‹ Le Marxisme et son critique BernsteinChapitre 9 sur 54 · XII PRÉFACE POUR L'ÉDITION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE POUR L'ÉDITION FRANÇAISE

socialiste des gens autorisés à se servir d'un langage qui laisserait supposer que le parti désire, au contraire, provoquer des conflits entre ses forces et la force armée de l'Etat. A ma connaissance, il n'y a actuellement personne en Allemagne, pas même parmi les anarchistes, et encore moins parmi les socialdémocrates, qui professe de pareilles théories. Nos avocats généraux seraient bien heureux de trouver de pareils écrivains socialistes. Mais ils n'existent heureusement que dans l'imagination de Bernstein. On lui en voulait non pas de combattre les idées de pareils socialistes, mais de supposer leur existence en les combattant.

Mais Engels n'a pas seulement fait remarquer qu'un conflit entre la socialdémoçratie et la force armée de l'Etat ne profiterait qu'à la réaction; il a aussi appelé l'attention sur les conséquences de cette situation : si la légalité est actuellement le terrain le meilleur pour la socialdémoçratie et le plus défavorable pour ses adversaires, il en résulte que ceux-ci seront les premiers à quitter le terrain de la légalité. Les plus résolus parmi eux ne souhaitent-ils pas déjà un coup d'Etat) Loin de croire que l'Allemagne fût à l'abri d'une révolution politique, Engels l'attendait surtout de l'évolution irrésistible de la socialdémoçratie par les voies légales, et des embarras croissants, où se trouvera la monarchie militaire, si elle reste sur le terrain de la légalité. Le devoir de la socialdémoçratie consiste, non pas à hâter l'inévitable catastrophe, mais à la retarder le plus possible, c'est-à-dire à éviter avec soin tout ce qui pourrait ressembler à une provocation ou à un semblant de provocation, car le temps gagné augmente ses chances de succès.

De ces idées d'Engels, il ne reste rien dans Bernstein. Et pourtant il se réfère à lui! D'après Engels, l'évolution pacifique et légale est menacée par la vio-

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