‹ Le masque de veloursChapitre 9 sur 17 · I.E M A SOI F · texte numérisé non relu

I.E M A SOI F

Puis elle se jetait sans l'orcc daiis un faiîteuil ; le pistolel lui échappait des mains; elle pleurait, nmeile, sombre ot drcouragép.

Un soir, après avoir longtemps r^^fléchl, elle sembla prendre tout à coup une douloureuse et ferme détermination.

— Oui, dit-elle, je ne puis le tromper plus longtemps... 11 faut qu'il sache tout! Écrivons...

Elle prend une plume; elle écrit... Sa main courait convulsivement sur le papier, quand soudain la plume tombe.

— Oh ! non ! s'écrie-t -elle avec angoisse . Je ne pourrai jamais !... Ce serait pour lui le coup de la mort ! Oh 1 malheureuse ! . ..

Et ses larmes coulaient abondamment : la feuille était trempée.

DB VKLÔIRS. M)D

— Mais je ledois! oontinue-t-elle, en ressaisissant la j lume. Ce serait inlàme de me taire encore. Maintenanl je nc^suisplusdigne de lui!... Oh! je suis une créature avilie et souillée, tant que je n'aurai pas eu ma réhabilitation par la vengeance ! . Mais non, je n'ai pas de reproches à me faire... mon âme est pure, au moins!., il est juste, lui, il est bon, il m'aime... il n'aura pas la barbarie de ni'accabler... Ecrivons, écrivons...

Mais la lettre commencée ne la satisfaisait plus: ce n'est point ainsi qu'elle doit faire ce pénible aveu; il faut choisir d'autres termes, il faut un autre langage.

Déjà la lettre est déchirée: Malhilde en recommence une autre. Au bout de cinq minutes^ cette nouvelle lettre était unie. Maihilde n'hésite plus ; elle plie et cacheté ce papier ; puis, sonnant avec force, elle ouvre inimé-

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diatement sa porie, i'eiitiée à double tour et au verrou.

Un domestique entre.

; ,. — Portez cette lettre tout de suite, dit Mathilde, qu'on la mette à la poste.

Le domestique sort avec la lettre.

Mathilde demeure en proie à une étrange exaltation : elle marche et s'arrête ; elle s'assied, et tout à coup se relève ; des mots inarticulés s'échappent de sa bouche. Soudain , frappée d'une idée qui la glace d'effroi , elle sort précipitamment de sa chambre, elle ap •■ pelle...

rams.

Isidore s'était rétabli; mais, faible encore et souffrant , il ne quittait point sa chambre.

Matliilde ne manquait jamais un seul jour de s'informer des nouvelles dlsidore: plu-

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sieurs fois même, elle l'avait fait prier de venir ; mais toujours le convalescent avait quelque raison plausible à donner pour ne point descendre.

Depuis le départ de M. de Brémeule, deux mois s'étaient déjà passés. Mathilde n'avait point une seule fois quitté la maison. Sa vieille tante elle-même était reçue à peine* Etmadame de Brémeule paraissait vivre dans la plus profonde solitude. Cependant, les coups de feu retentissaient toujours le soir au fond du jardin ; et dans la chambre à coucher de Mathilde on entendait toujours ce bruit confus et régulier qui ébranlait le parquet. Tout à coup ce bruit cessa : Mathilde, gravement indisposée, ne quitta plus son lit, et les médecins purent seuls pénétrer dans son appartement. La plus étrange méta^ morphose s'était opérée dans le visage de Mathilde: une mortelle pâleur couvrait ses

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joues; ses yeux ternes , enfoncés dans leurs orbites, brillaient par moment d'un éclat fébrile, qui soudain s'éteignait dans les larmes. Elle était considérablement amaigrie, et tout dans sa personne annonçait une cause profonde et secrète d'affaiblissement.

M. de Bi émeute, toujours à Naples, ne pouvait repartir encore pour la France ; mais surpris de ne recevoir aucune nouvelle de sa femme , i! commençait à concevoir de sérieuses inquiétudes. Enfin, il écrivit h plusieurs personnes dans lesquelles il avait une entière confiance ; et, très étonné des réponses qu'on lui fit, réponses vagues et ambiguës, il se décida bientôt à partir.

Cette lettre que Mathilde avait écrite à son mari , cette lettre qui contenait la révélation complète de tout ce qui s'était passé, elle l'avait tout à coup reprise au domestique,

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