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Section du point terminal du glacier des Bossons

moraine du chalet actuel B et le coude D, figure 55, puis, delà, se réduisait brusquement pour finir en queue jusqu'à la route de Chamonix (2). Pourquoi ce redan D? Il est du, évidemment, au glacier ancien sous-jacent A, qui obligeait, comme l'eût fait un rocher, le glacier nouveau à former une bosse, à se mouler sur cette surface glacée. Donc, le point terminal de ce glacier ancien A était alors, à bien peu de chose près, au point oii nous le voyons aujourd'hui; donc, il ne se serait pas avancé, n'aurait plus marché avec le nouveau; c'était un lit immobile comme le rocher même. L'ablation aurait dépassé, depuis 1835, pour le glacier nouveau, le mouvement en avant, et le vieux glacier se serait tenu immobile.

(1) On donne le nom de moulins à des trous que les eaux de fonte creusent dans la masse glaciaire et dans lesquelles on les voit s'engouffrer avec bruit.

(2) Voir la cnrte a-énérale.

Oii comprend l'importance de ces questions que nous ne prétendons nullement résoudre. Ce qui est certain, c'est que, peu audessus du point terminal en t, figure 5o, le nouveau courant est soudé à l'ancien, et que les sables et pierres, qui couvraient la surface du glacier A, sont solidement moulés et pris entre les glaces; que l'eau des fontes ne passe pas dans la jonction, mais coule tout du long, jusqu'au point t. La soudure entre les deux glaciers estelle une preuve que ces deux courants doivent marcher de concert? A cette question, on peut répondre que, à 2,500 mètres d'altitude, les glaciers sont ou paraissent adhérents à leur lit gelé, de roche, et qu'on ne peut nier cependant qu'ils ne s'avancent, tandis que l'assiette est immobile.

Ce glacier sous-jacent A est-il venu de plus haut, est-il descendu en même temps que le courant supérieur?

Ceci paraît probable ; on remarque, en effet, que cet ancien courant est porté sur la rive gauche ; or, de ce côté, le glacier des Bossons a dû toujours, au-dessus de la moraine, être plus épais que sur sa rive droite, à cause de l'escarpement et de l'abri que présente la montagne de la Côte M, tandis que la rive droite est découverte. Cette portion de l'ancien glacier A aurait donc pu faire le même chemin que le nouveau C, après que celui-ci l'aurait recouvert et se serait fortement soudé à lui. Mais il y a toujours eu un moment où le glacier C a été plus vite que le glacier A, puisque, non-seulement il s'est mis sur son dos, mais qu'il l'a dépassé, ce que démontre avec évidence le redan D.

Il s'en faut de beaucoup, en effet, que tout ait été dit sur la marche des glaciers. L'adhérence de la glace à l'assiette de roches paraît incontestable ; la marche régulière et périodique des glaciers en été ne l'est pas moins. L'usure des lits, sur lesquels s'avancent les glaciers, est un fait évident. Comment concilier ces propositions contradictoires ? Les observations de M. Tyndall ont démontré la propriété plastique de la glace; ses propriétés flexibles peuvent être appréciées sur les glaciers mêmes (i). Mais les champs d'observation sont si étendus, les détails, relativement insignifiants, prennent à nos yeux une si

(1) Voyez la figure 24.

]]() DES xMORAINES

grande importance, qu'il est difficile de signaler les lois générales. Il n'est pas douteux qu un courant glaciaire ne s'avance plus vite à sa surface externe que sur son lit; Tobservation confirme cette loi naturelle à tous les courants ; mais est-il possible qu'un glacier s'avance suivant une vitesse de ... à la surface, et de O'^ sur le lit adhérent au rocher? Non, puisque tous les lits des glaciers présentent les traces les plus évidentes d'un frottement assez puissant pour moutonner et creuser les roches les plus dures. La glace, le long du lit, agirait-elle comme le ferait une bande de caoutchouc très-chargée qui, offrant toute l'apparence d'une adhérence exacte à un corps, s'étendrait cependant par suite d une action de tension en glissant sur ce corps et se prêtant à toutes ces inégalités?

Supposons donc une bande de caoutchouc AB, figure o7, po-

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