CHAPITRE V
La métrite parenchymateuse et ses conséquences
EXSUDATION INTERSTITIELLE. — STASE VEINEUSE.
DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE DES FIRRES MUSCULAI- RES. — TRANSFORMATION ET ORGANISATION DE l' EX- SUDAT. — SCLÉROSE UTÉRINE. — CHANGEMENTS DE FORMES. — LES FLEXIONS SONT-ELLES UNE CAUSE OU UN EFFET? INDICATIONS TIRÉES DE LEUR PATHO- GÉNIE
Nous allons voirmaintenant quelle influence exerce, sur le parenchyme utérin l'inflammation chronique.
Quelle que soit la manière dont ils l'aient envisagée, les auteurs présentent, dans leurs descriptions, une uniformité frappante. Becquerel, sans admettre la phlegmasie, parlait d'engorgement mou, induré, hypertrophique. Pour qui est au courant des idées de l'époque, ces termes indiquent une augmentation de volume accompagnée de changements de
•consistance Ceux-ci correspondent aux phases de la maladie coexistant dans l'organe. Les recherches anatomiques de Scanzoni qui n'ont été ni infirmées, ni contredites, sont convaincantes : la première période de la métrite chronique comprend la stase, l'infiltration séreuse et séro-fibrineuse. La matrice est rouge, livide à la surface, et cette coloration n'est ni générale ni régulière ; la consistance est molle, le tissu conserve l'empreinte du doigt : on modifie sans effort la direction des segments. A la coupe, cette diminution de consistance est plus manifeste; on n'éprouve plus la même résistance que quand l'utérus est normal. Le scalpel ne grince pas, on dirait qu'il pénètre dans un muscle flasque d'où s'écoule en abondance du sang et de la sérosité. Sur les surfaces, on remarque de larges veines béantes, inégalement dilatées et plus inégalement distribuées. A côté des zones hyperémiées, on en trouve d'autres exsangues presque jaunes. Dans celle-ci, les fibres musculaires sont écartées par une exsudation de consistance variée ; un petit nombre sont normales, la plus grande partie d'entre elles ont subi la dégénérescence graisseuse. Ainsi, dès la première période de la métrite parenchymateuse chronique, le volume de l'organe est augmenté, sa force de réaction est amoindrie : si l'on songe que les altérations
i. Traité des maladies de l'utérus, Paris, 1859.
■de la muqueuse sont contemporaines, qu'elles s'accompagnent d'hypersécrétion et d'accumulation de liquide dans la cavité du corps. On comprendra avec quelle facilité il se modifie : c'est le temps, de l'engorgement mou de Becquerel, de la dilatation avec hypertrophie apparente.
Que vont devenir les tissus? Quels changements suhira l'exsudat? Robin avait dit que dans les portions limitant celles qui sont enflammées, il tient en suspension des globules inflammatoires; qu'il peut s'y développer des éléments fibro-plastiques. Ceuxci, en s'accolant aux éléments normaux, transformeront l'engorgement en induration el en hypertrophie chronique. Virchow a déclaré que certains ont la propriété de former des tissus analogues dans leur voisinage. « Ces tissus, dit-il, appartiennent principalement à la substance conjonctive et par suite c'est celte dernière qu'on peut regarder comme le tissu fondamental des produits pathologiques nouveaux. Mais comme d'abord les éléments se reproduisent indifféremment, il se peut que les conditions venant à changer, on observe un produit hétérologue ou bien le tissu analogue étant formé, il se change ultérieurement en un produit hétérologue. r»
Ce sont là des façons de constater un même fait qui ne diffèrent que par les conceptions doctrinales