L'aiguille du^Midi
Pour en revenir au massif du Mont Blanc, les aiguilles du Plan, de Blaitière, de Gharmoz et de Greppont formaient une série de mamelons, les uns inclinés vers le val de Ghamonix, les autres vers la vallée Blanche, ainsi que l'indique la figure 4, réunis par des plans de retrait qui aujourd'hui composent les sommets et les arêtes de ces aiguilles.
Entre les sommets mamelonnés de Gharmoz et de l'aiguille Yerte existait une dépression. Quant à l'aiguille Yerte elle-même, elle se composait d'un groupe mamelonné s'inclinant vers l'ouest, vers le nord, le sud-est et le sud, dont il ne reste plus que des débris, bien que le sommet de l'aiguille Yerte laisse voir l'ancienne forme supérieure de ce groupe actuellement divisé en plusieurs
(1) Au-dessus du tunnel de la route du Saint-Gothard.
aiguilles qui sont, outre la principale, le Dru, le Moine et partie des Droites.
Sur l'autre versant du Mont Blanc, une série de mamelons s'étendaient vers le nord-est avec déclivité vers le sud-sud-est et vers le nord-nord-ouest jusqu'au point qui, aujourd'hui, est
5 bis. — Sommet de Taiguille du Midi. .^5^^^^)
occupé par les Grandes-Jorasses. De là, les points de jonction culminants des groupes de mamelons allaient en zigzags joindre le sommet du groupe de l'aiguille Yerte.
Nous avons essayé de rendre aussi intelligible que possible ces amas de protogyne présentant une surface bossuée, divisée par des lignes qui ne sont autres que les plans de retrait de la masse
refroidie et cristallisée. Or ce sont ces lignes qui, actuellement, forment ces arêtes aiguës, déchiquetées, et leur réunion qui compose ce qu'on appelle les aiguilles, c'est-à-dire les points culminants perçant le névé. /
Mais l'examen de ces figures 3 et 4 donne lieu à d'autres observations importantes.
On remarquera (fig. 4) que la partie la plus élevée du massif, le sommet du Mont Blanc, se trouve précisément au point oii les
bter. — Syénites au-dessous d'Andermatt.
roches encaissantes se rapprochent et ont offert par conséquent le plus de résistance à la protogyne, poussée par une force agissant de bas en haut, et comprimée fortement par des pressions latérales ; tandis que là où les roches encaissantes s'écartent, il y a eu affaissement central de la masse de protogyne soulevée. Yers le nordest les schistes reparaissent, encaissant aussi la protogyne de ce côté, de telle sorte que l'ensemble du soulèvement présente la configuration générale suivante, figure 6.
A^ étant le sommet du Mont Blanc, les schistes cristallins s'élèvent assez abrupts vers le nord, l'ouest et le sud-ouest et s'ap-
puient sur la masse de protogyne qui, s'échappant comme à travers une large boutonnière, s'est rejetée sur les lias vers l'est et le sud-est sans les soulever le long de son escarpement de ce côté, mais en les renversant violemment.
Cette masse qui, à l'état gélatineux ou pâteux, à une température plus ou moins élevée, formait d'abord comme un plateau bombé, s'est affaissée en se refroidissant dans la partie la plus large du soulèvement, ainsi que le fait une pâte qui refroidit, s'est divisée