CHAPITRE IV
■iOter. — L'aiguille verte, prise des lacs Blancs. (P. 81.)
CHAPITRK IV,
il.— Le mont Maudit. (P. 81.)
grand dans la figure précédente ; comment les arêtes sont restées, laissant voir intactes les parois des polyèdres, et aussi parfois la section, la souche émergeant du névé, de ceux qui ont été brisés, renversés et enlevés (1).
Si nous observons l'aiguille Yerte, figure 40 (2), nous voyons les deux grands plans de retrait AB, CD, et faiguille du Dru en E, dont la paroi F présente des courbures concentriques à la section F B. Cette même aiguille, prise au sud-ouest, à l'opposite (3), figure 40 te; l'aiguille du Dru se présentant en A, et l'aiguille Yerte en B, la ligne C D donnant le plan de retrait séparatif des grands mamelons, nous voyons encore comment la ruine s'est produite , ne laissant subsister que les aiguilles les plus résistantes dans le voisinage des plans de retrait secondaires (4).
Si nous observons encore cette même aiguille Verte, des lacs Blancs, au-dessous des aiguilles Rouges, c'est-à-dire suivant une visée perpendiculaire aux deux premières (5), figure 40 te7' ; l'aiguille du Dru étant en A, l'aiguille Yerte en B et le plan de jonction étant en GB, nous voyons de même comment la ruine s'est produite, laissant subsister les polyèdres les plus durs, sur les plans de retrait principal et secondaires.
Mais, en se rapprochant de la cime du Mont Blanc, les ruines sont moins avancées, moins profondes, ce qui démontre clairement que les massifs montagneux ont été attaqués d'abord par la base, et que la ruine a atteint les sommités au fur et à mesure de l'ablation des glaciers, quand les névés, plus facilement déblayés, ont découvert peu à peu les pentes.
Yoici, figure 41, la cime du mont Maudit, prise de Plan-Praz au moyen du téléiconographe (6). La ligne ponctuée indique la partie ruinée. De A et de B, en descendant, on voit les deux plans de retrait avec leurs beaux groupes cristallins qui émergent des
(1) Voir aussi la figure 29, qui montre des sections de polyèdres brisés.
(2) Prise de la Croix de fer, au-dessus du col de Balme.
(3) Du bas du glacier des Pèlerins.
(4) Voir la carte générale.
(5) Au nord-ouest de cette aiguille Verte.
(6) Grandissement de quatre fois.
névés et forment arêtes. On voit, en C, les restes de la courbure du mamelon B G qui se réunissait au Mur de la Côte. Si nous montons plus haut, si nous abordons ce Mur de la Côte elles Rochers- Rouges, alors la surface mamelonnée supérieure est encore visible, et la roche se ruine exactement comme le montre la figure 35. Le dessin, figure 42, fait au téléiconographe, de Plan-Praz (1), et donnant les Rochers-Rouges R et le Mur de la Côte C, explique parfaitement ce mode de dislocation des mamelons par les flancs. Une forte dépression de la masse en A, au fond de laquelle se
42, — Les rochers de la 86te.
forment les névés, a mis à nu la paroi du mamelon B. Celle-ci, exposée à l'action du soleil et de la gelée, se disloque chaque jour et s'effritera ainsi jusqu'au plan de jonction de ce mamelon avec celui qui forme le sommet même du Mont Blanc, jonction qui aujourd'hui est cachée sous les neiges.
Les neiges et les glaces trouvaient donc, dans la structure de la protogyne, les conditions de destruction qui permettaient à ces immenses approvisionnements d'eau, à l'état de gélation, de s'emmagasiner dans des cirques, des ouïes, des ravins et fissures au fur et à mesure de la dislocation du massif.
Mais, plus les agents atmosphériques, les avalanches de neiges ou de névés et la glace elle-même ruinaient le massif, plus les
(1) Grandissement de quatre fois.
glaciers trouvaient leurs réservoirs et leurs lits distincts, et plus les causes de leur ablation augmentaient. Si l'altitude des sommets atteignait alors, à peu de chose près, l'altitude des divers points du massif , celui-ci , au lieu de présenter une surface ondulée , se creusait dans les parties plus destructibles , formait successivement des] cavités à la place de surfaces planes ou convexes; des arêtes et sommets aigus , à la place des lignes de plans de retrait à peine apparents sur la surface primitive du soulèvement. Les névés descendaient chaque jour plus rapidement des cirques élevés en entraînant avec eux les éboulis disloqués. Les glaciers, ayant rompu les digues qui gênaient leur passage, se frayaient un chemin jusque dans les vallées basses, et, en s'écoulant, laissaient apparaître les roches abruptes qui, soumises à l'action de la gelée,