Voir aussi Gazette des Hôpitaux 1855, p
5. Etude clinique sur les fongosités de la muqueuse utérine et de leur traitement par l'abrasion et la cautérisation. 26 août 1858.
6. Des pertes dans leur rapport avec l'état fongueux de la cavité utérine. 18 avril 1866.
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niaient, mais Nélaton, Maisonneuve , Robert y croyaient. Trousseau indiqua ce qu'il y avait d'outré d'un côté et de l'autre. « Si Récamier, disait-il, a eu le tort d'exagérer peut-être un peu tout ce qui est relatif à cette maladie, d'autres médecins fort recommandables du reste ont eu le travers de le nier d'une façon trop exclusive. »
Deux faits étaient acquis : des hémorragies rebelles se produisent chez certaines personnes et avec la curette, on enlève des fragments fongueux de la muqueuse utérine. Ceux qui doutaient de la maladie déclaraient que c'était là une disposition rare et insignifiante. Il fallut pourtant bien reconnaître qu'elle n'était pas normale. La description macroscopique apportée parM. Richet à la discussion de la Société de chirurgie, basée sur de nombreux examens cadavériques, ne lassait subsister aucune obscurité ; les fongosités ont l'aspect de saillies libres et flottantes dans la cavité; de longueur variable, les plus petites dépassent à peine le niveau de la muqueuse. D'autres ont de 8 à 10 millimètres et ressemblent aux papilles fongiformes de la langue ; elles sont serrées et dressées les unes contre les autres ; en posant le doigt à la surface de la muqueuse, on peut les coucher. Très vasculaires, elles se gorgent de sang lorsqu'on presse la paroi utérine et prennent une belle couleur groseille. Des lésions analogues avaient été décrites même avant qu'on par-
kit de fongosités et qu'on songeât à les traiter. Ainsi, dans le cours de l'année 1838, une femme de 25 ans succombe, dans le service deLisfrane, à la suite d'une hémorragie incoercible. Forget trouve à l'autopsie quinze à vingt fongus développés sur la zone supérieure de l'utérus et qu'il appelle polypes cellulovasculaires.
Les micrographes intervinrent , on espérait qu'ils trancheraient la question : il n'en fut rien ; Robin croyait que les fongosités étaient formées de tissu cellulaire en petite quantité et d'éléments fibroplastiques plus abondants que dans le tissu de la muqueuse pris àl'état normal. « Quelques-unes, parmi les plus petites, disait-il, sont tapissées d'une couche d'épithélium semblable à celui de l'utérus. La plupart sont, en outre, parcourues par un assez grand nombre de vaisseaux capillaires 1 ».
Lebert déclara que les prétendues végétations enlevées à la curette n'étaient que des fragments de la muqueuse ramollie et désagrégée, renfermant des glandes normales sur lesquelles il est impossible de se méprendre quand on les a examinées au microscope2. Les auteurs allemands n'ont guère apporté plus d'unani-
1. Mémoire pour servir à l'histoire anatomique et physiologique de la membrane muqueuse ulérine. Archives générales de médecine, 1848, l™ série, t. XVII, p. 412.
2. Jn thèse de Juteau: De l'hémorragie utérine essentielle. Paris, 3 août 1850.
mité dans leurs descriptions; d'après Olshausen, la maladie s'étend d'habitude à toute la muqueuse ; elle présente une ressemblance impossible à méconnaître avec d'autres formes polypoïdes. La seule différence lient à ce que les polypes sont constilués par des dilatations glandulaires, tandis qu'on n'en trouve pas dans la maladie en question. Plus tard, Virchow considéra comme une variété de sarcome cette hyperplasie généralisée. Au mois de mars 1877, Ahlfeld montre, aune séance de la Société obstétricale de Dresde, une préparation dans laquelle la muqueuse utérine présentait de petites excroissances ; il appela cette affection, qu'il avait eu 8 fois l'occasion d'observer : Endométrite décidnale tubéreuse et poly pense. D'après lui, c'était une cause fréquente d'avorlçmenl. 11 s'agissait probablement de la maladie fongueuse de Récamier et de Nélaton. Selon M. Bischoff, l' endométrite catarrhale de longue durée produit des inégalités de la surface de la muqueuse ; elles tiennent en partie à des œdèmes partiels, en partie à la présence de petits extravasats sanguins, à la dégénérescence kystique de quelques glandes ; ces inégalités deviennent plus marquées lorsque l'épithélium se détache et qu'il est remplacé par un tissu glanduleux. On se trouve alors en présence d'une certaine catégorie de fongosités constituées par des tuméfactions calarrhales, avec granulation consécutive de la muqueuse ; l'épithélium a dis-
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paru, les tissus sous-jacents sont normaux, sauf les glandes, qui ont un peu augmenté de volume; souvent on trouve de la fibrine, déjeunes cellules de tissu conjonctif, des vaisseaux de nouvelle formation minces et tortueux. Ces excroissances forment dans la cavité des espèces de saillies ; il n'existe en Ire elles et les polypes que des différences de quantité des éléments. Tout dépend d'endométri tes partielles, de la formation de granulations à la surface *.
Les recherches anatomiques sont conformes aux données de la clinique: il s'agit d'un processus inflammatoire présentant son maximum d'intensité au niveau de la muqueuse, se comportant à son égard commelamétrite chronique vis-à-vis du parenchyme utérin, procédant par soubresauts. La maladie détermine, outre une infiltration régulière delà couche profonde, des troubles nutritifs, des chutes épithéliales ; la réparation n'est pas complète : il reste à la surface des granulations vasculaires qui saignent avec facilité ; voilà l'endométrile fongueuse au point de vue anatomique.
Il est impossible de l'isoler complètement de la métrite parenchymateuse. La musculature n'est jamais intacte dans ces transformations. Déjà Ferrier et Goldschmidt 2 avaient constaté le fait, à
1. Die sogenannte Endometritis fungosa. Correspondenzblatt fur Schweizer Aerzte. 1878, n° 16, p. 484