Pathologie cellulaire, I
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des ailleurs. Sans pénétrer aussi avant dans l'intimité des phénomènes, on peut admettre,!0 que la métrite chronique produit à la longue les mêmes altérations que toutes les phlegmasies chroniques, que celles du foie en particulier; 2° que la transformation del'exsudat aboutit à la diminution et à la disparition de l'élément contractile (sclérose). C'est là l'engorgement hyperlrophique avec induration d'autrefois.
Il ne nous a pas paru nécessaire de scinder la mé- Irite comme l'ont lait MM. Demarquay et Saint- Vel, et de décrire séparément celle du col ; — nous nous sommes expliqué à cet égard. La solidarité entre la circulation des différentes portions de l'utérus est si étroite qu'il est impossible d'isoler une partie de l'autre ; ^-lorsqu'une maladie évolue quelque part, on ne peut pas, prévoir si elle s'y cantonnera ou de quel côté elle s'irradiera. A un certain moment, il se fait une augmentation de volume avec exagération de la mobilité, leucorrhée calarrhale, dysménorrhée; à l'examen au spéculum, le col paraît intact; un mois ou deux plus tard, si on laisse marcher les choses ou si les traitements employés ne mènent à rien, on verra qu'il est boursouflé, ulcéré et présente ce renversement des lèvres en dehors que certains auteurs ont appelé ectropion. Quand on trouve ces altérations il est difficile de supposer que la maladie est limitée à une portion de la matrice.
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En procédant par déduction on arriverait à conclure de la marche et de la topographie de la métrite qu'elle doit altérer dans tous les cas la forme. La substitution du tissu conjonctif au tissu musculaire qui a besoin de 5, 10, 15 ans ou davantage pour être complète, ne traverse pas les péripéties de son évolution sans qu'une courbe soit modifiée, sans que l'intégrité morphologique soit compromise. Les changements les plus fréquents et les plus marqués sont les flexions : elles sont spécialement mentionnées dans nos observations comprises entre les numéros 16 et 21. En parcourant attentivement les autres, on en trouverait un plus grand nombre. La statistique de M. Asp en donne également plusieurs.
Avons-nous le droit de les rattacher à la métrite chronique ? Il serait peut-être plus rationnel de regarder celle-ci comme une conséquence des flexions? Dysménorrhée, métrorrhagie, stérilité, on peut porter tout cela à leur actif. Depuis peu d'années on en est venu, en examinant de près les choses, aies mettre à leur véritable place.
Velpeau leur rattachait les troubles qui les accompagnent. Les modifications de la direction du col et du corps de l'utérus, constituant une difficulté pour le passage du sang, seraient la cause de douleurs violentes capables de s'irradier vers l'hypogastre ou plus loin. La question fut portée à l'Académie de médecine
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en 1849. Velpeau se tint fermement sur son terrain favori ; il n'essaya d'expliquer ni quand ni comment se produisait l'anomalie mais il voulut avant tout faire admeltre ses id6es de manière à donner une orientation à la thérapeutique, jusqu'alors nulle ou empirique.
TIervez de Chégoin et Valleix l'appuyèrent ; Amussat et Hugier, plus réservés, firent remarquer quelesflexions isolées étaient rares ; qu'il y avait presque toujours avec elles des accidents de différents ordres. « Et l'état général qu'en faites-vous? » demandèrent Baud etGibert. Reprenant les doctrines des diathèses et des cachexies, ils déclarèrent que cet état général est tout et que la flexion n'est rien. « Traitez le sans vous préoccuper du reste meltez-le dans des conditions irréprochables, vous verrez que les rapports du col et du corps redeviendront ce qu'ils doivent être. »
Paul Dubois répondit par une série de négations ; son expérience leur donnait un poids énorme : il déclara que les flexions n'avaient aucune importance pour la santé, qu'on en trouvait chez le tiers des femmes au moins, que tous leurs accidents sont dus au catarrhe utérin.
Il devenait difficile de se ranger, sans hésitation à l'avis de Velpeau. Cruveilhier alla jusqu'à nier les flexions; c'était détruire la tradition médicale, car Hippocrate en avait parlé le premier.
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La situation respective du col et du corps n'a rien de mathématique ; elle peut varier dans des proportions à peine croyables, sans que les fonctions soient entravées. Cruveilhier poussait loin les choses et se lançait dans un a priori trop hardi ; ni lui ni ses élèves n'avaient songé à deux points qc 'il eût été indispensable d'établir :
1° A fixer la direction du corps et du col chez une femme bien constituée ;
2° A démontrer qu'elle ne peut être modifiée sous l'influence de conditions morbides.
D'une bonne étude critique sur les documents relatifs à cette question, M. Lacroix a conclu que chez la femme adulte l'utérus est rectiligne ; sa direction est celle du détroit supérieur du bassin, le fond de l'organe regardant l'ombilic, le col regardant en arrière et en bas vers l'articulation sacro-coccygienne. Si, comme nous le verrons, des circonstances changent cette direction, elle n'en est pas moins de règle parce qu'elle tend cà se reproduire dès que les causes ont cessé d'agir.
11 existe bien d'autres flexions congénitales, mais elles constituent des anomalies produisant peu ou point de troubles fonctionnels; elles sont exceptionnelles et sans grand intérêt.
En 1854, M. Depaul s'occupa d'une variété plus importante au point de vue clinique. Il ne raisonnait
plus d'après des mensurations prises sur des cadavres, mais d'après des observations faites sur des femmes vivantes traitées pour des mélrorrhagies, de la dysménorrhée, etc. Elles avaient des flexions; mais d'autres accidents expliquaient mieux qu'elles ce qu'on observait ; car tout disparaissait lorsqu'on atténuait ceux-ci : « J'ai vu souvent, disait Gosselin, les douleurs cesser après l'emploi du repos, des antiphlogisliques, des narcotiques, quoique la déviation persistât. » Dans les faits réunis par Goupil, il y avait des altérations utérines ou péri-utérines ; une fois qu'on réussisait à les guérir, les malades cessaient de souffrir.
Ce que nous disons pour l'état de vacuité, on peut l'étendre à la grossesse. Elle est possible dans les flexions en avant, en arrière, latérales, quel que soit leur degré. Où passe le sang le spermatozoïde peut passer. M. Pajot a rappelé le cas d'une femme à rétroflexion qui eut trois enfants.
La malade de notre observation 7 (antéflexion et abaissement léger) a de la dysménorrhée après son deuxième accouchement ; dans la suite elle redevient enceinte et avorte au troisième mois. Si l'on considère les douleurs comme des coliques utérines, il est difficile d'admettre que la flexion n'existait pas avant elles. Dans ce cas, elle n'a apporté aucun obstacle à la conception.
La malade de l'observation 9 devait avoir une flexion depuis l'enfance. Réglée pour la première fois à 20 ans, dysménorrhéique jusqu'à son mariage, elle devient pourtant enceinte. Une observation de M. Asp est curieuse dans un autre sens : une malade se présente à lui pour une phlegmasie péri-utérine avec rétroversion. L'inflammation disparut après quatre semaines de massage et le déplacement persista. L'été suivant, nouvelle poussée inflammatoire : la rétroversion reste la même ; quatre semaines de massage amènent encore une amélioration ; elle est obligée d'interrompre ; à l'hiver, nouvelle poussée. Découragée, cette malade s'adresse au spécialiste qui l'avait traitée d'abord ; après plusieurs mois, elle revient à Helsingfors. Depuis la dernière fois son état a empiré ; l'inflammation péri-utérine a éprouvé une aggravation énergique, la rétroversion reste ce qu'elle était, et il se produit une rétro flexion.
Je n'aurais pas cité ce cas d'inflammation périutérine, — car je n'ai pas l'intention de m'occuper de cette affection dans mon travail actuel — s'il n'était intéressant au point de vue du développement secondaire des flexions. Les détails sont trop sommaires pour qu'on puisse savoir sous l'influence de quelle cause se produisirent les exacerbations. Il est difficile de supposer qu'on avait affaire exclusivement à une périmétrite ; que le parenchyme utérin était
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intact; qu'aucune relation pathogénique n'existait entre les altérations et la flexion.
Nous avons dit :
1° Que les flexions congénitales ou précoces sont tolérées ; que souvent les malades n'en ont pas conscience ;
2° Que tous les accidents mis à leur actif sont des manifestations de la métrite concomitante ;
3° Qu'elles n'entravent pas la menstruation ; n'opposent à la conception qu'un obstacle insignifiant ; comme le dit M. Pajot, elles peuvent constituer des difficultés, aucune n'entraîne une impossibilité absolue ;
4° Que la métrite parenchymateuse chronique n'est jamais totale d'emblée ; qu'elle procède par soubresauts, de telle sorte qu'une zone d'hyperplasie conjonctive se trouve à côté d'une zone d'exsudation. Il existe des inégalités notables dans la consistance, la tonicité, la forme même des segments de l'organe.
Ces considérations nous conduisent à une conclusion pathogénique : les flexions utérines sont consécutives à la métrite chronique; les symptômes qu'on leur a longtemps attribués dépendent de celle-ci. La thérapeutique doit s'adresser exclusivement au parenchyme utérin; qu'on fasse disparaître l'exsudat séro-fibrineux interstitiel et la stase ; qu'on rétablisse l'équilibre nutritif, la tonicité, et la femme cessera
de souffrir aussi bien au moment des règles que dans leur intervalle ; les pertes blanches et rouges seront supprimées , elle deviendra capable de concevoir et de mener à bien une grossesse. Ces desiderata sont souvent remplis par le massage; nos observations vont le montrer.
