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marquis pour se dégager de ses bras ; elle était pâle, haletante.
Le personnage qui venait d'entrer fait quelques pas dans la chambre, silencieux et grave. Une étrange pâleur couvre son visage ; ses lèvres s'agitent convulsivement.
Mathilde essaie de se donner une contenance; elle dit d'une voix ferme, mais encore un peu altérée :
— Je vous prie , faites reconduire monsieur... J ai sonné long-temps : personne n'est venu...
Et Mathilde sortit brusquement par une porte qui communiquait à sa chambre à coucher.
Le marquis ne bougeait pas : immobile et
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debout , il considérait tour à tour l'homme qui venait d'entrer et la porte par où Mathilde était sortie.
— Quel est cet homme? pensait-il. Je l'ai vu déjà dans cette maison...
Celui que M. de Norval examinait de la sorte était un grand jeune homme d'une taille svelte et bien prise; ses larges épaules annonçaient une vigueur peu commune ; et, dans sa physionomie fortement accentuée, se révélait un air de distinction, qui néanmoins contrastait un peu avec la simplicité de son costume. Ses yeux, grands et bien fendus, étaient d'un bleu pâle qui, par mo^ ments, s'allumait et jetait des éclairs. Une épaisse chevelure blonde ondoyait sur son front, et se répandait à flots comme une crinière sur un cou large et nerveux.
— Monsieur le marquis, dit-il d'une voix agitée, je croyais que vous désiriez sortir,..
En même temps , il ouvrait la porte et prenait une lampe posée sur un guéridon.
— En effet , monsieur » répondit le marquis en le mesurant d'un œil dédaigneux , je me disposais à me retirer , quand vous êtes entré ici comme une apparition... Je vois, monsieur, que vous n'avez pas besoin d'être annoncé... Me ferez-vous Ihonneur de me dire à qui j'ai l'honneur de parler?
— L'honneur est médiocre pour nous deux, monsieur! répliqua fièrement le grand jeune homme blond. Mais à quoi bon les phrases, le cérémonian Voulez- vous , ou ne voulezvous pas sortir!
— Je trouve la question étrange, monsieur ! et je vous préviens que je n'ai point
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l'habitude de souffrir les insolences!.. Qui êtes-vous enfin? quels sont vos droits pour me parler ainsi?
— Mes droits, monsieur le marquis? c'est la volonté de madame de Sarlemont ! elle ne veut pas vous recevoir, entendez- vous? et c'est moi qu'elle a chargé , quoique trop poliment, de vous congédier...
— Oh! oh! mais cela se gâte, dit le marquis en secouant la tête avec menace. Vous avez un langage qui me blesse les oreilles!.. Taisez-vous! taisez-vous!
— Je ne me tairai pas , monsieur le marquis! aucontraire,j'éleveraiplus haut la voix! et si vous m'v forcez , tout le monde dans cette maison , tout le monde va savoir votre honte!., car je dirai tout! ajouta-t-il avec amertume. Je dirai que monsieur le marquis de Norval est venu ici menacer une femme!
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que monsieur de Norval n*est pas un homm^ d'honneur '•
— Oh ! des insuUes? s'écria le marquis en s'approchant de son adversaire. Encore une fois, qui êtes-Yous?
— Monsieur le marquis, je suis un homme qui vous connaît, qui sait tout ce qui se passe au fond de votre cœur... je suis un homme qui ne laissera pas outrager madame de Sarlemont, ni personne de sa famille! Ohl songez-y '• vous me trouverez partout, prêt à défendre cette femme! Enfin, entre elleet vous, il y aura toujours ma vengeance!.. Enfin, continua-t-il d'une voix basse et tremblante, si vous cherchez à lui nuire, je vous tuerai!...
— Des menaces! cria le marquis en frappant du pied. Ah! vous ne savez pas à qui
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VOUS avez affaire!.. Malheureux! c'est votre mort! . Sortons! à l'instant même!..
— C'est un duel que vous me proposez!
répondit le grand jeune homme avec un flegme apparent , que démentait l'agita^ ' tion de sa voix et ses gestes convulsifs. Je ne demande pas mieux! venez... Quelles sont vos armes?
— Eh! que m'importe ! je vous en laisse le choix. L'épée ouïe pistolet, c'est tout un !; Vous allez voir ! vous allez voir!..
— Pas de bruit ! pas d'éclat de voix, monsieur le marquis ! il est parfaitement inutile de faire une esclandre! Venez!., les premiers soldats que nous rencontrerons dans la rue, nous serviront de témoins.
— Parfait ! parfait ! dit sourdement de Norval, en s'efforçant de rire avec mépris.