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CHAPITRE VIII

Endométrite fongueuse hémorrhagique

coup d'œil sur l'histoire de cette maladie. — ses lésions. — ses symptômes — indications et résultats du massage.

Nous allons donner des faits se rattachant à une affection étudiée seulement depuis Récamier : l'endométritefongeuse hémorragique. Son aspect clinique est si caractéristique qu'il serait difficile de ne pas lui accorder un chapitre.

Dans les observations précédentes, tout partait des éléments musculaires. Le catarrhe était une suite de la congestion veneuse ; les flexions résultaient d'une diminution du tonus et de la dégénérescence des plans musculaires; les augmentations de volume, d'exsudations ; les indurations d'hyperplasie conjonctive ; les déplacements du relâchement des ligaments.

Désormais l'attention sera fixée sur la muqueuse,

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le catarrhe esl insignifiant, mais il y a des ménorrhagies et des métrorrhagies si fréquentes, que certaines femmes ne reconnaissent même plus le moment des règles, l'amaigrissement et les troubles sensilifs, en sont la conséquence. On cherche l'origine : on ne trouve ni polype, ni cancer, ni altération, ni cardiopathie, ni dyscrasie. L'exsudation a lieu à la surface de la muqueuse altérée, l'exploration à la curette révèle la présence de fongosités. On a donc le droit, en tenant compte du siège, du principal caractère analomique et du symptôme prédominant, d'appeler la maladie endométrite fongeuse hémorragique.

On la décrit aujourd'hui, sous ce nom, dans la plupart des traités. Il n'y a pas longtemps qu'elle est généralement admise, et qu'on est d'accord sur les indications fondamentales du traitement. « Il y a 40 à 50 ans, disait M. Olshausen en 1875, les Français connaissaient la maladie, ils en avaient donné de bonnes descriptions et déterminé ses caractères analomiques. Dès ce moment, certaines personnes, la niaient et repoussaient avec horreur le traitement préconisé par Récamier ; il paraît qu'elle a été oubliée et qu'elle n'est presque plus connue aujourd'hui en France ; en Angleterre et en Allemagne, on n'a jamais attaché aux données des auteurs français l'importance qu'elles méritent. »

Ces études, d'il y a un demi-siècle, les discusions auxquelles elles donnèrent lieu, représentent un des épisodes les plus mouvementés de la carrière scientifique de Récamier. Ce fut lui, qui commença à traiter l'endométrite fangeuse, d'une manière rationnelle, sans en connaître la vraie nature, sans y attacher beaucoup d'importance. Jamais médecin ne se préoccupa moins que lui, des indications anatomo-pathologiques. Récamier, avait le sens pratique, la rapidité du coupd'œilet une confiance souvent justifiée dans la sûreté de ses intuitions ; il n'a pas inventé le spéculum mais il a plus fait que personne pour le vulgariser.

Dès 1843, cet auteur parlait de fongosités du museau de tanche, dans une communication faite à l'Académie, au mois de février. Trois ans plus tard, il proposa, dans un journal, l'abrasion de la muqueuse utérine 1 dégénérée ; l'idée parut si extraordinaire que le rédacteur en chef dégagea sa responsabilité par une note ajoutée à l'article de Récamier. On avait lancé deux mots, dont le rapprochement fit vite naître une idée : fongosités et abrasion. Cette opération fut faite plusieurs fois par Récamier et par d'autres. Robert publia bientôt la descriplion de fongosités enlevées par la curette, et les précautions à prendre pour l'enlèvement 2.

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