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CHAPITRE II Roux en Suisse

Le 10 août, Mouslier, le résident de France auprès des cantons suisses, avait écrit à de Lionne : « On m'avertit qu'il y a dans Zurich un homme vêtu à la française, qu'on croit être d'Angleterre, pour proposer une alliance de la part du roi de la Grande-Bretagne avec les cantons protestants, lesquels se doivent assembler ces jours-ci en un lieu particulier. Du temps de Cromwell, une pareille proposition fut faite, laquelle n'eut pas de suite (1) s>.

Le 17 août, Mouslier ajoutait : « Celui que je vous ai mandé qui a paru à Zurich, qu'on croit être d'Angleterre, n'a point encore eu d'audience, ni il n'a fait paraître aucune lettre de créance jusques à maintenant. J'attends des nouvelles ce soir à quoi aura abouti son voyage (2) ».

Mais dès le 21 août, la première lettre de Mouslier étant arrivée à Saint- Germain, de Lionne avait envoyé la lettre suivante qui dévoile les intentions de

(1) Arch. étr., corr. Suisse, 44, 102.

(2) Arch. étr., corr. Suisse, 44, 103.

Louis XIV : « Il importe extrêmement au Roi de savoir quel est cet homme vêtu à. la française qui est à Zurich et qu'on croit y proposer une alliance de la part du roi de la Grande-Bretagne. Sa Majesté désire que vous y envoyez exprès secrètement une personne intelligente et bien fidèle qui vous en rapportera toutes nouvelles et le plus de particularités qu'il pourra, mais pas tant de cette négociation (quoi qu'il fut bon de la pouvoir pénétrer) comme de la manière dont est fait le négociateur, quel nom il prend, s'il est Anglais ou Français, s'il paraît en public ou s'il se cache, de quelle stature, de quel poil et enfin tout ce qui regarde sa personne. Je m'assure que vous trouverez facilement plusieurs prétextes pour empêcher que personne ne puisse rien pénétrer du sujet, ni de rien d'approchant, pour lequel vous auriez envoyé exprès audit Zurich ». Après avoir ajouté en post-scriptum le signalement de Roux copié sur la lettre de Ruvigny, de Lionne terminait en disant de nouveau : « Il faut en ceci garder un très grand secret ».

Les Suisses, à l'heure où Roux venait leur demander de s'allier à la Triple Alliance et en particulier à l'Angleterre contre la France, étaient fort animés contre nous. Une suite d'événements avait amené ce très grand refroidissement. D'abord l'invasion de la Franche-Comté (1) dont les Suisses se considéraient comme les protecteurs, puis des suppressions de compagnies suisses dans la garde royale et dans les

(1) La Franche-Comté était alors une province espagnole.

troupes de ligne, enfin la formation de compagnies franches de troupes suisses, formées en grande partie de soldats suisses commandés par des officiers suisses, mais pour une solde de 5 écus par homme et par mois, tandis que les capitulations fixaient la solde des Suisses à 6 écus et exigeaient que les levées se fissent par l'intermédiaire des cantons.

Une proposition de faire alliance avec la maison d'Autriche pour la défense des villes Forestières, considérées comme menacées par les usurpations de la France en Alsace et par les efforts de Louis XIV pour s'étendre de ce côté, augmentait les causes de dissentiment entre les Confédérés et nous ; de plus, le canton de Berne était rempli de défiance à l'égard du duc de Savoie qu'il supposait animé du désir de reconquérir le pays de Vaud enlevé par les Bernois à ses ancêtres, or ce duc était l'allié de la France et le bruit courait en outre qu'il allait attaquer Genève et que le Roi l'aiderait.

Mécontents de la France, les Suisses avaient reçu de l'Espagne des propositions pour des levées de troupes contraires aux capitulations conclues avec nous. Elles avaient abouti à un traité entre l'Espagne et les cantons catholiques pour la levée de 6.000 hommes ; l'ambassadeur d'Espagne avait distribué les gratifications dues à raison de la conclusion du traité ; il devait faire sa levée plus tard, quand il aurait de l'argent de nouveau. Louis XIV pour punir les cantons de leur infidélité à l'Alliance perpétuelle avec la France, avait fait suspendre le paiement des pensions, et les énormes

arriérés en vain réclamés au gouvernement français en étaient augmentés d'autant (1).

