Vallée du Vorder-Rhein
sol actuel de la vallée (voir en m la section G sur AB). Ces terrains ont été en grande partie entraînés par les eaux torrentielles qui ont déposé l'alluvion ah; puis le torrent réduit, devenu plus limpide, a creusé son lit ae; puis, réduit encore, le lit af; puis le lit ag; puis enfin le lit ah dans lequel il coule aujourd'hui.
Ainsi, après avoir déblayé, remblayé, aplani le fond des vallées par d'énormes apports de cailloux et de sables, les torrents, moins chargés de matière, diminués de volume, ayant perdu la
viscosité que leur donnaient ces matières entraînées, se livrent à un travail contraire. Désormais, ils creusent ce sol remblayé, entraînant plus bas les sables et cailloux approvisionnés; ils abaissent leur lit, le règlent, et cependant, s'il survient de larges inondations, ils recommencent leur premier travail, remblaient de nouveau, changent même parfois leur lit, le recreusent ailleurs ou sur le même parcours ; et nous voyons se produire sur une petite échelle, aujourd'hui, les phénomènes qui se sont manifestés en grand après l'époque glaciaire.
On peut difficilement se faire une idée du niveau auquel ont atteint les torrents primitifs dans les hautes vallées, et combien ils ont dû plus tard enlever de remblais. Ainsi, dans le bas du Yal de Yalorsine, au-dessus de l'auberge du Châtelard, et en suivant la vallée jusqu'à la Tête-Noire et au-delà, on rencontre de longues bandes de roches (terrains houillers et houillers anthracifères), qui, usés par le passage des glaces, forment des côtes mamelonnées à leur surface. Le niveau supérieur de ces côtes est à 150 mètres environ au-dessus du torrent actuel, et cependant, entre les mamelonnages supérieurs de ces roches, on trouve des amas de cailloux roulés schisteux et granitiques qui proviennent d'amont et qui indiquent clairement que le torrent dépassait ce niveau. Il a dû enlever plus tard tous les cailloux qu'il avait déposés en contre-bas de ces roches, tous les sédiments qui, certainement, remplissaient la vallée jusqu'à la crête même des côtes rocheuses aujourd'hui dégagées. L'action érosive des torrents a donc eu, dans les vallées hautes, une action très-énergique. Les eaux ont déblayé une grande partie des apports boueux et torrentiels dus aux premières débâcles, et, après avoir comblé ces vallées, elles les ont déblayées pour transporter ces matériaux dans les vallées basses et niveler leur thalweg.
Mais il existe à l'extrémité inférieure des vallées des Alpes de grands lacs aux eaux profondes, terminés, vers leur exutoire, par des dépôts morainiques et blocs erratiques qui ne permettent pas de douter que leur lit n'ait été rempli par des glaciers. Tels sont les grands lacs du versant italien, tel est même le lac de Genève. Ces lacs peuvent se diviser en lacs de cluse et en lacs de combe ;
lacs de cluse, lorsqu'ils ont trouvé une dépression suivie d\me digue à travers laquelle ils se sont fait un passage; lacs de combe lorsqu'ils ont réuni les eaux dans un réservoir tout entouré de soulèvements: dans un cirque. Il est même certains lacs qui sont en même temps lacs de cluse et lac de combe, comme, par exemple, le lac des Quatre-Cantons.
Au-delà de ces lacs de cluse, les alluvions torrentielles ont une telle importance, qu'elles auraient suffi, et bien au-delà, à les combler. Il a donc fallu, qu'après l'apogée de l'époque glaciaire, les eaux boueuses chargées de gravier, descendant des vallées hautes, aient franchi ces lacs pour aller déposer plus loin les débris qu'elles charriaient. La question est des plus embarrassantes. Car, pour que ces eaux torrentielles aient été assez abondantes pour entraîner avec elles ces énormes amas d'alluvions, il fallait que l'ablation glaciaire fût déjà fort avancée, que les rampes des grandes vallées en amont de ces lacs fussent déjà en grande partie débarrassées des neiges. Pourquoi alors ces déblais ne se sont-ils pas arrêtés au fond de ces dépressions? comment ont-ils pu être charriés au delà ?
