si vioknte.et s»

inquisitoriale en 1794 9 qu'il ne put y échapper. On le conduisit dans les prisons d'Orange » en at* tendant qu'il pût être envoyé à Té** ohafaud par la féroce commission p&putaire établie. dans ^cette ville (F. Obarcb). Cette commission l'ayant fiiit comparôître devant elle le i^messidor an II (a juillet 1794)9 et diss{n)ulant à l'ordinaire sa haine de la religion avec une vague accusation de fé" déradismCf condamna sous ce

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prétexte le Ticadre Berbîguier à la peine de moit. Il la subit le lendemain, à l'âge de 27 ansl ( V. F.

Bebnà&d. )

B£R£NG£R (Jeàn-Antoike), ouré (Je Peypin , près de Roqueyaire , dans le diocèse d'Aix^ ayoit perdu le bénéfice de sa cure par son refus du serment de 1791; mais 9 ne s'en croyant pas moins obligé à veiller sur le salut de ses ouailles 9 il étoit resté dans le canton. Les persécuteurs l'en enlevèrent au eomniencement de 1794? et le traînèrent à Marseille pour y être jugé par le tribunal des Bau&hes-du-Jihdne, qui, siégeant en cette ville , avoit l'ordre de condamner à mort, eomme « fédéralistes » , toutes les victimes qui lui seroient livrées (F. OnÉOUGEy C'est ainsi que fut condainné ce euré , le 4'g6rminal an II (a4 Toa^its 1794)9 «t l'exécution eut lieà le lendemain.

BERGER (Charles - Hekai ), prêtre', religieux Bénédictin , né en Lorraine vers 1766, exerçoit en 1797 le 5aint ministère dans la paroisse d'AzeratUes , au diocèse de TouL La tolérance que le gouvernement sembloît avoir adoptée depuis 1795 à l'égard des prêtres non-assermentés du noH>bre desquels il étoit, fut un piège que démasqua la. funeste journée du 18 fructidor ( 4 septembre 1797).' La loi du lendemain condamna tous les prétendus réfractaires à être déportés à la Giriaàè

(^. Guiàrb). Dom Berger, qui né vouloit point faire le serment de hadne à (a royoMé, prescrit à cette époque, fût arrêté et envoyé à Rochefort pour être embarqué. Il le fut le i*'août 1798 sirr la frégate ta Bayonnaise , qui le déposa à Cayenne , le 29 ou 3o septembre suivant. De Cayenne , il fut aussitôt relégué dans le désert de Konanama dont les fléaux vinrent bientôt l'accabler. Il y mourut de la peste, le 11 de novembre 1798, à l'âge de 3a ans , y^ laissant pour toute succession temporelle une somme de 5o livres la sols. ( ^. J. B. Belouet et L. F. J. Bbenaed. )

BERGER (iV...), prêtre du diocèse de Bourges, né en cette ville, vers 1767, n'avoit reçu Tordre du sacerdoce c^e depuis les troubles révolûtiontiaîres. Il n'avoit pas été déconcerté par eux dans sa vocation , et promettoit un bon ministre à l'Eglise. Il résista au piège de la constitution oiviie du clergé y et rendit son ministère utile aux catholiques de sa province. Ce zèle et sa fermeté daiis la Foi ne pouvoîent qu'iriî*^ ter les persécuteurs contre lui..

On le saisit en 1793; et, après l'avoir tenu quelque temps en prison à Bourges, on le eoridamna à la déportation au delà des mers.

Traîné à Rochefort., il y fut embarqué sur la flûte les Deuoa As^dés ( V. Roghefoet). Les souffrances de l'eirttepoQt de ce

bâtiment étoient si cruelles, que 9 malgré sa jeunesse et sa vertu 9 le prêtre Berger ne put long-temps les supporter. Il mourut à Tâge de 27 ans 9 le 1 5 juin 1794» et fut enterré dans l'île d^Jlix. ( F. J. J.

Behàud et Bernard 9 Gordelier.)

