‹ Le martyrs de la foi pendant la révolution FrançaiseChapitre 84 sur 222 · BIM · texte numérisé non relu

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je m'uQistousksmttîtis, eommé nous en sommes convenus : ainsi ne changes pas l'heure de sept^ C'est le moment où je me lève , et nous nous réunissons alors, d'une manière particulièpe, pendant vingt à trente minutes. Âous avons, comme je vou» l'ai mar-^ que , UrésuitatiU lHn$UmtMnt ffrédeux (c'est aind qu'on étoit convenu d'appeler la sainte Eu* eharistîe ) : ainsi nous n'avons rien h désirer, m ce n'est de souffrir davantage pour l'amour de celui qui a tant souffert pour nons^ Mais enfin , puisque nous n'eft sommes pas là, demandons au moins à ce diviA Sauveur l'a*^ mour des souffrances; et le désit que nous en aurons^ nous sera aussi méritoire auprès du Père céleste que si nous souffrions véritablement. Nos petits exercices (de piété) nous occupent une part tie de la journée , de manière que k temps me paroi t bien moins long. J'ai augmenté ma petite bi<r bliothèque d'un Catnéat Spiri-^ met, et d'une IrUroéuctian à ia Vie dévott. Mon petit office de la Vierge que je récite, exacte-r ment avec celui de l'ange gardjen, mon chapelet, ma lecture spiri-^ tuelle et la méditation, remplissent à peu près notre journée.—- Allons^ du courage; priez pour moi.... Surtout, je vous en prie, n'ayez aucune inquiétude à mon sujet. Ré jouissez- vous, au contraire, de ce que j'ai quelque chose

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à soùAîrpoar le Die» que j'adore.

-~>f e finis ma lettre dans le même Btjle que Mihit Paul : c'est le sent digne dé enrôler l'oreiMe d'aa chrétien. Quêia gràee de notre Seigneur Jésue^ Christ ^ et ià ekarit&de DiffUj, etia comîtfm^ nieation du saint E^mt s&ient aveô vous totiST ^f^te ia paie sait aveo vmis, twon près^eher frtrelri

Le même joi^r, il avait écrit à 8d mè^e :« Veuf Iles dé grâce ne TOUS inquiéter millefnrent sur ma pfosifioâ, mafs pîulôt remei^ier Dieu é&9 grâces dovrt il me comfble jôttmèHemenft; Je suis' où la Providence m'a coiMuif; et, riio^ ralémént parlant, yt ne puis être mieux. Si ce Dieu de bonté vent m'appeler à lui, à la fleur de l'âge, par une mort aussi douce qu'ho-»

norable, hélas! ma bonne mère, quelles actions de grfifces ne doîsyt pas lui rendre , de ce qu'il daigne penser à môî , préférablemerit à tant d'autres qui le servent iàfii1(îmeht mieux, et me retirer ainsi de ce monrdie pervers et corrompu ; comme encore rompre leS liens qui mè retiennent sur là terre, pour me donner la récompensé promisé à ceux qui font la volonté de son Père céleste ! Soumettons-nous èinc à la divine Majesté, si nous voulons régner avec le fils adorafble de Marie. Détachons-nous dés biens vains et frivoles du siècle , pour ne penser qu'à' ceux que tontes les puissance^

éb\n terrft cfi de f*Enfér ne peuvent nous ravir. Hélas f machéite mère, 8i nouS' avions de Ise Foi y que nous désirerions fes petséoÀtiotxs, \e% opproi>res, léâ humilkftions , et toat ce que les hoottnes tiiéctiand ttous fofit éprouver! NOiis lèiâ préférerions à toiirt (;e q%e Jé'inende peut nous offrir de plus agréctblè et de plus propre à «OttS éhë^l^éK.

L'adôra^ble Jéèud- fte fit pak^ai y^onv quêté de son royautâe'piurto i^é^nte dû Tbabor; et, s'ît ^ 0t éclarer sb gloire xm instant, ce n'ét<i^ que pour notis encou^ger, et pour nous donner une idée du bonheur dont on jouit dàris un royaun^'è dont le souverain est revêtu de tant d'éclat et de tant ide majesté. Mais ce Sauveur, plein d'amour pour nous, préféra la route éanglante du Calvaire ; et là, il cimenta de son sang précieux, la religion sainte qti'il avoit prêchée à deîs iàgrats, qui, pour prix de ses véiHes et de ses travafux, lui arrachèi-ent iàrfiitoyablemefït la vie, en lui faisant endurer des tourmens que l'esprit humain ne peut comprendre. Diaprés cet exemple, voyez, ma bonne m^èré, si on chrétien ne doit pas s'estitner fort heureux de soufijrîr quelque cho^, surtout avec l'espérance du Ciel.

Les hommes parcourent toutes les mers , pour amasser un vil métal qui périra avec eux ; et un chré*tîen ne voudroît pas endurer quelques mois dé captivité, quelques légères privations^ la mort

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même> trèsr dotiez ;«ii« soi > pour faire ]a,e<)aqiiête d'un royaume oà toua les. désirs du cœur humain sont rempli3 5 puisqu'on y possède le di v^in . c^tc^ir de notre être ; V^&j prit inearéé) qm^ d^ rien^ fit dans le temps teujt oe qui existe 9 et «qui.9 au« pr49mier acte de sa yo- •\^^f^^.\e%^'ies fondemens de oe .irasl^eiÛQJirers, et de tout ce qu'il eontM^y'qui» -de plus 9 ne fit tout cbU qi«B,piJ?ur:Opufl I De quels sentimep^ d'amour 9 de respect et de reeonnoisaanee ne deyons-nous pas êtfe pénétrés , à la vue de tant de bienfaits!*... J'espère que vous •trouTerez,. daos votre religion 9 un remède efficace à vos peines.

