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avec inquiétude pour tà( her d'en connaître la cause ; mais madame de Brémeule lui avait expressément défendu, à lui ainsi qu'aux autres domestiques, de Iraichir l'antichambre, et d'arriver chez elle avant d'avoir été appelé par un coup de sonnette.
Et, chose plus étrange encore et plus inexplicable ! . . . quelqueiois le soir, on distinguait au fond du jardin, à travers l'épaisseur du feuillage, une lumière immobde, qui soudain s'éteignait après une forte détonation. Tous les gens du voisinage ne pouvaient comprendre d'où partaient ces coups de feu : quelques personnes même avaient cru devoir faire leurs déclarations à la police. Mais ces déclarations n'avaient eu sans doute aucun résultat; car lesdétonationsconlinuaienlà se faire entendre, et devenaient chaque jour plus fréquentes.
Bernai d étaii en proie à une violente dou-
DE VELODUS. ICI
leur. Le brave homme aimait proioudément Mathilde, plus encore peut-être qu'il n'aimait son propre fils ; et sans rien comprendre à tout ce qui se passait autour de lui, il ne [wuvait se dissimuler que madame de Brémeule était malheureuse, au désespoir.
■> — Oh ! mon Dieu ! disait-il continuellement en joign nt les mains, mon Dieu , protégez-nous!... Ce mariage qui devait être si heureux!... Hélas! depuis ce mariage, toujours des chagrins, des malheurs!... M. de Brémeule parti... pourquoi? Oui, sans raison... Sans raison? qui sait?... On dit tant de choses!.. Mais cette pauvre maîtresse, comme elle est triste 1 c'est à fendre le cœur !... Et mon fils ! blessé, malade... Celte blessure est bien étrange 1 pourquoi n'a-t-il pas voulu que je dépose ma plainte à la police !...Ilme semble qu'on a bien le droit de faire arrêter un assassin... Ah! mon Dieu! mon Dieu!
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qu'est-ce donc qui s'est passé ? J'en [lerds ia tète, quoi ! j'en deviens lou !...
Tandis que Bernard se livrait à ces douloureuses réflexions, Malhilde était plus navrée encore et plus désespérée. Enfermée chaque soir dans sa chambre, elle poussait des gémissements plaintifs et se tordait lesmains. Celui qui aurait pu la voir dans cette agitation désordonnée, l'eût prise à coup sûr pour quelque folle échappée d'un hospice : elle était pâle, hagarde; tantôl elle riait avec amertume, en montrant le poing à quelque être imaginaire ; tantôt elle londait en larmes, et s'arrachait les cheveux.
— Malheureuse! malheureuse! s'écriaitelle en prenant sa tête à deux mains et sanglotant. Que faire? que dire? Oh ! oh ! oh !... comn e je mourrais de bon cœur... si je n'a-
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vais pus ma vengeanc(3 à poursuivre... Mais non, je veux du sang!...
Puis elle marchait , effarée , par toute la chambre; et, s arrêtant brusquemenf, elle prenait des pistolets magnifiques doat elle faisait jouer la batterie. Elle les examinait avec amour, elle les caressait pour ainsi dire, ea s'écriant d'une voix sourde :
— Vengez-moi ! vengez-moi !
Alors elle se plaçait devant une glace ; puis, étendant le bras, elle avait l'air d'ajuster quelque chose ; elle visait longtemps, et pressait la détente. L'arme n'était point chargée, et la capsule s'enflammait seule avec un bruit sonore et sec
— Bien ! bien ! disait-elle avec un éclat de rire sauvage. Il est tombé ! ma balle a trouvé
son cœur