AGRI TU
indépe
Agrieultare
Industrie 14,23
Divers
Ensemble
En Bavière c'est dans le Palatinat que les salariés de l'industrie possédant une exploitation agricole, sont le plus nombreux, (U,H O/q de l'ensemble des propriétaires d'exploitation contre 47,57 O/o d'agriculteurs indépendants et 6,06 O/q d'ouvriers agricoles) : en Saxe district de Dresde (22,15 O/q de l'ensemble de propriétaires d'exploitation agricole
sont des ouvriers de l'industrie contre 34,31 O/o d'agriculteurs non salariés et 9,16 O/q d'ouvriers agricoles), dans le AYurlemberg- c'est le cercle du Neckar (8,75 O/q contre 58.73 O/q et 3,14 Û/q), dans le Grand Duché de Bade le district de Carlsruhe (14, 28 O/o contre 60,43 O/o et 2,16 O/o). dans la liesse la province de Starkenbourg'( 19,20 O/o contre 37,69 O/o et 8,41 O/o). Les ouvriers industriels, propriétaires d'exploitations agricoles, sont plus nombreux que les agriculteurs non salariés dans les petits Klats :
Agriculteurs non salariés. Ouvriers industriels.
Brunswick 21,77 O/o 25.82 O/o
Anhalt ^20.07 O/o 28,06 O/o
Reuss (ligne aînée). . 29,34 O/o 3i.18 O/o
Schaumbourg- Lippe. 23,54 O/o 30.08 O/o
Lippe 31.96 O/o 36.:]6 O/o
On voit combien il est erroné de compter comme paysan tout propriétaire d'exploitation agricole.
Les paysans forment la minorité de la population agricole, où les personnes vivant de leur industrie se partagent en 31 O/o de cbefs et 69 O/o de salariés: ils ne forment pas non plus la majorité des propriétaires d'exploitations agricoles de l'empire (seulement 45 O/o des propriétaires sont des vrais agriculteurs indépendants); ils sont môme moins nombreux dans les régions industrielles que les salariés de l'industrie possédant des exploitations agricoles.
Les vrais agriculteurs indépendants ne possédaient en 1895 que2.499. 130 exploitations agricoles sur 0.558.317. Le nombre des agriculteurs non sa-
lariés ayant un métier accessoire était de 304.164. C'est donc une exagération colossale, que de parler, comme le fait Bernstein, « déplus de cinq millions d'exploitations agricoles ayant un caractère privé », qui resteraient encore, si on socialisait toutes les exploitations dépassant 20 hectares. Environ trois millions de ces exploitations agricoles sont de simples occupations accessoires, annexes des ménages des laboureurs ou des artisans, annexes qui ne contribuent que dans une faible mesure à la production des marchandises. Le socialisme signifie : Organisation du travail social, c'est-à-dire de la production des marchandises. L'organisation du travail domestique n'est pas un de ses principaux problèmes. Les « entreprises » de fruitières, de coiffeurs et de marchands de marrons ne feront pas plus obstacle au socialisme que les champs de choux et de pommes de terre des ouvriers agricoles et des ouvriers industriels de la campagne. Mais ne reste-t-il pas encore plus de deux millions d'exploitations, que l'on peut considérer comme exercées par 1t)s paysans ? Sans doute, mais elles aussi deviennent de plus en plus tributaires de la grande industrie, quoique d'autre façon que les petits paysans.
Un des phénomènes les plus frappants de l'évolution économique moderne est l'abaissement de la rente foncière, souvent aussi du profit agricole. C'est une nécessité d'autant plus pressante paur l'entrepreneur agricole, de couvrir le déficit de son exploitation par un métier plus profitable, et il a recours à l'industrie de la campagne, à la-
quelle il amène les produits de son exploitation comme matières premières.