Obs. VI
Métrite parenchymateuse. — Antéflexion utérine. — Diarrhée, réflexe. — Hypochondrie, nervosisme. — Massage utérin. — Guérison de la diarrhée, plus tard lypémanie.
Mlle L..., 32 ans, se présente à la clinique pour une diarrhée qui remonte à trois ans et contre laquelle on a essayé en vain toute sorte de traitements. La maladie aurait débuté quelques temps après une fausse couche, et c'est à elle que la malade la rattache. Cette idée paraît vraisemblable parce que la diarrhée s'est accompagnée d'un certain nombre d'autres phénomènes, qui probablement présentent, au point de vue pathogénique, un lien étroit les uns avec les autres.
Au mois de décembre 1872, apparaissent des douleurs lombaires et interscapulaires exaspérées par la marche et les mouvements ; cette personne, qui fait des ménages, peut exercer difficilement sa profession. A la même époque, leucorrhée peu profuse, mais qui depuis a toujours continué ; le caractère a changé ; d'enjouée qu'elle était, elle est devenue triste. Cette espèce d'hypochondrie revenait par accès, sans cause plausible, et durait parfois des mois. En dehors de ces crises, l'état mental ne laissait rien à désirer. Appétit excellent, aspect général satisfaisant, possède même une certaine vigueur. De temps en temps la diarrhée s'arrête pen-
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dant une quinzaine de jours, lorsqu'elle reparaît, elle présente une intensité telle que la malade a jusqu'à 20 selles liquides par jour. Le maximum correspond à l'époque des règles. Cette diarrhée est exclusivement diurne; la malade dort bien et n'est jamais obligée de se relever. Les selles ne sont ni précédées ni suivies de douleurs. D'accord avec un de mes confrères qui fréquentait à ce moment la clinique, je supposai que la diarrhée pouvait avoir une origine palustre et nous administrâmes le sulfate de quinine ; le résultat fut complètement nul. 11 nous parut alors démontré que nous nous trouvions en présence d'un phénomène indépendant d'une affection du tube digestif et d'origine purement nerveuse. Étant données les circonstances dans lesquelles les accidents s'étaient montrés, je pensai qu'il existait une affection utérine et que cette affection pouvait être la cause de tout.
A l'exploration des organes génitaux je trouvai, en effet, l'utérus antéfléchi, mobile, volumineux et de consistance augmentée : excoriation de la lèvre postérieure du col qui laisse suinter un liquide purulent.
Massage de l'utérus. Les phénomènes directement produits par la métrite chronique disparaissent très vite, les accidents observés du côté du tube digestif diminuent presque aussi vite. Après deux mois de traitement, il y avait tout au plus 4 selles en 24 heures, et les matières sont devenues plus consistantes. J'ai revu cette personne plus d'un an après la fin du traitement; dans cet intervalle, elle n'a jamais eu plus de deux selles normales par jour; à l'époque des règles, la consistance des manières diminue et pendant quelques jours les gardes-robes deviennent un peu plus fréquentes.
Des renseignements ultérieurs m'ont appris que les accès de mélancolie étaient devenus plus fréquents et plus graves, et qu'il avait dû la faire entrer dans un asile d'aliénés.
Obs. VII
Mélrile parenchymateuse. — Abaissement léger et antéfïexion de l'utérus. — Dysménorrhée. — Leucorrhée. — Massage. — Guérison.
Mme T..., 28 ans, femme d'un maréchal des logis de gendarmerie, dvsménorrhéique depuis son deuxième accouchement remontant à 3 ans. Cette personne est faible et de constitution délicate. Réglée pour la première fois à 15 ans, elle l'a toujours été régulièrement jusqu'à son mariage. Devenue enceinte pour la troisième fois, elle espéra être débarrassée de ses accidents. ^Cette nouvelle grossesse fut terminée par un avortement au 4e mois. A peine a-t-elle quitté le lit, que les douleurs commencent à reparaître : la moindre pression sur l'abdomen provoque une sensation pénible vers la vulve et le périnée. Douleurs continuelles dans les reins, miction fréquente, un écoulement abondant, épais, jaunâtre, parfois sanguinolent la fatigue. Elle ne peut monter les escaliers sans être essoufflée à l'extrême ; entre à l'hôpital. Bains chauds tous les deux jours, cautérisation de l'ulcère, tampons vaginaux d'alun. Au bout de 2 mois, 'les règles reviennent en quantité normale, lavement d'amidon laudanisé sans résultat. Après un séjour de six semaines à l'hôpital, elle sort après avoir éprouvé une amélioration notable, un mois plus tard, traitée par une sage-femme, qui prescrit un pessaire, des injections d'une solution d'écorce de chêne, des douches froides sur les reins, du fer à l'intérieur. Plus tard, électrisation directe
de l'utérus, sans plus de succès, leucorrhée peu abondante, filante; visqueuse, envies d'uriner, et mictions fréquentes (16 en 24 heures) accompagnées d'une sensation de brûlure à l'intérieur ; les urines sont troubles, bourbeuses. Tout travail est devenu impossible, affaiblissement psychique extrême, léger abaissement et antéflexion de l'utérus ; col lisse sans autre altération que des cicatrices résultant de cautérisations antérieures. Le massage agit avec autant de rapidilé que dans les cas précédents, cette malade extrêmement fatiguée de son état se soumet au traitement avec une régularité absolue. La première menstruation qui suit le début est normale et presque indolente, ses envies d'uriner ont notablement diminué; 5 à 6 mictions dans la journée tout au plus. Pression hypogastrique beaucoup moins pénible qu'auparavant, la malade peut faire sans difficulté sa besogne courante. Durée du traitement 40 jours environ. J'ai revu à plusieurs reprises cette personne, elle allait très bien.
Obs. VIII
Métrite parenchymateuse. — Antéflexion utérine. — Dysménorrhée.— Diarrhée pro fuse aux époques menstruelles. — Massage. — Guérison.
Mme S..., 26 ans, originaire de Suède, vient me consulter au mois de décembre 1876 pour des douleurs violentes à l'époque des règles. Elle aurait fait, au cours de l'année 1876, une fausse couche dans les premiers mois de la grossesse. Cette fausse couche n'aurait donné lieu à aucun accident immédiat, menstruation toujours régulière depuis lors ; à la fin de l'année dernière seulement, elle a commencé à souffrir à l'approche des règles. Dans l'intervalle, elle était
LE MASSAGIS DE l'UTÉRUS 71
tourmentée par une douleur sourde— gravative dans les lombes avec des tiraillements dans les aines. Jusque vers la fin de 1874 pas de changements dans l'état général. A cette époque, les douleurs de reins augmentent et s'accompagnent d'une forte pression dans le bas ventre ; pour les calmer, elle est obligée d'appuyer énergiquement les mains sur l'hypogastre. Si elle est dans uue voiture non suspendue, elle est obligée de la faire arrêter et de descendre. Dans les mêmes conditions nausées et vomissements. Les règles sont devenues tellement douloureuses qu'à leur approche, la malade est obligée de se mettre au lit et d'y rester deux ou trois jours. Les douleurs cessent aussitôt que l'écoulement menstruel apparaît ; l'état général a peu souffert, la malade présente toujours l'apparence d'une santé parfaite. Jusqu'au printemps de l'année dernière, la digestion n'a pas été troublée ; les règles sont presque toujours accompagnées d'une diarrhée qui ne cesse qu'avec elles. Elle n'est accompagnée, ni de ténesme, ni d'épreintes, ni de coliques ; il y a parfois 12 selles liquides en 24 heures; la diarrhée persiste même pendant la nuit, parfois 2 ou 3 époques menstruelles se passent sans que ces accidents se produisent. La malade est épuisée après chacune de ces crises, mais elle se rétablit très vite, de telle sorte qu'au bout de quelques jours on ne se doute plus de ce qui vient de se passer. Ensuite, cette personne a été traitée par les cautérisations du col ; elle a pris des bains de siège, en même temps qu'on a appliqué sur l'hypogastre des compresses de même nature ; ferrugineux, bains généraux d'eau salée, lavements opiacés, suppositoires belladonnés. Depuis lors, les troubles intestinaux ont été traités par un autre médecin, il n'a jamais réussi à arrêter la diarrhée pendant plus de 24 heures. Lorsqu'on suspendait l'administration des médica-
LE MASSAGE DE l'uTÉHUS
ments qui l'avaient enrayée, elle reparaissait aussi intense qu'auparavant. Je vis cette malade pour la première fois ; il y avait environ 18 mois qu'elle avait cessé tout traitement. Eiie a ait une leucorrhée à peu près insignifiante, mais la dysménorrhée était plus violente que jamais.
Au toucher vaginal on constate que l'utérus, en antéflexion, presse fortement sur la vessie. Les mictions fréquentes d'autrefois n'existent plus. La consistance de l'organe est normale ; il est complètement mobile; douleur peu vive à la pression. Rien dans les culs-de-sac ; la sonde pénètre de plus de 7 cent.
