‹ Le Marxisme et son critique BernsteinChapitre 10 sur 54 · PRÉFACE POUR L'ÉDITION TRANÇAISE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE POUR L'ÉDITION TRANÇAISE XIII

lence de la réaction. D'après Bernstein, elle est mise en péril par l'attitude provocatrice d'une fraction de la socialdémocratie allemande, attitude qui, je le répète, est de pure invention. Bernstein n'a qu'à se souvenir du temps où la loi contre les socialistes était encore en vigueur pour estimer à sa juste valeur la socialdémocratie allemande. Il saurait que les gens, dont le langage pouvait être considéré comme une provocation aux conflits violents avec la force armée de l'Etat, ne furent jamais considérés par la presse du parti comme des (( collègues », mais comme des agents provocateurs, aux menées desquels on ne tardait pas à mettre fin. Et voilà que Bernstein éprouve le besoin de rappeler à la socialdémocratie allemande les dernières paroles prononcées par Engels et de la mettre en garde contre de pareils « collègues ».

Nous trouvons la même intelligence du véritable caractère de la socialdémocratie allemande dans la façon dont Bernstein envisage le Congrès socialiste de Hanovre, dont les résolutions prennent dans son esprit la forme de concessions faites à ses idées à lui, Bernstein :

Pendant que j'écrivais cette préface, le congrès du parti socialdémocrate allemand tenait ses assises à Hanovre. On a consacré un temps considérable au présent livre. Des esprits passionnés lui avaient prédit un verdict écrasant et les discours, calculés pour provoquer un verdict semblable, n'ont pas fait défaut. Mais le bon sens et l'expérience pratique du parti ont remporté la victoire sur l'esprit de chapelle, et la fin a été une résolution dont une partie frappe tout au plus la forme que l'auteur a donnée à ses idées, tandis que l'autre formule des concessions considérables à leur essence même. Ceci se rapporte à l'admission des compromis électoraux, à la reconnaissance de l'utilité des associations coopératives pour l'œuvre de l'émancipation ouvrière, et à l'abandon de l'idée que le programme actuel du parti soit obligatoire au delà de la proclamation des principes et des revendications fondamentales i.

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