‹ Le Marxisme et son critique BernsteinChapitre 41 sur 54 · DIMINUTION · texte numérisé non relu

DIMINUTION

Chefs .

ilégisseurs

Ensemble des travailleurs . . ....

10 Membres de la famille prenant pari au travail.

2o Domestiques de ferme

3° Journaliers propriétaires d'une terre. . .

io Journaliers non propriétaires

Total

Ce qui frappe dans ce tableau, c'est l'énorme diminution du nombre des journaliers, propriétaires d'une terre, qui dans l'espace de 13 ans auraient diminué de plus de moitié ! En réalité, la statistique de l'empire est forcée de reconnaître que cette diminution n'est, en partie du moins, qu'apparente et qu'elle vient de ce que le recensement de 1895 fut fait d'après une autre méthode que celui de

En 1882, la rubrique A.T comprenait les journaliers, qui exploitaient en même temps leur bien. Mais la statistique ne disait pas « si ces gens étaient avant tout des chefs et n'exerçaient qu'accessoirement le métier de journaliers, ou bien s'ils étaient au contraire surtout des journaliers ». (Statistique des professions du peuple allemand. Statistique de l'empire allemand, série nouvelle, vol. 111, p. 58). Dans le recensement de 1895, ces deux éléments furent au contraire séparés avec soin : on compte donc parmi les chefs un certain nombre d'agriculteurs, qui se trouvaient en 1882 dans la liste des journaliers. C'est pour cela que le nombre des chefs en 1882 paraît un peu trop petit (op. cit. p. 61.) tandis qu'au contraire celui des salariés paraît trop élevé. Cela caractérise bien le fait qu'à la campagne la ligne de démarcation entre les salariés et les chefs n'est pas nettement marquée.

Il n'est plus possible aujourd'hui de déterminer, jusqu'à quel point le nombre des chefs de 1882 était trop faible et celui des salariés trop élevé, mais les différences entre les chiffres de la statis-

tique et les chiffres réels devaient être considérables, si on remarque que de 1882 à 1893 le nombre des domestiques do ferme et des journaliers non propriétaires a augmenté, tandis que celui des journaliers propriétaires marque une si énorme diminution. Si nous comptons ces derniers en 1882 comme en 1895 au nombre des chefs, nous obtenons pour 1882 la somme de 3.119,024, pour 189S au contraire 2.905,411, par conséquent, au lieu d'une augmentation de 270,008, une diminution de 213,613; par contre le nombre des domestiques de ferme, qui ne font pas partie de la famille, et des journaliers non propriétaires s'élève en 1882 à 2.962,862 et en 1895 à 3.164,185, ce qui fait une augmentation de 201,323.

Le nombre des vrais prolétaires a donc augmenté ; au contraire, le nombre des chefs et des éléments hybrides qui se trouvent entre eux et le prolétariat, diminue, sans qu'on puisse voir clairement si cette diminution se produit plutôt aux dépens des premiers que des seconds. En tout cas, ces chiffres indiquent que les contrastes sociaux sont de plus en plus accusés dans l'agriculture elle-même.

Mais le mouvement est plus lent et les changements de conditions sont moins importants que dans le commerce et l'industrie.

Si nous passons à la statistique de l'exploitation, nous constatons que ces changements sont imperceptibles dans chacune des divisions par étendues et qu'ils sont différents suivant les pays et même suivant les régions. L'étendue des exploitations est augmentée ou diminuée :

En Allemag-ne de 1882 à 1892.

au-dessous de 2 hectares — n.49i- hectares

au-dessus de tOO » -+- 45 533 »

En France de 1882 à 1892.

au-dessous de \ hectire 4- 2 i 3.420 hectares

— 1-5 hectares —'108.434 »

au-dessous de 10-40 hectares. . — 532 2i3 hectares au-dessus de 40 » .. +197.288 »

En Angleterre de 1885 .h 1895.

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