Au commencement, le massage est un peu douloureux surtout au niveau du fond de l'utérus, cette douleur est notablement atténuée, elle disparait presque complètement au bout de 15 jours. A la période menstruelle suivante, 3 semaines après le début du traitement, la malade est pour ainsi dire surprise par l'écoulement menstruel. Pendant le reste de la durée du traitement, elle n'eut plus de dysménorrhée. La diarrhée avait encore accompagné la première période, seulement les matières étaient moins liquides depuis quelques semaines, la malade peut faire des promenades à pied et en voiture sans souffrir. La sensation de pesanteur qu'elle éprouvait antérieurement du côté du périnée a complètement cessé. L'état moral s'était avantageusement modifié. La malade qui était auparavant sujette à des poussées de tristesse est maintenant gaie. L'utérus ne mesure plus que 6 cent. f/2. Je vis de nouveau la malade après la 3e menstruation qui suivit le début du traitement : celui-ci avait été interrompu depuis quelque temps, il n'y avait pas de dysménorrhée à proprement parler, mais la malade était moins bien qu'à l'époque antérieure, elle éprouvait une sensation de gêne assez pénible dans le bas-ventre. Persuadé que ces accidents dispa-
paîtraient facilement, je fis, pour hâter cette disparition, quelques nouvelles séances de massage ; dix suffirent pour avoir raison. Au mois de juin de l'année suivante, (dix mois après Je début du traitement) je reçus une lettre de cette malade qui était retournée en Suède. Depuis qu'elle a quitté Paris, elle n'a jamais eu ni dysménorrhée, ni troubles intestinaux. L'état général est excellent.
Obs. IX.
Mélrite parenchymateusé. — An té flexion utérine. — Ulcération du col. — Dysménorrhée. — Douleurs, de différents sièges. — Dyspareunie. — Massage. — Guévison.
Mmc J..., 34 ans, paysanne robuste, est d'une bonne santé habituelle; première menstruation à l'âge de 20 ans; dans sa jeunesse, était fortement anémique. Pas de dysménorrhée, mais l'écoulement menstruel est peu abondant. Mariée il y a Sans, elle devint enceinte presque immédiatement: la grossesse se termina par un avortement au 3e mois ; et une péritonite, à la suite de laquelle elle garda le lit pendant 6 semaines. Les nouvelles règles furent accompagnées de douleurs dans les régions rénales, ovariennes et au niveau de l'articulation sacro-iliaque gauche ; ces douleurs ont toujours été en augmentant. Elles sont aujourd'hui si violentes, qu'à chaque époque menstruelle, la malade est obligée de garder le lit pendant 48 heures, et n'est soulagée qu'à l'apparition des premières gouttes de sang. Elle éprouve en outre une sensation de tension extrêmement pénible de la région hypogastrique, et une une pression continue vers l'anus. Obligée pour vaquer à ses occupations courantes, de déployer une énergie, peu commune, elle se plaint en outre de fréquentes névral-
gies fronto-pariétales ; l'appétit est capricieux, Ja digestion pénible, Je plus souvent accompagnée de coliques. Dégoût prononcé pour toute alimentation substantielle. Cette personne, qui est très anémique, n'a presque plus de force. Dyspareunie. Constipation opiniâtre pendant la marche, envies fréquentes d'uriner. Depuis quelque temps, a notablement maigri ; est obligée de porter constamment une ceinture hypogastrique. Elle a fait pendant 6 mois, sur le conseil d'un de mes confrères, de l'hydrothérapie. Cautérisation du col, injections vaginales astringentes. Bains chauds au moment de l'apparition de la dysménorrhée menstruelle, lavements laudanisés. Je vois cette personne pour la première fois à la fin du mois de février 1877; l'utérus, volumineux, est en antéflexion prononcée ; il est peu consistant, sensible à la pression et complètement mobile. Le col est le siège d'une ulcération qui occupe la lèvre postérieure et s'étend jusque dans le canal cervical ; cette ulcération est peu profonde, mais elle saigne au moindre contact ; écoulement muco-purulent, pas trop abondant par le col.
Massage. Aucun soulagement lors de la première période menstruelle qui suit le début du traitement ; lors de la seconde, elle souffre déjà beaucoup moins. Après 42 séances, elle est dans l'état suivant : Les pertes blanches, qui ont diminué peu à peu, sont insignifiantes à la fin de la cure ; les douleurs lombaires ont à peu près disparu ; les envies fréquentes d'uriner n'existent plus; la céphalalgie a diminué, de même que la constipation. En somme, cette personne éprouve un bien-être notable et peut marcher sans difficulté. Les forces et l'embonpoint sont revenus. L'ulcération cervicale est presque guérie. Satisfaite du résultat obtenu, cette femme retourna dans son pays, et revint me voir si
mois plus tard; l'amélioration s'était accentuée: elle n'avait plus ni dysménorrhée, ni douleurs d'aucune sorte. Par l'examen au spéculum, je reconnus que l'ulcération cervicale était complètement guérie.
Obs. X
Métrite parenchyrnateuse. — Anté flexion utérine. — Fausse couche il yaA ans. — Pas de grossesse depuis. — Massage. — Nouvelle grossesse après 3 semaines de traitement.
Mme N..., du département du Nord, vint me consulter au printemps de l'année 1886. A eu une fausse couche peu de temps après son mariage, il y a 4 ans. N'est pas devenue enceinte depuis lors. A l'éxploration, je porte le diagnostic métrite chronique. D'hahitude, les époques menstruelles durent 3à 4 jours et ne sont pas douloureuses. L'utérus est volumineux et en antéflexion. Le traitement est commencé peu de jours après la fin d'une époque menstruelle. Amélioration au bout de quelques jours de traitement. Cette personne ayant eu des rapports avec son mari pendant le cours du traitement (vers la 3° semaine), ne vit plus ses règles à l'époque suivante ; la grossesse a suivi régulièrement son cours, ainsi qu'il résulte d'une lettre qu'elle m'a adressée quelques mois plus tard.
Obs. XI
Métrite parenchyrnateuse. — Antéflexion utérine. — Douleurs de différents sièges. — Massage utérin. — Guérison.
Mmo N..., 28 ans, porteuse de pain, deux accouchements peu éloignés l'un de l'autre ; le premier a eu lieu sans accident; le second, au contraire, a été très laborieux. Cette personne de-
'b LE MASSAGE DE L'UTÉRUS
vient de nouveau enceinte ; mais, cette fois, la grossesse se termine par un avortement au second mois, avec métrorrhagie a bondante ; autre dans le cours de l'été de 1874. A partir de ce moment, l'état général devient très mauvais ; pendant 2 mois, cette personne a des métrorrhagies continuelles ; plus tard' écoulement purulent teinté de sang. Elle se plaint, en outre,' de tiraillements dans les aînés, d'une sensation de pesanteur péri-rectale, causant des envies et des tentatives fréquentes pour aller à la garde-robe, mais sans résultat. Dans la région coccygienne, elle éprouve des douleurs violentes, surtout pendant la station assise ; ces douleurs se propagent principalement du côté des aîncs. Elles sont assez vives pour empêcher la malade de garder longtemps la même position ; miction régulière et sans douleur. Appétit capricieux. Digestion laborieuse, météorisme intestinal. Constipation habituelle; la malade ne va à la selle que tous les deux jours. Depuis 10 mois, elle a été obligée de renoncer à son métier. Palpitations fréquentes, sans lésion appréciable du cœur- Névralgie intercostale violente du côté gauche, alternant parfois avec une autre un peu moins intense du côté droit. Se plaint surtout de migraines violentes, occupant pendant l'accès la moitié gauche de la tête avec\injection conjonctivale, larmoiement; les vomissements la soulagent, mais pour peu de temps; lorsqu'ils sont terminés, l'accès reprend très vite son intensité première ; il apparaît au moment des règles, cesse lorsqu'elles sont établies ; reparaît, mais moins violent que la première fois, deux jours environ après leur cessation. Cette personne n'a pas suivi d'autre traitement que celui que lui a recommandé une sage-femme, et qui consiste dans l'introduction répétée de sachets d'alun. Elle se présente pour la première fois à moi en novembre 1877; à ce moment elle
est triste, affaiblie, sujette à de fréquentes attaques de nerfs. Les accès migraineux n'ont fait qu'augmenter dans ces derniers temps.
A l'examen local, oo constate une antéflexion utérine : utérus volumineux, mobile en tous sens, un peu sensible à la pression. A travers l'orifice externe, on voit un liquide plutôt muqueux que purulent, qui s'écoule en grande quantité. A l'hystéromètre, on constate que la longueur est de 7 cent, i/2 : après 3 semaines de traitement par le massage, elle souffre moins de sa migraine. La première époque qui suit le début est accompagnée d'un accès de migraine moins violent que les précédents. Les douleurs des aines et du siège sont moins pénibles qu'auparavant. A chaque période suivante, l'hémicrânie diminue, de même que les autres douleurs. A la fin du traitement, au mois de janvier 1878, il reste à peine des traces de la douleur inguinale. La coccygodynie a pour ainsi dire disparu, et elle ne se montre que si la malade vient à s'asseoir trop brusquement. L'écoulement leucorrhéique est insignifiant. Appétit et digestion meilleurs. Selles journalières et indolentes. Reprend de l'embon poin t. Caractère moins triste. Utérus plus ferme au toucher et notablement moins volumineux qu'au début du traitement. Attaques de migraine assez légères pour qu'elle n'y prête aucune attention. Peut i-eprendre son métier. J'ai revu cette malade à plusieurs reprises; la guérison s'est maintenue.
Obs. XII
Mélriteparenchymateuse. — Anlé flexion utérine. — Ulcération du col. — Stérilité. — Massage utérin. — Disparition des accidents. — Grossesse suivie d'un accouchement à terme.
