‹ Le Marxisme et son critique BernsteinChapitre 14 sur 54 · PRÉFACE POUR L'ÉDITION FRANÇAISE XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE POUR L'ÉDITION FRANÇAISE XVII

de prendre part aux élections au Landtag, et, sous certaines conditions, de soutenir les candidats d'opposition bourgeoise.

C'était donc conformément à ces considérations que le Congrès de Hanovre déclarait dans la motion Bebel :

Sans se faire d'illusion sur l'essence et le caractère des partis bourgeois, qui sont les représentants et les défenseurs de l'ordre politique et social, le parti ne repousse pas l'action en commun, dans le cas où il s'agit de renforcer le parti aux élections, d'étendre les droits politiques et les libertés du peuple, d'apporter une sérieuse amélioration à la situation sociale de la classe ouvrière, d'encourager l'œuvre de la civilisation ou de combattre les projets hostiles à la classe ouvrière et au peuple.

A bien considérer les choses, cette tactique est déjà indiquée dans le (( Manifeste communiste )). Mais en tant qu'elle prend une importance pratique par la participation aux élections au Landtag prussien, son acceptation est le résultat d'efforts qui remontent à une époque antérieure à la publication du livre de Bernstein, efforts encouragés en première ligne par ceux-là mêmes qui à Hanovre montrèrent le plus d'hostilité à Bernstein.

Loin de soutenir ces efforts, le livre de Bernstein était plutôt de nature à les compromettre.

C'est à bon droit que Bernstein rappelle que son livre obtint des « éloges compromettants ». Ils étaient d'autant plus compromettants que jamais Bernstein n'écrivit un mot en allemand pour se défendre de ces éloges. Et ils étaient de nature à compromettre tout ce qui, même de loin, rappelait les idées de Bernstein.

Si Bernstein voit des concessions considérables à ces idées dans les deux paragraphes de la résolution Bebel sur les sociétés coopératives et l'alliance avec les partis d'opposition bourgeois, cela ne prouve pas que Bernstein ait fait des conquêtes morales en Allemagne,

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