Ne pensez plus à moi, que comme yd pense à vous; c'est-à-dire dans y os prières seulement, et toujours selon le bon plaisir et la sainte Tolonté du Seigneur... Quant aux biens et à la fortune où je pouvois prétendre , je les méprise souyerainement, et je leur dis, de grand coeur, un éternel adieu. Je suis trop ambitieux pour m'attacher à si peu de chose. Je préfère le solide ; et je suis persuadé qu'au fond de votre cœur, vous dites que j'ai raison... Ainsi, ma respectable mère, il faut se détacher peu à peu des biens de ce monde. Us n'ont jamais été faits pour captiver le cœur d'un chrétien, qui doit penser continuellement à sa fin dernière et au jugement général, où 9 je l'espère, xious nous réunirons pourpossé-

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ikr^ ensemble une vie exempte de toutes les infirmités que l'on ressent dans cel]je-ci. Voulet moi, userons peut-être ensemble plus tôt que vous ne penéez: qui^sait?....

Laissez agir la divine. Providence :

elle sait, mieux que nous^ ce qui nous convient; et elle fera toujours tourner toutes choses à notre avantage, pourvu que, de notre côté, nous n'y mettions aucun obstacle. Il ne 190 manque rien ici : soyez tranquille à ce sujet* Ne dites plus 9 ce que je suis coavaincu être sorti de votre, beuche^ peut-être, hélas! trop-deâ^is, ne dites plus de moi : PauvTù mai^ heuretixl et mille autres paroles .semblables, qui, dans la bouche d'un chrétien, sont des espèces dç blasphèmes ; car J. - C. nous a dit, dans son Évangile : jBienheureux ceux qui souffrent persécution pour 4a justice, parce qu'ils posséderont le royaume des detnB» — Bie/nheurreuxl je ne suis donc pas malheureux, infortuné, ni misérable; car ce sont là les( expressions dont se sert le monde. Monde insensé !

que tu connois bien peu le bonheur de ceux qui souffrent pour la justice et la vérité , et encore moins les délices dont jouissent ceux qui versent leur . sang pour la plus juste et la plus sainte de toutes les causes I Ainsi, vous voyez qu'il est de Foi que je suis éienheureux. J'espère que vous n'irez pas contre cette sublime vé-

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rite 9 qui hit le charme de m»

tie.... Je finis, etc. etc. »•

Après un séîour de quatre mois à la Conciergerie, Bimbenet fut, non sans chagrin de voir différer son jugement, transféré dans la prison dite des Carmes, avec le prêtre Ploquin. On Toit, par une lettre de Tabbé Emery, au frère de ce yertueux |eune homme, écrite le 35 jauTier 1795, un an après sa mort , que^ « dans cette autre pri^ son , comme à la Ck>nciergerie ^ il parut un ange aux yeux des compagnons de sa captivité; qu'au* cun prisonnier ne fit plus de sensation i et ne montra plus de Foi * .

Le a4 février, on le ramena inopinément à la Conciergerie, avec le Sulpiden Ploquin; et, le lendemain , on lea fit monter au tribunal, avec leur&.deux hôtesses.

En 1^ condamnante mort, comme les trois autres, le 7 ventôse an II (25 février 1794)9 on affecta de le désigner comme -soldat de Tarméa dite CifthaUque^Rayadê. « Lors* qu'il descendait du tribunal, reprend l'abbé Emery , dans sa lettre au frère de Bimbenet , il exhortoit lui-même à la mort les demoi- «elles qui lui avoient donné un asile , et qui étoient condamnées par le môme jugement. Un jeune prêtre, qui accompagna jusqu'à l'échaSuidlachareette où jl étoît, avec l'abbé Ploquin » m'a dit que, sur toute la route, on fut frappé de la .sérénité et. de la gaîté qui p^r4)Âs6oient sur -son visage. Sa

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joie éclata à la vue de la guillotine; et, en montant sur l'échafeud, il chanta le psaume LaU" date Dofninutnf amnes génies.

Pour tout dire en un mot , vous êtes assuré d'avoir un frère parmi les Bienheureux » .

La veille de sa condamnation, qu'il prévoyoit, le jeune Bimbenet avoit écrit lui-même une lettre à ce même frère, dans laquelle il lui disoit : « Nous monterons demain à neuf heures au tribunal, pour être jugés... J'espère que ma mort vous causera plus de joie que de tristesse. Faites tous vos efforts pour la faire envisager sous ce point de vue à notre respectable mère. Les lettres qu'elle m*a écrites m'ont bien consolé, surtout en m'apprenant qu'on remplira scrupuleusement mes dernières volontés : je vous les réitère de nouveau. Je crois que l'homme qui nous a dénoncés est dans la misère : je désirerois que vous lui fissiex passer cent livres; Il a plusieurs enfans, et n'a pas probablement reçu cette somme , qui étoit l'espérance de sa dénonciation (1). Adieu, Dion cher frère et ami : nous nous verrons dans l'éternité , et 'cela ne sera- pas long. Le Seigneur vous réserve à de plus grands maux que nous : que sa sainte volonté soit faite ! -^Âs*

(i) Récompense promise par la Convention aux dénonciateurs. (^.

ci-devant, tom. l, pag.-aig.)

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