Dans ces circonstances, notre résident à Soleure ne pouvait que raconter les tentatives faites pour convertir en engagements fermes et précis le mauvais vouloir des Suisses. Le 24 août, il mandait de nouveau: « Le gouverneur de Franche-Comté a écrit aux cantons une lettre par laquelle il leur laisse sujet d'espérer toutes sortes de bons et favorables traitements, et M. le coloneï Baltazard qui demeure à trois ou quatre lieues de Genève m'a fait avertir que proche de chez lui, il y a trois personnes qui }• sont de la part de Suède, d'Angleterre et de Hollande, lesquelles doivent avoir conférence avec le nouveau gouverneur de la Franche- Comté. Le dit S'' Baltazard me promet de découvrir ce qui s'y passera et de m'en donner avis ».

Mouslier avait déjà de lui-même, avant le 31 août, envoyé auprès de Baltazard et à Berne pour voir ce qui se passait. Au reçu de la lettre de Lionne, du 21 août, il envoya aussi à Zurich. Le 7 septembre, il fit savoir à son clief le résultat de ces investigations : « Les trois personnes étrangères que M. le colonel Baltazard m'avait fait savoir qui étaient proches de sa maison sont à ce qu'il m'a mandé depuis, un Français qui change de nom souvent, lequel se dit être envoyé d'Angleterre ; l'autre est un nommé Borrey, grand prévôt de la Franche-Comté, et le troisième s'appelle

(1) Par exemple, on devait à l'abbé de Saint-Gall 39 ans de sa pension (Areh. étr., corr. Suisse, 45, 87).

Chandiot, neveu du baron d'Isola, intendant de l'abbaye de St-Claude pour don Juan d'Autriche. Ce Borrey accompagna il y a trois semaines ce prétendu envoyé à Zurich. Ils passèrent et repassèrent par Berne où celui-là fit instance pour avoir du canon et des munitions de guerre pour la Comté, et à Zurich, il y délivra des lettres du gouverneur de cette province pour donner avis aux cantons de cette arrivée ».

« A leur retour, qui fut il y a huit ou dix jours, Chandiot mena cet envoyé d'Angleterre à St-Claude" où il doit séjourner jusqu'à nouveaux ordres ».

« Celui que j'ai fait passer à Zurich sous prétexte d'aller à une dévotion qui est en ce quartier là a su de quelques personnes confidentes que je lui avais donné charge de voir, que depuis cinq ou six semaines un homme qui se dit et qu'on tient qui appartient depuis longtemps au roi d'Angleterre en qualité de gentilhomme y a été deux fois, qu'à la première, il y a séjourné douze jours, et la seconde trois ou quatre seulement, et d'où il n'est parti que vers le 24 ou 25 du mois passé. Sa stature est plus grande que petite, le visage assez plein. On lui donne plus de cinquante ans parce que les cheveux commencent à lui grisonner. Il était vêtu d'un drap gris brun et assez modestement suivi de deux laquais en assez mauvais ordre. Sa religion est protestante, on le croit de Monllimard {sic) et qu'il s'appelle Le Pioux. Son logement à Zurich était dans une hôtellerie éloignée de celle qu'avait le S'' Borrey, Pendant qu'il y a été, il a visité plusieurs

fois quatre ou cinq des principaux du Conseil de Zurich qui sont passionnés contre la France, auxquels il a rendu des lettres des ministres d'Etat du Roi d'Angleterre pour le recommander et porter M""' de Zurich à donner créance à ce qu'il leur proposerait. Il leur a demandé et aux autres cantons protestants un régiment de vingt compagnies pour la garde du Roi d'Angleterre sur le pied de la solde de France, et deux régiments pour les Hollandais pour être mis en garnison dans leurs places frontières, du côté de la Flandre et du Brahant, sur le pied des autres troupes étrangères qui sont en Hollande, qui est une solde particulière pour les soldats et une séparée pour les officiers ».

