‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 75 sur 222 · BEK · texte numérisé non relu

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passa sur la frégate (a Décade ^ qui , yers le milieu de juin » le jeta dans le port de Gayenne. Relégué presque aussitôt dans le désert dé Slnnamarjy îi y mourut de la peste, ie 17 janyier 17999 à l'âge de 56 ans. (r. L. F. J*» Ber- HiJiD et H. M. Bbbtrànb. )

BERTRAND (iV...)> curé de la paroisse de Notre- Dame -du- Laus, près de Briançon, dans le diocèse d'Embrun, ayant été expulsé de sa cure pour n'ayoir pas voulu trahir sa Foi par la prestation du serment de la constitu-lion dviie du clergé ^ et repoussant avec une égale indignation celui de iiôerté-égaiité 9 ne put se dispenser de sortir de France lors de la loi de déportation. Réfugié en Italie pendant les horribles temps de 1793 et 1794» îl se sentoit perpétuellement ramené par son cœur et son zèle vers son troupeau. Il crut pouvoir enfin satisfaire ses afii^tions pastorales, après le neuf thermidor^ si vanté dans l'étranger ainsi qu'en France y comme y ayant fait cesser la persécution. Il revint donc en 1796, ramené par le désir du salut de ses ouailles ; mais bientôt il fut arrêté sur le territoire du département 4e V Isère, et conduit dans les prisons de Greifoble, chef- lieu de ce département. Le prétexte de l'y faire périr, plutôt que de l'envoyer à la Guiane , ne manquoit pas ; car il étoit notoire dans le pays que le curé Bertrand

avoit obéi à la loi de déportation du a6 août 1793. On le livra donc à une commission miiitaire qui le condamna à être fusillé, comme « émigré - rentré ». Ge meurtre eut lieu en décembre 1 797. Le supérieur ecclésiastique du diocèse de Grenoble nous écrivoit en 1800, que « la vertu de ce curé avoit tellement éclaté <lans cette procédure , et resplendifesoil d'une manière si touchante sur sa physionomie comme dans toutes ses actions, que les gendarmes qui le conduisirent au supplice en étoient émus jusqu^aux larn^s ».

Sa làarche fut aussi ferme que sa résignation étoit courageuse ; et il termina dignement sa vie édifiante en mourant comme un vrai confesseur de Jésus -Ghrist ( V.

LvNEL,. du Buis; J** B. M" Gcii- LABBRT et F. M. Revevaz). Ges quatre prêtres furent les seuls que la ville de Grenoble vit immoler.

BERTRAND ( Aktoine - Silvain), curé de Starconnay, dans le Poitou, près de Loudun, étoit resté fidèle à sa Foi et à ses parois* siens. La loi de déportation du 26 août 179a n'avoît pas plus effrayé son zèle , que ceHe du serment de 1791 n'avoît ébranlé sa croyance. Il fut arrêté en 1793, et traîné dans les prisons de Poitiers.

Le a8 ventôse (18 mars 1794)»

le tribunal du département de la Vienne 9 siégeant en cette ville, l'envoya à la mort, comme «prêtre réfractaire » , avec les seize autres

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prêtres qu'il fit immoler ce )oar-là en haine de la religion, ( V. G« D.

Bebtauï,t et J^ Betnird. )

BERTRAND (Henm-Milaghie) , prêtre, né en 1756, à Morteraut, dans cette partie du diocèse de Trêves avec laquelle nos réformateurs politiques composèrent leur département des Fo-* réU^ étoit religieux de Tordre des Bénédictins dans leur maison d'Oryal , au même diocèse 9 et il y ayoît la charge de procureur.

Lors de la destruction des cloîtres dans sa proTince, en 17929 dom Bertrand se retira dans la ville de Trêves {V. Belgique); et, fer-^ mement attaché à la Foi catholique , il la conserva dans son cœur et dans celui de beaucoup de fidèles, pendant 1793 et 1794»

sans que les persécuteurs pussent atteindre sa personne ; mais ils y réussirent mieux avec le masque de tolérance religieuse dont ils se couvrirent en 1796 et 1797.

