PRÉFACE POUR L'ÉDITION FRANÇAISE XIX
est visée dans la résolution Bebel, qu'il nous permette de citer les passages en question.
Le premier alinéa est ainsi conçu :
Le développement de la société bourgeoise, tel qu'il s'est produit jusqu'à ce jour, ne donne pas au parti socialiste de motifs pour abandonner ou changer, sur ce sujet, ses idées fondamentales.
Il n'est pas question ici de forme.
Mais à la page 79 de son livre, Bernstein dit que l'image de l'évolution de la société moderne que trace le (( Capital )) de Marx ne répond pas à la réalité.
Et à la page 88, il dit :
Si la société était constituée ou si elle s'était développée telle que la doctrine socialiste l'a jusqu'ici supposé, alors la catastrophe économique ne saurait être, en effet, qu'une question d'un petit espace de temps. Mais, nous l'avons vu, cela n'est pas précisément le cas. {Trad. Cohen).
Cette phrase est incompatible avec le premier alinéa de la résolution. Si Bernstein l'approuve, il concède par là-même ou bien qu'il a faussement interprété la doctrine socialiste, ou bien que la critique qu'il en fait n'est pas fondée, ou encore qua critique et [interprétation sont fausses. Mais il est assez singulier de se figurer que cet alinéa de la résolution est tout au plus dans la forme un argument contre Bernstein.
Dans le deuxième alinéa de la résolution de Hanovre", nous trouvons la phrase suivante :
(f Aujourd'hui, comme par le passé, le parti socialiste se place sur le terrain de la lutte de classes, c'est-à-dire qu'il déclare que l'émancipation de la classe ouvrière ne peut être que l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. »
Cette phrase ne vise pas le livre de Bernstein, car il n'y ti'aite guère la question de la lutte de classes. Elle vise un article du Vorwàrts du 3 septembre 1889, qu'à la veille même du Congrès de Hanovre Bernstein