« Ce prétendu envoyé a passé d'Angleterre en Hollande, à ce qu'on assure, avant que de venir ici. On a écouté avec plaisir à Zurich ces propositions et on aurait été pour entendre à celle d'Angleterre s'il avait eu quelque caractère et un pouvoir du roi de la Grande Bretagne, mais n'ayant ni l'un, ni l'autre, ils lui ont témoigné que cela était nécessaire auparavant que de pouvoir proposer l'affaire en public pour s'y résoudre ; sur quoi, cet envoyé s'est retiré en laissant sujet d'espérer qu'il retournerait dans peu de temps avec les ordres qu'ils pouvaient désirer ».

« Pour ce qui regarde ce qu'il a proposé pour les Hollandais, on a fait connaître que c'était chose à laquelle on n'entendrait point à cause du changement de capitulation. La plupart des esprits n'ont pas eu bonne opinion de ce que cet envoyé est venu avec si

peu d'appareil, sans lettre de créance, ni qualité du roi d'Angleterre, parce que ceux de Zurich souhaiteraient d'être recherchés sur cela avec éclat et plus publiquement ; mais de quoi on doute que les Anglais aient le dessein et qu'ils en veuillent faire la dépense ».

« Il semble qu'il n'y a pas lieu de douter que cet homme ne soit celui qui est apparemment maintenant à St-Claude et que ce ne soient les Espagnols qui donnent le mouvement à ce qu'il fait »

« Le voyage que les S''' Hirzel el Grebel, de Zurich, firent il y a quinze jours à Berne, ne peut avoir été que pour conférei' avec ceux-ci de ces affaires et de la réponse qu'ils ont faite ».

« Comme ils ont pu remarquer que toutes ces propositions seront pour n'avoir peut-être pas grande suite, ils ont affecté de n'en pas faire beaucoup de cas ; mais s'ils voyaient apparence de succès, je ne douterais pas qu'ils n'y entendissent, particulièrement ceux de Zurich, qu'on a trouvés déchaînés sur le renvoi que M. le colonel Molondin [du régiment des gardes suisses] a fait de leurs lettres sur le sujet des compagnies franches, lesquelles on a résolu dans tous les cantons de ruiner, par toutes les voies qu'ils pourront, sans aucune considération de ce qu'on leur peut dire, ni de ce qui leur peut arriver des extrémités auxquelles ils se pourront porter. Ils n'épargneront pas ceux qu'ils croient en avoir donné le conseil, non plus que ledit S"" Molondin qu'ils parlent de faire pendre en effigie... On m'a assuré que le canton de Berne a envoyé un

[capitaine] nommé Bonstetten en Hollande et qu'il y a fait et reçu quelques propositions (1).

Le 14 sept., Mouslier envoyait de nouveaux renseignements : « L'avoyer du canton de Berne qui y a le plus de crédit m'a fait avertir que le prétendu envoyé d'Angleterre a été défrayé de la part des Comtois dans les deux voyages qu'il a faits par le S"" Borrey, grand prévôt de la Comté, que c'est un homme qui parle beaucoup et qui les a voulu exciter à prendre diverses résolutions qui pourraient devenir contraires aux intérêts de la France, qu'il s'est fort loué des dispositions qu'il a trouvées à Zurich, mais qu'il s'est échappé de parler contre ceux de Berne pour n'être pas dans les mêmes sentiments, et pour leur faire perdre la crainte qu'ils peuvent avoir que Sa Majesté n'assiste M. le duc de Savoie s'ils se conduisaient mal en son endroit ; il leur voulut persuader et assurer que les Hollandais mettraient une armée en mer pour aller attaquer M. le duc de Savoie du côté de Nice dès lors qu'il leur voudrait faire la guerre » (2).

Le 25 septembre, de Lionne fit part à Mouslier de la satisfaction du Roi au sujet de ce qu'il avait mandé sur Roux et lui transmit l'ordre de continuer à en donner tous les renseignements qu'il pourrait, surtout si celui-ci retournait en Suisse.

