Formation d'un lac morainique
Partie de la moraine latérale de ce grand glacier a été entraînée sous forme de boue jusque dans la vallée, lorsqu'elle fut débarrassée des glaces.
Mais c'est surtout aux dépens des roches schisto-argileuses que ces boues ont été formées en masses énormes et ont été entraînées à des distances très-considérables.
Les boues glaciaires ont souvent comblé les lacs qui s'étaient formés après le retrait des glaciers, dans les parties creuses de
(1) On voit encore parfaitement la trace de ce réservoir boueux le long du Catogne et sur les rampes des montagnes au nord-ouest de Sembrancher, aux chalets de Vence (1,128m), tandis que le point le plus bas de la gorge actuelle est à 694i°. L'amas boueux avait donc 430 mètres au moins d'épaisseur.
leurs lits. Habituellement, ces boues ont été amenées parles débâcles des glaciers latéraux escarpés.
Soit AB, figure 70, un glacier troncal ayant, dans une de ses étapes de retrait, laissé une moraine frontale en D; un glacier latéral C ayant déposé la moraine médiane E, ses moraines latérales et, en se retirant, la moraine frontale G. Une dépression dans la vallée AB et l'ancienne moraine frontale D ont fait la place d'un lac L. Survient un grosse débâcle ; la moraine G frontale et la moraine médiane E sont entraînées et viennent combler de boue le lac, laissant seulement le passage du torrent le long de la rive droite de la vallée.
Si le lac s'étendait beaucoup plus en amont et en aval de la