XVIII PRÉFACE POUR L'ÉDITION FRANÇAISE
mais qu'il se fait aujourd'hui du parti socialiste allemand une idée aussi fausse que de la théorie marxiste.
Ces deux paragraphes prouvent qu'il ne faut pas croire que l'antagonisme entre Bernstein et ses adversaires est l'antagonisme entre la politique réformiste pratique et la phraséologie révolutionnaire ou qu'il est l'antagonisme entre l'évolution critique et le dogmatisme endurci. Nous avons vu que le parti sociaUste allemand commença avant la publication du livre de Bernstein à chercher quelle attitude il devait prendre vis-à-vis des coopératives et de l'alliance avec les partis bourgeois. Et si nous ne craignions d'allonger un peu trop cette préface, nous pourrions apporter ici la preuve que même les adversaires sérieux des coopératives et de la participation aux élections au Landtag ne sont retenus que par des considérations pratiques et non par ce (( cant )) révolutionnaire que Bernstein croit chose si commune dans le parti socialiste allemand.
Nous n'avons pas besoin d'insister sur ce point, quand nous nous adressons â un public allemand. Mais lorsque Bernstein fait voir sous ce jour le parti socialiste allemand à un public qui connaît peu l'Allemagne, il devient nécessaire de mettre les choses au point.
Ce qu'il y a de pis dans le livre de Bernstein, c'est qu'il donne à nos adversaires et aux étrangers des idées absolument fausses sur le socialisme allemand et ses bases théoriques.
C'est à cause de ces deux paragraphes, où Bernstein voit des (( concessions considérables » faites à son point de vue, qu'il donna son approbation à l'ensemble de la résolution, bien qu'il soit lui-même obligé de reconnaître que les autres parties de la résolution lui sont contraires. 11 est vrai qu'il dit à ses lecteurs qu' (( une partie le frappe tout au plus dans la forme ». Afin que le lecteur puisse juger si c'est réellement la forme qui