Avant de recevoir cette lettre, le 29 septembre, Mouslier avait de nouveau écrit à de Lionne : « Une

(1) Arch. étr., c. Suisse, 44, 109.

(Z) Ibid., 44, 111.

personne des premiers de Zurich, en qui j'ai une entière confiance depuis de longues années, m'avertit par une lettre que j'enverrai que le prétendu envoyé d'Angleterre qui a passé à Zuricli y a été appelé à dessein par deux des principaux de ce lieu là qui fréquentent les diètes à dessein de porter les esprits à se rendre moins traitables avec la France, et qu'ils ont fait s'évanouir ce personnage quand on a voulu examiner son pouvoir. C'est un tour des marchands (1). 11 m'assure aussi qu'on n'entendra point à Zurich à la ligue des Hollandais, ni même à leur donner du' monde, que quelque démonstration qu'il s'en fasse, Berne y sera porté pi as qu'eux *.

Le 19 octobre, Mouslier transmit quelques renseignements nouveaux : « Je n'ai point de confirmation que les Comtois doivent envoyer à la prochaine Diète pour demander de l'assistance aux Suisses en cas qu'ils soient attaqués, mais je ne doute pas qu'ils n'y soient attirés avec le S"" le Roux pour y agir de la part de Hollande ou d'Angleterre en apparence, quand ce ne serait que pour mieux vendre ce qu'ils voudront faire ».

(1) Le motif de Roux pour s'adresser de préférence à Zurich semble avoir été, comme l'écrivait Mouslier, que « ce canton n'a jamais perdu dans les temps passés aucune occasion de se montrer contraire à la France dont il prétend maintenant avoir sujet de se plaindre pour l'affaire [du droit commun imposé à Lyon à ses marchands] ». Ceux-ci aux termes des traités jouissaient de certaines franchises quand ils importaient des marchandises en France. Colbert avait profité de la tension des rapports avec la Suisse pour leur faire supprimer ce privilège.

238 ROUX DE xMARSILLY

« M. de la Grange (1) est parti ce matin de ce lieu ici pour s'en retourner à St-Claude pour tâcher de rencontrer ledit le Roux s'il passait par cette ville. Je pourrais bien m'en assurer s'il va à Bade ; son chemin sera par Neuchâtel où j'ai dit au S'' de la Grange qu'on le pouvait aussi arrêter en allant ou retournant, pourvu qu'on eut un ordre de M™^ de Longueville pour ses officiers de faire ce que l'on en désirerait ; en d'autres lieux, il serait assez difficile d y bien réussir ».

On voit que sans même y avoir été invité par Louis XIV, Mouslier avait formé le projet de faire enlever Roux en territoire étranger. Il est vrai que les lettres de Lionne, par la façon dont elles invitaient à le faire épier, donnaient à penser que l'on voulait le faire coffrer dès qu'on en trouverait l'occasion, mais l'idée de le faire enlever à l'étranger ne s'y trouvait pas. Peut-être d'ailleurs de La Grange avait-il prévenu Mouslier qu'il était chargé d'enlever Roux même en pays étranger, si l'opération pouvait se faire sûrement.

Cette lettre de Mouslier (ou la suivante) fut portée à Paris par son secrétaire ; de Lionne y répondit le 13 novembre en ces termes : « M. de Sulzvanger est arrivé qui a dit au Roi que si l'homme dont il est

(1) Ce de La Grange, d'après le gazetier Petit (Ravaisson, Archives de la Bastille^ -t. VII, p. 310), était un exempt des gardes qui avait été envoyé pour prendre Roux. Petit dit qu'il fit ses recherches en Hollande ; peut-être poussa-t-il jusque dans ce pays pour retrouver la trace de Roux après que celui-ci eut quitté la Franche-Comté.