Disons d'abord, avec M. Studer et la plupart des géologues suisses, que nous ne pouvons admettre que les glaciers aient creusé les lits de ces lacs à des profondeurs de trois, quatre et cinq cents mètres au-dessous du niveau de la mer. Par ce que nous avons dit précédemment sur l'action des glaces, après un grand nombre d'observations sur le terrain, on peut admettre que, si les glaciers ont une action latérale assez puissante pour arracher des promontoires et élargir des vallées par voie de limage, ils n'agissent que faiblement, relativement, sur leur lit, que leur plasticité se prêtant à suivre les dénivellements du sol, ils n'opèrent et ne sauraient opérer sur le lit comme le ferait une gouge, se contentant de l'user, de le polir, de le lubréfier, pourrait-on dire. Gomment admettre que, à la sortie de la vallée haute du Rhône, le glacier, qui alors pouvait s'étendre à l'aise, eût creusé le lit du lac de Genève jusqu'à une profondeur de 300 mètres au-dessous du plan d'eau actuel, tandis qu'il respectait en amont la digue de Saint -Maurice, tandis que l'énorme glacier qui descendait du
Mont Blanc avec une pression de 2,000 mètres, ménageait le Prarion et était obligé de se soulever sur le dos de cette digue schisteuse, bien qu'il fut resserré sur ce point? Comment supposer que ces courants glaciaires, qui aujourd'hui se prêtent à toutes les irrégularités des soulèvements, et passent dans les rétrécissements naturels comme dans des filières pour se développer au-delà sur de larges surfaces, et n'opèrent dans les gorges que sous forme de brisure et d'érosion latérales, favorisées par la dislocation des roches exposées aux intempéries, eussent possédé une puissance de creusement aussi considérable sur un point particulier de leur parcours, alors qu'ils trouvaient de Tespace latéralement ?
Ces lits des grands lacs inférieurs alpins étaient des dépressions produites par le refoulement et le plissement des terrains. Les glaces les ont remplis, les ont comblés, les ont débordés; mais, lorsque même, par suite de l'ablation, les glaciers eurent abandonné les plaines, pour remonter dans les vallées hautes, il dut demeurer dans ces dépressions, dans ces fonds de bateaux, des glacières larges et profondes, couvertes de débris morainiques, glacières qui mirent un long temps à fondre. Il dut y avoir même fréquemment solution de continuité entre la glacière et le glacier qui l'avait alimentée (1), et cette glacière rendue inerte, ne s'avançant plus, reçut sur sa surface les torrents boueux des débâcles, leur fournissant ainsi un lit nivelé pour couler plus bas.
Nous trouvons cette opinion émise déjà par plusieurs savants. (( Nous supposons, dit M. Desor (2), que, lors de la première invasion, les glaciers se sont avancés assez rapidement pour envahir les lacs avant que les torrents eussent eu le temps de les combler entièrement. Lorsque plus tard les glaciers se sont retirés, la glace n'aurait pas disparu complètement des endroits profonds ; il en serait resté des culots au fond des vallées qui, recouverts par de puissants amas de gravier, s'y seraient maintenus pendant la période intergiaciaire. Plus tard, lors de la seconde invasion, les glaciers auraient poussé leurs moraines par-dessus ces anciens
(1) Voyez la ligure 71.
(2) Le paysage morainique, par Desor, p. 77.
fonds de glace et auraient pu ainsi entasser le même terrain erratique au-delà des régions des lacs sans que ces derniers s'en trouvassent comblés. »
Il paraît difficile de trouver à la conservation des dépressions qui contiennent les grands lacs inférieurs alpins, une meilleure explication, car des phénomènes analogues, sur une très-petite échelle, se produisent encore de nos jours, et nous voyons pendant des années des culots de glace recouverts de gravier demeurer dans des dépressions, laisser passer sur leur surface des courants d'eau, des boues qui sont portées au loin. A la longue, ces culots fondent, et il reste un petit lac à la base du glacier.
