‹ Le massage direct de l'artère: dans les cas de thrombose traumatique avec ischémie sous-jacenteChapitre 26 sur 32 · MODE DE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

MODE DE TRAITEMENT

Notre intervention a cherché tout d’abord à faire disparaître la compression, cause possible de l'arrêt de la circulation.

Un hématome sous tension comprimait la fémorale, il fut évacué et sa source tarie.

Une bride aponévrotique coudait la fémorale : elle fut fendue et l’artère largement libérée.

Mais l’arrêt de Ja circulation n’en persistait pas moins.

C’est alors seulement que, le doigt nous donnant la sensation d’un bouchon mou occupant la lumière du vaisseau, nous avons fait de haut en bas le massage progressif de l’artère.

Ce massage a été fait lentement, en prenant l’artère entre le pouce et l’index qui n’ont fait qu’effleurer d’abord les parois du vaisseau, puis progressivement les doigts ont serré davantage, jusqu’à ce qu'on sente, par une sorte de léger pétrissage, l’obstacle disparaitre.

Son action s'explique aisément, Sous les doigts, le

thrombus a été progressivement désagrégé ; ses éléments, détachés de la paroi artérielle, réduits en parcelles, ont alors été entraînés par le courant sanguin.

Et, dès maintenant,il est un point sur lequel il faut insister : un tel résultat n’est possible, plus exactement un thrombus ne peut être ainsi réduit en parcelles peu volumineuses, que si ce thrombus est en formation récente. Sur ce point nous reviendrons.

Pourquoi le eaillot ne s’est-il pas reproduit? Sans. doute en raison du peu de profondeur des lésions. mais aussi parce que ces dernières étaient aseptiques en milieu aseptique. Au niveau des éraillures de l’endartère a persisté ou s’est reformée une mince couche de globules blanes inclus dans un réseau de fibrine ; sous la protection de éette sorte de virole interne, les lésions endothéliales se sont rapidement réparées sans que la virole sans cesse balayée par le torrent sanguin acquière une épaisseur suffisante

pour oblitérer la lumière du vaisseau.

Critique du traitement

Une ïieile manœuvre, le massage d’une artère thrombosée, va tellement à l’encontre de certaines données classiques qu’elle ne peut manquer de soulever des critiques immédiates.

Une crainte primordiale ne domine-t-elle pas toute l’évolution clinique de la thrombose artérielle: la crainte de l’embolie ?

— fig

Nous pourrions rapporter ici les phrases les plus convaincantes de maints et maints auteurs, même des plus récents.

Par exemple, Sencert (1).

La contusion au premier et au deuxième degré n’a pas d’existence clinique propre dit-il. Il n'existe pas de syndrome permettant d'en diagnostiquer l’existence.Seules certaines complications auxquelles elles donnent lieu peuvent y faire penser. Ces complications sont toutes en rapport avec la migration de caillots partis de la portion vasculaire thrombosée.

Mais peut-on donner preuve meilleure des dangers de l’embolie que l'énoncé même des modes de traitement proposés par l’cblitération artérielle: ligature, ligature en amont, ligature en aval, ligature simultanée en amont et en aval, enfin artériectomie segmentaire (Caraven (2), Viannay) (3).

Et n’apparaîl-il pas comparativement paradoxal d'aller volontairement mobiliser un caillot d'autant plus dangereux qu'il est moins solidement fixé ?

Quelques remarques paraissent une réponse suffi-

sante.

Tout d’abord, il faut songer à toutes les différences qui séparent le caillot aseptique, récemment formé, faiblement adhérent à la paroi interne de l'artère qui a élé contusionnée, et le caillot septique

1. Sencert, les Lésions des vaisseaux, p. 50. 2. Caraven, cité par Monprofit, Soc. de Chir., 9 juin 1915. 3. Viannay, Soc. de Chir., 28 avril 1915.

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