question passait à Soleure ou à Berne, vous le feriez arrêter en cas que Sa Majesté le désire et le trouve à propos, vous croyant assez fort pour cela et pour l'envoyer après avec la permission des magistrats du côté d'Alsace en toute sûreté. Si vous pouvez faire cela sans trop compromettre l'autorité du Roi à recevoir un affront en entreprenant une chose qui fit éclat et dont vous ne vinssiez pas après à bout avec lesdits magistrats, Sa Majesté désire que vous le fassiez, et j'y ajouterai même que vous ne sauriez xjrésenteînent lui rendre un service plus important et qui lui soit plus agréable. Comme vous avez aussi parlé audit S"" de la Grange que l'on pourrait arrêter l'homme à Neuchâtel en cas qu'il y passe, si on avait un ordre pour cela de Madame de Longueville au gouverneur, je vous envoie ci-joint l'ordre de la dite dame pour l'exécution duquel et pour la translation à Brisach de l'homme quand il sera pris, vous vous entendrez avec ledit gouverneur de Neuchâtel et avec M.Colhert, intendant d'Alsace, me donnant avis par tous les ordinaires pour en rendre compte au Roi de ce que vous penserez ou avancerez pour le succès de cette affaire (1) ».

Roux ne vint point comme l'avait cru Mouslier à la diète que les Suisses tinrent à Bade (2) pendant la seconde semaine de novembre ; il ne retourna point non plus à Zurich comme le résident l'avait pensé possible ; le 23 n'ovombro, celui-ci écrivait à de

(1) Arcli. étr., corr. Suisse, 44, 149.

(2) Ibid., 44, 152.

Lionne : « Gomme c'est le canton de Zurich qui avait attiré en partie ici le nommé Roux, je cloute qu'il y retourne maintenant que ce canton veut changer de conduite. S'il passe, j'exécuterai l'ordre que vous m'avez donné en la manière que vous le prescrivez (1) ».

Le 25 janvier 1669, Mouslier, qui n'avait plus de nouvelles de Roux, résumait ses impressions sur sa négociation : « Le député de Zurich m'a dit qu'ils (les protestants suisses) ne croyaient pas que le roi d'Angleterre eut dessein de faire aucun traité avec eux, ni qu'eux n'avaient aussi nulle intention d'en faire, ni de prendre des engagements avec lui, parce qu'ils savaient qu'il avait de la haine et du mépris pour eux à cause de la retraite que ceux de Rerne ont donnée et donnent encore aux meurtriers de feu son père et à des gens du parti de Cromwell ; qu'ils lui avaient écrit sur l'incendie arrivé à Londres, et qu'il n'avait pas daigné leur faire un mot de réponse ».

« Il m'a de plus assuré qu'on ne résoudrait point encore dans cette conférence de donner du monde aux Hollandais. ..».

« Ceux de Zurich sont ordinairement jaloux quand on recherche d'autres cantons qu'eux pour les choses qu'on en désire, ce qui me donne sujet de croire que pour ôter le mérite à ceux de Berne du succès de cette levée à l'endroit des Hollandais, ils ne seraient pas fâchés de la tirer en longueur pour ne rien faire sur

(1) Arc'h. étr., corr. Suisse, 44, 161.

les instances du sieur Bonstetten, afin de se pouvoir attirer quelqu'un de Hollande auprès d'eux dont ils seraient bien aise en même temps de se servir pour donner un peu d'ombrage à la France dans le désir qu'ils ont d'en obtenir les exemptions qu'ils disent leur avoir été promises par l'alliance et qu'ils ont toujours demandées depuis en faveur do leurs marchands, m'en faisant de nouveau instance ».

« C'était à ce dessein qu'ils avaient attiré le nommé le Roux sans .qu'il ait paru que rien autre chose ait été le sujet de son voyage » (1).

Mousliern'avaitplusde renseignements sur Roux, par ce que celui-ci était reparti pour l'Angleterre. Par quel chemin y était-il retourné, s'était-il arrêté en route à Bruxelles auprès du gouverneur espagnol des Pays- Bas, avait-il aussi visité les chefs du gouvernement hollandais, nous n'en savons rien.

L'époque de l'arrivée de Roux à Londres ne nous est pas mieux connue ; il avait dû quitter la Franche- Comté au plus tôt dans les premiers jours d'octobre: le 11 décembre, il était de retour à Londres depuis quoique temps.

(1) Arch. étr., corr. Suisse, 45, 12.

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