Cependant les grands courants glaciaires ont bien pu parfois éroser et creuser des terrains inférieurs tendres en laissant subsister ceux qui étaient plus résistants, puisqu'ils ont opéré et opèrent encore ainsi dans les parties supérieures des montagnes ; mais cette action n'a pu avoir un effet d'affouillement notable sur les fonds des grandes dépressions qui contiennent les lacs inférieurs.
Causes de la croissance et de la décroissance des glaciers
actuels du Mont Blanc.
Vers la fin du dernier siècle les glaciers du Mont Blanc s'étaient fort retirés vers les hauteurs. On prétend qu'à une époque trèsantérieure et d'après une chronique du douzième siècle, on passait à mulet du Prieuré de Ghamonix par le col du Géant à Gormayeur. Sans discuter ces traditions qui ne peuvent avoir la valeur d'observations scientifiques, nous nous bornerons à signaler les faits certains, connus et constatés.
Autour du Mont Blanc, les hivers longs et rigoureux qui alternèrent de 1812 à 1817 avec des étés pluvieux, augmentèrent considérablement les névés et par suite les glaciers. Yers 1818 ils descendaient très-bas. En 1820 les glaciers du Miage et de la Brenva, dans le val Yeni, continuèrent leur marche progressive pendant que les glaciers du versant nord restaient stationnaires. Geux-ci diminuèrent même sensiblement de 1821 jusqu'en 1826. Alors ils reprirent leur mouvement progressif jusqu'en 1837, où ils diminuent de nouveau pour reprendre une certaine croissance jusqu'en 1854 avec quelques oscillations. Depuis lors ils n'ont cessé de diminuer jusqu'à l'an dernier 1875. Gependant, sur quelques autres points des Alpes, et notamment au-dessus de Zermatt, le glacier de Gorner ne cessait d'augmenter de 1818 à 1851. Depuis lors ce glacier subit des oscillations ainsi que la plupart de ceux qui descendent des alpes bernoises, versant nordest. Ges dernières années, de 1868 à 1875, les glaciers des Bois, de l'Argentière, des Bossons, du Tour, de Bionnassay, du Miage
français, de Tré-la-Tête, du Miage italien, de la Brenva, du mont Dolent, de Saleinoz, du Trient, n'ont cessé de diminuer d'une manière très-notable. Depuis lors le glacier des Bois a fait une retraite de 200 mètres, celui des Bossons de 150 mètres, et leur surface s'est sensiblement abaissée. Après les Ponts, le niveau de la Mer de glace n'était qu'à 10 ou 12 mètres au-dessous de la crête de la moraine, aujourd'hui il est à plus de 20 mètres. L'ablation est donc considérable. Les névés, proportionnellement, ont abaissé leur surface, surtout à l'exposition du sud-est (1).
(1) Nous ajouterons à ces renseignements ceux recueillis par notre savant ami, M. Charles Martins : « Quelquefois un glacier marche, en une seule année, avec une rapidité tout à fait exceptionnelle. Ainsi, après les étés pluvieux de 1815 à 1817, le glacier de Distel, dans la vallée de Saas, en Valais, s'avança de 15 mètres en un an, celui de Lys, sur le revers du mont Rose, de 48 mètres ; celui de Zermatt a progressé de 22 mètres en 1853.
