‹ Le masque de veloursChapitre 14 sur 17 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

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— Il m'importe tellement, que si vous ne parlez, moiisiear, si vous ne me dites votre nom, je ferai un éclat I

— Oh ! vous avez trop d'esprit pour cela, madame : vous n'irez pas chercher le scandale...

— N'importe! n'importe! je parlerai...

je dirai tout s'il le faut... Et nous verrons s'il y a quelqu'un pour vous déft'.udre ! s'il y a quelq'i'un pour dire que vous n'êtes pas un infâme !

— Ohl oh! madame, l'expresion est for-

te!., et vous avez tort, vous quièit's desj bon goût, vous avez grand tort de parler ainsi!

— Je n'ai pas tort, Monsieur! ici, je suis parmi des gens qui p 'uvent me proléger!.. Je n'ai qu'à parler, à demanJer du secours. . .

et tout (le suite, j'aurai des amis, des soutiens !... Prenez garde ! prenez garde !

— Avoir peur? cela ne m'est jamais arrivé, madame... Dieu merci, je ne suis pas un homme qu'on épouvante !. . .

— Vous êtes un misérable! c'est moi qui vous le dis ! murmura sourdement Mathilde ■en lui étreignant le bras. Je vous jure que vous ne sortirez plus de Naples ! . . . Vous êtes mort ! vous êtes mort !

— Diable ! diable! vous m'apprenez là des choses peu agréables , madame ! Je sui§ mort, dites-vous? Et moi qui espérais vivrq encore... pour vivre, pour être heureux !

— Vous raillez, monsieur [ mais il y a ici

quelqu'un qui sait tout , quelqu'un qui me vengera '-

-— Mon Dieu! madame, si quelqu'un a besoin d'être vengé, c'est moi, car je suis le plus à plaindre... Je vous aime toujours, je vous adore!...

En même temps, le personnage masqué prit une main de Mathilde, et la voulut porter à ses lèvres; mais celle-ci le repoussa soudain avec horreur en élevant la voix :

— Vengeance ! s'écrie-t-elle. C'est lui ! oh ! je n'en doute plus maintenant... Le voià donc cet homme que je cherchais ! . . . Ecoutez! entre nous deux il y a la haine.. . il faut que l'un de nous deux meure !...

L'homme masqué se lève et veut sortir du

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salon; mais Mathilde le retient parle bras.

— Non, non, vous ne sortirez pas, Monsieur! Il faut auparavant, que je sache précisément qui vous êtes...

On accourt, on s'empresse. Partout se heurtent les questions :

— Quel est cet homme? Cette femme est madame de Brémeule.... mais que peuventils avoir de commun ensemble?

M. de Brémeule, attiré par le bruit et le tumulte, arrive, il fend la presse, il s'informe ; il a compris bientôt ce dont il s'agit.

A peine Mathilde a-t-elle vu M. de Brémeule, qu'elle tressaille, recule, et perd connaissance.

M. de Bréaieule s'est pi» cipité vers Ma- Ihilde, et les seuls mots qu'elle a ;a la lorce de prononcer, c'est:

— L'infâme... voici l'infâme!... Le marquis ji,;de Nerval ! 6 flO ,

Tout le monde s'empresse autour de Mathilde ; on la relève, on la porte sur un divan.

Le personnage mystérieux, qui venait de causer cette étrange scène, voulait disparaître à travers la foule : quand M. de Brémeule, qui le suivait des yeux, le retient par le bras, et l'entraine dans un couloir.

C'est un dialogue vif et pressé. Personne né les entend ; tout 'lé rnonde se rassemble auprès de Mathilde qui n'a pas encore repris connaissance.

— Monsieur, minsisMir, dit soiirloment M. deBrérnculj, dirtz-vojs votre nom?

— Et de quel droit?., je n'ai pas de comptes à vous rendre...

— Vous en avez! vous en avez!

— Non. Laissez-moi , monsieur... je veux partir...

— Vous ne partirez pas! dit M. de Brémeule avec violence. Oh ! dussé-je vous arracher ce masque, je saurai enfin qui vous pouvez être.

— M'arrachorce masque, monsieur? Oh!

oh! ce serait une insoieuce qui pourrait vous coûter Ci»\it l .

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