Dom Bertrand , croyant alors que l'Eglise avoit obtenu quelque paix, se montra sans défiance comme un digne ministre de Jésus-Christ. C'atoît se livrer à la tempête qu'alloit élever de nouveau, contre la religion et les prêtres , cette explosion préméditée du 18 fructidor (4 septembre 1797). La loi de déportation à la Guiane, rendue contre eux le lendemain , enveloppa dom Bertrand dans les perfides lacets des persécuteurs ( V* Belgiqve et

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6iiuif«)j n fut saisi presqu^aussi-* tôt, et traîné à Rochefort pour y être embarqué. Le la mars 1798, on le mit sur la frégate la CharemUj puis, )e 35 avril, sur la frégate ta Décadt, qui le jeta, vers le milieu de juin, dans le port de Gayenne*, d*oà il fut bientôt relégué dans le désert pestilentiel de Konanama. « La boqne fui et la résignation étoient peintes sur son visage, dit un de ses compagnons de déportation; et il avoit autant de vertus que de talens. Sa santé étoit encore des plus brillantes quand il arriva dans cette contrée '; et cependant , quoiqu'il fût d'une complexion très -robuste, il mourut d'étisie et de consomption le îi5 septembre suivant 1798, ^ l'âge de 4a ans ». Resté sans ressources pécuniaires , il ne laissa rien absolument aux spoliateurs des prêtres de Ronanama. ( F. P. F. Beethop et £. Billard. )

BERTRAND (Josefh), curç dans le comtat Yenaissin, résidant à Garpentras , n'étoit point sorti de France , conformément à l'inique loi de déportation contre les prêtres insermentés, du nombre desquels il avoit le mérite d'être, Il fut arrêté en 1793, et conduit dans les prisons d'Avignon. Le tribunal criminel du département de yauduse qui siégeoit en cette vilfé, le condamna à la peine de mort, comme « prêtre réfractaire », le 3 ventôse an II (21 fé«

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Yrièr 1794) ^ cette impie ^n«tence fut exécutée le même jcHir.

BERTRANDI (Louis), lîeligieùx Récollet du couvent de la petite Tille de Condrietix , près Lyon f âgé de ^3 ans, et né dans celle de Gallas, près Draguignan, était resté daas la première sur les ruines de son cloître, après la suppi^essien des ordres monas*tîques. En déplorant cette suppression^ il oontinuoit à jrendre son ministère sacerdotal utile, aux catholiqties de la contrée, et t&tchoit d'y maintenir le règne de la Foi, au milieu des efforts toujours croissàns que la révolution faisoitpour réteindre. Les fanatkpiaa de l'athéisme s'en vengèrent lorsqu'ils eurent leur commission révahetionfudre de Lyon,: vers la fin de 1793 {F. Lion). Le Pv Bertrand!, saisi par eux, et aaifené à cet impie tribunal, y fut con^ damiié,'lè 27 plvviose an II ( i5 fêvriei'. 1794) , àla peine demort^ comme « fitnmi^fuc et prdchatift la «j^ntre-révoluti^n »,qué les tyrans d'alors croyoient voir dans la profession de la Foi cathcAiqac et k pratique des vertus de l'Evan^^ gîle. (F.'BAVQiïiset BiTao».)

BSRTRY (^... ) ' <^^ ^^ Iioovamés, dans le diocèse d'Àn-^ "gm^^ avoit été mis en réclusion aprè» la loi de déportation du 96 aaût 1^, parce qu'il n'avoitpa^ fiEÛt le s^inent de la eonstvtutioffi vivUê éu'x>tergé , et que son àg^ avanfti. »# Ui avoit pas^ permis

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ée sordr de Franeew Ce n'en étoit pas asseK pour les persécuteurs; ils voulurent se débarrasser entièrement des prêtres sexagénaires (F, NBVBas). Geu;x d'Angers furent les premiers enlevés de leur maison de réclusion.

L'on envoya Bertry avec ses vénérables conîrèies à Nantes , dans lé •courant de novembre , pour y être noyé avec eux (^, Wàhtes); et il le fut dans la nuit du 9 au 10 décembre 1 793 , avec cinquantesept autres d' ÀÀgers. ( f. I^drt), et seize des diocèses Voisins. Il périt ainsi pour la m^me cause, et à peu près de lamême manier* que ce saint Théodore et ses com- -pagnons dont l'Ëglise célèbre la mémoire le 5 septembre : Gûns-tanHn&p&U, dit le liurtyrologe Rom ain , sùneiotum Martyrum THeodoriy tJtham, Menedemi^ €$ê0eiorumsefHuaginta9ep$em '0êûtesiastiei ùréinU, qui à Va- 4enuimper€aore p^fide eatho^ iica, in navigio ûnpasiti , jussi »wU in mare c&méuri. {F, B av- DRY, chapelain , et Brureibr, de Durtal. ) •

BES'^BiosA.w)^ que l'on trouve ailietirs nommée Rey> étoit reiigiéiise du Saiot^Sacrement, sous h nom de Sofwr^ainU^Péiuffie , dans}» ville de Boiftène, près le Font-Sâiot^J^sprit. Elle conti* Quoit à vivre en eoi^iâunauté avec é^autres religieuses '-après la suppression des cloîtrçs. Deveilue comme eJttes un objet dehaioe pour

les impies» eUe fut; traînée atèc ette»5. att aaoibf» de jepmténHdeox, dan» les prisona d^Orange»

le 3 mai 1794» pour 7 être Jugée par l'impie commissloo révatu^ tiannaire qui alloit s'établir en cette Yille {F* OaAVGB). Sa conduite dans la prison fut aussi édifiante que celle de ses compagne^.