Mmo N..., 32 ans, vient à ma consultation au mois de janvier 1885 pour être traitée d'une sciatique chronique; elle a été guérie après 2 mois 1/2 de traitement. A ce moment, elle se plaint d'accidents de différente nature qui l'ont tourmentée depuis son unique accouchement, arrivé il -y a 8 ans. Menstruation régulière, perd très peu de sang. Depuis quelques mois, leucorrhée, taches d'un jaune verdâtre sur le linge, fatigue extrême, sensation dépression hypogastrique, douleurs rénales, envies fréquentes d'uriner. Les règles durent 8 jours au lieu de 5 et reparaissent toutes les 3 semaines; sont plus abondantes qu'autrefois. S'étant adressée à une sage-femme, celle-ci lui prescrivit un pessaireet lui fît prendre un purgatif, trois jours avant et trois jours après l'époque des règles. Cette médication n'ayant amené aucun soulagement, elle se soumit sur le conseil d'un médecin, à un traitement par l'hydrothérapie. Quelques semaines après la fin de ce traitement, elle se sentait assez forte pour pouvoir se placer comme courtière dans une maison de commerce. Comme cette profession exigeait de longues courses à pied, elle ne tarda pas à retomber dans son état antérieur. Au mois d'avril j'examine l'état de l'utérus et de ses annexes, et je constate une antéflexion, peu de sensibilité à la pression ; utérus gros, mobile en tous sens, déchirure ancienne du col, ulcère sur la lèvre postérieure, massage utérin : La paroi abdominale est tellement sensible à la pression, que malgré la situation favorable de l'utérus, je dus mettre 10 jours pour arriver
à le saisir. La malade suivit le traitement pendant 2 mois, avec quelques interruptions temporaires; au bout de ce temps elle se sent si bien qu'elle le cesse complètement. L'utérus a notablement diminué de volume; à l'hystéromètre 7 cent. ; l'antéflexion parait plus prononcée qu'auparavant. La leucorrhée a cessé, pas de pression sur le bas-ventre, ni de maux de reins, se sent plus forte et peut marcher sans fatigue. Début d'une grossesse au mois de novembre : celle-ci suit son cours, et se termine par un accouchement régulier et à terme. .
Obs. XIII
Mélrite parenchymateuse. — Anlêflexion et abaissement léger.
— Dysménorrhée. — Affaiblissement exfrême. — Massage.
— Gymnastique. — Guérison. (Asp).
MmeN..., 37 ans, mère de trois enfants, fait remonter son affection à son dernier accouchement, il y a deux ans. Bien que cette personne paraisse d'une constitution plutôt robuste, elle est extrêmement affaiblie et abattue lorsqu'elle commence le traitement. Depuis deux ans elle est obligée de rester constamment à demi-couchée sur un sofa, sans pouvoir prendre part en quoi que ce soit aux travaux du ménage. Cette manière de vivre a été suivie d'un dépérissement inquiétant, l'appétit est nul, les fonctions digestives s'exécutent mal, elle est devenue anémique et névropathe. Irritable à l'extrême, elle est tourmentée par de la céphalalgie, des cauchemars, des besoins fréquents d'uriner, n'a pas subi de traitement spécial, son médecin ordinaire lui a prescrit purement et simplement le repos et les toniques. Cure balnéaire sans succès. Le malade se décide à un traitement gymnastique et après avoir obtenu l'assentiment de son médecin, elle se présente à l'Institutau commencement de
LE MASSAGK DE l'uTÉHUS
l'automne de l'année 1875. A l'examen, on trouve une métrite chronique avec antéflexion et abaissement, muscles flasques, abattement des forces, elle réussit très difficilement à faire le tour de la chambre. Sous l'influence du traitement local et d'une gymnastique générale; son état s'améliora à tel point qu'elle put se croire au bout de 7 mois, complètement guérie. Elle se sent plus forte et plus vive que depuis de longues années, elle peut vaquer sans la moindre difficulté à ses occupations ordinaires ; la nutrition est normale ; le nervosisme a disparu; le sommeil est satisfaisant. L'examen local montre que l'utérus est sensiblement dans sa situation normale. Depuis lors, elle a fait cependant à plusieurs reprises de la gymnastique dans un but d'hygiène. Au printemps de l'année 1 877, l'état local est absolument satisfaisant.
Obs. XIV
Métrite chronique. — Rétrofïexion utérine. — Hémiparaplégie du côté gauche. — Massage utérin. — Guérison.
Mme M..., 29 ans, couturière, éprouve depuis le printemps de 1866, une grande faiblesse de la jambe gauche; cet accident a débuté peu de temps après un avortement survenu au second mois d'une deuxième grossesse. Depuis un an, cette faiblesse avant notablement augmenté, la malade ne peut plus marcher sans s'appuyer sur une canne, la marche est à peu près impossible au moment des périodes menstruelles : lasensibilité paraît intacte. Rien au membre supérieur du même côté. Elle éprouve en même temps une douleur vague sourde, parfois lancinante dans les aînés. Tous ces phénomènes subissent une exacerbation appréciable aux époques menstruelles. Elle aurait eu autrefois des ménorrhagées profuses
LE MASSAGE DE l'uTÉUUS
suivies d'une leucorrhée muco-purulente. Ces accidents ont diminué depuis le mois de mars 1877, à la suite d'un traitement qui a surtout consisté en cautérisations au nitrate d'argent. Migraines, faiblesse générale. Un médecin auquel la malade s'est adressée ces derniers temps a eu en vain recours à tous les médicaments habituellement employés en cas de paralysie: frictions, douches froides, injections sous-cutanées de strychnine.
L'utérus est en rétroflexion légère ; on le saisit facilement à travers les ligaments de l'abdomen. Rien du côté des culs-desacs; il semble pourtant qu'il existe un peu de gonflement et de sensibilité des ganglions pelviens du côté de la parésie.
Sous l'influence du massage utérin, il se produit une amélioration rapide. Après un mois de traitement la malade pouvait, à son grand étonnement marcher des heures entières sans le secours de sa canne. Au mois de mai, il ne reste plus qu'un peu de faiblesse de la jambe et une constipation rebelle. Elle ne se fatigue qu'à la suite de longues courses à pied; j'ai eu de ses nouvelles 5 à 6 mois plus tard, la la guérison s'était maintenue.
Obs. XV
Méirlte parenchymaleuse. — Rétroflexion utérine. — Fixation de l utérus dans cette position. — Ulcération du col. — Douleurs de différent siège. — Dyspareunie. — Massage. — Guérison.
Mme P..., 27 ans, cuisinière, vient me consulter pour la première fois à la fin de mars 1878. Depuis 3 ans, douleur assez vive pendant les rapports sexuels pour rendre la vie conjugale
82 LU MASSAGE DE l' UTÉRUS
impossible. Ces douleurs ayant leur maximum dans les régions vulvo-anale s'irradiaient aux deux aînés et jusque dans la région précordiale. Les rapprochements complets sont, depuis le début de ces accidents absolument impossibles. Tout aurait débuté à la suite d'un accouchement (1873). Cette personne eut à ce moment une leucorrhée profuse, les premières règles qui suivirent furent accompagnées de douleurs de reins, de douleurs hypogastriques, d'envies fréquentes d'uriner, de dysurie. Tendance au météorisme intestinal. La dyspareunie a eu pour conséquence des difficultés domestiques graves.
Injections vaginales froides, hydrothérapie, douches froides sur les reins, lavements opiacés, suppositoires belladonnés, tout cela sans résultat.
A l'examen local: Utérus volumineux en rétroflexion, fixé en arrière par des adhérences solides. Excoriation au pourtour de l'orifice du col, par lequel se fait un écoulement muqueux peu consistant. Etat général peu satisfaisant téguments flasques.
Massage. La dyspareunie diminue après trois semaines de ce traitement à tel point que l'incompatibilité absolue d'humeurs antérieure devient tout à fait relative. Au bout de S semaines, l'amélioration s'est accusée, l'état général s'est modifié au point de vue physique et moral, cette personne dort bien, a repris de l'embonpoint, le caractère est redevenu facile. J'ai reçu de ses nouvelles à la fin de l'année 1879 et j'ai appris que la guérison s'était maintenue.
LE MASSAGE DE i/uTÉRUS
Obs. XVI
Métrite parenchymateuse . — Métrorrhagies et leucorrhée, rétroflexion. — Dyspareunie. — Dernière grossesse ilyaS ans terminée par un avortement. — Massage utérin. — Disparition des accidents — Nouvelle grossesse terminée par un accouchement à terme.
Mme L. E..., 40 ans, giletière, de constitution assez faible, s'est mariée à 31 ans, est devenue enceinte aussitôt après. Réglée pour la première fois à 13 ans, l'avait toujours été régulièrement tous les 26 jours. Durant 4 à 5 jours, vers l'âge de 16 ans, dysménorrhée. Actuellement, les règles sont précédées de douleurs de reins, qui cessent aussitôt que l'écoulement se montre. En même temps, leucorrhée gluante, qui devient plus abondante avant et après les règles. Il y a 8 ans, fausse couche pénible ; pelvi-péritonite à la suite ; la malade doit garder le lit pendant trois semaines. Métrorrhagies profuscs : leucorrhée muqueuse au début, plus tard gluante et fétide, douleurs hypogastriques et céphalée habituelle, ventre ballonné, violentes crampes d'estomac, ne peut même plus supporter un corset.
État général mauvais, ne peut prendre que de la viande hachée ; vin de quinquina et de colombo pour exciter l'appétit. Aux époques menstruelles, douleur dans l'hypogastre et le côté gauche ; peu à peu elles se rapprochent, et reviennent tous les 15, puis tous les 6 à 7 jours. Depuis un an, dys^ pareunie et diminution considérable des forces.