BERGON (François), prêtre Lazariste de la maison des Missions de Cahors, et né à Balaguîer9 près Figeac9 vers 1757, reyint dans le lieu de sa naissance lors de la destruction des établi^aemens religieux 9 en 1791. Ferme autant qu'instruit dans, sa Foi, il consacra son ministère à confir^ mer celle des catholiques du can* ton 9 et à leur procurer les sacremens de l'Eglise. Les administrateurs du département du Lot ^ siégeant à Cahors , le firent arrêter à l'époque de la loi de déportation. Bergon 9 ne doutant point qu'on ne le comprît avec les prêtres insermentés qu'elle avoit bannis 9 et gémissant de l'abandon où alloient se trouver les fidèles de Balaguier 9 profita d'une occasion de s'évader pour revenir au milieu d'eux. Les persécuteurs l'y firent rechercher; il fut obligé de s'enfuir dans les bois ; mais comme il revenoit souvent au secours des malades 9 une nuit 9 celle du 10 mars 1794 9 lorsqu'il portoit le saint Viatique à l'un d'eux , il fut reconnu et arrêté. On le conduisit d'abord à Figeac 9 et ensuite à Cahors où siégeoit aussi le tribunal criminel .du département du

Lût* Ce tribunal l'ayant fait com« paroître. devant lui, le condamna, le. 27 floréal an II ( 16 mai 1794) à la peine de mort, comme « prêtre réfractaire » . Le bourreau s'empara de sa personne; un des gardes lui fit essuyer de sacrilèges outrages 9 que leur gros* sière infamie ne permet pas même à la bienséance de raconter ( F. le livre intitulé Les Confesseurs de la Foi J à la pag. 492 du tom. II ). En marchant au supplice le len^ demain 9 Bergon récitoit à voix haute le psaume Miserere mei^ Deus. Rencontrant, sur la route une femme qui lui parut digne de sa confiance 9 il ôta sa chaussure 9 la lui remit en disant : « Donnezla à un pauvre ; Jésus-Christ étant allé nu-pieds au Calvaire , je veux en agir de même » . Arrivé à Péchafaud9 il y monta d'un pas ferme 9 et mourut en vrai héros de la Foi 9 à l'âge de 57 ans.

BERGON ( iV... ) 9 aumônier d'une maison religieuse aux Bau* mes 9 près Florac9 dans le diocèse de Mende , s'étoit retiré à Mende depuis la suppression de l'établissement auquel il étott attaché.

On l'arrêta à la fin de 179?; et comme il n 'avoit pas été astreint au serment de 1791 9 n'étant pas fonctionnaire public, le tribunal criminel du département de la Lozère 9 auquel il fut livré comme victime sacerdotale 9 ne pouvoît l'envoyer à la moit comme prêtre réfractaire. Mais les prétextes ne

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manquant point alors aux juges 9 ils firent périr le prêtres Bergon , comme « complice de séditieux».

La sentence fut prononcée le a 4 floréal an II ( i3 mai 1794) ; et Inexécution s'en fit le lendemain.

BERNARD (Amànd), curé de la petite paroisse de Saint-Pierre, à trois lieues de Baar, dans le diocèse de Strasbourg , et dans la directe des chanoinesses d'Andlau, ayoit fait ses études ecclésiastiques eu séminaire de Strasbourg. Il fut d'abord pourvu d'une prébende canoniale dans la collégiale de Lautembacb 9 même diocèse ; mais son désir de se consacrer entièrement au salut des âmes lui fit permuter en 1 779 ce bénéfice contre la cure dont il s'agit. La sainte ardeur arec laquelle il remplissoit ses devoirs de curé sembla s'accroître lorsqu'il vit la religion ébranlée par les innovations de l'Assemblée constituante. Comme il refusa le serment de la constitution dviie du clergé j la loi de déportation rendue en août 1792 l'obligeoit d'abandonner tout-àfait ses paroissiens pour sortir de France. Il ne se sépara d'eux que le 14 septembre suivant ; mais, s'en éloignantle moins qu'il pou voit, il fut ramené par son zèle auprès d'eux, en février 1 793, pour raffermir leur Foi par se»

exhortations et par l'administration des sacremens. Les dangers que multiplioit autour de lui la persécution toujours croissante^ le

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