« Mais le glacier le plus célèbre, sous ce rapport, est le Vernagtferner, au sommet delà vallée d'Oetz, dans le Tyrol autrichien. Dans Tété de 1843, il se réunissait, en s'avançant, au petit glacier de Rofen, dont il est aujourd'hui séparé par un promontoire. Tous deux, formant une seule masse, descendaient rapidement dans la vallée. Les habitants s'effrayèrent; ils savaient par la tradition qu'en 1600, 1667 et 1772, ce glacier avait marché avec la même rapidité et barré le cours d'un ruisseau qui s'était transformé en lac : ce lac avait ensuite rompu sa digue de glace et s'était précipité dans la vallée en y causant de grands ravages. Les autorités d'Inspruck, averties par la rumeur publique, nommèrent une commission qui constata quelle était la vitesse de progression du glacier. En 1842 elle fut de 200 mètres en 67 jours, ou de 2°i,98 par jour, puis elle se ralentit pendant les années 1843 et 1844; mais dans l'été de 1845 elle était de 9i»,92 par jour. C'était un véritable glissement de la masse tout entière. L'eau s'ouvrit un passage sous la glace le 14 juin, et depuis cette époque jusqu'en 1848 le lac se remplissait et se vidait <à peu près deux fois par an. Ce glacier a dû, comme tous les autres, entrer en 1854 dans sa période de retrait; mais il n'est peut-être pas revenu à son état antérieur, car après l'envahissement de 1667 il mit trente-quatre ans à rentrer dans ses limites habituelles.
« Dans le Valaiif, pendant les années et étés pluvieux de 1812 à 1818, le
glacier du Rhône avait tellement avancé que deux géomètres, MM. Pichard et Marc Secr^tan, calculèrent qu'il aurait mis 774 ans pour arriver du fond du Valais jusqu'à Soleure. Moins de huit siècles ! C'est une minute sur le cadran de la géologie. J'ai fait un autre raisonnement : Supposons que l'hiver de la plaine Suisse reste tel qu'il est, mais que l'été soit moins chaud, de façon que la température moyenne de Genève soit de -|- ^^ au lieu de -\- 9ol6, comme maintenant. La limite des neiges éternelles sera également abaissée et ne dépassera pas 1,95{J mètres au-dessus de la mer. Les glaciers de Chamonix descendront au-dessous de cette nouvelle limite d'une quantité au moins égale à celle qui existe entre la limite actuelle (2,700 mètres) et leur extrémité inférieure. Or, aujourd'hui, le pied de ces glaciers est à 1,150 mètres d'altitude ; avec un climat de 4» plus froid, il sera à 750 mètres plus bas, c'est-à-dire à 400 mètres et par conséquent au niveau de la plaine Suisse. -»
Les Glaciers actuels et période glaciaire; extr. de la Revue des Deux-Mojides, 1867.
Pour que ces oscillations ne se produisent pas sur un territoire aussi peu étendu que celui de la Suisse et de la Savoie, exactement de la même manière, il faut bien admettre que la direction des vents qui apportent la neige est pour quelque chose dans les causes de croissance et de décroissance des glaciers. (Voir les figures 43, 14, 18 et 19.) La continuité d'un courant de l'air venant du nord-ouest déposera des masses de neiges considérables au-delà des crêtes sur le versant opposé. Les vents persistants du sud-ouest sont favorables à l'amoncellement des neiges sur des versants nord-nord-est, comme sont ceux qui alimentent les glaciers descendant dans les vallées de Zermatt et de Saas, tandis que ce même courant, enfdant le massif du Mont Blanc dans sa longueur, ne peut relativement produire les mêmes dépôts.
Mais le massif du Mont Blanc, par sa configuration géologique même, est soumis à des oscillations glaciaires très-sensibles. Le plateau primitif, profondément af fouillé, par suite des propriétés inhérentes à la protogyne de se ruiner facilement dans le sens vertical en laissant ainsi émerger de grands plans nus , de hautes aiguilles au-dessus des névés et des glaces, présente ainsi de larges surfaces sombres qui réfléchissent les rayons du soleil et fondent rapidement les glaces et névés.
