X PRÉFACI POUR L'ÉDITION FRANÇAISE
ment ce qui lui importe — est la conséquence d'une compréhension toujours plus nette, de V intérêt collectif toujours croissant, du champ plus libre pour une activité indépendante des facteurs idéologiques et plus particulièrement des facteurs éthiques.
Chez Engels il est la conséquence de la main-mise de la société sur les moyens de la production. Quelle que soit la façon dont on interprète et envisage la thèse d'Engels du passage de la nécessité à la liberté, la pratique du parti socialiste n'en est pas atteinte.
L'interprétation qu'en donne Bernstein devrait, au contraire, comme il le fait remarquer avec raison, exercer une influence profonde sur la pratique du parti socialiste.
On le voit, la thèse de Bernstein et celle d'Engels n'ont de commun que les mots nécessité et liberté.
La phrase d'Engels n'est pas le moins du monde un argument en faveur de la thèse de Bernstein.
En se référant à Engels, Bernstein apporte une preuve de plus à l'appui d'un fait que je crois avoir étayé de beaucoup d'autres preuves dans le présent ouvrage. J'entends par là que Bernstein ne s'est pas séparé théoriquement de ceux qui furent ses anciens compagnons de combat au point de vue théorique et politique, parce qu'il a dépassé les progrès accomplis par le marxisme, mais parce qu'il comprend de moins en moins ce que Marx et les marxistes ont fait jusqu'ici. Plus il critique Marx et Engels, plus il oubUe ce que ceux-ci ont réellement dit et voulu, plus il leur attribue des idées qui leur sont étrangères, et cela non seulement quand il les combat, mais encore là où il les fait servir à la défense de ses proprés idées.
Dans sa préface comme dans son livre, Bernstein ne peut s'empêcher de citer l'introduction de F. Engels aux Luttes des classes et il prétend n'avoir fait