‹ Le massage direct de l'artère: dans les cas de thrombose traumatique avec ischémie sous-jacenteChapitre 15 sur 32 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ETIOLOGIE, PATHOGÉENIE

Si l’étiologie est si banale (éclats d’obus de petit volume), Ja pathogénie mérite une discussion attentive.

Il y avait arrêt Ge la circulation, contrôlé, au niveau d’un segment artériel. Quel est le mécanisme de cet arrêt ?

Si l'hypothèse d’une vaso-constriction intense de tout le système artériel sous-jacent due à une lésion des voies lymphatiques périvasculaires nous est venue à l'esprit, ce fut pour être écartée aussitôt et nous ne la discutons ici que parce que nous la trouvons également formulée dans un article récent de Bertein.

« Peut-être, pour interpréter l’ischémie du membre consécutive aux contusions artérielles, à côté de l’action mécanique du thrombus, conviendraitil de faire intervenir une lésion des voies sympathiques périvasculaires dont le rôle dans la pathologie des vaisseaux a été mis en relief récemment par Leriche. En particulier les douleurs vives accusées

or

par nos blessés seraient à rattacher à une lésion irritative du sympathique. »

Il-est certain que les lésions du sympathique amènent expérimentalement une vaso-constriction intense. Et Leriche, notamment, la signale comme constante chaque fois qu’il fait la sympathicectomie périartérielle de l’humérale ; de suite après, la vasoconstriction va même jusqu'à l'arrêt total et c’est insensiblement que la circulation normale se rétablit.

Mais nous rappellerons que les faits les plus typiques d’ischémie ont été observés au membre inférieur. Et Bertein le constate le premier puisqu'il dit n'avoir observé les cas d’obstruction après contusion simple, qu’au membre inférieur ; or c’est précisément là que la distribution du système sympathique demeure la plus imprécise ; l'existence des voies sympathiques périvasculaires, si bien démontrée autour de l’humérale est, au contraire, mal prouvée au niveau de la fémorale.

De plus, on conçoit difficilement un phénomène reflexe (quelque local et voisin que soit son point de départ) qui cède aussi vite et aussi enlièrement à la manœuvre que nous avions indiquée.

Enfin et surtout, le calibre extérieur du vaisseau n'était pas diminué, et les doigts, pinçant l’artère, avaient la sensation nette d’un bouchon intérieur, d’un obstacle mécanique, soudain disparu.

C’est bien une {hrombose localisée qu’il faut incriminer.

gr PN)

Or la compression seule — hématome dans le premier cas, bride aponévrotique dans le second — ne suffit point à provoquer une thrombose ; il est banal de rappeler le retour immédiat de la circulation après l'enlèvement d’un garrot méme après l’ablation d’une pince à demeure laissée plusieurs heures (expériences de Bothézat).

Souligoux dit avoir essayé, il y a plusieurs années, de reproduire expérimentalement des anévrismes. Pour cela chez les chiens il a pris l'artère fémorale et l’a écrasée avec sa pince a écrasement qui est d’une puissance considérable. Or non seulement il n’a pas obtenu d’anévrisme, mais il a pu constater que la circulation s'était rétablie, l'artère fémorale ne s'étant pas oblitérée.

La condition essentielle, c’est une lésion de l’endartère, et l’on ne peut envisager ici que ia contusion artérielle.

Chez le premier blessé, le projectile a frôlé la fémorale puisqu'il a sectionné à un centimètre de cette dernière une petite branche efférente; chez le second blessé, la contusion directe est quasi évidente puisque non seulement le médian a été coupé, mais encore les deux veines satellites ont été déchirées latéralement comme si moins, résistantes et moins élastiques, elles avaient cédé là où l’artère avait pu fuir sous le choc. De telle sorte que dans ce dernier cas se trouve vraisemblablement associée au choc direct, une action d’étirement, d’élongation

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