Je vois pour la première foiscetle malade âu mois d'avril 1887 :
longueur utérine à l'hystéromètre, 8 cent. 1/2 et rétroflexion prononcée. Au toucher; un peu de résistance dans le cul -de-sac latéral gauche ; malgré la position défectueuse de l'utérus, il est facile à saisir à cause de la maigreur et de la flaccidité des parois abdominales. Au début des séances, il est sensible à la pression; au bout de trois semaines, le traitement est supportable, l'utérus a presque repris son volume normal ; pendant le mois qui suivit le traitement, n'eut ses règles qu'une seule fois ; la période suivait la dernière de 26 jours. Depuis la fin du traitement la dyspareunie a cessé. Il n'y a de leucorrhée qu'avant et après l'époque des règles. Pas de constipation, selles tous les deux jours de consistance normale, appétit satisfaisant, digestion facile. Plus de céphalalgie, les forces ont notablement augmenté. De triste qu'elle était, elle est devenue gaie, l'extérieur a changé, elle a bon aspect. A la fin de septembre, suspension des règles, grossesse terminée par un accouchement à terme, enfant vivant et bien portant.
Obs.XVII
Métrite parenchymateuse. — Abaissement utérin léger. — Rétroflexion utérine. — Leucorrhée. — Violentes douleurs hypogastriques. — Accouchement ilyaS ans. — Pas de grossesse depuis lors. — Massage pendant 2 mois. — Nouvelle grossesse à la fin du traitement. — Nouvelle apparition des accidents après l'accouchement. — Guérison rapide par le massage.
Mme P..., marchande de vin, 34 ans, habituellement bien portante, il y a 5 ans, accouchement normal, suivi de différents troubles généraux et locaux. Depuis cette époque, a continuellement souffert, pesanteur hypogastrique, souvent si pénible que lorsqu'elle est assise, elle ne peut rester
LE MASSAGE DE i/UTÉUUS 85
longtemps dans cette position; de temps en temps, douleurs sourdes dans la région sacrée, plus violentes à l'époque de la menstruation; celle-ci, d'abord douloureuse cesse de l'être lorsqu'elle est bien établie. Une leucorrhée profuse au début a également un peu diminué ces derniers mois. Cette personne, habituellement constipée, l'est devenue plus encore depuis quelque temps. L'état général a souffert: appétit capricieux, dyspepsie et météorisme intestinal, caractère extrêmement irritable; comme elle a perdu son seul enfant, elle en désire -vivement un autre. Le premier médecin qu'elle a consulté a prescrit une ceinture hypogastrique avec un pessaire de Hodge en caoutchouc durci. La marche a été facilitée; cautérisations du col au nitrate d'argent. La malade a pris des injections vaginales d'alun, des fortifiants, du fer et du vin de quinquina. Sous l'influence de la cautérisation, l'écoulement leucorrhéique n'a pas tardé à diminuer sérieusement, pour reparaître au bout de quelques semaines avec la même intensité. Aussi, l'état général a éprouvé une amélioration de courte durée. Je vois cette malade pour la première fois, au mois d'avril 1878, c'est une femme robuste, bien charpentée, et qui parait douée d'une grande énergie. Au toucher vaginal on constate que la paroi antérieure est flasque et relâchée et qu'il existe un peu de cystocèle, un léger abaissement avec rétroflexion de l'utérus. L'organe a notablement augmenté de volume. Il est dur, fixé en arrière, comme enclavé dans le petit bassin. En faisant prendre à la malade la position génu-cubitale, et en imprimant quelques secousses à la région des reins, on réussit à dégager l'utérus, qui tombe assez en avant pour qu'on puisse sans difficulté le saisir à travers les téguments de l'abdomen. Le col est volumineux, entr'ouvert, après le redresse-
86 l.iv MASSAGE DE L'UTÉRUS
ment de l'utérus, il laisse écouler une certaine quantité de liquide plutôt muqueux que purulent. L'application du massage est un peu douloureuse au début, mais la malade, qui a longtemps souffert, le supporte sans difficulté. Au bout de quelques semaines, amélioration déjà sensible, peut marcber, mais il lui devient difficile de continuer à porter la ceinture hypogastrique à cause de l'exagération de la sensation de pesanteur dans le bas-ventre. A la dernière époque menstruelle pas de dysménorrhée, peut cesser son traitement à la fin de juin; 2 mois après le début, se déclare guérie. Appétit excellent, digère bien, toujours un peu de constipation; beaucoup moins irritable qu'auparavant, s'occupe sans difficulté de ses affaires courantes. On trouve à l'examen de l'utérUs qu'il a notablement diminué de volume, mais qu'il a la même direction qu'auparavant.
En même temps que le massage utérin, on a fait celui de la paroi antérieure du vagin: elle a pris une consistance plus ferme et la cystocèle n'existe plus. En revoyant cette malade au mois de décembre, je constate avec satisfaction que la guérison s'est maintenue ; toute trace d'irritabilité nerveuse a disparu. Depuis 3 mois les règles ne se sont pas montrées.
La grossesse suivit son cours régulier, et la malade accoucha à terme sans accidents d'une petite fille bien constituée.
Trois semaines après son accouchement, sensation de pesanteur hypogastrique assez pénible pour l'empêcher de marcher. Utérus volumineux et notablement abaissé; le massage ne me paraissant pas indiqué, je conseille à la malade de prendre une préparation d'ergot de seigle pour favoriser l'involution utérine, et de revenir me voir dans 6 semaines à 2 mois. A ce moment il s'est fait un peu d'amélioration, mais elle se plaint touj ours d'une sensation de pesanteur très pénible dans les reins et
Lli MASSAGE DE l'UTÉRUS 87
l'hypogastre. Utérus augmenté de volume, (8 cent.), le prolapsus vaginal est redevenu ce qu'il était avant l'accouchement. Une vingtaine de séances de massage suffirent pour tout ramener à l'état normal. Depuis lors j'ai eu à plusieurs reprises des nouvelles de cette malade, et j'ai su que la guérison s'était maintenue.
Obs. XVIH
Mélrile parenchymateuse. — Rélroflexion utérine. — Ulcération du col. — Douleurs hypogastriques violentes. — Ménorrhagies. — Leucorrhée. — Pas de grossesse depuis trois ans. — Massage. — Guérison. — Nouvelle grossesse trois mois après la fin du traitement.
Mme B..., 23 ans, faiblement constituée. Malgré des douleurs continuelles datant de l'époque où son unique enfant, un garçon qui compte en ce moment trois ans, est venu au monde, elle désire avoir une fille. Malgré la faible distance de son domicile à la clinique de M. Paquelin, elle est obligée de se reposer plusieurs fois en route. C'est grâce à une énergie exceptionnelle de volonté qu'elle réussit à marcher. Les sensations douloureuses consistent surtout en une forte pression dans l'hypogastre ; elle porte instinctivement ses deux mains sur la région et la comprime fortement ; de cette manière elle obtient un peu de soulagement.
La menstruation, déjà abondante, l'est plus aujourd'hui qu'elle ne l'était auparavant ; elle est irrégulière et manque parfois pendant deux périodes consécutives. A ces souffrances s'est ajouté un écoulement muco-purulent devenu, il est vrai, moins abondant sous l'influence du régime suivi par la malade. Appétit mauvais; constipation habituelle; sans lave-
88 LE MASSAGE DE i/uTÉRUS
ments, la malade n'aurait des selles que deux fois par semaine. Différents traitements, essayés à plusieurs reprises, n'ont produit qu'une amélioration passagère.
Ceinture hypogastrique; n'a pu la supporter par suite d'hyperesthésie cutanée. Injections vaginales d'une décoction d'écorce de chêne. Application d'un pessaire par une sage-femme. Un médecin a fait des cautérisations du col et des injections intra-utérines d'une solution de perchlorure de fer. Cette médication fut suivie à chaque fois de douleurs intra-abdominales violentes. Un autre médecin, consulté par la malade, cautérise au fer rouge le col utérin, et cela à plusieurs reprises, dans le cours de quelques mois. Amélioration passagère; je vois pour la première fois cette personne en juillet 1877. Au toucher vaginal, je constate que l'utérus est volumineux, rétrofléchi, mobile dans toutes les directions. Point plus résistant qu'ailleurs dans le cul-de-sac gauche ; la pression à ce niveau détermine des douleurs d'une certaine importance. Excoriation sur la lèvre antérieure du col. Par son orifice externe, issue de liquide presque glaireux.
La malade porte un pessaire de Hodge, en étain, que j'enlève immédiatement. La flaccidité de la paroi abdominale rend le massage facile, mais la malade, qui est affaiblie et très nerveuse, le supporte mal ; elle se décide à s'y soumettre seulement après les encouragements réitérés de différentes personnes auxquelles la méthode a procuré un soulagement rapide. Pour éviter les syncopes menaçant dans les premières séances, on est obligé de faire prendre un petit verre de rhum. Au bout de trois semaines, les forces ont augmenté et elle supporte mieux les manipulations.
La leucorrhée était presque tarie. L'appétit, nul au début du traitement, est maintenant excellent ; il paraît même exa-
géré par moments. Dort bien, plus de dysménorrhée, n'éprouve aucune douleur lors de la première période menstruelle. On cesse le traitement au bout de trente-huit jours; l'aspect général a complètement changé. Les téguments sont roses, les yeux vifs, les tissus fermes; plus de constipation. Peut faire de longues promenades à pied sans fatigue ni faiûlesse.