Les courants des glaciers, profondément encaissés, sont soumis à des températures élevées qui les fondent d'autant plus rapidement que les surfaces gelées diminuent, de telle sorte que l'ablation se produit suivant une proportion croissante, à mesure que le glacier perd de l'importance. Lorsqu'au contraire, comme au massif du mont Bose, par exemple, le plateau supérieur n'offre pas des dépressions aussi marquées, mais se présente sous la forme d'une immense plaine glaciaire, légèrement inclinée vers le nord, il n'y a pas réverbération des roches encaissantes et les glaciers se maintiennent plus pleins, même après une période d'étés chauds.
Les cirques, si favorables à l'amoncellement des névés, tels que ceux du Talèfre, de Leschaux, du Géant, sur le massif du Mont Blanc, mais entourés de parois escarpées, qui réfléchissent les rayons solaires, produisent une fonte considérable pendant les
journées de beau temps des mois de juin, juillet et août ; et la température, dans ces grandes combes, est alors très-élevée. Elle s'abaisse la nuit au-dessous de zéro, et la regélation des eaux qui ont imbibé sa surface produit une dilatation qui pousse la masse glaciaire d'autant plus rapidement dans les lits inférieurs. Celle-ci, encaissée entre des roches ou des moraines dont la réverbération est encore plus active que n'est celle des roches, fond d'autant plus qu'elle dégage ses rives. Ainsi, par un été chaud et sec, se vident les réservoirs, s'affaissent les courants glaciaires ; l'ablation est rapide ; le point terminal du glacier remonte sur le lit.
L'hiver long et froid de 1870-1871 n'a produit aucune action sur la marche décroissante des glaciers du Mont Blanc, la proportion dans l'ablation a été la même que celle des années précédentes. Mais il ne faut pas oublier que cette saison froide a été suivie d'un printemps chaud et sec, que l'été fut très-beau et que l'automne s'est prolongé tard.
En 1871, il n'est pas tombé de neige à Chamonix avant la fin de décembre. Pendant l'hiver 1874-1875, les neiges ont été trèsabondantes dans les vallées, leur épaisseur était de 4 mètres au village du Tour et au Nant Borant ; mais ces neiges étaient proportionnellement moindres sur les sommets qui, peut-être, pendant leur chute, étaient découverts. Les glaciers continuaient à diminuer pendant l'été de 1875, et les amas de neiges dans les vallées étaient fondus pendant le mois de mai, qui fut très-chaud.
On signalait pendant cet hiver 1874-1875 des amoncellements de neiges peu ordinaires sur les cols du Saint-Gothard et du Simplon, et au 15 juin il y avait encore à la Maienwand, au-dessus de l'hôtel du glacier du Bhône, 1 mètre de neige.
Les pluies chaudes de la fm de ce mois, qui causèrent tant de désastres dans le midi de la France, fondirent rapidement ces neiges, et, au mois d'août, les neiges persistantes de la chaîne du Brévent, du Bonhomme, du col de la Seigne, avaient presque entièrement disparu. Le mois de juillet, très-pluvieux, n'avait pas eu un seul jour de temps clair, autour du Mont Blanc. Ces pluies, mieux encore que celles de juin, avaient fait fondre les neiges basses. Cependant les avalanches, à la fm de l'hiver,
avaient été si grosses, qu'on voyait encore en septembre, au bas des couloirs latéraux de la Mer de giace, d'énormes amas de neiges qui, certainement, n'ont pu fondre avant la reprise de la saison rigoureuse, et qui, si l'hiver 1875-1876 est neigeux, se souderont au glacier et rétabliront ainsi les petits glaciers affluents si nécessaires à l'alimentation des courants principaux et qui contribuent énergiquement à leur accroissement.
En eff'et, dès qu'un glacier latéral cesse de se réunir au glacier troncal, qu'il se dessoude et remonte vers les hauteurs, il n'envoie plus à ce glacier troncal que ses fontes, qui, se précipitant dans son lit, tendent plutôt à le fondre qu'à l'alimenter. Mais, si la