‹ Le massif du Mont BlancChapitre 3 sur 79 · Plans de retrait de la protogyne · texte numérisé non relu

Plans de retrait de la protogyne

jonction, ainsi qu'il arrive lorsqu'une substance molle, subissant une pression latérale, dispose sa surface externe en rognons, figure 2. Parfois une dépression, dans ce cas, se fait sentir au centre des rognons (voir en a).

Mais comme les lignes x\B ne sont que la projection horizontale des plans de retrait, plus durs ou présentant des masses de cristaux mieux formés que le reste de la surface mamelonnée, ces surfaces résistèrent mieux aux causes de destruction et formèrent

(1) Il ne faudrait pas ici faire confusion : au contact de la roche encaissante, la plupart des roches granitiques présentent généralement une densité moins grande que dans le milieu même de la masse, surtout s'il y a une forte pression contre cette roche encaissante; mais, quand le soulèvement éruptif est très-considérable, la masse subit des actions de retrait en se cristallisant, et la cristallisation est plus énergique près de ces surfaces de retrait qu'elle ne Test au milieu de chacune des masses ; de plus, les gaz qui s'échappent entre ces surfaces tapissent les parois de cristaux, ou remplissent même les fissures de filons de quartz homogènes et très-résistants. Mais, suivant les observations recueillies par M. Delesse, dans ses Études sur le métamorphisme, Annales des mines, tome XII, on remarque cependant que si le

les arêtes qui réunissent la plupart des sommets actuels, lesquels sont les points de jonction AB, tandis que les surfaces G se dégradaient jusqu'à former des concavités à la place des surfaces planes légèrement ondulées primitives. Nous expliquerons dans les chapitres III et IV les causes principales de cette modification des surfaces externes du soulèvement.

Seules, quelques parties des points culminants du massif du Mont Blanc ont conservé leur forme première de rognons, notamment le sommet de la chaîne qui, préservé par une couche de neiges perpétuelles, ne s'est point dégradé sur le versant nord et conserve de ce côté son apparence de coupole, tandis qu'il se ruine chaque jour du côté sud.

Ces aiguilles, si aiguës aujourd'hui, qui entourent le sommet principal du massif et dont les flancs montrent des amas de prismes disjoints et souvent des strates parallèles, ne sont que les ruines du mamelonnage général que donnait le soulèvement de la protogyne. C'est ce que nous allons essayer d'expliquer.

Prenons une partie du massif de protogyne, comprenant : le sommet du Mont Blanc, A ; B, l'aiguille du Midi; x\C, l'arête qui du sommet principal s'étend jusqu'aux Grandes- Jorasses G , les aiguilles du plan D, de Blaitière E, de Gharmoz F et de Greppont G, figure 3.

Au moment du soulèvement cette surface devait présenter l'ap-

granit du Hartz^ au contact du Hornfels, donne une densité de 2,608 au centre et de 2,570 sur les bords, près de la roche encaissante, celui du Chippal, au contact du calcaire cristallin, donne, au contraire, une densité de 2,580 au centre et de 2,656 sur les bords. Aussi M. Delesse ajoute-t-il : « C'est dans les roches granitiques que la densité varie de la manière la plus irrégulière ; il arrive assez souvent qu'elle est plus grande vers les bords. » C'est-à-dire au contact avec la roche encaissante. Plus loin, le savant auteur dit encore : « Observons encore que la plasticité de la roche, au moment de son éruption, a dû exercer une influence sur la manière dont la densité y est répartie. Or, comme les caractères des roches granitiques montrent qu'elles étaient généralement peu plastiques, on conçoit que leur densité échappe souvent à

la loi de variation qui a été signalée Enfin, je ferai observer que, plus que toute

autre cause, les actions moléculaires ont contribué à faire varier la densité de la roche éruptive. En effet, il est facile de comprendre que cette densité augmente vers les bords, lorsque l'oxyde de fer, la magnésie, et, en général, les bases y sont en plus grande quantité. Cela paraît avoir eu lieu surtout pour les roches granitiques »

parence que donne la figure 4 (1). Les mamelonnages primitifs de protogyne se seraient donc en grande partie détruits, plutôt sur leur convexité qu'aux points de leur rencontre.

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