‹ Le masque de poix drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 100 sur 121 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

il serait trop long de vous expliquer... qu’il me suffise de vous déclarer avec toute 1a fermeté dont je suis capable, et dont vous ne soupçonnez peut-être pas toute l’étendue... que rien... aucune corlsidéralion quelle qu’elle soit, ne saurait me retenir... j’ai décidé de partir... je dois le faire... je le veux, je partirai.

BORILOKt’.

Cependant, mademoiselle !

LOUISE

Je partirai.

BORILOFF.

Un dernier mot : arez-vous songé à ma position vis-à-vis de vous, à l’opinion du monde, aux interprétations auxquelles donnera lieu ce brusque départ ?... à ma responsabilité, enfin l

LOUISE

J’ai songé à tout; votre justification motivée se trouve dans cet écrit, qui est pour ainsi dire mon testament. Lisez, monsieur. (Elle lui remet une lettre. BorilolT lit à voix bas.se.) TrOUVCZ-VOUS

que cette lettre vous dégage suffisamment? et pensez- vous que... quoi qu’il doive m’arriver, n’importe dans quel lieu je sois, absente ou présente, vivante ou morte, pensez-vous qu’on puisse jamais, avec une telle déclaration de ma part, faire peser sur vous, et à cause de moi, la plus légère responsabilité?

BORILOFF.

En effet! cela est bien ainsi que vous le dites... (ii serre la lettre.) Vous êtes donc libre, mademoiselle, d’agir suiv^mt votre entière liberté. Il me reste à regretter que votre détermination vous éloigne de nous, si peu d’instants après notre rapprochement : j’espérais mieux des événements. Quant à vous, mademoiselle. Je vous remercie de votre franchise, notre affection n’en sera pas altérée; si vous doutez du bonheur parmi nous, nous serons satisfaits de vous voir l’obtenir ailleurs. Maintenant, je vous laisse, suivant votre volonté, mon rôle à peine commencé de tutem’ va finir... celui d’ami ne finira jamais... Adieu, mademoiselle.

LOUISE, le saluant avec une certaine émotion.

Monsieur.. .

BORmOFF.

Adieu, Louise... adieu! (a part en sortant et en montrant sa lettre.) Insensée !... ceci est ton arrêt de mort. (Bas à Xalouga, qui est entré sur les derniers mots.) Tu connais l’aventure de Vaninka?

KALOUGA, bas.

Oui, maître, elle est morte étouflée...

BORU.OFF, bas.

11 SXlffit... viens! (ils sortent.)

Page 1