On en peut voir le récit détaillé à Tartiele d'Albabem. Son crime principal devant les juges fut de ne vouloir pas faire le sermeiït de UhÊtU-igaaU. On la condamna donc à. lai peiné de mort»

comme 9- fanatique comme ré- Iraotaire «^ et par^eela même» suivant k logique, des tribunaux d'alors, comme \^ contre-révolutionnaire 0 . Quand elle entendit cette sentence 9 éUe parut transportée paf t'e^Qtr 4e voir finir pour elle la vie mi^siblede ce ba^monde , et commencer bientôt celle de la c^este immortçdité. Le jugement étoit à peine prononcé?

que 9 se tournant vers trois de jtes compagnes condamnées avec ^}le à la même peine et pour la même cause {V. £. PELissisa^ M* BiMC et M* ▲lAàaiDB)^ elle lejir dit avec un ^aint enthou- «îasme : n C'est donc nujourd'bui que le céleste ipoux va nous.«dmettre aux noces pour lesquelles nous n'avons fai|; |usqu'À^ésent que de bien légers sacrifices! C'est vraiment aujourd'hui le Jour de notre mariage I « Mobtrant l'an^ oeau qu'elle avoli reçu le jour db

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sa profession religieuse ^ « Voilà , dî^^ett^ y le gage de la promesse qui noua an hA Mte 9 et qui va être remplie en ce moment : allons y mes sœurs 9 aHohs ensemble au (même autel; que notre sang, en lavant nos infidélités , et se mêlant' à celui de la victime divine, nous ouvre les portes des tabernacles étemels » l Embrasant ensuite les trois religieuses , elle tira de sa pocbe une boîte de dragées, et les leur distribua,, en ajoutant : « Ce sont les dragées de mes noces ». Chaccme d'elles en mangea avec une sorte de délices.

La Saur Sainte- Rasa/Lie recuit av^c elles lacouronoe du martyre, le a3 messidor (11 juillet 1794X, à Fâge de 34 ans. EUe étoit née en .1 760, k Baume , prés Carpeatra».!(^. M. C. BtANC.)

BESNARD (MAaGUEarrE) , simple servante^ et la sainte Blandine de l'Orléanais, étoit néeien i^Si, idans la paroisse de Cbessy, préf»

Odéans. Elle reûipltssçit les humbles fonctions de domestique auprès d'une religieuse dacrilége-^ ment cbassée de son couvent par la . révolution. Cette religieuse^ nommée Marie - Anne Poulain (F. ce nom), demenaoità Orléans ; et sa maison étoit ctev^BM^ un oratoire pour les catholiquiesy en ces temps exécrables qU» sous peine de mort , il étoit défendu do montrer seulement qu'on croyoit en Dieu* jUai^uerite Bes* nard, dont la Foi lè'étoit pas

inèins Tire et courageuse que eelle de sa maîtresse y la secondoit de tout son pouToir dans les ser* TÎces spirituels qu'elle rendoit par là aux bons <Affétieos de sa coa»

noissance. La prudence qui leur foisoit prendre les précautions dictées en pareil cas 9 ne pou voit ralentir leur zèle pour la gloire de Dieu et la consolation des fi* dèles. Les persécuteurs eurant bientôt découtert ce qu'elles «iTOtent le saint courage de faire pour les catholiques oomme paur eUes-mêineSb Elles furent arrêléee arec le prêtre septuagénaire qai remplissoit dies elles les foactiona de pasteur {Fy> BaiLYiui). Ainsiv jadis en Perse 9 la serTaote de sainte Tarbula» sœur .de l'évoque Siméon» fut arrêtée pour, être martyrisée- aveo elle 9 tot deveoÂr sa oompagi!» à la moit comme elle l'atoit été. dans sea bonnes «uTres (i). Mar|[uerite Besnard se réjouît de n^être , pas séparée de sa vertueuse maîtresse en cette critique circOdastance» et fut loin de ae pirévaloir de ^aa condition seryîle poNtr.^tm* soustraite à la peine qtU'la miinaçoit. Traînée à Paris par xle» gendavmea atec la religienae PodBin et leur directeur^ elle regarda cooame un bon-

(i) Simeonis Episcopi soror, nomine Tarifulay uirgo deuota, compreheruUiur unà cumfamula ipsius quœ ideM uAœ gent/8 sêctiSatuTy etc. etc.^(So«om.

HùU'Bedês.li* Il > c, vni ni sêq.)

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