J'ai revu cette malade à plusieurs reprises ; d'abord cinq semaines après la cessation du traitement; la guérison s'était maintenue ; puis sept mois plus tard à la campagne, elle était au quatrième mois d'une grossesse. J'ai su qu'elle ne put arriver à son terme par suite d'une imprudence de la malade qui dansa dans un bal champêtre. Le lendemain, avortement suivi d'une pelvi-péritonite qui l'obligea de garder le lit pendant plusieurs semaines. Elle guérit; je n'ai pas eu de ses nouvelles depuis.
Obs. XIX
Métrite par enchy materne. — Rétroflexion utérine. — Avortement deux mois après son mariage. — Plus de grossesse pendant sept ans. — Leucorrhée. — Douleurs hypogastriques violentes. — Discision du col utérin inutile. — Massage. — Disparition des accidents. — Grossesse deux mois après la fin du traitement.
Pendant mon séjour à Ragatz, en 1885, j'ai l'occasion de voir Mmo S..., âgée de 32 ans. Réglée pour la première fois à 13 ans, elle l'a toujours élé régulièrement jusqu'à son mariage en 1878. Pas de dysménorrhée. L'écoulement sanguin était abondant et durait d'habitude six à huit jours. Fausse couche à la fin du deuxième mois qui suivit
son mariage ; elle ne s'alita même pas et continua de faire son ménage comme d'habitude. Aujourd'hui se plaint exclusivement de pertes blanches et d'une douleur brusque correspondant au milieu de l'intervalle qui sépare deux époques menstruelles. Cette douleur est sourde, a son siège dans tout le bas-ventre, et les régions ischiatiques ; peut à peine rester assise quelque temps, tant la sensation de pesanteur périanale est pénible. Parois abdominales sensibles au toucher. Constipation opiniâtre. Regrette beaucoup de ne pas avoir d'enfants. Un spécialiste, qu'elle a vu quelque temps auparavant, a fait une discision du col utérin.
A l'époque où je la vis pour la première fois, la leucorrhée avait diminué, mais les autres symptômes existaient au même degré qu'auparavant. Utérus volumineux (à l'hystéromètre 8), de consistance molle, rétrofléchi, très mobile, de telle sorte que le déplacement paraît moins accusé un jour qu'un autre.
Rien dans les culs-de sac. Massage difficile à cause de l'extrême sensibilité de la malade.
Certains jours je réussissais à saisir l'utérus à travers la paroi abdominale, mais d'autres fois je devais y renoncer. Au bout de trois semaines d'un traitement forcément irrégulier, la malade me déclara qu'il lui était impossible de le supporter plus longtemps ; malgré tout, les résultats avaient été satisfaisants. Lors de mon séjour à Ragatz, l'année suivante, j'appris de son mari qu'elle était devenue enceinte deux mois après la fin du traitement. Accouchement normal. Depuis lors, accidents du côté de l'ovaire droit, à la suite desquels je dus la traiter de nouveau pendant mon séjour dans la même localité en 1887. (La fin de cette observation sera publiée dans un travail actuellement en préparation sur les affections de l'ovaire et du tissu cellulaire pelvien.)
Obs. XX
Métrite parenchymateuse. — Rélroflexion utérine. — Leucorrhée profuse. — Application de divers traitements sans succès. — Massage. — Guérison.
Mm0L..., 25 ans, cuisinière, vue pour la première fois au mois de mars 1877. A, depuis 1873, des pertes blanches abondantes. Elle avait eu, peu de temps auparavant, une fausse couche ; cet accident me paraît avoir produit une métrite aiguë, simple ou compliquée, par suite de laquelle elle dut garder le lit pendant près de six semaines.
Les règles reviennent seulement au bout de trois mois, ménorrhagies. La malade, peu robuste par nature, éprouve des douleurs lombo-inguinales violentes, surtout aux époques ; elles persistent même quelques jours plus tard, puis cessent, et la malade est tout à fait tranquille jusqu'à la période menstruelle suivante.
Rappelons que les règles sont abondantes et qu'elles durent plusieurs jours ; que les pertes blanches sont translucides et profuses. Ces circonstances ont été la cause principale du développement d'un état d'anémie extrême, avec accidents nerveux, parfois insomnies, parfois réveils en sursaut répétés dans le cours de la nuit ; dégoût pour la viande, appétit satisfaisant pour le reste, pas d'amaigrissement. Tous les moyens thérapeutiques ordinaires des affections utérines ont été essayés sans succès. Ceinture hypogastrique, pessaire vaginal élastique, injections astringentes, cautérisations du col avec le fer rouge ; celles-ci ont été suivies d'amélioration, mais cette amélioration a toujours été momentanée et les principaux accidents sont constamment revenus peu de temps après le traitement.
Par le toucher bimanuel, on constate que l'ulérus est en rétroflexion, incliné à droite et légèrement abaissé. Du côté gauche du col, part une bride fibreuse qui se dirige vers l'épine sciatique correspondante; on peut refouler l'utérus en avant, mais il présente une tendance marquée à reprendre sa position habituelle.
Le col est volumineux, excorié sur sa lèvre postérieure ; par l'orifice s'écoule une grande quantité de liquide séro-purulent ; la malade a des pertes même en marchant.
Découragée par l'insuccès de toutes les médications employées jusqu'alors, la malade réclame le massage avec insistance et s'y soumet régulièrement. Après quarante séances interrompues seulement à l'époque des règles, l'écoulement avait notablement diminué. La longueur de l'utérus est de 1 cent, en moins qu'au début du traitement ; la consistance est en même temps devenue plus ferme. La guérison, très avancée, n'était pourtant pas tout à fait complète au moment où la malade cessait, le traitement; elle me revint au bout de quelques semaines, déclarant qu'elle allait un peu moins bien qu'au moment de la dernière période menstruelle. En 14 à 15 séances de massage, on a raison de tout. J'ai revu cette malade six mois plus tard, la guérison s'était maintenue ; il n'y avait pas d'accidents, même au moment des périodes.
L'étude des flexions utérines nous conduit forcément à celles d'autres accidents, placés souvent parmi les déviations : les versions. Il vaudrait mieux, selon nous, pour la clarlé et l'unité de l'exposition appliquer le mot déviation exclusivement aux changements de formes c'est-à-dire aux flexions, et rejeter
LE MASSAGE DE L'UTÉRUS î)o
les versions ou les abaissements dans les changements de situation.
Nous avons vu que la lésion du parenchyme utérin explique tous les changements de formes : flexions latérales, en avant et en arrière : il suffit de tenir compte de la marche et des différences de résistance de tissu ; inutile de songer à l'augmentation de poids et à l'état des organes du voisinage. Dans les versions et les abaissements, ce n'est plus la même chose. On peut admettre, à la rigueur, que sous l'influence des changements apportés dans la densité de l'organe par l'inflammation, il s'est fait un déplacement de son centre de gravité mais cette explication physique ne rend compte de rien. Il est plus simple de supposer que si l'utérus s'abaisse, que si le corps exécute un mouvement de bascule en arrière, cela tient à des modifications structurales des moyens de fixité ; à leur allongement ou à la formation de brides rétractées. Ajoutons à cela l'influence des causes qui peuvent favoriser le déplacement, ou lui imprimer une direction dans un sens ou dans un autre, telles quôla marche, les mouvements exagérés, les efforts pour soulever un fardeau, etc. ; et nous aurons une idée plausible du mécanisme des abaissements et des versions.
« Les altérations anatomiques que je viens d'indiquer existent dans bien des cas. Les portions du
94 LE MASSAGE DE l'l'TÉRL'S
péritoine qui entourent l'utérus peuvent être le siège d'une inflammation, dans une plus ou moins grande étendue; elles sécrètent des fausses membranes, très épaisses, qui forment des adhérences de l'utérus aux organes voisins. » (Scanzoni.)
Ces lésions ont été, en effet, rencontrées dans plusieurs de nos observations. Rien n'est plus facile à expliquer alors, qu'une rétroversion, par exemple : la traction qu'exerce une bride inflammatoire intra-pelvierne suffit pour amener le fond de la matrice en avant ou en arrière. Bien souvent il n'y a pas de pelvi-péritonite formative ; tous ceux qui se sont occupés de déplacements utérins, reconnaissent que les propagation^ de la métrite aux tissus du voisinage, jouent un rôle de première importance. Legendre, après avoir longuement discuté l'influence de l'accouchement sur la production du prolapsus utérin, fait remarquer qu'il agit surtout par la métrite et la périmétrile. « Rien n'est plus fréquent, dit-il, que cet état inflammatoire chronique post puerpéral. Non seulement il agit sur les moyens de suspension de l'utérus en les ramollissant, mais il est la cause de la formation de nouvelles tumeurs, soit intra, soit extra-utérines. » Nous ne retiendrons de cette citation que les points relatifs aux relâchements inflammatoires ; car, pourl'instan t , nous n'avons pas l'in ten lion de chercher quelles influences ilsexercenldanslaproduclion desnéoplasmes.
« Le péritoine qui entoure l'utérus, disent MM. Demarquay et Saint-Vel, peut être le siège d'une inflammation localisée, dont la conséquence dernière est le maintien de l'utérus dans des conditions anormales et son adhérence aux organes voisins, au moyen de fausses membranes. » Presque tous les cas de mélrite parenchymateuse dont nous rapportons lesobservations, avaient pour origine un accouchement ou un avortement; il y a donc lieu de supposer que les accidents à propos desquels les auteurs sont unanimes, s'étaient produits.
