XIV PRÉFACE POUR L'ÉDITION FRANÇAISE
En lisant ces lignes, on arrive à cette conclusion qu'au Congrès de Hanovre « un esprit de chapelle » a disputé la victoire « au bon sens » qui finalement l'a emporté sur le mauvais esprit dans la résolution votée par le parti. En réalité, on n'a point proposé d'autre motion que celle qui a été adoptée, et jamais au cours des discussions du Congrès les adversaires les plus déterminés de Bernstein n'ont émis le vœu qu'il fût exclu du parti comme renégat. C'est donc beaucoup de fantaisie de la part de Bernstein de parler d'une « victoire sur l'esprit de chapelle ». Cet « esprit de chapelle » est, comme (( l'esprit provocateur » de certains socialdémocrates allemands, un vain fantôme.
La résolution où Bernstein trouve tant de « bon sens et d'expérience pratique » fut proposée par ce même Bebel qui porta un jugement si sévère sur le livre de Bernstein.
•Dans cette résolution Bernstein voit des concessions à son point de vue particulier dans le fait qu'on y reconnaît les sociétés coopératives et les compromis électoraux.
En ce qui concerne les sociétés coopératives, il est certain qu'en Allemagne, c'est précisément là où Bernstein fut le plus nettement désapprouvé, c'est-à-dire en Saxe, et spécialement à Leipzig et à Dresde, qu'elles sont le plus prospères.
Cela suffirait déjà pour démontrer qu'on peut être hostile à Bernstein sans être hostile aux coopératives.
Qu'il me soit ici permis de faire remarquer que dès le printemps de 1897, par conséquent avant Bernstein, j'ai publié une brochure sur les coopératives de consommation, et je concluais ainsi f
(( Tôt ou tard, dans tout pays, le mouvement coopératif est appelé à jouer un grand rôle dans la lutte émancipatrice de la classe ouvrière, concurremment