Une autre raison l'y pousse^ c'est que les ouvriers agricoles deviennent de plus en plus rares. L'agriculture n'a plus la force d'attacher ses ouvriers à la glèbe et l'industrie leur offre une vie plus intelligente. Seule la création d'une industrie est capable de retenir les salariés à la campagne.
L'union de l'industrie et de l'agriculture est donc de plus en plus pour cette dernière une question vitale; après la grande propriété, les petites exploitations s'efforcent de former des sociétés coopératives, pour profiter des avantages de cette forme d'exploitation.
L'industrie, en sa qualité de mode de production plus moderne et plus profitable, apparaît dans cette alliance comme le principal facteur; l'agriculture en devient de plus en plus tributaire et comme il règne dans l'industrie agricole la même tendance à la concentration que dans l'autre industrie, l'agriculture suit le mouvement.
Il est vrai que cela n'apparaît pas dans la statistique du territoire agricole. De même que la statistique ne fait aucune différence entre les « ouvriers industriels domestiques » exploités par le capitalisme, et l'artisan non salarié qui exécute les commandes de sa clientèle, elle n'indique pas si une exploitation agricole est complètement indépendante ou n'est qu'une partie d'une grande exploitation collective.
Malgré cela^ la tendance toujours croissante des exploitations agricoles, à devenir tributaires d'ex-
ploitations industrielles, est si forte et si évidente, qu'elle n'a plus besoin d'être prouvée. Si, déduction faite des agriculteurs travaillant pour autrui, le nombre des exploitations agricoles, que la socialisation devrait abandonner à l'initiative privée, est réduite de cinq à deux millions, le nombre de ces dernières baisserait encore beaucoup, si on ne retranchait toutes celles qui dépendent d'une exploitation industrielle. Si on socialise les 400 raffineries de sucre, on met en même, temps les 113.244 exploitations agricoles, qui se livrent à la culture de la betterave, sous la complète dépendance économique de l'Etat.
Il y a 148.082 exploitations qui sont intéressées à des sociétés de laiterie. Combien de producteurs de lait, de légumes, de fruits ne sont plus aujourd'hui que les fournisseurs des grands fabricants de conserves, etc.? 11 faut en outre faire entrer en ligne de compte les exploitations agricoles qui ne sont pas en relation économique directe avec un établissement déterminé, mais qui dépendent par leur nature d'une branche d'industrie déterminée. Dès que celle-ci est mûre pour la socialisation, celles-là suivent son exemple, sinon en droit, du moins en fait. Dans les pays où existe le monopole du tabac, les fabriques de tabac sont seules de grandes exploitations, mais les petits cultivateurs de tabac ne sont pas maîtres chez eux; leur culture et la vente de leur produit se sont entièrement soumis à la surveillance de l'autorité. En Allemagne un monopole du tabac enlèverait à l'exploitation privée plus de 150.000 planteurs.
k tout cela il faut ajouter un autre fait. Le mode de production capitaliste a une tendance à séparer la propriété foncière de l'exploitation agricole, de telle sorte que le propriétaire foncier et l'agriculteur deviennent deux personnes distinctes. Cela est évident dans le système du fermage, mais en fait, la même chose se produit par le système des hypothèques. Les fonctions du créancier hypothécaire correspondent à celles du propriétaire foncier dans le système du fermage. Des deux côtés elles sont également simples et consistent à empocher la rente foncière sans participer au travail de la production.
A mesure que le système du fermage se développe et que la dette hypothécaire progresse, les agriculteurs qui n'ont plus aucun intérêt à posséder une terre en propre, deviennent* plus nombreux. Ils s'intéressent bien plus à la socialisation de la propriété foncière et des dettes hypothécaires, ce qui n'est pas encore, il est vrai, une application du socialisme à l'agriculture, mais un progrès considérable dans un état démocralique. Or il est à remarquer que le système du fermage augmente.
Tableau des exploitations agricoles dans l'empire allemand en 1895.
Augmenlation ou dimination. . .
Augmentation ou diminution, . .