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CHAPITRE YI

Mécanisme de la dysménorrhée,

DYSMÉNORRHÉE CONGESTIVE ET DYSMÉNORRHÉE MÉ- CANIQUE. RARETÉ DE CELLE-CI. — PHÉNOMÈNES

ACCOMPAGNANT LA DYSMÉNORRHÉE. — ANALYSE STA- TISTIQUE DE CES PHÉNOMÈNES DANS NOS ORSERVATIONS.

La dysménorrhée , présente une telle importance clinique, que je lui ai réservé tout un chapitre : c'est à cause d'elle que les malades s'adressent aux spécialistes. Sa disparition représente pour beaucoup la délivrance ; elles ne souffrent plus, donc elles sont guéries; cette manière de raisonner n'est pas tout à fait fausse. Mais la dysménorrhée n'est qu'un symptôme.

Onabeaucoup discuté sursa natureetsonorigine;on a dit qu'il existait une dysménorrhée ovarienne et une dysménorrhée utérine, soit; mais il est difficilede distinguer l'une de l'autre. Des douleurs consécutives à

la métrite sont souvent suivies de névralgies préovariennes par irradiation; le massage utérin les guérit, preuve que ces phénomènes ovariques étaient secondaires. On arrive au diagnostic que par exclusion ; il ne serait possible d'admettre l'intégrité de l'utérus que si les commémoratifs et les symptômes constatés dans une recherche attentive, ne décelaient rien qu'on pût lui rattacher. Nous n'avons pas à nous occuper de ces cas.

Lors donc que nous nous trouvons en présence d'une dysménorrhée utérine, il faut pour remonter à ses origines et poser des indications causales, passer en revue plusieurs hypothèses. On a dit que ces accidents étaient nerveux, congestifs, mécaniques. La distinction de la névralgie et de la congestion est trop subtile pour qu'il soit possible d'en tirer parti.

La question se réduit à deux termes. Les malades souffrent, disent les partisans de l'origine mécanique, parce que, dans les flexions, le canal cervical est étroit et trop oblique pour donner facilement passage au sang. Nous avons assez dit que celles-ci sont coupables de moins de méfaits qu'on ne leur en impute. Le sténose cervicale produirait seule les difficultés menstruelles. Sous l'influence de Marion Sims, cette idée a acquis, depuis une dizaine d'années, une grande popularité parmi les médecins: Une femme a dans les lombes ou à l'hypogastre, des douleurs

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sourdes, continues, que la inarche et les mouvements exagèrent surtout à l'approche des époques. La sensation pénible d'abord mal définie, prend le caractère paroxystique ; le toucher n'a montré ni version ni flexion; l'examen au spéculum ne fait pas voir ni ulcération, ni augmentation de volume; plus de doute, le canal cervical- est trop étroit, on débride ; la discision ne donne pas toujours ce qu'on voudrait; les coliques utérines tourmentent après comme avant. 11 suffit de réfléchir à ce qui arrive, dans d'autres cas, pour comprendre que la théorie mécanique est peu satisfaisante et que ses applications sont restreintes. On voit souvent des personnes chez lesquelles l'orifice cervical présente une telle exiguïté que le cathétérisme est impossible avec des instruments du plus fin calibre ; elles n'ont jamais souffert au moment des règles. La douleur cesse, après l'expulsion des caillots ; comment ceux-ci pourraient-ils sortir si le sang liquide n'avait pu passer? Leur formation correspond à une stase intra-utérine ; on ne voit pas pourquoi le sang qui sort sans, provoquer des douleurs après eux, restait auparavant emprisonné dans la cavité, pourquoi il s'y était accumulé. Il y a des atrésies qui exigent des discissions, mais elles sont consécutives à des cautérisations répétées, comme nous l'avons vu, dans une de nos observations. Inutile de prendre l'exception

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pour la règle et de guider toule la thérapeutique sur un accident rare. « Il n'y a pas, dit M. Gallard, au point de vue clinique, une différence très tranchée entre la dysménorrhée mécanique et la dysménorrhée €on°-estive ou inflammatoire, la transition de l'une à l'autre, en tant que manifestation symptomatologique ou clinique s'opère d'une façon en quelque sorte insensible1. » On comprend difficilement cette transaction entre deux théories qui s'excluent. Comment l'atrésie cervicale peut-elle hyperémier la muqueuse ? Comment sa congestion peut-elle produire une sténose cervicale, si elle n'est pas suivie d'exsudation inflammatoire ?

Il y a entre la dysménorrhée congestive et la dysménorrhée mécanique bien des différences surtout .au point de vue de la fréquence : la première est commune, la seconde, on ne peut plus rare.

La dysménorrhée, la stérilité, la leucorrhée viennent d'une même cause, la phlegmasie chronique. S'il était nécessaire de trouver une explication plus précise pour la première, les recherches anatomiques de Patenko nous la fourniraient. Nous avons vu que les terminaisons nerveuses arrivent au voisinage des culsde-sac glandulaires; c'est à la surface de la muqueuse que se passe la dernière partie de la menstruation.

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