ACTE IV
Monsieur !
LOUISE
BORILOKF.
Et sans sortir de notre famille peut-être, pourrions-nous trouver... mon lils, par exemple... qui depuis longtemps déjà m entretient de la beauté, des vertus de mademoiselle Louise, car avant de savoir quels liens de parenté nous unissaient, je vous connaissais beaucoup. Pierre ne tarissait pas d’éloges sur votre compte, et même il m’a prié de... Mais nous reparlerons de tout cela plus tard... une plus longue instance deviendrait importune, et, poiu’ un premier entretien, je me suis peut-être montré indiscret... Mais vous serez indulgente, mademoiselle, et vous deûgnerez trouver mon excuse dans mon impatience de père et dans l’attrait irrésistible de votre personne, (n se lèyc.)
LOUISE
Monsieur, souffrez, que je vous dise une chose... je ne vous ai pas bien compris.
HORtLOFF^ après un moment de surprise et de mauvaise humeur^ rcpreud Tair
aimable.
Eh bien, Louise, je me ferai mieux comprendre... une autre fois... les occasions de nous expliipier ne nous manqueront pas. N’allons-nous pas vivre en famille? (ii fait un mouvement de ortie.)
LOUISE, l'arrêtant.
Pardon, monsieur!
BORILOKF.
Qu’y a-t-il, mademoiselle ?
LOUISE, froidement.
Je le répète, nous ne nous comprenons pas bien.
BORILOFF.
Comment cela ?
LOUISE, (l'abord avec embarras.
Je pourrais me dispenser de vous donner connaissance de certains projets... qui me concernent... moi... et une autre personne. (Avec fermeté.) Mais, tenez, monsieur, je suis franche et sincère... je hais la dissimulation... je vous parlerai donc à cœur ouvert, quoi qu’il en puisse arriver.
BORILOFF, avec une feinte bonhomie.
N’est-ce pas ainsique l’on doit s’expliquer?... Parlez, mademoiselle, et soyez sûre que votre confiance est bien placée.
D’abord... (silence.)
Eh bien ?
LOUISE
BORILOFF.
LOUISE
Mais, en vérité, me voici tout embarrassée... Que vais-je faire?... je ne vous connais encore que par vos bontés, car enfin je vous dois la révélation de ma naissance. .. la possession d’un état de famille, et de plus, vous me recevez ici, chez vous, vous m’y traitez comme luj de vos enfants ! et moi, pour vous récompenser, je vais...
BORILOFF, avec un faux attendrissement.
Achevez, mademoiselle, mon cœur est préparé à tout.
LOUISE
Non, je n’oserai jamais
BORILOFF, changeant de ton.
J’achèverai donc pour vous... vous n’osez me dire, mademoiselle, que vous n’aimez pas mon fils.
LOUISE, vivement.
Non, monsieur, ce n’est pas cela.
BORILOFF, vivement.
Comment ! se serait-il trompé? .. l’aimeriez-vous?
LOUISE, froidement.
Vous vous méprenez... je voulais éviter de parler de monsieur Pierre, voilà tout... je voulais aussi vous dire que...
BORILOFF.
Que?...
Que je ne compte point abuser longtemps de votre hospitahté, et que dès demain...
BORILOFF.
Dès demain?...
LOUISE
Je ipiitterai votre maison... mais je ne la qmtterai pas, soyez-en sûr, sans emporter une éternelle reconnaissance pom’ vous, et pour tous ceux qui m’ont témoigné ici de la bienveillance et de l’intérêt.
BORILOFF.
Quoi? mademoiselle, y pensez-vous?... me quitter au moment où je vous retr<)uve ! lorsque j’ai des comptes importants à vous rendre... lorsque... mais c’est impossible; par intérêt pour vous-même, je ne dois pas vous laisser partir... d’ailleurs, où iriez-vous? c’est un caprice, avouez-le... une fantaisie dont je ne puis m’expliquer la cause, mais que la réflexion, la voix de la raison vous feront abandonner.
LOLISE.
Non, monsieur, ce n’est pas un caprice; non, monsieur, ce n’est pas une fantaisie, c’est un devoir que j'ai à remplir... oh!