En admettant que tout reste localisé à l'utérus, on peut appliquer à la séreuse ce que nous avons, dit pour la muqueuse: la phlegmasie du parenchyme détermine la stase dans ses veines ; la métrite chronique s'accompagne de congestion passive de tous les tissus pelviens ; cette congestion est suivie d'altérations structurales qui facilitent les déplacements, à tel point qu'ils peuvent se produire sous l'influence d'une cause déterminante extrêmement légère. Nous donnerons ici trois observations dans lesquelles la métrite chronique était compliquée de déplacements.
LE MASSAGE DE l'utÉUUS
Obs. XXI
Métrite parenchymateuse. — Antéversion utérine. — Leucorrhée. — Douleurs de différents sièges. — Dysurie et envies fréquentes d'uriner. — Massage. — Guérison.
Mme A..., 30 ans, entre au mois de mars 1876 à l'hôpital Saint-Louis, dans le service de M. le docteur Péan, qui veut bien la confier à nos soins. Cette personne se plaint surtout d'envies fréquentes d'uriner, cet accident s'est développé peu de temps après son dernier accouchement, il y a 3 ans. Elle a jusqu'à 25 mictions dans la journée, 4 à 5 dans la nuit. A chaque fois, elle expulse simplement quelques gouttes d'urine, toujours claire. Le plus souvent, la miction est indolente ; de temps à autre, et surtout à l'époque des règles, ce symptôme présente une exacerbalion marquée et s'accompagne d'une sensation de brûlure. Ces accidents gênent notablement la malade dans l'exercice de sa profession (elle est blanchisseuse). Tous les médecins qu'elle a consultés l'ont traitée pour une cystite; elle a pris des balsamiques, de l'eau de Vichy et de Contrexéville, dans ces derniers temps on a appliqué des suppositoires belladonnés, sans résultat. Ces derniers, pourtant, ont diminué le nombre des mictions durant le jour et durant la nuit; mais une fois qu'on a cessé le traitement, les phénomènes sont redevenus ce qu'ils étaient. Outre cela, douleurs légères dans les reins; sensation de pression hypogastrique ; un peu de leucorrhée à l'approche des règles. Éprouve maintenant une certaine difficulté à se tenir longtemps debout. La fréquence des mictions et l'irrégularité du sommeil, forcément interrompu à plusieurs reprises, dans le cours delà nuit, y contribuent pour une forte part.
A l'examen local, on trouve l'utérus en antéversion. Il est est dur, mobile ; culs-de-sacs souples. L'orifice externe laisse sortir une petite quantité de liquide non purulent; l'urine ne renferme pas de pus.
Comme le traitement dirigé jusqu'à ce moment du côté de la vessie n'a rien produit, et que les phénomènes ayant leur siège du côté de l'utérus peuvent rendre compte de tout ce qui existe, le massage paraît indiqué. Au bout de S semaines, les envies sont moins fréquentes qu'auparavant. Après 3 mois et 36 séances de massage, l'irritabilité est notablement diminuée, elle n'est plus obligée de se relever la nuit et n'a que 5 à 6 mictions par jour. L'état général s'est amélioré en conséquence. J'ai eu des nouvelles de cette personne, six mois plus tard, vers la fin de l'année, par une de ses amies, et j'ai appris que la guérison s'était maintenue.
Obs. XXII
Métrite parenchymateuse. — Antéversion utérine. — Douleurs kypo gastriques violentes. — Douleurs réflexes- éloignées. — Dyspareunie. — Grossesse unique, il y a 10 ans, plus d'autres depuis. — Massage. — Guérison. — Nouvelle grossesse, A mois après la fin du traitement.
Mme T..., concierge, 38 ans, souffre depuis 10 ans. Son affection utérine, qui, d'après elle, remonte à cette date, aurait été la conséquence d'un accouchement laborieux. Elle a été traitée par différents médecins : pessaircs, cautérisations, injections vaginales, on a tout essayé, même les injections intra-utérines. Depuis longtemps, elle porte une ceinture hypogastrique. Douleurs des reins s'irradiant parfois jusque dans les
LE MASSAGli DE L'UffcllUS
cuisses, sensation de pression à l'hypogastre. Ces accidents sont plus prononcés durant la marche, ce qui empêche la malade de faire de longues stations à pied. La fatigue, qu'elle ne tarde pas à éprouver à cette occasion, rend la promenade encore plus difficile. Une pesanteur très pénible dans la région de l'anus augmente encore cette gêne. Au début, ménorrhagies inquiétantes; actuellement, la menstruation est normale. Presque plus de leucorrhée. Un peu de météorisme intestinal. Constipation habituelle. Dyspareunie. Gastralgie à attaques assez rares, mais très pénibles. Névralgie occipito-pariétale, palpitations, sensation de suffocation à chaque émotion vive; envie de pleurer sans cause appréciable. Utérus volumineux, très dur en antéversion mobile en tous sens. Du reste, rien à noter du côté des organes génitaux. Étant données la durée très longue des accidents, la multiplicité des traitements suivis, il y atout lieu de supposer que l'état de l'utérus et des parties voisines laisse à désirer. C'est sur les instances même ■de la malade, dont plusieurs amies ont été guéries par le massage, que je consens à l'appliquer, faisant des réserves expresses pour le résultat qu'il serait possible d'obtenir. Cette personne a de l'embonpoint et le traitement est assez •difficile. A lin de diminuer la sensibilité, je fais appliquer pendant quelque temps, au début de la séance, des compresses glacées sur le ventre. Au bout de trois semaines, l'hypcresthésie du début n'existe plus, et le procédé peut être appliqué plus facilement. Sous l'influence des manipulations, le pannicule adipeux abdominal a diminué; les téguments sont devenus plus flasques et plus minces.
Après 46 jours d'un traitement suivi avec la plus parfaite régularité, la malade se déclare presque guérie. Elle ne se plaint plus que d'un peu de faiblesse et de temps en temps
LE MASSAGE DE l'uTÉUUS
d'accidents nerveux. Je revois cette personne au bout de 3 mois, elle va très bien. Les douleurs lombaires ont disparu, de même que la sensation de pesanteur péri-anale dont elle se plaignait. Peut marcher sans fatigue et sans la moindre gêne. Depuis la fin du traitement, elle n'a plus d'attaques de gastralgie, ni de névralgies de la tête. La dyspareunie n'existe plus. La surcharge graisseuse des parois abdominales a diminué : l'aspect général est devenu meilleur.
Quatre mois après la fin du traitement, les règles cessent pendant 2 périodes, ce qui n'était jamais arrivé. La malade vient me trouver de nouveau, assez inquiète : je crois à une grossesse et je lui fais part de ma supposition qu'elle se refuse à admettre. Elle était malgré tout exacte, et cette personne accoucha à terme d'un garçon bien développé.
Obs. XXIII
Métrite parenchy materne. — Dysménorrhée. — Rétroversion. — Troubles gastriques. — Crampes d'estomac. — Céphalalgie correspondant à l'époque des règles. — Massage de l'utérus. — Guérison.
Ume L..., 28 ans, américaine de constitution délicate, réglée pour la première fois à 15 ans, l'a toujours été régulièrement; d'habitude, les époques durent 3 jours, mais l'écoulement est peu abondant. Aurait été très anémique dans sa première jeunesse; leucorrhée avant et après les règles; céphalalgie paroxystique sous forme d'accès de migraine. Prend du fer; un peu d'amélioration. En 1879, scarifications sur le col utérin et cautérisation pour une ancienne ulcération du col. Reste pendant un mois dans le décubitus dorsal. L'état général fut satisfaisant jusqu'à l'automne de 1882, époque où elle
100 LE MASSAGE DE l'uTÉKUS
se maria. Quelques mois plus tard, leucorrhée jaune verdâtre, épaisse, douleur du rein. L'anémie reparaît, faible et abattue. Le sang menstruel est toujours peu abondant. Dysménorrbée. La douleur est assez vive pour obliger la malade à prendre le lit; elle continuait encore 6 heures après que celle-ci s'était montrée.
La malade souffrait en outre de crampes d'estomac, surtout la nuit; d'une douleur dans l'aine gauche (névralgie lomboabdominale). Elle se présente à mon cabinet au printemps de l'année 1885. Par suite de la sensibilité des parois abdominales, sensiblement chargées de graisse, il fut impossible d'arriver à saisir et à examiner l'utérus. — Massage des téguments du ventre.
Je ne réussis qu'au bout de 15 jours à diminuer la sensibilité, au point de rendre possible le massage utérin. L'utérus est volumineux, plus résistant qu'à l'ordinaire; il est en rétroversion légère et présente un peu d'inclinaison à droite. Il est mobile en tous sens, mais sensible à la pression. Dans le cul-de-sac gauche, un peu de résistance, mais pas de douleur à la pression. Le traitement est toujours d'une application difficile. Cependant, plus on avance, plus la sensibilité des téguments et celle de la matrice diminuent; de telle sorte qu'à la fin, les manipulations sont très bien tolérées.
Dans le cours de deux mois, il y eut plusieurs interruptions par suite d'absences de la malade. Cependant, vers la fin du traitement, une amélioration notable est manifeste : le sang menstruel est plus rose, plus abondant. La seconde époque qui suit la fin du traitement est indolente. Il n'y a de leucorrhée qu'un peu avant et après les règles. Les crampes d'estomac sont rares et peu pénibles. L'aspect général est satisfaisant. Le seul phénomène qui persiste, c'est la cépha-
lalgie paroxystique. L'utérus a diminué de volume, il est plus mou, moins sensible à la pression. Nouveau traitement de 3 semaines de la céphalalgie par le massage.
