‹ Le masque de ferChapitre 2 sur 24 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Louis XV est le dernier roi auquel la légende attribue la connaissance de ce grand secret : Louis XVI l'ignorait complètement ; son premier ministre, Malesherbes, fit faire des recherches dans les archives de la Bastille pour l'élucider; Chevalier, major de cette prison, en envoya le 19 novembre 17751e résultat au ministre : il n'avait rien trouvé au-delà de ce qu'on savait déjà (1).

D'à près une tradition commun iquée parM"^ d'Abrantès à Paul Lacroix, Napoléon aurait désiré vivement connaître le secret de l'énigme. Il ordonna des recherches qui restèrent sans résultat ; ce fut en vain que pendant plusieurs années le secrétaire de M. de

quelque temps après, Madame de Pompadour, excitée par M. de Ghoiseul, ayant pressé le Roi sur ce sujet, il lui dit que c'était un ministre d'un prince italien ». Correspondance interceptée, Londres, p. 26-27 et Mémoires d'un voyageur qui se repose, t. II, p. 207-208 : « Si vous saviez ce que c'est, avait dit tout d'abord Louis XV, vous verriez que c'est bien peu intéressant ».

(1) « J'étais auprès de la reine lorsque le roi, ayant terminé ses recherches, lui dit qu'il n'avait rien trouvé dans les papiers secrets d'analogue à l'existence de ce prisonnier ; qu'il en avait parlé à M. de Maurepas, rapproché par son âge du temps où cette anecdote aurait dû être connue des ministres, et que M. de Maurepas l'avait assuré que c'était simplement un prisonnier d'un caractère très dangereux par son esprit d'intrigue et sujet du duc de Mantoue. On l'attira sur la frontière, on l'y arrêta et on le garda prisonnier, d'abord à Pignerol, puis à la Bastille ». Mémoires sur la vie privée de Marie- Antoinette , par M""' de Campan, première femme de chambre de la reine (Paris, 1822, t. I, p. 106-107). .

Talleyrand fureta dans les archives des Affaires étrangères et que M. le duc de Bassano appliqua toutes les lumières de son esprit judicieux à éclaircir les abords de ce ténébreux mystère historique (1).

Il sembla un certain temps qu'un Anglais, Mgr. A. S. Barnes (2), avait réussi à être l'Œdipe de cette énigme. Dans son livre The Man of the Mask, publié en 1908, il soutint que le Masque de Fer était un abbé Prignani, connu depuis la publication du t. III (1842) des Négociations relatives à la succession d'Espagne de Mignel ; puis, cherchant dans les documents connus, qui avait pu être auparavant cet abbé que l'on voit y surgir inopinément en février 1669, il crut pouvoir l'identifier avec un certain Jacques Stuart de la Cloche, que l'on considérait depuis 1862 comme l'aîné des fils naturels du roi d'Angleterre Charles II. Dans une seconde édition de son livre publiée en février 1912, il s'était vu, il est vrai, obligé de renoncer à cette seconde hypothèse, mais il avait en même temps rendu un nouveau service à la science en

(1) P. Lacroix, VHonmie an Masque de fer, P., 1837, p. 169.

(2) Monsignor Arthur Stapylton Barnes, chapelain catholique à l'université de Cambridge, camérier du pape Pie X, est né à Kussonli (Inde), le 31 mai 1861 ; son père était secrétaire du gouvernement de l'Inde pour les affaires étrangères. Arthur S. Barnes, après avoir étudié à Eton et Woolwich, devint lieutenant d'artillerie de 1877 à 1870, puis après une nouvelle série d'études à Oxford, fut ordonné dans l'Eglise Anglicane. En 1895, il fut reçu dans l'Eglise Romaine par le cardinal Merry del \'al à Rome, et après de nouvelles études fut ordonné de nouveau, cette fois-ci comme prêtre catholique romain.

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