acres 0,40-2 hectares — 22.885 acres
au-dessus de 500 )) au-dessus do 200 » —226.807 ))
Le développement est donc tout autre en France qu'en Allemagne et en Angleterre. Dans ces deux pays les exploitations moyennes gagnent du terrain, en France ce sont les petites, c'est-à-dire, les exploitations prolétariennes et les grandes, c'est-àdire, Jes exploitations capitalistes. En Allem.agne même, nous voyons que la grande exploitation a une tendance à décroître là où elle était dominante, et à croître, là où elle était en infériorité.
Le premier cas se présente à l'Est de l'Elbe, le second dans l'Allemagne du sud et les provinces rhénanes.
Sur 100 hcclarcs de terrain cultivé, les exploitations de plus de 100 hectares occupaient :
Prusse orientale 38,60 39,47 -|- 0,87
Prusse occidentale ,. . 47, H 43,66 — 3,45
Brandebourg 36,32 3o,24 — 1,08
Poméranie 57,42 55,13 — 2,29
Posnanie 55,37 52,19 - 3,18
Silésie 34,41 33,86 — 0,55
Mecklembourg-Schwérin 59,89 59,95 + 0,06
Mecklembourg-Strelitz 60,89 60,68 — 0,21
Ainsi, à l'exception de la Prusse Orientale et du Mecklembourg-Schwérin , il y a partout diminution . C'est le contraire dans les autres provinces.
Hanovre 6,92 7,14 + 0,22
Westphalie 4,77 5,30 + 0,53
Hesse-Nassau 6,69 7,34 -\- 0,65
Province rhénane 2,67 3,51 -|- ^'^^
Bavière 2,26 2,57 + 0,31
Wurtemberg 2,00 2,14 + 0,14
Grand-duché de Bade 1,80 3,06 + 1,26
Alsace-Lorraine 7,31 7,38 -f 0,07
Les autres pays ne montrent aucun changement (Saxe, Hesse), ou des modifications trop minimes pour donner des résultats utiles. Remarquons que nous trouvons des (-f) dans toutes les provinces du sud et de l'ouest. Là où la petite exploitation agricole domine, la grande exploitation a une tendance, quoique peu marquée, à augmenter. Là où la grande propriété foncière l'emporte, il y a au contraire tendance au morcellement du territoire
exploité. Mais cela n'est pas identique au rapetissement de l'exploitation. Nous remarquons actuellement à l'Est de l'Elbe deux tendances; la culture devient plus intensive et par conséquent plus capitaliste. Mais un grand nombre des propriétés à l'Est de l'Elbe sont beaucoup trop étendues pour se prêter à la culture intensive.
De plus les propriétaires manquent de capitaux. Ils se procurent l'argent nécessaire en vendant à de petits agriculteurs les terrains, trop éloignés du centre de l'exploitation.
Mais le développement des moyens de communication, qui expose l'agriculture de ces provinces à la concurrence des provinces agricoles plus avancées et l'oblige à l'exploitation intensive, lui enlève en même temps les éléments nécessaires à cette exploitation, c'est-à dire les ouvriers : de là, les essais tentés pour les attacher à la glèbe en leur accordant des rentengùter'^, et autres avantages. D'où la faillite de la grande exploitation, là oi^i ces moyens ne réussissent pas. Dans l'un et l'autre cas, nous aboutissons au morcellement de la grande propriété foncière. C'est donc précisément le développement dans le sens de l'exploitation capitaliste moderne, qui dans les provinces à l'est de l'Elbe favorise l'accroissement des petites exploitations et entame le domaine des grands propriétaires.
Rien n'indique que nous nous acheminions vers la disparition de la grande exploitation, mais rien
1. On entend par Rentengûter des biens fonciers acquis au prix d'une redevance en argent ou en nature. Cf. Loi du 27 juin 1890. {Note du traducteur.)
non plus ne fait prévoir qu'elle absorbera les petites exploitations. Aucune de ces deux catégories ne gagne effectivement du terrain. La régression qui se produit d'un côté est compensée par le progrès qui se manifeste de l'autre.
Si nous considérons seulement la statistique des étendues territoriales des exploitations, il semble que l'agriculture ne change pas^. mais demeure stagnante. Mais elle aussi accomplit une évolution; elle devient de plus en plus tributaire de l'industrie.
C'en est fait de l'idéal de la petite exploitation indépendante, du domaine d'une famille de paysans produisant sans journaliers tout ce qui est nécessaire; cette forme d'exploitation était encore prépondérante en Europe au commencement de notre siècle, elle a à peu près disparu de nos jours.
Au lieu d'être à la fois agriculteur et artisan^ le paysan n'est plus qu'agriculteur^ et dans l'agriculture même nous assistons à une spécialisation des produits, que chaque exploitation fabrique pour le marché; le paysan devient de plus en plus tributaire du marché, c'est-à-dire de la société; son travail devient de plus en plus une partie du grand travail social, représenté par la production des marchandises, laquelle est dominée par la production industrielle.
A la place du paysan qui ne travaille que pour soi et avec les seules forces de la famille, apparaît d'un côté le paysan qui emploie des journaliers et de l'autre le petit paysan, dont l'exploitation n'est plus qu'un détail de ménage et qui tire son revenu de son métier de journalier dans l'agricul-
tiire et la sylviculture, de petit artisan ou finalement d'ouvrier dans une de ces graades usines, qui envahissent de plus en plus la campa-ne.
xVinsi les grands et les petits paysans dev'iennent de plus en plus tributaires de l'industrie. C'est ce que montrent clairement les chiffres que fournissent les statistiques pour l'Empire,, les grands Etats et quelques provinces de l'Allemagne.
Parmi h^s propriétaires d'exploitation agricole étaient occupées (pour O/q) de :
Empire allemand. .
Priis,«e
Bavière
Saxe
Wiirtembfrg. ...
Graud-ducLé de Bade,
Hesse .
Alp^ace-Lorraine. . .
Disiricts de :
Magdebonrg
MfTsebonrof ....
Erfnrt. ........"
Hilde:-lieim
Munstt-r
Arn?bero[. .
Uiis.-^eldorf. ..."'■