SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA
Jo, Qu'il était emprisonné depuis au moins huit ans, quand Matthioli fut enfermé à Pignerol.
Les preuves les Moins contestables font voir que le prisonnier masqué était traité avec la plus grande déférence; avec une déférence exagérée, même, Tout ce qu'il demandait lui était accordé et on prévenait ses moindres désirs,
L'extrait Suivant du journal de M. du Junca, lieutenant de roi a la Bastille, dont l'authenticité ne peut être contestée, et auquel M, Brentano a, du reste, référé à plusieurs reprises dans sa conférence, font foi de toutes ces choses,
Parlant de l’arrivée du prisonnier à ln Bastille, le jeudi 18 septembre 1698, M, du Junca ne dit-il pas: “Je le conduisis moi-même sur Jes “neuf heures du soir, duns la troisième chambre de la tour de la “ Berthaudière, laquelle chambre J'avais eu soin de faire meubler de “loutes choses avant son arrivée, en ayant reçu l'ordre de M. de Saint. “Mars. En le conduisant à ladite chambre j'étais accompagné du sieur “Rosarge que M. de Saint-Mars avait amené avec lui, lequel était “chargé de servir ct de soigner ledit prisonnier qui élait nourri par le “gouvernement.
Outre le soin que l'on prenait de faire meubler de toutes choses ja chambre du prisonnier masqué, on lui donnait pour le servir M. de Rosarge qui venais occuper la charge importante de Major de la Bastille. Est-il quelque part fait mention, dans Jes annales de la Bastille, que Parcilles attentions aient été portées à aucun autre prisonnier, parmi tous ceux qui, portant les noms les plus illustres de France, ÿ ont été internés, :
Quelles raisons aurait-on eues de combler de toutes ces prévenances ce Matthioli qui, en somme, n'était qu’un vulgaire coquin ?
Ne serait-il Pas plus rationnel de Supposer que c’est de Matthioli dont il était question, quand Louvois écrivant au #ouverneur de l’île Sainte-Marguerite, au sujet d’un prisonnier dont il ne donne pas le nom, selon son habitude? lui recommandait de “Je traiter au pain et “à l'eau, de ne lui donner des effets et du linge que tous les quatre ans
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() On affirme que Louvois, le ministre tout Puissant de Louis XIV, ayant fait visite an prisonnier masqué dans sa prison, pendant tout Je temps que dura l'entretien se tint debout et tête nue et que, quand la personne attachée spécialement au service du prisonnier venait à manquer, le Souverneur lui-même le servait À table,
@) Il faut savoir, dit M, Jung, dans le Cours d'une étude sur le masque de fer, que dans la Correspondance de Louvois, jamais les noms des prisonniers ne sont prononcés: jls les désigne ainsi: l’homme ‘ne vous savez; celui que vous avez en garde depuis tant d'années; Je prisonnier de la tour d'en bas, etc.
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“et de le loger dans le cachot te plus misérable" “Ce “pour un gredin”, ajoute-t-il Voici maintenant la pr
qui ext assez L'on
euve des précautions inouies que l'on prenait pour cacher le nom et la figure du prisonnier masqué, On la trouve encore dans le journal de du Junea:
“Le jeudi, 18 septembre 1698, dit-il, à trois heures M, de Saint-Murs, Gouverneur de la Bastille, est arrivé pour sa pre “’mière entrée des îles Sainto- Marguerite et Honorat
après-midi,
ayant amené avec
“lui, dans sa litière, un ancien Prisonnier qu'il avait à L'ignerol, dont
ail loujours tenir masqué, qui fut d'a.
“bord mis dans la tour de la Bazinière en attendant ]n nuit,”
Plus loin, après la mort de l'homme masqué, M,
du Juuca dit encore: “Le lundi 19 novembre 103, /3 prisonnier inconnt toujours
“masqué d'un masque de velours noir, que M. de Saint-M “‘neur a mené avec lui on venant dos
“le nom ne se dit Pas, lequel on f
ars, Gouver- Îles isainte-Margucrite 44 qu'il “ gardail depuis longtemps s'étant trouvé In veille
, dimanche, un peu “mal en sortant de la messe, est mort
sur les dix heures du soir, sans “avoir une grande maladie. M, Giraut, l'aumônier, ]
e confessa, ct, sur.
“pris par la mort, il ne reçut pas ies sacrements à
int de courir, Ce “prisonnier inconnu, gardé depuis si longtemps, à été ent “à quatre heures de l'après-midi, Sur Le re Jistre “un nom inconnu."
‘le mardi, morluae on à donné
Dans le même journal de du Junca, on lit encore : “ Le souvenir du prisonnier masqué “ciers, soldats et domestiques de cette “oculaires l'avaient vu pass
s'était conservé parmi les ofti.
prison, et nombre de témoins r dans la cour pour se rendre à la messe, “Dès qu'il fut mort, on avait brulé généralement tout ce qui était “à son usage, comme linge ct habits, matelas, couvertures, On avait “regratté et blanchi les murailles de sa chambre, changé les carreaux “et fait disparaître les traces de son séjour, de beur qu'il n'eut caché “quelques billets ou quelque marque qui eut fait connaître son nom.
Comment pourrait-on prétendre, en présence des documents que nous venons de citer, que Matthioli, enlevé presque publiquement par Catinat, et que le due de Mantoue, son maître, n'avait jamais réclamé, pouvait être l’objet de semblables précautions, lesquelles, je le répète, ne pouvaient être motivées que Par une raison d'état de premier ordre.
J’ai dit que le prisonnier masqué avait été incarcé huit ans avant que Matthioli fut enfermé À Pignerol. je base mon opinion.
ré au moins Voici sur quoi
() Cet extrait du Journal de du Junca et celui qui le précède, se trouvent cités dans le “Traité des différentes Preuves qui servent à établir ]n vérité dans l'histoire”, par le père Briffet, ouvrage publié en 1709.
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> Quelque tem jeux, écrivant à M. de