J'ai revu cette malade au mois d'octobre dernier, elle ne se plaint plus que d'une leucorrhée et d'une céphalalgie légères à l'approche des règles; plus de dysménorrhée ni de crampes d'estomac.
Obs. XXIV
Métrite parenchymateuse. — Rétroversion. — Massage. — Gué-
rison.
JVÎme N., réglée pour la première fois à 11 ans, mariée, il y trois ans, grossesse en 1887, terminée par un avortement au troisième mois, à la suite d'une chute dans un escalier. Retour des règles au bout de deux mois. Peu de temps après, sensation de pesanteur dans l'aîne gauche s'irradiant dans la cuisse correspondante et la région hypogastrique. Tous les soirs le ventre est ballonné et tendu. Besoins fréquents d'uriner (jusqu'à 20 fois dans la journée). Miction pénible. Leucorrhée profuse, surtout à l'approche des règles. Affaiblissement: la marche devient difficile ; les douleurs persistent le jour et la nuit. Après une saison à Cbâtcl-Guyon, amélioration, ne souffre plus que le soir.
Je vois cette personne dans les premiers jours d'octobre 1888 : dysménorrhée telle qu'elle est obligée de garder le lit 24 heures avant l'apparition des règles (douleurs hypogastriques, coliques utérines).
A l'examen, je trouve l'utérus très mobile en rétroversion, de consistance un peu moindre qu'à l'état normal; pas de
102 LE MASSAGE DE l'uTÉHLS
douleurs dans les culs-de-sac. Massage un peu laborieuxâ cause de la résistance de la paroi abdominale. Pendant les premiers jours, il est assez difficile de saisir l'utérus, après quelque temps, la tolérance s'établit et il devient facile de l'atteindre.
A la première menstruation qui suit le début du traitement, la dysménorrhée a un peu diminué ; au bout d'un mois, les douleurs ont complètement cessé. Guérison radicale, après six semaines de traitement. Plus de douleurs ni d*envies fréquentes d'uriner; pas de flatulence. L'état général est excellent. Pas de dysménorrhée ; à la dernière époque, elle est surprise par l'écoulement sanguin. L'utérus a repris son volume et sa consistance, mais il est toujours en rétroversion. J'aire\u la malade trois mois plus tard, la guérison s'est maintenue.
Obs. XXV
Métrile parenchymateuse. — Léger abaissement utérin. Dysménorrhée et leucorrhée , menstruelles. — Massage. — Guérison.
Mme P., 28 ans, femme d'un employé, vient me consulter, en avril 1877 : réglée pour la première fois, à 10 ans, l'a toujours été régulièrement. Mariée depuis quelques années, plusieurs accouchements, dont le dernier en 1875. Les règles ont reparu au bout de deux mois, sans accidents; elles étaient simplement un peu moins abondantes que de coutume. Depuis cette époque, la menstruation est devenue possible, elle est précédée de violents douleurs des reins et des aînés, qui cessent aussitôt que le sang se montre mais reviennent ensuite, mais plus faiblement, et continuent pendant toute la durée de la menstruation. Les douleurs s'accompagnent d'une névralgie intercostale violente et de migraine. Leucorrhée
glaireuse tachant le linge; parfois elle devient plus franchement purulente, et laisse des traces jaunes verdâtres. Rétroversion ; un peu d'abaissement, ne peut se tenir longtemps debout ni rester dans une voiture non suspendue en marche. La leucorrhée n'a d'importance qu'au moment des règles. Cette personne a été soignée exclusivement jusqu'ici par une sage-femme. Injections vaginales d'une décoction de feuilles de noyer. Depuis quelques mois elle porte un pessaire de Hodge, en aluminium. La présence de cet instrument ne semble avoir produit aucune amélioration. A l'intérieur, elle prend des fortifiants et une certaine quantité de vin de quinquina. Ce médicament est aujourd'hui difficilement supporté, la malade prétend qu'il lui fait mal à l'estomac. Par suite de la flaccidité des parois abdominales, le massage est facile. Le traitement est commencé au mois d'avril 1877 : comme je trouvai plusieurs jours de suite l'utérus dans une position normale, je crus un moment qu'il ne s'en écartait jamais, mais je m'aperçus vite qu'il reprenait sa situation antérieure, sous l'iriHuence de la pression exercée par les intestins sur sa face antérieure.
La première menstruation qui suit le traitement est accompagnée de beaucoup moins de dysménorrhée que les précédentes; à la seconde, il y en a moins encore. La malade n'a presque plus conscience de l'approche des règles. A la fin du traitement, les douleurs locales ont disparu.
Je ne sais trop si le mot guérison convient pour les flexions et les versions. Les malades n'avaient plus de douleurs hypogastriques, ni de dysménorrhée; certaines restées plusieurs années sans enfants sont devenues enceintes. En disant qu'elles ont été gué-
1 04 LE MASSAGE DIC i/uTÉRUS
ries on n'emploie pas une hyperbole. Cependant si l'on avait en vue la disposition analomique seule, on ne pourrait pas parler de guérison. Les flexions ou les versions étaient, après le trailement, ce qu'elles étaient avant. J'avais cru, autrefois, obtenir des améliorations : Des examens répétés m'ont prouvé que je m'étais fait illusion. Je ne crois pas que le massage simultané de l'utérus et des ligaments larges recommandé par Brandt et quelques autres ait donné plus de succès. J'eus recours naguère à cette méthode contre une rétroversion, je crus bien l'avoir guérie; l'utérus garda pendant 14 jours sa situation normale. Au moment où j'allais cesser le traitement, tout se reproduisit par la seule pression des anses intestinales. Dans un autre cas, le résultat fut identique; j'ai revu la malade 4 à 5 mois plus lard, le déplacement n'était pas modifié.
Je n'ai pas été plus heureux dans les flexions et pourtant j'ai appliqué littéralement le procédé de Brandt. Sur 5 antéflexions j'ai eu une seule fois une amélioration, 15 jours avant que le malade cessât le traitement; quatre mois plus tard il n'en restait pas trace, l'utérus était anléfléchi comme avant. Aujourd'hui : que j'aie affaire à une flexion ou à une version je ne me préoccupe ni de la forme ni de la direction, car je suis persuadé que ces anomalies isolées, sont incapables de produireaucun acci-
dent, pas même la constipation : que je puisse arriver à saisir le corps, à exercer convenablement la manipulation par la paroi abdominable, c'est tout ce que je demande.
Si les déplacements et changements de forme peuvent avoir une influence sur la métrite, cette influence ne se produit que pendant la période d'état, lorsqu'ils augmentent la stase veineuse. Dès que nous avons eu raison de celle-ci, leurs conséquences deviennent insignifiantes. Pourtant il existe une rare unanimité dans Fopiuion relativement à l'importance des anomalies en question ; médecins traitants, spécialistes, malades, tout le monde s'en préoccupe. Dès que l'utérus est déplacé, dès que les directions respectives de ses différentes portions se trouvent modifiées, il faut procéder à des rectifications et les maintenir. On essaie tous les pessaires ; pour l'instant celui de Hodges qui est en vogue ; puis vient la ceinture hypogastrique. Je ne crois pas qu'un seul pessaire soit capable de redresser une antéversion ou une rétroversion ; aucun ne peut rien contre les flexions; bien des praticiens sont persuadés à tort qu'ils y remédient. C'est pourtant un problème de mécanique appli-
quée très simple. Que faut-il pour ramener l'utérus à sa situation normale et l'y maintenir ? — Une force suffisante pour résister aux causes de déplacements et dont le point d'application soit fixe. Pas
106 Lie MASSAGE DE l'UTÉBUS
une de ces conditions n'est remplie : le pessaire n'est maintenu que par la musculature vaginale ; sa tonicité diminue par suite de l'effort continu qu'on lui impose et alors il faut augmenter le volume de l'instrument. Les organes de la région sont sujets à des déplacements presque incessants, par suite des changements de volume de la vessie et du rectum, de la marche, etc ; rien n'est donc plus aléatoire que la fixation. La présence d'un corps étranger dans une cavité naturelle a d'autres inconvénients : il provoque une sécrétion catarrhale avec relâchement de la couche sous-jacente ; la malade est obligée d'enlever l'instrument pour le nettoyer, elle le remet comme elle peut. Dieu sait ce que devient le redressement!
Les ceintures hypogastriques ne valent pas mieux : elles contribuent simplement à refouler vers l'épigastre la masse des circonvolutions intestinales.
Malgré tout beaucoup de femmes déclarent qu'elles sont soulagées ou du moins qu'elles l'ont été par elles. Nous n'avons aucune raison d'en douter: ces malades sont exigeantes pour les améliorations, si elles en accusent une, elle est réelle et tient à une immobilisation partielle de l'utérus. Il était enflammé, mobile et chaque mouvement provoquait des douleurs, le repos les atténue.
Au lieu de la ceinture et des pessaires : il faudrait
un appareil capable de fixer les viscères pelviens. Le Irouvera-t-on? J'en doute. Mieux vaudrait laisser de côté la mécanique et envisager la question comme elle doit l'être. Dans l'immense majorité des cas, je le dis et je le répète, la flexion ou la version ne sont cause de rien. Les phénomènes morbides qui les accompagnent appartiennent à la métrite : la preuve, c'est leur disparition, lorsque celle-ci est guérie. Je conseille le massage parce qu'il la guérit, et met les malades dans des conditions telles qu'elles n'ont plus conscience des déviations.